‹ Histoire de Charles-Édouard, dernier prince de la maison de StuartChapitre 34 sur 78 · DE L*ANGLETERBE ET DE ECOSSE · texte numérisé non relu

DE L*ANGLETERBE ET DE ECOSSE

mira la facilité avec laquelle ses nouveaux sujets avaient changé trois fois de religion sous les Tndors, voté et payé les impôts et les dons gratuits, les grands renonçant à leur puissance féodale j la bourgeoisie à ses franchises; tandis que la noblesse de son ancien royaume conservait ses juridictions territoriales, et que le parlement ainsi que TÉglise presbytérienne exerçaient à l'envi leur « droit de remontrances. » L'uniformité des lois pour les deux pays devait donc tenter Jacques, comme un moyen de réduire Tesprit séditieux de l'Écosse; en effet, Yunion des royaumes fut une des premières pensées du nouveau monarque. Des commissaires furent nommés à cet effet; mais celte tentative prématurée, impolitique même, parce qu'elle n'était pas populaire en Angleterre, ne fit qu'alarmer les Écossais, et n'aboutit qu'à une alliance fédérative.

Jacques échoua également dans son projet d'établir la conformité des cultes : le presbytérianisme d'Écosse s'effraya des prétentions de l'épiscopat anglican; ni l'intrigue, ni les promesses, ni les menaces, ne purent réconcilier les deux clergés. Dans les conférences d'Hampton-Court, le roi lui-même parla en docteur plutôt qu'en roi, inspiré autant par son amour pour les arguties de la théologie que par cet instinct antidémocratique qui, malgré son éducation presbytérienne, le rattachait aux doctrines anglicanes, et peutêtre, dans le fond, aux doctrines catholiques. Déjà même, avant de monter sur le trône d'Angleterre, Jacques s'était exprimé assez clairement à ce sujet dans son Basilicon Down; et la complaisance dévouée du clergé anglican avait dû lui faire prendre encore

plus en haine Fâprelé des héritiers de John Knox. 11 avait vu à Hamplon-Conrt les évéques, prosternés à ses pieds, s'écrier que Sa Majesté parlait par Finspiration du Christ. En Écosse, lorsqu'il avait voulu imposer silence, en invoquant le bon sens, aux invectives d'un prédicateur, celui-ci lui avait répondu : «Je ne veux point parler bon sens. »

.En quittant l'Écosse, Jacques avait promis de visiter son royaume natal tous les trois ans : Texécution de cette promesse fut longtemps différée.

Enfin, en 1616, il partit pour Edimbourg; son entrée en Écosse fut un triomphe, et un triomphe selon ses goûts scolastiques, car les panégyriques et les vers latins ne lui furent pas épargnés; mais ce qui charma surtout le monarque fut l'accueil que lui firent les universités : aussi voulut-il que les profes* seurs argumentassent en sa présence. Il lutta lui-même avec eux par de savants jeux de mots, et promit de leur témoignet* sa satisfaction par ses libéralités. Mais il fut un peu refroidi par le non-succès de ses nouveaux efforts en faveur de l'uniformité des cultes; il fallut acheter bien cher les consciences du parlement d'Écosse, pour obtenir son appi obation de certaines mesures favorables à la prélature; et le clergé presbytérien, toujours plus indocile, protesta contre les cornes de la mitre, et les rites d'un culte qui lui semblait entaché d'idolâtrie, Jacques insista au nom de sa double prérogative, comme roi et chef officiel de la religion de ses royaumes. Treize éyéques furent admis dans la hiérarchie presbytérienne; mais cette concession du clei^é, obtenue moitié par artifice, moitié par violenee, ne fit que préparer une réaction religieuse :

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