‹ Histoire de Charles-Édouard, dernier prince de la maison de StuartChapitre 68 sur 78 · C CHARLES, P. R. >J · texte numérisé non relu

C CHARLES, P. R. >J

Cette lettre servit de texte à une délibération sut la nécessité de se rendre, et des députés furent envoyés à la personne qui prenait le titre de Prince Ré^ genty pour traiter ou demander du temps.

Dans ces entrefaites^ pendant que les volontaires se rassemblaient de nouveau à Lawrnmarket , un homme a chevai, qu'on ne put reconnaître ni jamais retrouver, traversa tout à coup rapidement leurs rangs et les rues de la ville en criant qu'il venait de voir les Uighlanders, et qu'ils étaient plus de treize mille! Ce fut le dernier coup porté à la valeur bourgeoise, et ces cavaliers aériens, qui menacèrent Jérusalem de tant de malheurs, n'auraient pas été pour les whigs d'Edimbourg un présage plus funeste que l'espèce

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d'apparition de cet inconnu mystérieux (i). Les volontaires àllèrent déposer leurs armes au château entre les mains du général Guest. Quelques membres de l'ancienne.milice seuls se tinrent encore quelques heures sur les murailles ou près des portes , regardant d'un air triste leurs fusils rouillés.

Les députés envoyés au prince revinrent avec une lettre signée John Murray, qui déclarait que les manifestes de Charles-Edouard étant une garantie suffisante pour les citoyens^ illes invitait une dernière fois à se soumettre paisiblement. Mais dans l'intervalle était arrivée une missive de sir John Cope, qui annonçait que les vents contraires le forçaient de débarquer à Dunbar, d'où il allait précipiter sa marche sur Édimbourg. Quelques voix parlèrent encore de résistance; et, après de nouvelles hésitations, les députés repartirent pour une seconde ambassade avec l'intention de gagner du temps; le prince refusa de les admettre en sa présence , et fit approcher d'Édimbourg sept à huit cents hommes, chargés d'y pénétrer par surprise, afin.de terminer toutes ces négociations, ou de faire sauter une des portes avec un baril de poudre. Le hasard les favorisa; ils arrivèrent au moment où l'on ouvrait la porte de Netherbow pour la voiture qui, ayant conduit les députés, retournait à la remise du loueur, dans le quartier dit de la Canongate. Les Highlanders se précipitèrent entre la porte et les sentinelles, pénétrèrent dans les rues, et

(i) L*historien Henderson ajoute que les malintentionnés aysÀent fait croire aux bourgeois d*Édiinbourg que le Prétendant était une sorte de Goliath , Vun des hommes les plus forts de la terre, History of ihe Reb., p. 8.

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furent émerveillés de la facilité avec laquelle ils purent y circuler. Un de leurs cris de guerre fit mettre aux fenêtres quelques citoyens en bonnet de nuit; mais presque toute la ville semblait dormir d'un profond sommeil, et quelques heures après, en se réveillant, les bourgeois trouvèrent toutes les sentinelles des murailles relevées de garde par les Highlanders, sans qu'une goutte de sang eût été versée. Des patrouilles nombreuses de ces prétendus sauvages parcouraient les principales rues en assez bon ordre au son des cornemuses, qui faisaient entendre l'air jacobite de 1 7 1 5 ;

— . « v^ill awa' to Sherramuir to haud the V^higs in order, etc. (1) »

(i) Nous irons à Sheriffmoor pour mettre les whigs à la rai> son, etc.

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