ACCORDEZ-LUI LA SÉPULTURE
Mais ce héros lui-même, en apparence si bien préparé à mourir, n'eut pas le cœur de faire un pas au delà de sa maison , située justement au bout de Lawnmarket. La rue en pente de Bow offrit de si nombreuses issues à la désertion y que dans un pamphlet jacobite, attribué à David Hume, la marche des volontaires fut facétieusement comparée au cours du Rhin , qui, après s'être déployé avec pompe dans fertiles plaines , voit ses eaux décroître et s'épuiser par mille canaux , jusqu'à ce que, réduit à un ruisseau timide, il se perde dans les sables avant d'atteindre l'Océan (i).
Le capitaine Drummond et les volontaires restés sous les armes semblaient encore déterminés à se mettre en campagne, lorsque le ministre Wishart et les autres membres du clergé presbytérien vinrent les supplier de se réserver pour la défense de la ville ; alors Drummond envoya un messager au lord prévôt pour prendre ses derniers ordres; le lord prévôt répondit qu'il le félicitait de sa résolution de rester dans
(i) Ce pamphlet, cité dans une critique des ouvrages de Home (Quarterly Review), est intitulé True account, etc. : Exposé de la conduite du lord prévôt d*Édimbourg^ etc. L'anecdote de John Mac- Clure est confirmée par le rédactéur de l*article, qui ne peut être que sir W. Scott.
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1 enceinte des murs, et le capitaine de milice congédia sa troupe, non sans se plaindre que soir zèle eût rencontré tant d'obstacles.
Pendant la nuit, les dragons, la garde urbaine et le régiment levé par souscription abandonnèrent le coteau deCorstorphine, en n'y laissant qu'un détachement; le général Fowkes, arrivé de Londres, prit le commandement de toutes les troupes ; mais bientôt une terreur panique s'empara d'elles, lorsque quelques hommes à cheval , de l'avant-garde des montagnards, ayant tiré en l'air quelques coups de pistolet en s'approchant des dragons postés à Corstorphine , ceux-ci se mirent à fuir à toute bride, et entraînèrent tout le régiment, qu'on vit galoper en désordre sur le terrain où s'élève aujourd'hui la ville nouvellé. Ce spectacle fit renon6er à toute idée de résistance; l'agitation était extrême parmi les membres du conseil municipal, convoqué extraordinairement dans une église. Là, chacun s'efforçait de donner son avis, lorsque tout à coup on apporte une lettre de Charles- Édouard ; le lord prévôt s'oppose à la lecture de ce papier séditieux, signé Charles, prince régent y s'éloigne, et se fait faire violence pour revenir l'écouter. Cette lettre contenait ce qui suit :
« De notre camp , 1 6 septembre 1745.
a — Étant sur le point d'entrer dans la capitale de l'ancien royaume de Sa Majesté , nous vous sommons de nous recevoir comme votre devoir vous y oblige. Vous êtes donc requis, au reçu de la présente, de convoquer le conseil municipal , et de prendre les mesures
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convenables pour garantir la paix de la ville, que nous désirons vivement protéger. Maïs si vous soufiVez qu'aucune troupe de l'usurpateur y pénètre ou emporte les canons 9 les armes et munitions (propriétés publiques et particulières) qui s'y trouvent, nous le considérerons comme une violation de vos devoirs, et un outrage coupable Fait au roi et à nous^méme. Nous promettons de conserver tous les droits et privilèges de la ville ^ ainsi que les propriétés particulières des sujets de Sa Majesté ; mais si aucune résistance nous est opposée, nous ne pouvons répondre des consé*^ quences, étant fermement résolu d'entrer à tout prix dans la ville; et, dans ce cas, tout habitant qui sera trouvé en armes contre nous ne doit pas s'attendre à être traité domme prisonnier de guerre.