‹ Histoire de Charles-Édouard, dernier prince de la maison de StuartChapitre 75 sur 78 · AU ROI LOUIS XV · texte numérisé non relu

AU ROI LOUIS XV

« Monsieur mon oncle,

« Les obligations que j ai à Votre Majesté sont si essentielles et se font sentir si vivement, que je trouve à peine des expressions qui y répondent ; mais l'importance de la conjoncture ne me permet plus de garder un silence qui devient incompatible avec ma reconnaissance. Les sages précautions que Votre Majesté a prises en me tenant caché depuis que je suis dans son royaume , et surtout depuis l'ouverture de la campagne, ont entièrement aveuglé le gouvernement présent de la Grande-Bretagne. On a non-seule-

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ment renvoyé les six raille Hollandais, mais Ton a même transporté en Flandre plus d'un tiers des troupes réglées qu'on avait auparavant jugées nécessaires pour contenir les peuples dans la sujétion de l'usurpateur. D'ail]eurs,.ceux d*entre les bons sujets du roi mon père qui donnent le mouvement aux autres, et avec lesquels on avait concerté l'embarquement des troupes françaises, ces sujets fidèles, tant Anglais qu'Écossais, se sont comportés à cette occasion avec tant de prudence et de fermeté , qu'ils paraissent plus dignes que jamais de la confiance dont Votre Majesté les avait honorés. Ils m'ont souvent renouvelé les assurances du zèle avec lequel ils étaient prêts à remplir les engagements qu'ils avaient pris , en cas que les troupes de Votre Majesté eussent débarqué nonobstant l'arrivée des Hollandais et les autres préparatifs du gouvernement pour pouvoir se maintenir; mais aussitôt qu'il fut décidé dans le conseil de Télecleur d'Hanovre de ne laisser en Angleterre qu'un nombre peu considérable de troupes, ils m'en ont donné avis avec une joie extrême; et comme ils pensent qu'on peut, malgré la supériorité de la flotte du gouvernement, transporter un corps de troupes tel que celui que Votre Majesté faisait embarquer à Dunkerque, ils tiennent pour certain qu'avec ce secours j'aurais l'honneur de rétablir le roi mon père, sans exposer la nation aux malheurs d'une guerre civile. Ils disent qu'ils seraient en état de renverser le gouvernement par leurs propres forces, s'ils n'appréhendaient celles que l'usurpateur pourrait faire descendre en Angleterre avant que je pusse former une armée capable de s'y opposer; et ils déclarent que ce n'est que cette appréhension qui les empêche de me recevoir sans autre appui que celui de la justice de ma cause. Tel est le résultat des dernières couférences des principaux royalistes anglais, que milord Barrymore m'a fait savoir par un exprès. Les Écossais, plus ardents et entreprenants, ne s'effrayent point des idées d'une guerre civile: ils viennent de m'envoyer un homme de condition, parent de M. de Mac-Grégor, pour m'assurer que le concert qui y a été formé en 1739 subsiste toujours dans toute sa force; que la disposition générale du pays est si favorable, qu'il ne leur reste plus rien à faire qu'à gagner les troupes que le gouvernement entretient parmi eux, et qu'ils s'y appliquent avec quelque espérance de réussir : mais ils me supplient de ne point attendre des <lispositions ultérieures, de saisir l'occasion que l'éloi-

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gnement des troupes du gouvernement me présente actuellement^ et de faire auprès de Votre Majesté les plus fortes instances pour leur procurer des* armes, et le peu de secours dont les Écossais ont besoin pour se mettre en campagne; ils promettent de s en servir d'une manière qui prouvera à Votre Majesté que l'ancienne vigueur de la nation écossaise n'est point éteinte.

« Us ajoutent qu'ils renvoient le comte Traquair en Angleterre, pour entretenir et affermir la confiance entre les fidèles sujets des deux royaumes. Ces dispositions tant de l'Angleterre que de TÉcosse sont si heureuses, que j'ai cru en devoir donner moi-même quelque idée à Votre Majesté, et envoyer milord Sempill pour informer plus particulièrement les ministres qui sont auprès d'elle. Si Votre Majesté veut bien permettre que ce milord leur en fasse un rapport, j'ose me flatter que celui qu'ils feront à Votre Majesté la déterminera à m'accorder le corps de troupes que les fidèles sujets de la Grande-Bretagne demandent avec tant d'empressement, ce qui me mettra en état de lui donner dans peu des preuves réelles de la vive reconnaissance dont je suis pénétré, et du respect avec lequel je serai toute ma vie,

« Monsieur mou oncle,

« Ce Votre Majesté

« Le très-affectionné neveu ,

« Charles, P.

« Paris, ce 24 juillet 1744. »

vm.

LB PRINCE CHABLBS-ÉDOUABD A SON PÈBii (l).

n Pinky-House près d'Édimbourg, 21 septembre (v. s.) 174â. '( Sire,

c Depuis ma dernière, datée de Pertli, Dieu a daigné accorder aux armes de Votre Majesté un succès qui a dépassé mes espérances. Le 17, nous entrâmes à Édimbourg l'épée à la main, et

(l) Voir, sur cette lettre apocryphe, le chapitre xvi, page 381.

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prîmes possession de la ville sans être obligés de répandre une goutte de san^ou d'employer aucune violence. Ce matin, j'ai remporté une victoire signalée avec peu ou point de perte. Si j'avais eu un ou deux escadrons de cavalerie pour poursuivre les ennemis, pas un seul n'eût échappé. Dans l'état des choses, à peine s'il leur reste quelques dragons, qui, par une fuite précipitée^ se seront, je crois, jetés dans Berwick.

« Si j'avais obtenu cette victoire sur des étrangers, ma joie eût été complète ; mais l'idée que c*est sur des Anglais y a mêlé plus d'amertume que je n'imaginais. Les hommes que j'ai vaincus étaient les ennemis de Votre Majesté sans doute ^ mais ils auraient pu devenir vos amis et vos loyaux sujets, lorsqu'ils auraient ouvert le» yeux et vu le véritable intérêt de leur pays, que vous voulez sauver et non détruire. C'est à cause de cela que j'ai défendu toute réjouissance publique. Je n'entrerai dans aucuns détails de la bataille, préférant que Votre Majesté les connaisse d'après les rapports d'un autre, plutût que par les miens. Je vous envoie la présente par Stewart^ en qui vous pouvez avoir pleine confiance : c'est un homme probe et fidèle', parfaitement instruit de tout ce qui a eu lieu jusqu'à ce jour. Je le regretterai, mais j'espère être bientôt dédommagé de cette perte par son prompt retour, avec les plus agréables nouvelles que je puisse recevoir, je veux dire celles de la santé de Votre Majesté et de mon frère.

« Je vous ai envoyé deux ou trois gazettes pleines des adresses et des mandements des évêques au clergé. Ces adresses sont telles que je les attendais, et ne peuvent en imposer qu'aux faibles et aux crédules. Les mandements sont de la même force, mais plus artificieusement composés. Les évêques ordonnent à leur clergé de faire sentir aux peuples les grands bienfaits dont ils jouissent sous les princes de la famille qui les gouverne actuellement. Ils leur disent d'appuyer sur la scrupuleuse administration de la justice, sur le saint respect des lois, sur la sécurité de leur religion, de leur liberté, de leur propriété. Ce sont là de grands mots qui peuvent en imposer aux esprits irréfléchis; mais celui qui lit avec attention découvre aisément l'imposture. Quel besoin a un prince de troubler le cours ordinaire de la justice, quand il a'eu le secret de corrompre la source des lois? N'est-ce pas risquer même de donnei* l'alarme? N'est-ce pas dire qu'il n'est pas venu pour les protéger

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comme il le prétend, mais réellement pour les trahir? Quand ils ]>arleiit de la sécurité de leur religion, ils ont bien soin de ne pas dire un mot des progrès effrayants que l'athéisme et l'impiété ont faits depuis quelques années : si j'en crois des hommes de sens, ces progrès sont tels que plusieurs de leurs personnages les plus importants auraient honte de s'avouer chrétiens, et que beaucoup d'autres, d'un rang moins élevé, agissent comme s'ils ne l'étaient pas. £n conversant sur ce triste sujet, j'en suis venu à reconnaître ce que je n'avais pu jusqu'ici comprendre, que ceux-là qui crient le plus haut contre le papisme et le danger de la religion protestante ne sont pas réellement des protestants, mais une bande d'hommes dissolus, doués de talent, ayant de l'instruction, mais vides de tout principe, et se prétendant républicains.

« Je demandais à ceux qui me disaient cela ce qui pouvait rendre ces hommes si jaloux de conserver la religion protestante, puisqu'ils ne sont pas chrétiens? On me répondit que c'est pour se recommander au ministère, qui (s'ils écrivent pour lui ou s^ils se fout nommer membres du parlement) ne manquera pas de les pourvoir amplement. Le motif de ce zèle extraordinaire est qu'ils se procurent par là pour le moins la connivence, sinon la protection du gouvernement, pendant qu'ils propagent leur impiété et leur athéisme.

« J'espère, grâce à Dieu, que le christianisme n'est pas aussi bas tombé dans ce pays que me le représentent les rapports qui me sont faits. Cependant, si je compare ce que j'ai souvent vu et entendu à Rome avec ce que j*ai observé depuis, j'ai peur\}u'il n'y ait que trop de vrai dans ces rapports.

« Les évéques sont aussi partiaux et peu sincères en parlant de la sécurité de la propriété que de celle de la religion ; car ils ne disent pas un mot de cet énorme fardeau de la dette toujours croissante sous laquelle gémit la nation, et qui ne peut être payée (si on a l'intention de la payer jamais) qu'aux dépens des propriétés. Il est vrai que toute cette dette n'a pas été contractée sous les princes de cette famille, mais bien la plus grande partie; et le tout aurait pu être acquitté par une administration économe pendant ces trente dernières années de paix profonde, n'eussent été les imracàses sommes qui ont été prodiguées pour corrompre lesparle-

ments et pour soutenir des intérêts étrangers, au détriment de ceux des trois royaumes.

« Cest trop parler à Votre Majesté , j*en ai peur, de ces tristes mandements; mais en ayant fait mention, j*ai voulu vous en donner mon opinion. Je me rappelle que le docteur Wagstaff (avec qui je regrette de ne m'étre pas entretenu plus fréquemment, car il me disait toujours la vérité), me disait un jour que je ne devais pas juger le clergé de TÉglise d'Angleterre d'après les évéques, qui ne parviennent pas à l'épiscopat par leur savoir ou leur piété, mais par d'autres talents, comme d'écrire des pamphlets, d'être actifs aux élections, et de voter au parlement sous la direction du ministère. Quand j'aurai gagné une autre bataille, ils écriront pour moi , et se chargeront de répondre à leurs propres lettres.

« Il est une aptre classe dans laquelle, comme dans celle du clergé, je suis porté à croire que les moins élevés en rang sont les plus honnêtes : je veux parler de l'armée, car jamais on ne vit plus belles Groupes que celles que j'ai combattues ce matin; cependant elles ne se sont pas montrées aussi braves que je l'aurais cru. Je pense avoir entrevu que les simples soldats n'aimaient pas le parti qu'ils avaient adopté. S'ils avaient eu à combattre des Français venus pour envahir leur pays, je suis persuadé qu'ils se seraient mieux défendus. La solde de ces pauvres gens, et l'avenir qui les attend, ne suffisent pas pour corrompre leur instinct de justice et d'honnêteté. Il n'en est pas de même de leurs officiers, qui, excités par leur propre ambition et leurs fausses notions sur l'honneur, se sont battus avec acharnement. J'ai demandé à l'un d'eux, qui est mon prisonnier (un vrai brave), pourquoi il portait les armes contre son prince légitime, lorsqu'il vient pour délivrer son pays d'un joug étranger? Il m'a répondu qu'étant homme d'hbnneur, il se montrerait fidèle au prince dont il mangeait le pain, et par qui sa commission d'officier était signée. Je lui dis que c'était là un noble principe, mais mal appliqué; et je lui demandai s'il n'était pas un whig. Il me répondit affirmativement. — £h bien! alors, ai -je ajouté, comment pou vez-vous regarder votre commission et le pain que vous mangez comme étant la commission et le pain du prince, plutôt que du pays qui vous paye pour le servir et le défendre toujours contre des étrangers? car j'ai entendu dire que tels étaient

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les vrais principes des whigs. Ignorez-vous comment vos compatriotes ont été transportés en pays étranger pour y être insultés, maltraités par les défenseurs de la foi protestante, et égorgés dans une querelle où l'Angleterre est si peu intéressée, et qui ne tend qu a Tagrandissement de Téleclorat de Hanovre? A cela il n'a rien répondu, mais il a baissé la téte d'un air sombre.

« La vérité est qu'ils ont peu de bons officiers. Ils soiit brâves, parce qu'ils ne peuvent s'empêcher de Tétre; mais généralement ils connaissent peu leur métier, sont corrompus dans leur morale, et ne sont guère retenus par le frein de leur religion, quoiqu'ils prétendent faire croire qu'ils convbattent pour elle. Quant à leur honneur, dont ils parlent tant, j'aurai bientôt l'occasion de l'éprouver; car, n'ayant pas de place forte pour mettre mes prisonniers, je serai obligé de les relâcher sur parole. S'ils ne la tiennent pas, je ne leur souhaite pas de retomber dans mes mains : il ne serait plus en mon pouvoir de les sauver du ressentiment de mes Highlanders, qui les immoleraient de sang-froid; ce qui me désolerait, car je n'aime pas la vengeance. Mon superbe ennemi regarde comme au-dessous de lui, je le suppose , de régler un cartel. Si je le désire, c'est autant pour ses partisans que pour les miens. J'espère, avant peu, le forcer de s'estimer heureux que je le lui accorde.

« rapprends que six mille hommes de troupes hollandaises sont arrivés, et qu'on fait venir dix bataillons anglais : je voudrais qu'ils fussent tous hollandais, afin de ne pas avoir la douleur de verser le sang anglais. J'espère que j'obligerai bientôt l'électeur de faire venir le reste, ce qui, à tout événement, sera un service rendu à l'Angleterre, en la faisant renoncer à une gucîrre étrangère ruineuse pour elle. Malheureusement la victoire apporte des embarras que je ne connaissais pas encore. Je suis chargé d'avoir soin de mes amis et de mes ennemis. Ceux qui devraient ensevelir les morts se sont enfuis, comme si cela ne les regardait pas. Mes Highianders croient au-dessous d'eux de le faire, et les paysans se sont retirés. Cependant je suis résolu à voir si en payant je puis avoir des hommes qui se chargent de ces tristes fonctions, car je ne saurais supporter l'idée de laisser pourrir des Anglais sur la terre. Je suis très-embarrassé encore sur ce que je dois faire de mes prisonniers blessés. Si je fais un hôpital de l'église , on se récriera sur cette

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grande profanation, et Ton répétera que je manque à mon manifeste^ par lequel je m'étais engagé à ne violer aucune propriété. Si les magistrats voulaient s'en mêler, ils m'aideraient à sortir de cette dificulté. Advienne ce que. pourra, je suis décidé à ne pas laisser de pauvres blessés dans la rue; si je ne puis mieux faire, je convertirai le palais en hôpital , pour le leur abandonner. Je suis si absorbé par toutes ces choses, et le soin que je dois avoir de mes troupes, qu'il ne me reste que le temps d'ajouter que je suis le trèsdévoué fils de Votre Majesté.

« Charles, P. »

POBTBAIT nu CHBVÂLISB DK SAINT-GEOBGES , PAB HOBACS WALPOLB.

« LeM^hevalier de Saint-Georges, dit Horace Walpole, est grand de taille, maigre, d'une figure mélancolique. Les alternatives d'espoir enthousiaste et de découragement dont s'est composée sa destinée ont empreint sur sa personne une solennité qui excite plutôt la pitié que le respect. Il semble le fantôme qu'une imagination prévenue évoquerait pour se représenter Charles I*"^ avec ses malheurs, moins ses fautes. Sans avoir le visage d*aucou Stuart, le chevalier a les traits prononcés et l'air de fatalité de cette famille. Du moment où je le vis, je n'aurais pu douter de la légitimité de sa naissance ; idée qui ne saurait, du reste, causer aucun scrupule à ceux qui, par principes, approuveraient l'exclusion du prince le plus légitime , dont la religion et les maximes politiques seraient incompatibles avec la liberté de son pays.

« Il ne donna jamais au monde des idées bien favorables de lui. £n Écosse, sa conduite fut loin d'être héroïque; à Rome, où pour être bon catholique romain il n'est pas nécessaire d'être très*religienx, on a pour lui peu d'estime : ce n'est pas à Rome qu'on aime beaucoup les martyrs et les confesseurs ; mais ce fut sa conduite avec la princesse Sobîeska , sa femme, qui révolta dans l'origine la cour papale. Cette princesse aimable mêlait an zèle du papisme sa politique insinuante, agréable, adroite et hardie; elle trouva un appui dans la cour pontificale, lorsqu'elle ne put supporter plus

DB CHABLBS'BDOUABD.

longtemps les mortificalioDs qite voulaient lui faire subir Hay, comte titulaire d'Inveru^s», et sa femme, auiiquels le chevalier accordait toute sa confiance. Le prétendant se retira à Bologne, et il fut obligé de sacrifier ses favoris poUr pouvoir revenir à Rome. Son nouveau premier ministre fut alors Murray, comte nominal de Dunbar, homme adroit, aimable et gracieux dans sa personne et ses manières. Il s'était distingué très-jeune dans le parlement de la, reine Anne, et il s'attacha plus tard ouvertement à ceux dont il avait cru pouvoir préparer le retour en Angleterre.

«t Le mérite le plus évident de la cour du prétendant est la grande régularité de ses finances et récouomle de son trésor. Son revenu annuel a pu monter à 23,ooo livres sterling tout au plus, provenant des pensions du pape et de l'Espagne, des contributions des jacobites d'Angleterre, et des dons des diverses cours. Cependant il payait toujours avec exactitude , et avait en réserve une somme considérable qui fut dépensée en i74^< Après la perte d'une couronne à laquelle il croyait avoir des droits, après une suite de revers depuis sa naissance, après la triste et humiliante désertion de ses amis et leur capricieuse inconstance, vrai jouet des intrigues , des mécontentements et de l'ambition déçue des grands seigneurs d'Angleterre, le prince a vu la discorde s'introduire dans sa petite cour, et ses affections paternelles troublées par les germes de factions qu'y jeta ce maître en fait de sédition , le fameux Bolingbroke. Celui-ci mit en avant le projet de faire abdiquer le prétendant au profit de son fils aîné, comme plus propre à gagner le cœur des Anglais. Le père et les anciens jacobites ne purent jamais approuver un tel projet, qui fut mieux accueilli du jeune homme et de ses adhérents, comme si le prétendant avait une couronne à abdiquer. Quelque peu nombreux que fût leur cabinet, des partis le divisèrent : lorsque j'étais à Rome, lord Winton était im patriote dans cette cour, et la miniature d'une minorité composée de sa seule personne. « {Mémoires et Souvenirs d'Horace Walpole)

N'oublions pas que ce tableau est emprunté au fils du ministre qui ne cessa de faire une guerre active aux jacobites pendant toute son administration, quoique par feinte ou par tout autre motif, Walpole eût paru un moment assez disposé à écouter les offres du prétendant, sinon à lui en faire lui-même.

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