CHAPITRE m
Halcolm Canmore mourut en 1093 à la bataille d'/Vlnwick, surpris et trtibi dans une de ces incursions en Angleterre qui prouvent que Guillaume avait bien pu châtier l'Ecosse, mais non la soumettre. Son fîls aîné étant mort avec lui, et lés autres étant irop jeunes pour lui succéder, la couronne échut à leur oncle Donald (le Donaldbaue deShakspeare), qui s'était réfugié en Irlande après l'assassinat de Duncan. Son règne fut troublé par les prétentions de l'oncle maternel de ses neveux. Alexandre, l'un de ces derniers, finit par s'asseoir sur le trône, et il défendit à la fois ses domaines contre les chevaliers normands, et les libertés de ï'Eglise d'Ecosse contre les évêques deCanlorbéry et d'York, qui aspiraient à une suprématie sur toute l'île. Son frère David, qui lui succéda en 1 1 23, continua plus vigoureusement encore la politique de Malcolm Canmore, dont il eut les nobles qualités avec une éducation meilleure. Oncle de l'impératrice Matbilde, fille de Henri 1", David défendit la succession de sa nièce contre les prétentions du comte de Boulogne. Lorsque ce prince se fit couronner sous le nom d'Etienne, le roi d'Ecosse s'empara du comté de Northumberland, s'avança deux fois jusqu'au cœur du Yorkshire, et y porta une guerre dont les hislo-
n,g,t,7i.dh,G00glc
43 HISTOIBB DK Ll BIVAUTÉ
riens anglais dénoncent la cruauté, oubliant que l'armée écossaise se composait en partie de Normands ou d'Anglais chassés de leur pays par la guerre civile. Pour ceux-ci, cette guerre était une occasion de représailles contre leurs ennemis personnels, et ils rivalisèrent de barbarie avec les sauvages Galwegiens , corps de soldats à demi sauvages, qu'on supposait être les derniers débris des anciens Plctes (i). David, à l'instigation des exilés, refusa le Northumberland qu'on lui offrait pour prix ,de sa retraite. Ce refus ràipriident détacha de son parti deux barons, Robert de Bruce et Bernard de Baliol, qui possédaient à (a fois des terres sur les deux frontières. A. leur défection on peut attribuer en partie au moins la perte de la grande bataille dite de FÉtendard (2) , qui dispersa une des plus belles armées de l'Ecosse, qu'il ei^t faHu ménager pour mieux profiter des discordes civiles de 4'Angleterre. Cependant David sut encoi-e se rendre Assez redoutable à Etienne pour en obtenir, après sa défaite, ce même comté de Northumberland qui lui était offert avant la bataille.* Dans son propre royaume , ses donalioas au clergé et de ttombreux
(1) Les sauvages à tlemi nus et à demi armés auxquels les Normands furent obligés de céder, k Norttiallertoi) , l'honneur de combattre à l'avant-garde , habitaient surtout la provinoe de Gailoway , sur la côte opposée à llrlande , d'oik ils étaient venus en Ecosse. C'étaient donc plutôt des Scots que des Pietés. Après la bataille de l'Étendard , les habitants de Galloway ne sont plus appelés que les Galwegiens.
(3) VétendardI l'éiendard! criaient les Anglab, qui avaient dans k'ur armée vue bannière sainte envoyée par Thurstan , évéque de Vnri.
n,g,t,7i.dh,G00glc
UB l'akcletbbbe et de l'écossr. 43
nioua«lères f'oDdés par sa pïéré géaéreufie lui valurent d'être canonisé après sa mort. Saint fatal à ia couronne! dit plus tard un de ses successeurs, lorsque le clergé se ti'ouva plus riche en Ecosse que le roi- Les historiens, en répélant cette protestation contre saint David, n'ont pas tous oublié qu'en se montrant si religieux, ce monarque servait aussi la ctvilisatioo dans un siècle où les monastères étaient non-seulement les dépositaires Aei hautes sciences, mais encore tes dispensateurs de toute éducation pour la seule classe qui pouvait alors en recevoir les éléments. Ea Ecosse comme ailleurs, l'Eglise fut longtemps aussi la seule école des beaux-arts, des belles4ettres, de l'agriculture, et même des métiers manuels. Quant à la sainteté de David , il faut bien dire qu'on canonisait alors les rois aussi facilement que sous les Césars -à Roiue on avait décerné l'apothéose aux empereurs. Mais les artistes qui ont vu les ruines de l'abbaye de lUelrose seront comme nous irés-indulgents pour la pieuse libéralité du frère de Malcolm 111.
Malcolm IV, son fils et son successeur, est on ne sait pourquoi surnommé la Fierge; car, si le trône passa après lui à son frère, faute d'enfants légitimes, les antiquaires ont découvert dans le cartulaire de l'abbaye de Kelso une charte par laquelle il avoue un fils naturel. Prince actif et brave, il fut moins heureux à la guerre que son père, et se vit forcé de rendre au roi d'Angleterre ce comté de Northumberland acquis par l'Ecosse sous le règne précédent. Tenu en échec par la supériorité des armes normandes, il put du moins tourner ses efTorts contre ces mêmes sauvages de Galloway, toujours redoutables au sou-
n,g,t,7i.dh,G00glc
44 HISIOtBB BB Ll. BtVALtTB
.verain qui ne les conduisait pas au pillage eu Angleterre. Il parvint à les soumettre. 11 lui fallut réduire aussi le comté de Moray, habité par une peuplade issue de ces Scandinaves jetés sur plusieurs points de l'ancienne Ecosse par le continuel flux et reflux des hommes du noi-d, Danois ou Norwégiens. Cette peuplade, composée oioirié de chasseurs et de pasteurs, comme les tribus gaéliques des montagnes, refusait de se fondre dans l'unité nationale. Malcolm IV la dispersa sur les divers comtés de ses États, en lui défendant de chercher à se grouper en tribu distincte. Les rois écossais commençaient à comprendre le besoin de réunir en faisceau les éléments de celle nationalité qui allait avoir à se défendre contre le génie conquérant de la chevalerie normande. Malcolm IV mourut en 1 165.
n,5,t,7i.dt;G00glc
UB LAHGLETBBBB BT DB L ECOSSE.