‹ Histoire de Charles-Édouard, dernier prince de la maison de Stuart, precédéeChapitre 32 sur 72 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

BÉGENTS ET iJkCQUEB ïl D'^OBSE.

Pendant les dix-huit ans de la captivité de Marie Stuan, l'anarchie régna maintes fois en Ecosse; et lorsque Élisahelh eut à craindre sa délivrance, c'é- Urient les mécontents d'^^nglelerre <|ui l'inquiétaient plus que les sujets de sa prisonnière. Elle entretint habilement les séditions autour des quatre régents e|iii précédèrent l'avènement d^Jacques VI, el se servit à propos de la menace de rendre la liberté à Marie, pour les tenir sous sa dépendance; une seule fois eHe était réellement d'accord avec Murray pour renvoyer ta reine dans ses Etats, mais c'était sur l'assurance qu'elle y i^paraitrAit en accusée, et condamnée d'avance. Sur ces entrefaites , la mort tragique de Murray vint laisser à la chaîne d'Élisabelti le supplice de sa rivale : Murray fut assassiné par Hamilton de Bothwellhaugh, ({u'il avait dépouillé de ses biens, et dont la femme avait perdu la raison par suite de mauvais traitements qu'elle avait subis. Le comte de Lennox, père de Henri Darnley, lui succéda; un moment le parti français, ou catholique, releva la léte, mais vaincu, et réduit désormais à conspirer, ou à inquiéter le gouvernement par quelques audacieux coups de main. Lennox fut assassiné danS une tentative de révolution, qui n'aboutit qu'à cet acte de vengeance.

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Le comte de Mar fut choisi par les nobles pour le remplacer. Celait ud homme bien intentionaë, qui mourut de douleur en voyant qu'il n'ëtait entouré que d'ambitieux qu'irritait sa modération. Uorton s'empara du gouvernement, et ne fut pas plus heureux que Mar en suivant un système contraira : sa hauteur, ses violences et ses exactions lui suscitèrent une foule d'ennemis, même parmi ceux qui applaudissaient à ses rigueurs contre les catholiques; il perdit la régence, et la reprit en s'emparant de la personne du jeune roi; mafs celui-ci commençait à se croire d'âge à régner: il secoua le joug, et fit juger et exécuter Morton. Jacques gouverna d'abord avec déjeunes favoris; les nobles en furent jaloux, et se révoltèrent contre le fils, comme jadis contre la mère; ils étaJeDt soutenus par le clei^é presbytérien, qui s'écria que des favoris dissolus ne pouvaient que rendre le monarque idolâtre et papiste. Depuis le triomphe de la réforme, le clei^é presbytérien, après avoir Oi^nisë une e^ce de république théocratique à côté du pouvoir de la couronne, prétendait exercer un droit de censure illimité sur le gouvernement civil. Elisabeth avait d'abord favorisé cette rébellion; elle rétoulTa en se déclarant pour Jacques, dont la dépendance devint le prix de celte médiation. I-e roi d'Ecosse se trouvait par là enchaîné à la cause d'Élisa- , beth contre sa propre mère. Intéressé à la captivité de Marte Stuart, U laissa bientôt croire à l'Europe qu'il l'était à sa mort, lant il composa froidement sa douleur quand le sacriBce fut consommé. L'Espagne jugea qu'il était de son honneur d'embrasser plus vivement la cause d'une royale victime ; mais ici l'hon-

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iieur de l'Espagne é\fi.h aussi l'intérêt du papisme; et Jacques, héritier du trône d'Élisahelli comtne arrièrepetit-iils de Henri VII, avait à ménager l'orgueil national' de l'Angleterft: il se déclara contre Philippe, et rendit des actions de grâces au ciel après la dispersion de l'Armada. Elisabeth ne fut -pas tellement touchée de ce désinléressemeht de Jacqu^ , qu'elle ne vît avec jalousie qu'il songeait à se marier; ce fut malgré. ses ialrigues pour entraver cette alliance, que le roi d'Ecosse épousa une princesse de Danemark.

Dans les dernières années du règne d'Elisabeth, 'Jacques sut gagner à sa cause les ministres de cette souveraine, afin de s'asstirer d'une utile assistance au moment de sa mort. Il voulait aussi prouver à l'Angleterre que le disciple de Buchanan était digife de continuer le. règne de la savante Elisabeth; et ce fut un livre SOT la théorie du 'gouvernement , te Basi/icon DoFon, qui lui servît de manifeste. '

Les disputa entre le. roi et le clet^é pr^bytérien, qui se^renouvelèrent plus d'une fois^ initèreut la vanflé. littéraire et théologique de Jacques autant que son amour poui* le pouvoir. Il fut plus heureux dans ses efforts pour pacifier les mpnta^nes, que dans ses thèses scolastiques ; la conspiration de Gowrie doana cepepdant une.pauvre idée de son courage et d« sa fermeté. Mais enfin Elisabeth mourut; Cécil,Tidè]eà ses engagements secrets , fit avertir Jacques^ qui cdu* Mt firendre possession du trône d'Angleterre.

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