‹ Histoire de Charles-Édouard, dernier prince de la maison de Stuart, precédéeChapitre 33 sur 72 · CHAPITRE XVJI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVJI

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Quoique descen'daut de Henri VII, Jacques VI d'ÉcoBse était, aux yeux des Anglais, un souverain étranger : sa mère avait péri sur récliaPaud dans c^ même royaume que sa naissSnce l'appelait à-gouveirner; mais les intérêts des (Hverâ partis triomphèrent des antipathies nationales. Les puritains avaient précédemment sollicité et obtenu rinterces.siDn de Jacques auprès d'Elisabeth. Les épiscopaux voyaient. en lui un prince prévenu en faveur de leur Église, tout aussi* monarchique que le catholïcîsnje. Les catholiques pouvaient atleodreaii moins quelque tolérance de la part du fils de Marie Stuart : leur chef, le conne de Nortbumberland, entretenait dep<iis plusieurs années une correspondance active avec le monarque écoAsais. Dans cette Angleterre enfin, où naguère la vacance du trône suscitait tant d'amj)itieux , aucun prétendant ne pouvait plus opposer à Jacques une rivalité dangereuse parmi les nobles, décimés en quelque sorte par les guerres civiles des « deux roses ^« encore ruinés la plupart, nialgré hs dotations qui leur avaient été faites par Henri VIII aux dépens des abbayes, et accoutumés au r61e de*courtisans dociles par la superbe Elisabeth. I^ nouveau monarque ad-

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DI l'aII6LBT(MI IT DI l'ÉCDSBB. |31

mira la facilité avec laquelle ses nouveaux sujels avaient changé trois fuis de religion sous les Tndors, TOté et pAyé les impôts et les dons grMuîts, les grands renonçant à leur puissance féodale, la boui^eoisie à ses fran«hises; tandis que la noblesse de son ancien royaume conservait ses juridiclions territoriales , et que le parlement ainsi que l'ï^lise presbytérienne exerçaient à l'envi leur « droit de remontrances. » L'finiformité des lois pour les deux pays devait donc tenter Jacques, comme un moyen de réduire Tesprit séditieux de l'Ecosse; en effet, Vunion des royaumes fut une des'premières pensées du nouveau monarque. Des commissaires furent nommés à cet effet; mais cette tentative prématurée, impolitique même, parce qu'elle n'était ^as populaire en Angleterre, ne fît qu'alarmer les Écossais, et n'aboutit qu'à une alliance fédér^tivfij

Jacques échoua également dans son projet d'établir la conformité des cultes : le presbytérianisme d'Ecosse s'effraya des prétentions de l'épiscopat anglican; ni l'intrigue, ni les promesses, ni les menaces, ne purent réconcilier lesideux clergés. Dans les conférences d'Hampton-Court , te roi lui-même parla en docteur plulôt qu'en roi, inspiré autant par son amour pour les ai^lies de la ihéologie que par cet instinct antidémocratique qui, malgré son éducation presbytérienne, le rattachait aux doctrines anglicanes, et peutêtre, dans le fond, aux doctrines catholiques. Déjà même, avant de monter survie tr6ne d'Angleterre, Jacques s'était exprimé assez clairement à ce sujet dans son Basilicon Doron; et la complaisance dévouée du clergé anglican avait dû lui faire prendre encore

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plus en haine l'&preté des héritiers de John Kuox. Il avait vu à Hamplpti-Coiirt les évéques, prosternés à ses pieds, s'écrier que Sa Majesté parlait pai^'in&pira* (ion du Christ. En Ecosse, lorsqu'il avait voulu^m^o^ ser silence, en invoquant.le bon sens, aux invectives d'un prédicateur, celui-ci lui avait f^pondu-: a Je ne veux poiat parler bon sens. »

En quittant l'Ecosse, Jacques avait promis de visiterison royaume natal tous les trois ans : l'exéculittn de cette promesse fut longtemps diiTérée.

Enfin, en i6i6, il partit pour Edimbourg; son entrée en Ecosse fut un triomphe, et un triomphe selon ses goûts scolastiques , car tes pan^yriques et les vers talins ne lui furent pas épargnés; maïs ce qui charma. surtout le monarque fut l'accueil que lui firent les universités : aussi voulut-il que les professeurs ai^umentassent en sa présftice. llluttajui-méme avec eux par de savante jeux de mots, et pt-omit de leur témoigner sa satisfaction par ses libéralités. Mais il fut un peu refroidi par le non-succès de ses nouveaux eflbrts en laveur de l'uniformité des cultes; il fallut acheter bien cher les consciences du parlement d'Ecosse, pour obtenir son approbation de certaines mesures favorables à la prélature; et le clergé presbytérien, toujours plus indocile, protesta contre les cornes de la mitre, et les rites d'.un culte qui lui semblait entaché d'idolâtrie. Jacques insista au nom dejsa double prérogative, comme roi et chef officiel de là religion de ses royaumes. Treize évéques furent admis dans la hiérarchie presbytérienne; mais celte concession du clergé, obtenue moitié par artifice, moitié par violence, ne fit que préparer une réaction religieuse :

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DB l'aHGLBTKBBE ET DB l'h:OSSB. tSt

dans un débat devant le conseil privé,- le mjnislre Melville Osa d^chfrer 1^ linon du surplis de l'ai-clievêqile de Ginloi'béry, en l'appelant guenille de Rome; il déclara illé^les les assemblées de l'Église convoquées au nom dui-oi,e( attribua à Sa'tan les « sept articles de Perth,» légères modifications de la liturgie écossaise. On ne put qu'exiler MelVille, qui mourut à Sedan.

Les rapports de Jacques avec l'Ecosse se bornèrent presque à ces querelles tbéologique» et à la pacification des deux fronlièreii. Il mourut à l'âge de cinquantevsept ans, la vingt-deuxième année de son avéoemént à la couronne d'Angleterre. Ce prince, devenu plus puissant qu'aucun de ses prédécesseurs, sans avoir juslifîé sa fortune par aucune grande qu'alité, eut aussi en partage pluâ de bonheur qu'aacun prince de son nom avant et après lui; bonheur d'autant plus remarquable que son règne est placé dans l'histoire entre deuK échafauds, celui de Marie Stuart sa mère, et celui de Charles 1°'' son fds. Il n'avait ni beauté dAis sa personne , ni héroïsme dans l'esprit. Constant en amitié , il choisit généralement fOrt mal ses amis. Naturellement doux et clément, il eut pour ses favoris de coupables complaisances, et lui-même il se laissa aller à des excès de vengeance. Souverain pacifique ou plutôt pusillanime, il vécut en bonne intelligence avec tous .les rois de l'Europe, osant à peine réclamer par de simples négociations en faveur de son gendre, quand celui-ci perdit la couropne de Bohême. Elisabeth aurait eu* l'âme plus fière(i). 11 avait rapporté de sa cour presbytérienne d'Ecosse des

(i) Rex fuit Eiisabcth , nanc est rcgina Jacobits.

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habitudes bourgeoises et mesquines; il croyait être afiable, lorsqu'il n'était que. iriviblement familier; gâtant son inslruclion par soii pédantisme et sa vanité, il voulut aussi quelquefois se moQtrer magnifique et généreux : il nVtait alors que prodigue sans discerneraent(i).

La rivalité entre les deuSi peuples sembla, s6us Jacques I", n'être plus qu'une lutte de courtisans. Les Écossais accouraient «h foule à Londres, avec la prétention d'avoir la préférence sur les Anglais dans la distribution des faveurs royales. Les plusftauvres gentilshommes venaient montrer fièrement autour du trône leur pourpoint percé au coude, et s'étonnaient dt ne pas êlre toujoui-s feçus avec familiarité par un roi de leur pays , naguère presque aussi pauvre qu'eux. La jalousie des Anglais fut d'accord avec la vanité du monarquf pour renvoyer dans'leurs manoirs la plupart de ces «mendiants d'Ecosse,» comme on les appelait; mais ce ne fut qu'après des querelles dont quelques-unes furent sanglantes, que Jacqufts parvint à modérer celte nouvelle espèce d'invasion.

L'Angleterre retira*plus d'avantages du nouveau règne que l'Ecosse, qui fut même lésée dans certains iniérèts matériels. Avant l'union des couronnes, le commerce écossais jouissait en France de certains privilèges, supprimés naturellement du jouroù la réu-

(ij Les troubles qui agiteat eik^ore l'élise d'Ecosse remonteat aux prétentions qu'avait Jacques 1" de soumettre le presbytérianisme comme l'anglicanisme à la suprématie du roi. 11 s'est trouvé encore aujourd'hui (i845}deux opinions dissidentes dans le clergé écossais : un schisme en est résulté.

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nioii,des couronnes plaça les marchandises de lous l«S'SUJets de Jacques sous le même pavîilon.

Jacques mourut* paisiblement dans son lit; cependant quelques historiens ont prétendu qu'il avait élé empoisonné par Buckingham.

l^s Stuarts, dans ta personne de Jacques T', arrivèrent au trône d'Angleterre à jjeu près à la înéme époque que les ftoftrbons ^u trûne de France, il avait (àllu que te roi' de Navarre renonçât au culte protestant pour succéder à Henri III; si le roi d'Ecosse eût été élevé comme sa mèretlans le catholicisme, il n'eût pas probablement succédé à Elisabeth. Des chefe de ces deux dynasties, l'un était un guerrier d»Dt la tête avait grisonné soua le casque, l'autre un pédant qui avait peur de l'aciei' d'une épée : que de contrastes dans le^qualilés comme dans le» défauts de ces deux princes, si l'on voulait poursuivie le parallèle (i)!

(i) Sir Wallcr Scott a peint ce piince, au physique et au moral, dans les Jeentarei de Nigel. Le s;iTant M. Jl'Israeli le i>ère a essayé de réhabiliter Jacques W, en prélendani qu^il avait été à la foisrpilié par ses frères en royauté et ses frères en littérature. Le cira<;tère ridicule du fils de Uarîe Stuart est si bien établi, que H. D'Israeli semble ne s'être proposé que la difficulié d'une argumeatatioD paradoxale. Voir son Character of James I, dans se» àtitcellaniet o/ littérature.

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nMTOlM 01 L« BITÂLITi

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