CHAPITRE XVIII
ATÉHENEirr *E CBARLES 1". — IL rEMCBE MOB LB CWTONUSKT BE DBOIT DIVW, ET TEgi ÉTABLIR l'ËFUCOP:IT EN tCOUE. — ËCMSIlIS AU EEHVICG DE LA SCËBE. — (»BLI8 *Jt BE F*IM «U^ER EN tCOKt. — 0PK«ITION VU CLERCt MUS-
■rtiniÈN. — rEMtcuTion. — imuRuumoN. — ■comiura.
Charks était né à Duinferline le39Doveinbrei6op: c'était en 1616 que, jiar la moct de son frère Henri, il était devenu l'héritier de la couenne de son père. Le nouveau roi.Vétant que prince de Galles, avak eu quelquefois une cond'aite l^ère, mais ses l)onti«s qualités dominaient' plus soifveut aes défauts. Il y avait en-lui une élégance naluretle, qui contrastait avec.le pédanlisme de Jacques : il aimait surtout les arts eu roi. Jamais monarque ne fut salué de plus d'acclamations que Cliarle« I", lorsqu^l -monta sur le tr6ne(i6a5). Par malheur, le fameux comte de Buckinghaœ, qiri avait été son gouverneur, restait son favori; et ce seigneur sacrifia la gloire de son maiire à ses pi'opres vices. Les douze premièi-cs année? du règne de Charles 1" furent s^alées par ses premières luttes avec le parlement d'Angleterre; mais l'Ecosse jouit de la plus complète tranquillité. Cependant, en Ecosse même', germaient déjà les semences des guerres civiles qui bouleversèrent plus tard les deux royaumes. Sans tenir compte de la difficulté des temps, surtout des idées révolutionnaires nées de la réforme religieuse, Charles se croyait de bonne foi monarque absolu par la grâce de Dieu; en se comparant aux rois
n,g,t,7i.dh,'G00glc
DE 1.AN6LETBBBB BT M L'ÉCftSSH. 117
de France et d'Espagne, ou plutôt en se regardant comme l'hévitier des Tudors, plus absolus qu'aucun roi du continent, chaque concession qu'il faisait à ses peuples lui semblait être uo don libre de sa clémence; et chaque fois' qu'il attaquait un prrvilége ou une franchise nationale, il pensait n'user que de ses droits. C'étaient là l«s résultats de l'éducation qu'ilavait reçue de son père, et Buckingham ne lui épai^nait pas dans l'ocj^sion ses perfides conseils. Les nobles d'Ecosse se virent, dès le commencement de ce règne, menacés dans la possession des biens et revenus ecclésiastiques qu'ils avaient usurpés sur le cierge à l'époque de' la réforme; leur ressentiment éclata directement ou indirectement toutes les fois qu'ils en trouvèrent l'occasion.
Depuis l'avènement des Stuaris à la couronne d'Angleterre, la paix intérieure aurait bientôt fatigué l'esprit aventureux des Écossais, si une carrière ne s'était ouverte à eux dans le nord de l'Europe, où ils purent aller dérouiller leurs épées. Déjà un régiment avait- été levé en Ecosse, pour le roi de Danemark, par le général Monro; le grand Gustave- Adolphe de Suède appela les Écossais en plus grand nombre sous ses drapeaux, et plus de dix mille s'y rendirent avec l'agrément tacite de Charles. Ces soldats contribuèrent à la victoire del^ipsick, au siège de Magdeboui^, et à la gloire dont Gustave mourant se couvrit à Lutzen : ceux qui, depuis, retrouvèrent lechemin de leur patrie, furent d'excellents maîtres de discipline pour les troupes qui combattirent sous les étendaids du Covenant(i).
(i) Voyez la IJgeiuie de Montrûse, <rà le capitaine Dalgetyest
n,g,t,7i.dh,G00glc
ISt BISTOIHB DB LA RIVALITE
Cependant Cl)ai4es désirait se faire courooner roi d'Ecosse en Ecosse même; il entreprit comme son père le voyage d'Édimboui^, et comme lui il fut reçu avec enthousiasme. Par malheur, dans le fils comme dans le père, le théologien l'emporta encore sur le roi; et à Buckingham avait succédé dans la faveue de Charles l'évéquede Londres, Laud , aussi-zélé pour la suprématie épiscopale que Charles l'était pour la prérogative royale. Le prince et l'évéqne obtinrent d'abord beaucoup. Un siège épiscopal fut érigé dans Édimboui^. Pour la première fois depuis la réforme, les sceaux d'Ecosse furent confîés à un ecclésiastique, l'archevêque Spottiswood; et sur quatorze autres prélats, neuf entrèrent au conseil, où leur influence prépondérante, et quelquefois leur orgueil , ré^vollèrent la noblesse et le peuple. Le rétablissement des abbés mitrçs fut proposé par eux, et Laud eût même voulu qu'on ne tardât pas davantage à proclamer la liturgie anglicane. En général, les prélats les plus jeunes se montraient les plus exaltés; les plus vieux avaient plus de prudence, sinon moins d'ambition. Cependant la d^ance fit naître des alarmes plus vives. Le roi n'était pins en Ecosse; quatre ans-de délai donnèrent le temps aux mécontents les plus hardis de prêcher la résistance ; et quand le nouveau service fut enfin ordonné et célébré dans les églises, le tumulte grondait déjà. Dans la cathédrale de Saint-Gilles, à Edimbourg, an milieu d'une assemblée nombreuse,
le ty|te de ces vétérans écossais. La brigade écv&saise cuntribuii surtout au gaia de la bataille de Leipsick, en faisant us.i|;c du Teu île peloton , (]ui était inconnu dans la tactique des Imi>ériatii.
n,g,t,7i.dh,G00glc
DE LANflLETBBlB ET DE L ICOWB. ISt
uue vieille fruitière Dommée Jenny Geddes, indignée contre le doyen, qui voulut officier en surplis, lui cria :«Ose6-lu bien nous dire la messe? Que la colîï]ue du diable te serre les enirailles, voleur que lu es! a Puis, saisissant la chaise ou le banc sur lequel el]e était assise, elle le lui jeta à la tête. Ce fut un signal pour les autres femmes du peuple, qui se précipitèrent sur le doyen pour lui arracher son odieux surplis. L'évêque s'inferposa, et monta en chaire, mais ne put se faire «'especter. On fit sortir du temple les plus mutins; la multitude assiégea les portes, brisa les fenêtres, et empêcha quQ le servtce fût continué, en criant : « Un pi)pe! un pape!. A Tantechrist! lapidez-le!"" L'évêque et le doyen échappèrent avec peine à la vengeance des séditieux. Ces tumultes se renouvelèrent; des pétitions et des dénonciations contre 'les prélats furent ^dressées à Londres. Les grands et le peuple firent cause commune t on j«(ra le maintien du presbytérianisme dans les assemblées particulières, puis dans les places publiques; une alliance générale de la nation fut enfin arrêtée sous les auspices d'une espèce de comité 'appeiif les Tabies^ d'après les labiés autour desquelles se réunissaient ses membres. Telle fut l'origine du fameux Covenant. Ce ' Covenant était une profession solennelle de la religion calviniste, — ^«une minutieuse abjuration des rites, «des doctrines et de toute la discipline de Rome, de «ses sacrements bâtards, de sa messe diabolique, de « ses saints , de ses anges , de sa confession , de son neau bénite, de sa monarchie temporelle, de sa hié- « rarcbie maudite, de sa prêtrise inique , y compris la «liturgie anglicane, qui en était une dérivation.» —
n,g,t,7Hh,G00glc
140 niSTOIBB DE CA RIVALITE
!-£ CovenaiU fut juré dans toutes les églises, au mi* lieu de l'entiiousiasme : cette cérémonie suspendit même dans la partie prolestante des Highiands toutes les haines de clans pendant deux moi». Ce fut «la seconde réformation, sanctifiée par Dieu lui-même,» et comparée dans ses progrès a au nuage d'Elisée, qui en un instant s'étendit sur tout le firmament. » De l'adoption du presbytérianisme, il faut faire dater une réforme réelle dans les mœurs extérieures de l'Ecosse, ce caractère àt dévotion austère et de sombre réserve qui distingue encore les descendants des côvenantaires.
Charles, comme tous les princes qui prennent leur obstination pour la fermeté, fiiyt par s'effrayer; mais il^it des concessions , ou plutAt des demi-concessions, en prince qui cède malgré lui. En révoquant sa liturgie, il eût voulu abolie le Covenant presbytérien, el il fit proclamer un Covenant du rot, pour l'opposertii l'autre; mais le Covenant du roi fut repoussé comme un odieux subterfuge : « Dieu a ratifié le Covenant de l'Ecosse,» s'écria une femme enthousiaste; «Satan a ratifié le Cownant du roi.» Une assemblée générale du clei^é fut convoquée par Charles lui-même à Glascow, et présidée par le duc de Hamilton; mais son premier acte fut de mettre en accusation tous les prélats. Le duc de Hamilton voulut la dissoudre : l'assemblée se déclara permanente, et excommit^nia les évéques, ainsi que tous ceux qui ^neraient le Covenant du roi. L'Ecosse presbytérienne n'avait plus qu'à prendre les armes; elle Iff fit au nom de Hsos CoTinAirTA.ntE. Une armée de vit^-six mille hommes fut levée, et mise sous les ordres d'Alexandre Lesly,
n,g,t,7i.dh,G00glc
DS L'A?JGLETEBBE Kl DI t'^^UNSE. 141
géDéiiil sarû de f école de Gusiave-À4olp1ie; la' bauuière, aux armes d'Ecosse, porlait cette devise eu lettres d't>r : poua la couronne du christ et le co-
VENAKT.
Il fallut bien se décider à la guerre; la bannière royale rassembla à York ^ne nombreuse ai'mée. Qui eût dit aux ancéties de Charles, du temps des Edouard et des Hçnii, qu'un Stuart conduirait un jour lui-même )a chevalerie anglaise à l'invasion de son royaum* héréditaire? Le presbyléiiaiiisme devint alors une nouvelle for^e de la nationalité écossaise : une flotte commandée par le marquis de Hamiltou se montra daAs le golfe d'Edimboui^, pendant que le roi s'avançait à la tête de vingt-trois mille hommes. Les Écossais n'en conçurent aucun elTroi,, el franchirent la frontière; mais Charles répugnait à une bataille. \u lieu d'en donner le signal, il entama ies négociations, et, désirant la paix, il l'obtint par de nouvelles cQircessions. Les deux armées furent licêficîées; malheureusement le levtin dk la révolte était dans tous les coeurs : le presbytérianisme se sentait désormais la force d'être exigeant. D'ailleurs, Fetemple de l'Ecosse n'avait pas été (terdu pour les mécontents de l'Angleterre; ce que les uns avaient demandé et presque conquis les armçs à la main pour leur conscience religieuse, les autres se croyaient en droit de le de- ■oander et de le conquérir par les mêmes moyens pour leurs* libertés politiques. Les uns et les autres entrèrent en communication secrète; ce fût après de nouvelles défiances çt de nouvelles prétentions que les presbytériens d'Ecosse arborèrent une seconde fois l'élendai'd de la révolte. Charles trouva encore
n,g,t,7i.dh,G00glc
143 niSTOUI Dl LA lITALITi
une aituée pour l'opposer au\ rebelles. Mais cette fois-ci c'était le tour des Écossais d'envahir l'Angleterre. I^s négociations arrêtèrent Qne seconde fols l'effusion du sang; cependant les Écossais se montrèrent moins prompts à mettre bas les armes, et leurs commissaires allèrent à Londres même pour signer le traité de pacification, pendant que leurs, soldats obtenaient par avance d'être soldés 'par le trésot royal.
n,g,t,7l.dM,GOOglC
DE L AHGLETSBBI ET QB [. BCOSSI.