‹ Histoire de Charles-Édouard, dernier prince de la maison de Stuart, precédéeChapitre 42 sur 72 · T6 HISTOIRE DB LA BI · texte numérisé non relu

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aussi l'Église militante dans sa splendeur mondaine. Le rétabUssement du catholicisme menaçait les descendants et les héritiers de tous ceux à qui Henri VIII distribua les dépouilles des monastèi'es. Où s'arrêterait ce retour au papisme?

L'Ecosse donna le premier signal de ta résistance. Ub collège de jésuites avait été fondé à Edimbourg même, dans le palais d'Holyrood, pour l'instruction gratuite de la jeunesse, et une chapelle fut préparée pour y célébrer la messe; mais, un dimanche, le peuple, excité par ses ministres, se leva en tumulte, attaqua le prêtre à l'autel, et le força d'abjurer publiquement. Dans les ordres plus élevés de l'État, ropposition osa aussi se montrer menaçante, malgré le comte de Murray, nouveau converti, qui semblait vouloir expier par son zèle les torts de son aïeul contre le catholicisme. Les Presbytériens comme les Épiscopaux, ne pouvant plus douter, d'après tous les actes du gouvernement, que le papisme allait être rétabli, se réveillèrent deJeur torpeur ou de leur indifTéreoce.

En Angleterre, après avoir voulu vainement faire approuver par les évéques sa prétention de dispenser du serment du test sans recourir au parlement, Jacques ne dissimula plus son intention d'introdgi» les enfants d'Ignace dans te professorat des universités de Cambridge ^t d'Oxford. Comme ce n'était plus ta liberté qu'il attaquait, mais des privilèges, les universités, et surtout cdie d'Oxford, naguère complice jusqu'à la servilité de toutes les prétentions du pouvoir absolu, usèrent rési.sterau &ouverain(i). Nous ne

(i) C'est dans cette même université d'Oxford qu'est née aujourd'hui l'espèce de réacdoa aati-pro testante qui tend à rétablir

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pouvoDS nous dissimuler que la révocatioD de l'édit de Nantes fut indirectement funeste à Jacques)!, en calomniant le catholicisme. Le spectacle de tant de proscrits qui vinrent faire retentir en Angleterre l'ejtpression de leur douleur ou de leur haine dut révolter tes protestants les plus tièdes : la cause de Louis Xiy devint celle de l'intolérance, et le prince d'Orange se donna pour le champion des opprimés. Tous les mécontents tournèrent les yeux vers ce prince, gendre et héritier protestant de Jacques. Cependant on eût attendu peut-être la morl du prince r^naut avec résignation; mais la naissance d'un fils, événement qui parut à Jacques un miracle de la Providence en faveur du catholicisme, ne laissait plus d'autre ressource, à l'Angleterre comme à l'Ecosse, qu'un changement de dynastie. On mit en doute l'accouchement de la reine. Les ennemis de Jacques se rendaient en foule auprès de Guillaume : la correspondance la plus aciive s'établit entre eux et leurs adhérents restés dans la Grande-Bretagne jet au moment où un dernier acte arbitraire semblait devoir porter le der- ' nier coup à l'anglicanisme, la nouvelle du débarquement du prince d'Orange à Torbay (4 novembre) vint surprendre Jacques dans son incroyable sécurité. Guillaume prétendait d'abord n'avoir d'autre mission que de prot^er les lois contre les mauvais conseils qui égaraient son oncle. Jacques, qui , dans son aveuglele catholicisme moins le pape. Un des derniers docteurs de ce catholicisine anglican, M, Ward, admet la doctrine de la transsubsiantiation; il admet le culte de la Vierge, les prières pour les morts, la dévotion aux saints, le respect aux images, etc. etc. Voir VJdéal d'une Église chrétienne , i8^/|.

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nient, avait refusé le secours de troupes que lui offrait Louis XIV, rassembla une armée pour marcher à la rencontre de son neveu. EfTrayé du péril tout en le bravant, il voulut aussi faire quelques concessions tardives aux mécontents : elles ne parurent pas franches- La désaffection était générale; les pamphlets les plus hardis répondaient aux proclamations royales: ce qui prouve jusqu'à quel point la défiance avait gagné tous les esprits, c'est que ceux-là mêmes qui avaient défendu les droits du roi, lorsqu'il n'étaitque ducd'York,setoumèrentcontrelui, entre autres ledac de Mariborough. Les courtisans, les officiers, et bieotôt les soldats , passèrent du côté de Guillaume. Le monarque fut abandonné par ses propres filles; ceni qui hésitaient encore autour du roi légitime se laissaient aller à répéter eux-mêmes la chanson révolutionnaire du liUibulerv, comme pour l'avertir delà contagion menaçante de la révolte, et se faire doDoer leur congé.

Quelques excès de la populace contre les papistes furent réprimés à temps par les hautes classes, qui s'emparèrent de la révolution, et la complétèreat pour leur compte avec une sorte de calme. L'oligarchie des whigs se constituait à l'abri du principe anticatholique. Jacques, frappé d'une terreur panique, prit la fuite, en jetant le sceau de l'État dans laTamise( la décembre). Il avait déjà envoyé en France la reine et son fils, sous la conduite de Lauzun, ce fameux favori qui faisait ses conditions avec les rois, mais qui, alors en disgrâce, «retrouvait le chemin de Versailles en passant par Londres ><(i). Parvenu è

( I ) Lettre de madame île Sévijjtic.

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Feversham, le royal fugitif est reconnu, arrêté, ramené à Londres(i6 décembre), où, peu rassuré par les acclamations de la populace, il s'estima lieureux de recevoir de Guillaume la permission de se rapprocher de la mer. Il s'embarqua enfin, au grand contentement de son rival, qui tenait beaucoup à s'emparer du trône comme d'une place vacaule(i).

(i) Quoique Vffistoirede la Rétolution de 1688 pdr Mackinlosh n'ait pas répondu complètement à l'attente excitée parle nom du célèbre publicisie , celui qui étudie cette époque ne peut négliger de consulter son ouvrage.

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