CHAPITRE I
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nraCE DB CALLSa. — LKDB ABBITÉE en rBlNCE. LADZDN. — IHQinÉTC» eO» JACQUES D. — n. MBABQDB a AHBLEraUSE. — «W Eimn DE Atre LOOK II»
L'union du peuple anglais et du peuple écossais, ou , en d'autres termes, l'acte politique par lequel l'Angleterre absorbait l'Ecosse dans l'unité britannique, ayant eu lieu sans l'assentintent du roi iégitime des deux royaumes, le peuple et la dynastie, également frappés de déchéance, devaient naturellement « après la première surprise , associer leurs r^rets et leurs espérances, ne faire qu'une cause de l'indépeudance nationale et de la royauté héréditaire^ oublier leurs ancieus griefs réciproques , et se prêter dans l'occasion un mutuel secoui-s, afin de reconquérir leurs droits.
Nous allons revenir sur nos pas dans l'histoire de ces dernières luttes des deux peuples, en nous occupant avec quelque détail des Stuarts dans l'exil, jusqu'à ce que Charles -Edouard nous ramène en Ecosse sous leur bannière uu moment triomphante.
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Pour mieux faire coiitiailre celle cour de proscrits, oïl le dernier descendant de Bruce aura son berceau, nous laisserons volontiers parler les auteurs de mémoires contemporains, écrivant sous l'impression immédiate que leur causait le spectacle de celle grande infortune.
La reine d'Angleterre arriva la première en France.
u Le 6 décembre au soir, dît Dalrymple, la reine sortit secrètement de Whitehall avec le jeune prince, qui n'avait que six mois, et qui était porté dans les
bras de sa nourrice Elle passa la Tamise, qui
était grosse , dans un bateau découvert, par une nuit noire, une pluie horrible et un vent violent. Elle devait trouver à l'autre bord un carrosse de louage qui se fit attendre une heure, et elle se mit à l'abri sous les murs de la vieille église de Lambelfa., tournant ses yeux baignés de larmes , tantôt sur le prince, qui faisait un si précoce apprentissage des malheurs attachés à la royaulé, tantôt sur les lumières innombrables de )a ville, à la lueur desquelles elle cherchait à apercevoir le palais où elle avait laissé son épous , et tressaillant au moindre bruit qu'elle entendait de ce c6té-là. »
Arriva enfin le carrosse attendu, qui conduisit la princesse jusqu'à Gravesend, sous la garde de Lauzun. Voici comment Dangeau- retrace cette fuite :
a Aujourd'hui, jeudi a3 décembre i68S, M. de Seignelay enlra.chez te roi, qui était encore dans son lit, et lui ftpporla des lettres de M. de Lauzun, qui arriva mardi matin à Calais, ayant emmené avec lui la reine d'Angleterre et le prince de Galles, que le roi. d'Angletsrre lui confia ta nuit du dimanche au
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luDdi. Il y avait plus de quinze jours que ce projet-tà était, fait. Mylord Powits, inaii de la gouvernaote, avait amené secrètement le prince de Galles de Porlsmouth à Londres, el l'avait caché dans une mauvaise maison d'un faubourg. Il y avait soixante personnes 4^ui étaient du secret, et à qui l'on n'avait pu s'empêcher de le confier. Le roi d'Angleterre se coucha avec la reine le dimanche, à son ordinaire, et la fît relever une heure après pour la remettre entre les mains de M. de Lauzun, qui la vint attendre à la porte de la chambre. Il la fit monter en carrosse avec lui, et ensuite ils allèrent prendre le prince de Galles avec sa nourrice et la remueuse; ils avaient des relais de carrosse jusqu'au-dessus de Gravesend, où ils montèrent dans un yacht qui attendait M. de Laii7,un; le capitaine ne savait point qui il menait. M. de Lauzun, qui avait avec lui. un Anglais pour lui expliquer les commandements que ferait le capitaine du yaclit, avait ordre du roi d'Angleterre de le poignarder, en cas qu'il vouliU faire quelque manoeuvre contraire au dessein qu'on avait d'arriver à Calais ou à quelque autre port de France. Saint-Victor, qui avait iQUJoui's été du secret, avait suivi le carrosse seul à« cheyal ; m^rlord Powits et sa femme avaient pris les devants, et ils joignirent la reine dans le yacht, où la r^e fut toujours cachée à fond de cale, et où elle . était entrée portant le prince de Galles sous son bras comme un paquet.de linge sale. L'enfant n'a point crié, ni dans- le carrosse ni dans le yacht, , et tout s'est conduit fort heureusement et fort habilement.
" La reine, arrivant à Calais, n'a point voulu qu'on
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lui rendit aucun lioniienr. M. de Lauzun matide au roi que le roi d'Angleterre lui avait donoé ordre de □e remetlre la reine qu'entre ses mains, et qu'il était bien malheureux de ne pouvoir exécuter cet ordre^ n'ayant pas la permission de se présenter devant sa Majesté. Le roi lui a fait réponse de sa propre main, et dans une lettre très-obligeante il lui permet de nevenir à la cour.
« Le roi a envoyé un de ses gentilshommes ordiuaires à la reine d'Àngleteri'e pour se réjouir de aoo heureuse arrivée , et sa Majesté fera partir iocessammeAt des carrosses, des gardes et toutes sortes d'officiers pour servir la reine. On meuble Vincennes pour la recevoir. M. le premier conduit la maison, comme son père Tavait conduite en pareille occasion, allant au-devant de la feue reine d'Angleterre. »
On fut inquiet longtemps à la cour de France sur le sort de Jacques. H avait souvent répété lui-même le mot de son père, « qu'il n'y a pas loin de la prison des princes à leur tombeau »; et il était à crain* dre qu'il ne fût devenu le prisonnier de Guillaume. La reine paraissait alors résolue à repasser en Angleterre « pour souffrir le martyre avec lui *. Chaque jour apportait sa mauvaise nouvelle : le roi avait pris le parti de chercher un asile à la cour de Louis XIV, mais ou l'avait arrêté à Feversham, déguisé en valet. Pouvait-on croire qu'il serait reçu à Londres avec des acclamations, et que le prince d'Orange était intéressé à favoriser son évasion? Toutes les inquiétudes cessèrent le 6 janvier.
a Le roi, dit Dangeau, eut la nouvelle que le roi d'Angleterre était arrivé hier matin à Ambleteuse eo
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bonne santë, et aussilàt il envoya un de ses écuyers porter cette nouvelle à la i-eine d'Angleterre , qui était arrivée à Beaumont ; elle priait Dieu quand M. le premier vint lui annoncer celle bonue nouvelle, et elle oublia si bien tous ses malheurs qu'elle leva tes mains et les yeux au ciel, en disant : « Que je suis heureuse! » Nous lui avions fait les compliments du roi et de madame la dauphine une heure auparavant , et nous retournâmes chez elle , où nous la trouvâmes transportée de joie. On ne saurait se louer plus qu'elle le fait de toutes les grâces qu'elle reçoit du roi ; elle est contente au delà de tout ce qu'on peut dire de la réception qu'on lui a faite partout où elle a |)assé sur la roule.
« Le roi envoya ordre à M. le premier de partir sur-le-champ de Beaumont pour aller au-devant du roi d'Angleterre. Monsieur et Madame envoyèrent le même ordre à MM. de Châtillon , qui étaient venus de leur-part complimenter la reine. Mylord Henri (i) arriva à Ambleteuse le même jour que le roi son père, sur deux vaisseaux de guerre anglais, qui, après l'avoir débarqué, s'en retournèrent à leur flotte.
« Jf-cdi 6, — Après son dîner, le roi partit d'ici avec Monseigneur et Monsieur dans son can-osse, et vint jusqu'auprès de Chatou, où il attendit la reine d'Angleterre, qui arriva un quart d'heure après. Dès qu'on vit paraître les caiTosses qui l'amenaient, le roi. Monseigneur et Monsieur mirent pied à terre. Le roi 6t arrêter le carrosse qui marchait devant celui de la reine, où était le prince de Galles, et l'ein^
(i) FiU-Jjimes.
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