‹ Histoire de Charles-Édouard, dernier prince de la maison de Stuart, precédéeChapitre 5 sur 72 · AVANT-PI0P · texte numérisé non relu

AVANT-PI0P

■ donna l'exemple de la pim sévère sobriété; elle s'abstint de vin , ' et préféra les aliments tes pins grossiers anx mets les plus délicats. « L'expérienee confirma l'idée qu'elle avait donnée de m valeur : - dans looE les combats et escargMwehes où elle se tronva , die « agit en o^taine , et ses compagnes combattirent en soldats.

■ Son exemple et les honneurs qui lui furent rendus répandirent

• une ivresse de courage dans toutes les villes et les mmitagnes

• de l'ouest de l'Ecosse : les dames les jdus qualifiées prirent l'épée

• et lé bonelier pour soutenir la cause des Stuarts. Toutes se crn-

• rent encore outragées dans la persmne de plnueurs femmes li-

■ trées qu'on avait traînées dans les prisons d'Edimbourg. Les unes

• prirent les armée pour effacer la bonté de leurs époux et deJeurs

■ parents qni servaient les oppresseurs de leur pays ; les autres, par

• ie seul intérêt que le priuce leor inspirait par ses malheurs et ses "Vertus héroïques. Pluâenrs formèrent des compagnies de cent

• trente hommes ; les pins qualifiées voulurent combattre à la tête de «leur tribu. Comme tousces nouveaux soldats n'étaient que braves « et robustes , elles se reposèrent sur des officiers blanchis sous la

■ lente du soin de les former et d'en faire de véritables soldats ; mais « elles se réservèrent l'honneor exclusif de les mener eu combat et « d'être à leur tête dans )a mêlée. L'émulation en devint plus rive

• et plus agissante dans l'armée : les deux sexes se di^utèrent le " mérite dti courage par une noble rivalité. Les femmes sans doute ' avaient l'avantage , puisqu'elles faisaient plus que ce qu'on avait

■ droit d'exiger de la faibl^e de leur sexe , etc. >

Voici maintenant une seconde milice bien plus extrawdinaire que celle de ces amazones, cxmmeM. Turpin en convient lui-même. Je souligne quelques exf^essions, mais sans en changer aucune.

■ Les Ballandais débarqués en Angleterre s'avancèrent vers les « frontières de l^Écqsse , et , dès qu'ils furent arrivés à Berwicfc, ils

• eurent à combattre un ennemi qu'ils n'auraietil jamais imaginé ' pmto&ir trouver. C'est un [Aénomène dont l'histoire ancienne et

• mod«ve neoite point d'exemple. Un bataillon de «ùt; cents chiem. "desOrçades, qui les assaillit, se montra plus redoutable que les ' troupes les plus braves et les plus disciplinées- Cette milice extra- •< ordinaire, façonnée & l'obéissance et dressée pour la guerre, dis-

■ tinguait ji l'odorat et aux vêtements ses maîtres de leurs ennemis. » Bile marchait sans confusion, observant une discipline dont ses

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f< AVAHIT-PBOPOS.

•< conductears indociles et féroces étaieot incapables. Ce fat pyec " ces braves ausiliatres qoe le chef des Orcadieas demanda et ob-

■ tint la permissioD de se porter dans un bois qae les Botlaadais " devaient traverser pour aller prendre leurs logements à trois ~ lieues de la câte. Ce fut dans cette embuscade qne les Orcadieas,

■ assuré de vaincre, attendirent les alliés de leurs enDemis.

.— A peine les Bollaudais se furent enfoncés dans le bois que les

- Orcadiens donnent le signal du combat à leurs chiens, qui for-

• maient l'avant-garde. Cette mente guerrière s'avance^n poussant "des aboiements épouvantables. Les Hollandais, étonnés de la "grandeur monstnieuse et de la figure hideuse de ces animanx,

• restent immobiles. Ils s'imaginent qne ce sont aotant de Cerbères

• condaits par des démons qne l'enfer a vomis pour les dévorer.

■ Qoelques-ans , saisis d'effroi , meurent de Jrayeur,aviuH^Biyoit " tiré l'épée; d'autres, sans force, et presque sans connaissance, " se laissent égorger comme des animavx stvpides. Ceux qui n'a-

- valent point succombé h la peur s'enfoncent dans les bois, qne x l'approche de la nuit rendait encore plus sombres et pins terri-

■ Mesj ils y furent ponrsuivis par les chiens, qui, malgré l'obsvu- > rite, les distingnant à l'odorat , s'élancèrent sur eu sans leur " faire aucun quartier. Ce corps de troupes légères, dont la chair « et le sang de l'ennemi animaient encore l'ardeur martiale , en ftt

• plus périr que le fer et le mousquet. Quand ils eurent nettoyé le 1 bois , et qu'ils se furent rassasiés de lettr proie , ils retournèrent

• Iranguillement à leur poste ; mais ayant aperçu quelques H«l-

- landais qui s'étaient réfugiés dans le camp, où ils avaient " trouvé un asile, leur fureur se ranima , et ils allaient donner nne " nouvelle scène de i-arnagc, si leurs chefs ne les eussent contenus,

• en sonnant de cerlains cornets à bouquin , qoe ces montagnards " appellent menstret. A ce signal , toutes les hpstiTités cessèrent, et " cette milice docile et victorieuse retourna h son poste avec autant «-d'obéissance qu'on en pourrait exiger des troupes les mieux ré-

• glées. Les Anglais n'eurent point dans cette gaerre d'ennemis " plus terribles, et le prince n'eut point de serviteurs pins fldfiles. " Ne serait-il pas à souhaiter qtie les souvenons vidassent leurs

- querelles aoee de pareils auxiliaires ? ils auraient qudques ci- " tadelles de moins, et beaucoup de sujets de pins. Cette victoire ■• fut achetée par la perte de cinq chiens tués , de dix- neuf ie bles-

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ITANT-PBOFOS. '

" lés , dont huit à moA , et les antres iégèrameot. On fit deux cent • sept prisonniers , qni furent conduits tout mourants an camp du " duc de Pertb , qni , en ennemi générens , les fit traiter comme - s'ils avairait été pris en combattant poor sa cause (ij. •

Qu'on nous parle après cela des cbiens que les Espagnols condoiâreat h la conqofite du Pérou ! 11 est vrai de dire que, dans les vieilles cbroniqnes , nous lisons que les Anglais et les Écossais avaient réellement des limiers dressés à poursuivre l'ennemi : Bruce foillit être la proie d'un de ces blood-hounds ; mais il parait que la race en était perdne en 174S, car aucun mémoire contemporain n'a daigné taire mention de cette milice canine enrégimentée et exercée par les Oreadiens ; et quant aox Orcadiens eux-mêmes, H. Turpin seul en a parlé (3).

Dae histoire complète de CBiBus-Ënociin n'existe pas en Angleterre, quoique les matériaux de cette histoire y soient devenus depuis quelques années de plus en pins abondants. L'Eis» TOiKEDE u BÉBEixioH, pBT John Homc, aatenr de Don«us, était encore le meillEipr des ouvrages publiés sous ce titre, avant celui de H. Robert Chambers, qni a paru en 1827. Home, témoin oculaire, actair même dans les év^ements qu'il raconte, eut le malheur de dédier son ouvrage an roi , neveu du duc de Comberland, sons les auspices do duc lui-même : aussi s'est-il arrêté à la bataille de Culloden. En histoire, les omissions ne sont guère moins perfides que les mensonges, et la modération de Home n'est plus qu'une fausse couleur d'impartialité.

L'HisTOïKE d'Henderson, imprimée en 1748 , fut composée dans l'intérêt exclusif des vainqueurs ; mais c'est un résumé exact des faits, dans lequd sont conservées les dédarations, proclamations et manifestes des deux partis. Le Jedhb Cbeviueh , ou • Récit de

(I) Réfolulions d'Angleterre , par H. TnrpiD, tomeu. page 61.

(î) J'ai découTerl depuis où M. Turpin sTsit trouvé eet épisode flbaleux de l'eipédîlion de 17*5. LeapBrtiuiigdeCliar]es-£dou!ird,snrte contioent. Taisaient imprimer des bulletins des victoires du prince, el ils incentèrenf, entre aMres incidents, celle fable, que l'historien a acceptée comme un lUt, et qu'il s'eti contenté de broder des Deurs de sa rhétorique. Tai sous les yeux un de ces bolletins intitulé ; » Belatioii d'une victoire tingulière remportée par l'armée dn prince CharIe»-Ëdouard. <• M, Turphi j a consciendeasemenl copié la liste exacte des morts «I des blessés de la milice canine. (n. k. e.) .

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tout œ qui aniva airès CnllodcD a Charles-Edouard • (appdé le JeuDe Chevalier, comme fils du chevalin' de Saint-Gei»^ ) , comiJète l'histoire d'Henderson, qui est anisi l'antenr anonyme de cette suite. Les autres historiens cODlemporaiDs de la rébellion de 1T4& sont Boyce, Bay, Herchant et Doagald Graham, qui appartieooent à l'opinion whig. Les Écossais jaoobites n'ont kiéé qoe des mémoires la plupart pa^Doeis à lenrs aulears. Ceux du ehevalier de Johnstone sont les pins étendos, et ils ont été commentés, dans une réimpression récente, par un éditeur aiti-jacobil«, doit ks réfutaticns mettent les deux opinions en regard.

I^ reeceils intitulés LocBHixT^iPBRS et Ciii.u»bii-pipebb sont encore une riche mine de matériaux. Vient ensuite la «dlectioii des pamphlets de l'époque , expression animée des seotinents des deux partis, et qui nous donne la def d'une foule d'allusions ou de léticoices des historiens et des mémoric^rapheE. Plasieurs de ces pamphlets sont excessivemeat rare* ; sir Walter Scott eu a réuni un nombre comidérable dus sa bibliothèque d'AMMtitbrd ; d'autres amateur* , entre autres le librure David Lqii)£ , m sant guère -moins riehes en ce genre que le remancter écossais. J'ai lu les principaux. J'en possède qnelque»4ms, et j'ai obtfflu des extraits manoscrils de coux qu'il est fim difficile de renc«itrer. C'est, du reste, une lecture plus utile pour se pteétrer de l'esfffit du àicle que pour y puiser des matériaux propremwt dits.

Hesdenx volumes étaient déjà écrits, lorsque a paru < l'Histoire de la rébellion • de H. Chambers; j'ai été encore à tenqis de profiter de cet ouvrage presque complM, souvent pittoresque, et supérieur à la troisième série des Cobtes d'uh eiàiio-ptw & son pewt- FJU, où Widter Scott traite des événements de 1745. Eh effet, M. Chambers a été assez impartial pour se croire obligé de prolester, en terminant, par une note, de son dévouement a la dynastie de Brunswick; tandis que sir Walter Scott, moins impartial dans cette histoire que dans ses romans, semble trop souvent composer son récit , comme l'auteur de Docglas , en présence do dot de Cumberland (i).

Mais ceux qui veulent encore écrire Thisloire de la dernière

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lotte de l'Ecosse jacobile contre l'Angleterre, car je ne sais pas très-sùr qu'elle ne soit pas encore à faire après moi, ne doivent pas négliger les • ballades jacobiteï*, > qui sont à l'histoire de Cbarles-Édoaard ce que sont les « romances espagnoles • a celle do Cid. Ces poésies , ctiants de triomphe on élégies de deuil , naïves 00 satiriques, ont été recneillies en corps d'onvrage et annotées par James Bogg < le Berger poêle • (I). Sous le rapport littéraire, elles ont eKerc^ une influence marquée sur le génie de Robert Bums, •qui en a rajeuni pins d'une; sons le rapport historiqne, ilestfoclle, en les classant, d'f retrouver la chatnedes faits, qu'il est , je crois , important d'étndier aussi sons ce reflet de poésie, si l'on tienjt ji colorer un peu la narration- Hais je me réserve d'examiner c^ ballades dans la partie littéraire du tome quatrième àe mon Voyage, où je reviendra «ur la partie bibliographique des deux volumes que je publie aujourd'hui ; je termine cette explication préalable par la description d'nn autre genre de documents historiques : c'est la liste des principales médailles sur les Stoarls , depuis la révolution de 1668 jusqu'à la mort de Charles-Edouard.

J'ai dO eiiip)07er dans c«lte histoire un assez Krand nombrede ces mofs k peu prte iutraduisiblea , à dhhdi d'une périphrase, et que des équiialents ne sauraient jamais remplacer. Tels mat, entre antres, les sobriquets départi, avec lesquels le lecteur se f^iliarise du reste bientM. Si l'ét^inalogie en était toujoaisbienconnue, la mémoire les retiendrait plus licitement encore. Chacun sait que les PDMTÀINS s'appelaient ainsi parce que ces sectaires prétendaient à une grande pureté de principes : les rojatistee leur donnaient le nom de tëteb-boh- DES , t cause de leurs cbeTeux coupés ras , tandis que les cataliebs portaient ces belles chevelures bouclées que nous admiroDB dans les tableaux de Vandyck. Les CATaliera s'appelaient aussi les loulistes , c'est-à^ire les hommes loyaux, les fidèles du roi ; d'oh lealty ( inyatitme ) est synonyme de royalisme. Celte logaitlé n'empSchatt pas leurs adversaires de les désigner sons le nom de maligttanti , malveillants , etc.

iprès les premières guerres civiles, les mots vrsic ou vrbigamore, et tobï, furent substitués à ceux de cavalier et tete-ronde. Whig, contraction de wUg-a-more, est un mot dont se servent les paysam de l'ouest de l'Ecosse pour Taire avancer leurs montures : to whig signifie aller vite ; to œhig a more , aller

(J] Deux nouveaui recueils de ballades ont paru depuis, l'un par M. Allan Cu^ ningham, l'autre par H. R. Cbambers. (n. m. e.)

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12 AVANT-PXOPOS.

pUu THe. IM |M)«us de CM ciQloii* forant ainti Dooiiiiét dan* oiw ioMirTedioii qu'ils Hrenl «n 1448 ; «t ce sumom lot appliqué par eiteusioB aux coTenentai* res (partitai» du COTcntnO, aux ^lemeutairee, an ménootenU, a en génâid h loat membre de l'oppo^lioa antiroyaHsle.

Les loleara, eu Irlande, m Mrvaîeot des moto forte me, âonnex-moi (c'est-^ dire donnee-Dioi la boune), d'ob Ton Rt le mot tory, voleur} et ce mot, qoi rappellera celui de brijatid, dont oa hit naguère iH libdral en France, fut appliqué aui parlfeane de lacquee II , parce que parmi aea partOane ee Irou- Taient DatureLeraent beaac«upd1rltndalB, comme catboliqnea.

Soui GDillaume, lea royalistes ae diTisèreut en torjs, ou monarcAi^te*, k qui toute dynastie éUit iDdiCTéreute an fond , pourvu qa'it y eOt un nù , roi Mgilime on roi de fait ; et en jacobites (de jicobus) , [nriisana de Jacques et des Sluarls, de rUrédité, do droit diTin ; les Wblgs furent quelquefbis nommés alors WHIiamites , et puis HanoTiiens , quand la naisou de Hanovre monta sur le inïne. L'bisloire elle-même révèle une foule de snbdlvisioiis et de nuances dans celte 'clasiiScatJoa des partit-

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