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dire, en effet, loiile sa pensée. Vainemeiil le jnince lui représenlà Tarmée anglaise occupée sur le continenl; Georges II lui-même, absent de son rovaume; le peu'de troupes qui restaient en Angleterre, humiliées et abattues par la défaite de Fontenov; la confiance qu'il avait de les vaincre, et la certitude de voir la Grande-Bretagne entière se prononcer en sa faveur, s'il pouvait la décider par une seule victoire : o — Vous résistez, ajouta-t-il ; je le vois à vos regards , qui se détournent , comme pour me demander encoi« les secours de la France. Eh bien ! oui, je viens seul , quand vous attendiez une armée avec moi. J'ai reçu des minisires de Louis des réponses évasives, de fausses espérances peut-être, et j'en renier-cie le ciel : je devrai tout à la bravoure écossaise, s'il faut combattre des ennemis; mais croyez plutôt que l'Ecosse et FAïigleterre me sauroTol gré de leur épargner la honte d'une invasion. Je viens me melire à la tète du parti national, et je laisse l'électeur de Hanovre s'entourer de gardes étrangères : te bruit d'une première victoire hâtera peut-être la venue des Français, qui ne seront plus alors que des alliés, el non des prolecleurs. — Ëli bien ! dit LocbVl , accordez-moi quelques jours de relard. — tfon, non, dit le prince, à qui son enthousiasme inspira le courage de poursuivre son avantage; j'ai déjà autour de moi quelques amis : encore peu de jours , et avec eux j'arlwre l'éiendard royal , an- . nonçant à la Grande-Bretagne que Charles Stuart est venu reclamer la couronne de ses ancèli-es, prêt à vaincre OH à périr. Lochiel, dont mon père m'avait si souvent vanté la fidèle amitié, peut rester chez lui ; il apprendra par la gazelle le sori de son prince. »
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Lochiel ne pul l'^ister h cet amer reproche; soi> frère l'avait prévu : il était gagné par l'enlhousiasme de Cfaarles-Ëdouard. « Non, s'écria-t-il, je partagerai la destinée de mon prince, heureux ou malheureux; et ainsi feront tous ceux sur qui la nature ou la fortune m'ont donné quelque autorité! »
Toute l'expédition dépendait de cette entrevue ; car l'exemple de Lochiel eût fourni aux timides une excuse imposante , tandis que son zèle triompha de l'hésitation des plus prudents. Si quelques Chefs, tels que sii' Alexandre Mac-Donald et le laird de Mac-Leod , restèrent neutres, ils ne purent empêcher plusieurs'des leurs de joindre le prince.
Dès que Clanranald connut l'adhésion de Lochiel, il s'occupa activement d'armer et d'exercer son clan, pendant que Lochiel allait lui-même rassembler lé sifn. Une tradition prétend qu'en quittant Charles- Edouard, Lochiel rencontr» dans une bruyère sauvage, et adossé à un rocher, un *de ces vieilfards de L'île de Skye qu'on dit doués de la seconde vue, et qui lui révéla tout l'avenir de la guerre; mais il étaittrop tard pour rétracter sa parole, et son courage imposa aisément silence à toute crainte superstitieuse (i). - . Sur ces entrefaites arriva Murray de Broughton, qui avait tenté vainement de surprendre le duc d'&rgyle à Inverrary , en représailles de l'arrestation du duc de Perth.
Le rendez-vous des montagnards était Bxé à Glenfînnin, et la nouvelle d'un premier avantage y précéda
{i)Sur cette tradition, M. ThnniAS Cimpbell a fondé un poëme intitulé Jjochiel's ffarning.
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rétendardqueCharles-Édouarçl y dcvailarborer. Le général Wade avait conslruit , dans les contrées reculées del'EcOsse, deux iorfspnur contenir les montagnards: c'étaent le fort Augustus et le fort William , à viogthiitt milles de distance l'ua de l'autre , communiquant en quelque sorte par une roule tracée entre le revers d'uoe montagne et les lacs Lochy et Oigh , qui forment aujourd'hui une partie du canalCalédonîen. Sur le bruit d'une menace d'insurrection parmi les habitants de Moidart, le gouverneur du fort Augustus crut devoir envoyer le renfort de deux compagnies de soldats au gouverneur du fort William. C'était le 1 6 août. Ces militaires, commandés par le capitaine Scott, avaient déjà faiP une marche de vingt milles, lorsque, aux approches d'une arche jetée sur les eaux d'un torrent, ils entendirent le son d'une cornemuse, et crurent apercevoir sur le pont un corps nombreux d» montagnards. Ce n'étaient cependant quedix ou douze hommes du clan de Mac-Donald de Keppoch , qui, allant et venant sans cesse, agitant leurs claymores et leurs fu^ls , tenant leurs plaids déroulés, l'un à droite, l'autre à gauche , semblaient être une troupe plus considérable. Lq capitaine Scott fit faire halte, et envoya un sergent avec un soldat en reconnaissance; mais ils furent saisis par deux montagnards agiles, et emmenés prisonniers. Le capitaine ordonna la retraite , ignorant le nombre des rebelles. Ceux-ci étaient commandés par Mac-Donald deTierndriech , qui laissa les Anglais s'engager dans la partie de la route la plus resserrée entre le lac Lochy et la montagne, où par un détour il parvint sans bruit plus t6t qu'eux; là les Highlanders, se montrant tout à coup sur les
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hauteurs, mais abrités j>ar les touffes de genêts et les angles des rochers, •poussèrent -de grands cris et firent feu. lies soldais hâtèrent le*pa| , et, au sdrtirdu défilé, apercevant d'autres Highlanders, entre la langue de terre qui , à cette époque , divisait les lacs, ils voulurent la traverser et s'emparer du château voisin d'Inverrary, pour s'y retrancher : le capitaine était blessé ; il n'était pas le seul , et deux de ses soldais étaient déjà morts. Mac-Donald de Tierndriech les somma de se rendre; et, au moment où ils mettaient bas les armes , survint Lochiel à la tète d'un détachement de Camérons. Ce premier avantage prouva aux divers clans qu'ils pouvaient compter les UBS sur les autres. Le gouverneur du fort Auguslus refusikun chirurgien pour visiter et panser la blessure du capitaine Scott : mais le lendemain le capitaine fut renvoyé au fort sur parole, pour y recevoir les secours nécessaires à son état.
Charles-Edouard, depuisquelques jours, avai^quilté Borodale pour la reriii^ de Glenâdale, aux bords du lac Shiel. Le 19 août, il arriva à Glenfinnin. C'est une de ces vallées étroites et longues, particulières à l'Ecosse; elle est arrosée par le torrent de Finoin, qui va se perdre dans le lac. Charles- Edouard avait traversé le Loch-Sliiel , et il était onze heures du matin lorsqu'il entra dans le Gleii, qu'il s'attendait à trouver rempli du mouvement et du bruit des clans. A sa grande surprise, la solitude était muette : il alla cacher son impatience et son inquiétude dans une sombre chaumière, dont les habitants l'accueillirent avec respect , mais sans pouvoir le rassurer. Ce ne fut qu'à une heure après midi que l'écho de la montagne
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lui 'apporta le premier eon d'un pibroc, air de gueire des ctans :V^tait celui des Gainerons, qui.bientôl parurent eux-mêmes au nombre de huit cents, formant deux colonnes, et amenant au prince des prisonniers avant que la guerre fût commence.
An centre- du vallon était une petite éminence destinée à recevoir l'étendard royal, qui, arboré là, pouvait être facilement aperçu.de loin : l'honneur de le planter était l'éservé au marquis de Tullibardine. Cet étendard était un tissu de soie rouge, avec un espace blanc au milieu, que Charles- Edouard avait apporté de France (i). Quand ses plis flottèrent au gré du vent de l'Ecosse , douze cents toques bleues furent lancées dans les airs pour le saluer : les jotieui-s de cornemuse firent entendre les vieux pibrocs nationaux; une acclamation générale effraya les jeunes aigles sur leurs rochers escarpés, comme dit une ballade; et Charles- Edouard vitbrilleraux mains des fidèles montagnards douze cents chiymores, dont la plupart s'étaient jadis rougies du sang anglais aux mémorables batailles de Kitsytli , de Killiecraukie et de Sherif-Muir.
Ayatit obtenu un moment de silence, le marquis de Tulhbardine lut le manifeste du roi Jacques Vlll, qui nommait son fits aine régent en son absence. Le prince lui-même prit la parole pour dire qu'il avait préféré débarquer dans celle partie de l'Ecosse, parce
(i) Home (lit qu'il était tticoloie, Meu, blaoc et rouge. OEavres complètes de J. Home, tome III , pRg. 1 4- Od prétendait qu'au lieu d'armoiries, Cliarles-Édouard y avait fait dessiner un cercueil et un tr6ne : d'autre:^ disaient y avoir lu hi devise de Tanilem triumphans (La bonne came enfin triomphante). On a jm couroiidrc avec le gi-and Étendard les guidons des clans.
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qu'il savait y trouver les sujets, les plus braves de son père, et qu'il venait vaincre ou mourir avec eux.- Pour terminer la cérémonie, l'éteodard fut transporté en grande pompe à la tente du prince, escorté par une garde de cinquante Camérons; et l'armée campa cette nuit dans la vallée. • . ■
Déjà Charles-Edouard avait cru pouvoir annoncer à Versailles et à Rome son heureuse arrivée. Voici sa lettre à Louis XV :
c Monsieur mon oncle,
«J'eus l'honneur, il y a quelque temps, de donner, avis à Voire Majesté ^e mon voyage j j'ai aujourd'hui celui de lui faire part de mon arrivée en ce pays, où je trouve beaucoup de bonne volonté, et j'espère de me voir en peu de jours en état d'agir. Il dépend uniquement de Votre Majesté de faire réussir mon entreprise; ce qui ne lui sera pa^ difficile pour peu qu'elle veuille faire attention à mes besoins, et couronner par là la campagne glorieuse qu'elle vient de faire. Un secours qui ne coûterait que- peu à Votre Majesté me mettrait bientôt en élat d'entrer en Angleterre, et m'obligerait à une reconnaissance ^ale à l'attachement respectueux avec lequel je serai toujours.
Monsieur mon oncle ,
de Votre Majesté
le très-affectionné neveu,.
Chaules. P. (i). »
(>) Mail usu ri ts des affi) lies étrangères {tetlre saHi^late),
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