‹ Histoire de Charles-Édouard, dernier prince de la maison de Stuart, precédéeChapitre 71 sur 72 · IV · texte numérisé non relu

IV

^CLABÂnOH DU PAÏLBHKNT d'àHOLETEBBB BH Bâ^THSB, AUX Pt&CEa PBÉCiDBItTES. '

» Décidé (resolved)

•■ par les lords spirituels et temporels et par les communes, as- * ■ semblés eu pnrlament, que les deux écrits signéaJacques. &.,«

> datés de Rome le a3.dée«n^e 1743, et les quaue imprimés si-

> gnésChBrles^P.R.,datésdesi6mai,3aaoAt,getio«ctobrei7i5, • sont de faux, scanda^iis et tratres libelles , à oessMIn 4'empoi- < sonner les esprits des sufels de Sa Majesté, cOntefliDt les ploi « malignes et les pli|s audacieuses insinuations {mhit corotqpUre les •> plus abominables trahisons i d'inUmes calomnie» cMtre le go>-

n,g,t,7i.dh,G00glc

Dl CHARLU-ÉDOUABD. 411

« Temement, la couroiiBe •( U personne sacrée de Sa très-excel- 1 lente Majesté le roi Georges II, notre seul légitime souverain ; de ' séditieuses et présomptueuses déclarations eonire la constitution •I de l'union de cet royaumes; représfMant la haute cour du parci lement, lé^^alement assemblée par i'autarité de Sa Majesté, comme

■ une assemblée illégitime, et cnmqae nuls tous les actes du parle-

■ inent passés depuis l'heureuse et dernière révotution ; (jne leidits

■ imprimés sont pleins de la dernière arr6gance et des plus faso- « lents affrouts i. l'honneur de la nation britanqique, snpposant

• que les sujets de Sa Majesté sont capables des'eu laisser imposer, « d'être wduiu ou effrayés par de Tausses et Jujurieiisas invectives, 1 d'insMlieuses prcmnsses ou de vaines et in]|)uissaiites menaces, « ou de se bÙMer assez abuser pour échanger ia libre jouissance de ' leurs droits et de leurs libertéa tant civiles que religieuses, sous le

• gouvernement bien établi d'un prince protestant, pour le papisme

• et l'eaclftvage, Sbus un prétendant papiste ot bigot, depuis long-

• temps exch pu les plus sol«nnelc sermento et les plus sages > lois, en Taveur de notre gbrieuse constitution.

. Dçcidé

■ par les lords spirituels et temporels et les communes* assem- 1 bl« en parlement, (ju'en signe d'horreur et de déteslation pour <■ de si viles et traîtres pratiques, lesdits imprimés seront brûlés « par les mains du bourreau au palais de la Bourse, à Londres, le « jeudi la du courant, à une heure après midi, et que les shérlh 1 de Londres présideront à cette e:

LSTTRB DC CHABLSS-éDOUAHD A SON FÈHE.

1 Perth, 10 septembre 1745.

• Sise , -

« Depuis mon ^^barquement, tout a réufsi selon mes souhaits ; il a plu à Diende m» conduire jusqu'ici «t d« dépasser mes espérances. J'ai réuni treize cents hommes, et l'on m'en promet d'autres encore, gens de cœur, résolus à vaincre on mourir avec moi. L'emiemi a fait marcher un corps de troupes régulières poi^ n)'at'

n,g,t,7i.dh,G00glc

413 IIISTOIBE

laquer; mais, arrivés pràade nim«,ces hommes ont changé d'avis, «t, prmaat iioe autre route, ils se sont échappés vers le nord, , faisant des marches ^orcëw, an ^'rand désappointement de mes ■noniagnards. Je n'eu suis «nllement fjchc; j'aurai plus de gloire â ics baHre lorsiju'ils seront plus iivrnbreut, et soutenus |ur les dragons.

* j'ai eu tous le»jours occasion de réfléchir aux deroi ères parafes de Vptre Majt'Sté,^que je trouverais le pouvoir, sSI était tempéré par iajustic* et U clémence, chose facile pour moi, et bien ac<:iieiltiade ceux (|iii seraient au-dessous de moi. C'est par l'observance de cette régla, et parle soin de me Conformer aux coutumae de nos Écossais, que j'ai g^né leurs «cura à un dc^è que ne sanraieat concevoir ceux qui n'en sent jiij s 'témoins. A voir la discipline que j'ai établie, on prendrait m» petite armée pour un corps de vétérans; à voir la bonne amitié et l'harmoiùe qui régnent parmi nous, on BRUS coasidérerait comme une grande fbmilH, dans laquelle chacun des niembrtii aime miaux les autres que lui-MÈme.

« Je me porte mieux dans ces sauvages montagnes que dans la Compagnafelke, et j'y dors mieux en coitchanlsur Ia4urequej« ne faisais dans les palais de Rome.

n 11 est une chose, une seule, sur laquelle j'ai eu quelque différend avec mes lidèles montagnards. C'est au sujet du prix qii£ j'ai mis à la télé de mon parent, ce qui, j'en suis sûr, connaissant Thumanilé et la générosité de Votre Majesté, vous choquera comme je fus choqué lorsqu'on me montra la proclamation par laquelle ou mettait aussi ma propre tête à prix. Je souris, ei traitai cette pièce avec le dédain qu'elle méritait : là-dessus nos montagnards d'entrer dans une violente tolère, et d'insister pour que je répondisse par une proclamatian semblable. Comm« cette insistance ne provenait que de l'amour de ces pauvres gens pour moi, j» «e savais comment ni 'eu fâcher; et j'essayai de les calmer en leurreprcsentant que c'était là un lâche et barbare principe parmi les princes, qui deràit les déshonorer aux yeux de tous Jes gens d'honneur'; et qne je ne voyiis poa a>mment Pexeh)|tk doQné pïr mon iroiisio me juadderaii d'imiter ce que je blâmais lanf %'n lui. Stais vien-tle tout ce que je pus dire ae parvint à les apaÎBer. Quelquesuns allèrent jusffi'â dire : Risquerons-nous notre vie ■(Jour un homme qui semble si indifférent ponClSWennc? C'est ainsi qire

n,citi7.dh,.G00<^lc /

Dl CBAUJtES-E DOUAS D. 418

j'ai été entratué à fair« une «hose que je bldme mAi-méme.

'Votre Majesté sait que, de ma nature, je ne sois ni crue>iii vin* (licatif. Dieu, qui coaoaîl moncceur, m'est tétaoin que si le prince qui me Force à cela (car c'est lui qui m'y a forcé) était en mon pouvoir, moD plus grand plaisir serait «k Ja traiter comme le Prince Noir traita son piisonnierle roi Jean, afin de le rendre honte»x de s'élre montré si inhumain envers un homme qui n'a fait que ce qu'il ferait lui-même, at qu'il mépriserait s'il ne l'eût fait, en sopposant ^l'il ait du eceiv.

• Je plie Votre Majesté d'être sans inquiétude sur ni»i. H est en sàrei«, celui que Dieu proté^» Si je meurs , ce sera comme j'ai vécu, avec honneur ; etia vie m'est plus qu'indilTérenle, quand je pwise que j'ai un Trère, sous tous les npports, plus digne que moi de soutenir votro^ste cause et d^élivrer mon pays da l'oppression sous laquelle il gémit (s'il consent à se laisser délivrer). Comme je connais et admire le courage a»ec lequel Votre Miçesté supporte -les infortunes, et le généreux dédain que vous aveïmis à repousser toutes les oiTies d'une asaistapce forcée, à des conditions que vous pensiez être déshonorantes pour vous et nunibtes^ votre patrie, si des amis aussi intéressés que btaves voulaient prendre avantage d« la ti'ndre affection qu'ils auvent que vous avex pour moi, j'espère que vous rejetterW leurs propositions avec la même magnanimité que vous avri montrée jusqrfid : laisse^nioi aw besoin me tircE d'affaire moi-même , comme Edouard III bissa son ffis , lorsqu'il fut ea danger d'être act^blé par le nombre de ses ennemis. Hon, Sire, qu'il ne soii jamais dH que pour sauver votre fils vo^ avez lacrifié votfe pays.- Lorsque vos ennemis mêlent à' la lutte des troupes étrangères, et que vous rejel#ï tout secours étranger à des conditions déshonorâmes, fljs fujets abusés d'Angleler»e doivent voir quel est le vrai pÈre du peuple. Quant à moi, je déclare uye fois pour toutes que, tant que je vivrai, je ne consentirai jamais à aliéner une partie darterre qui appartienne à la couronne S' Angleterre; janiaisje ue signerai aucun traité contraire k s* souvaraioeté et à son iniléf eudance. Si les Anglais veulent ma vie, qu'ils la prennent quand ils pourront; mais aucun mauvais truitemeut d^ ^ur'part ne me forcei* h rien faire'qui puisse les justifier de te faire. Je puis éti-e aceaLlé par m«s ennemis, miJs jcne

n,g,t,7l.1M,GOOglC

414 aiSTOlM

me déshonorerai pas. SI ye meurs^ ce sera l'épée à k nain, combaitsDt pour la liberté ie ceux (|iii corabattent contre moi.

• Je sais qu'il y aura tle noaibrwises adresses des diverses corporalioas d'An^Iet«rre ; «ait j'eipère qtiVIles n'en imposeront qu'aux gens de b cU»«£ la piu3 liasse et la plus ignorante. On cbei^ chera saos donM à rappeler toutes lus fautes et tous les ekcès du malheureux i-èti;ue de mon graMd'père, pour les iu^ftter àVobte Bfajesté et k moi, qui n'7 avons eu aitcone part et en avons pins souffert que personne. Est-il rien de plus dérdisoinable <^ut de supposer que Votre H^esté, ty^i connaît si bien et qui a ak sodvent coosidé'é les fuuestes erreurs de un père, voudrait, les yewc o»verts, aller les rccooimmCer f

1 Malgré les assurances r^élées, données par Votre Majesté dans votre déclaration, (jue vous ne prendree le bi«b de personne, on cherche h persunder aux hommes irréfléchis qu'une des premières cbows auxquelles on di)it s'attendre, sera jde voir le crédit public ruiné : comme s^ était de votre intérêt de vous rendre méprisabi* aux yeux de tontes les nations de l'Europe et des royaumes stir lesquels vous esparen régner, pauvre roi au dedans, roi insigniliant au dehors! On cherche aatsi sans doute à inspirer de vaines terreurs aux possesseurs actiiels des biens des églises et'^s ab~ bayes, comme %î c'ét^t l'in^ntion de Votre Majesté de les réclamer tons, oubliant cgue vous aves vécu tvop longtemps dans un pafs catholique, A lu trop attentivement l'histoire d'ÀDglelefre, pour ne pas avoir remarqué tous les tristes monuments qu'on y Tencontre de la folie de cesprînces pieux qui, croyant honorer la religion, l'ont aip>indrie en observant des rites superstitieux d^ns l'Église, élevant ainsi insensiblemwt une puissance qnin'est que Irop souvent âeveDnejtlus forte (|ue celle de leurs successeurs !

• Jeregrette vivement quele brave lord MaréShal ne soit pas avec ■Doi. Son caractère est très-estime dans ce pays, ekil ^oit en être de même partout oix i\ est^nnu. J'aimerais mieux le vo^' arriver qu'un millier de Français : ne vi^odraient-ils qije comme anris pour aider Votradttajesté à reçu péuei*- vos justes droits, Jes esprits faibles croiraient qu'ils viennent po'ur les envahir.

■ Il est un temme en Écvse que je voudrais avpif paur ami, et c'os; le duc d'Argyle, qui, je le vois, est ici en grancT crédit |Mr

dt,GoogIc /

DE CHA^BS-EDOUABD. 4tS

l'^tTet de ses Urfenis et de sea qualités. Sa ^ortuiu «onsidanblL- lui donse aussi une clteotelle nombreuse; mais ob m'u dit qu'il ne faut pas me bercer de cette espérance. Les mauvais proches qite sa famille a reçus de la nôtre lui nnt laissé une profonde rancune. Quelle responsabilité pèse sur ces princes qui, par leurs cruaulés, ont suscité des ennemis non-seutemene contre eux , mais encore contre leurs enfants inDoceotsI

' Je ne puis fermer cette lettre sans rendre justice anx sujets proleslanta de Votre Majesté, lesquels je trouve aussi «étés puur votre canse qm les catholiques romains. C'est ce que m'avait promis souvent le~ docteur Wagsiaff. J'ai le projet de nw mettre en marche demain, et j'espère que ma prochaine sera datée d'Edimbourg.

> Je suis de Votre Majesté, etc. >

A llIt.OHI> SniPIIX.

• Gravelines, IS mars 1744.

o Votre lettrudu lone me fait que trop comprendre que les dommages ^usés par la tempéle dans la rade de Dunkerqii* n'ont pas ét« diminués dans les relations' qu'on en a faites h la cour, il est ï perdus, mais j'apprends tes les troupes qui ont él^ ommes se sont noyés en iver, ce qui m'affiige viveue ce qui vient d'arriver m d'une entreprise si glo- Igeuses à la France ; car 41 13 de troupes que nos amis le gouvernement présent, une le temps à l'électeur dUavovre de faire pour sa défense; après quoi le R. T. C pourra rédcr lapais d'Europe suivant ses. justes désirs, puisqu'il n'est pnînt^doute«x ïjue te roi mon père, rétabli sur le trône de ses ancêtres, n'agisse en cela, et en tontes choses essentielles, de conObrt avec un ami si généreux. Si quelques- unes des troupes igui ont été

n,g,t,7i.dh,G00glc

416 HISXi014^

cmbarquâcs M>M bws d'état do servir, et que l'exfiédilioD puisse avoir lieu avant «fu'elles soient rétiibties, il sera facijt; de les remplacer pn celles qui sont dans le voisinage; mais on m'assure que les bataillons qui ont 1(^ plus toiffTert sont ceux qui témoij^ent le pluï d'ardew pour le service de leur souverain dans celte enlrepriie. Quant aux roatelois, on dît que la plupart d'entre eux seront incessamment en état de reprendre leur service; et l'on sak d'ailleurs que S. H. T. C. en a tonjours un grand nombre prêts à suppléer i ceux qui peuvent naamiucr. Nous n'avons eacore ici aucune nouvelle de M. àt Roquefeuille, et nous ne'savons paso'il est en état>de soutenir le transport des troupes contre les efTorts de Ifori4s; mais vous saves (]iie l'escadre de Norris, équipée k la hâte et très-mal pourvue de mj|lç|pt$> n'est point si formidable que l'on pense.

o Des rapports bien dîfTérents de ceux qui m'ont été faits auront apparemment porté S. M. T. C. à rae rappeler de la cAte; mais je me flatte qu'elle ne trouvera pas mauvais que j'y reste jusqu'à ce que vous ay^ représenté tout ce que je pense sur lasituatiim présente : je m'y suis liéterminé avec d'autant plus de fran- . chise que je suîj ici tout à f»it inconnu, et qu'il n'y a pas le moindre soBpçon ^monégarcL

a Je ne puis envisager 'l'éftit actuel de l'Angleterre sauMen être vivementtouché, et sans avoir tin désir ardent de délivrer la nation du joug sous lequel ellvgémit. S'ily avait le moindre lieu de croife que ma présence sans un corps de Irnapes pourrait avoir cet effet, je m'y rendrais dtos un c^ot s^s balancer un momeutt mais voussavez que' rie» n'est possible dans ce pays-ià uns une force capable de résister aux premiers efforts du gouvernement, et dé donner le temps à la noblesA^afGdéft de se rendre sous Hstendard rdyal ; toute autre If vée de boucliers ne ferait qt^Uppesai^tir lajou^ sous lequel nos amis gémissant, en ftugmentant U crédit et l»réputationdugobvernement. Cette considération i(ie retient, e%id!am> pèche de suivre les mouvements de mop zèle; ratfi^ fe ne pois me . résoudre à reçu 1er .jusqu'à ce qae *ous ayez ée nouvfeaiKpfesé toutes les circonstances i^vec AT. Âmelut et avec le ministre dç la marine, et jusqu'à ce qu8 ces messieurs allent eu la bonté de rapporter toutes vos réfiejdons et celles qu'ils nuiront faile^ eux-^aémes, au iyiî leur maître. Faites attention qu^ c'est ici la première

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DE CHAB£ES«DOUABD. ^ 417

démarche que je fats daas le moade. Quoique le public ijjnore le lieu de mon séjour actuel , on saura que j'ai été près 'de celui où se fai<iaiE l'embarquement : si je me relire sans rien faire nprès 3e si belles espérances, loute la terre dira que les malheurs de mh famille restent attachés à- toutes lesgéiiérnlions,et n'aurunC jamais de fin : ces propos, quoique mal fondés, ne laisseront pas de faire une cwtaine impression ; nos amis en seront affligés , et ils serviroot à reWer le courage de nos ennemis, \[ue j'apprends avoir été prMque abattus par la nouvelle de l'embarquement. Dans cette situation, je dois mettre tout en usaj^epowr siu tenir les espérances de nos tidèles amis; et s'il est absolument impossible, dans les circonstances présentes, de transjiorter en Angleterre le corps de troupes gui y serait nécessaire, je crois qu'on ne peut mieux faire que de tourner «es pensées du coté de l'Ecosse.

a Vous savez que les dispositions des sujets du roi mon père me sont connues depuis' quelques années; et dès qu'on a été en élat d'en donner uqe idée juste et satisfaisante à la cour de France, je n'ai jamab douté que S, M. T. C n'eût la géuérosité de nous mettre en état d'en profiter. Les avances qu'elle a bien voulu faire ont été telle» que nous les' avions toujours espérées de ses vertas vraiment royales! ces avances auraient même trop prouvé au public son amitié pour des princes mallie)!ireiix, si elles n'étaient continuées de façon à produire le graffid événement qu'on a tant lieu d'en attendre: mais votre lettre m'a rassuré là-dessus; je suis pénétré des bo«tés de S..M. T. C, et.ple'inement convaincu qu'elle ne s'arrêtera [tas en si beau chemin, Si vous trou^i^z donc que l'escadre de Br«Gt soit Jugée inférieure à te nombre de vaisseaux que des con^ Ire-temps inévitables ont donné le temps au gouvernement de ra- - masser pour faire parade, et qu'en conséquence le transport des troupes dfstiuéet pour yAn^leterre ne puisse point se faire avec la sûreté requise dnns la saison fâcheuse oà nous sommes; en ce cas, je w)«s charge de vous iippliquer avec toute l'attention possible à faire connaître les avantages qui doivent résulter d'une expédition en Ecosse, Il y a à Dunkcrqiie bien plus de vaisseaux de toute espèce qu'il n'en faut pour transporter le petit nombre de troupes qui sera requis pour ce royaume, et il est essentiel, tant pour mon honneur que pour donner de la confiance à nos amis, que je sois à la tète des pr«mi«res qui seront employées au service du roi mon

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418 , HISrOlSK

pèr< partout où ce puisse être, et surtout en Ecosse, d'oi'i nous lirons notre origine, et oit le gros de la nation noiis a toujours été Intiolablemeiit nttHché. Je sais que les régijvents irlandais m'y accompagneront avec joie; et si S. M. T. C ¥*ut bien y ajouter denx bataillans français ei un régiment de dragons démentes, je me rendrai, avec la bénédiction du ciel, bientôt maître ()e cet ancien royaume, oii je SBrai en état de Tormer une arnKe qui oocupera toute l'attention et toutes les Torces du gouvernemeM d'Angfeterre pour pou vuîr me résister. Les dis mille armes et iffi munitions qui ont été destinées poui;r Angleterre, pourvu que l'on me 4onne quelques milliers de sabres pour mes montagnards, me sufiiront en Ecosse, jusqu'à ce que S, M, T. C- p(ris«e commodément m'en envoyer davantage. La somme d'environ «{uatre cent mille livres, argent de France, qu'os demande pour mettre uo^ gentil shomines montagnards en état d'entrer en campagne av»c leurs vassaux, les quatre «ous par jour pour la paye des soldats rfe l'armée d'Ecosse, qu'on supplie S. M. T. C. de vouloir bien avancer pendant les premiers trois mois, et les ]>etits armements dont le milord MarécIftI . a fait mention, tous ces articles ensemble ne monteront pas à la dépense qu'il faudra faire pour la prise on I9 d^Tenie 'd'uqe seule bonne forteresse en l'Iandrc; au Heu que l'entreprise en.Écosse, quelles qu'en puissent être les suites pour les intérêts du rot mon père, rendra du moins les efforts du gouvernement d'jttogleterre bien peu considérables sur le continept pendant la campagne prochaine; j'ose même dire pendant que'Dienmé laissera la vie. ^

■ D'ailleurs il est visible que ma descente en Ecosse fe^a croire on qu'on n'a jamais eu dessein de débarquer en Angleterre, ou que, n'y ayant point de concert et d'intelligenrl, on a été obligé dé se rabattre sur un pays plus affectionné à la France et plus attacbé . à son souverain naturel : cette idée fera tourner tout te poids du gouvernement contre l'Ecosse, et facilitera le transport d'un corps de troupes avec le duc d'Ormond pour achever la ruioe de l'iigfit^ pation préseqte dans toute la Grande-Bretague.

■ Dans d'autres circonstances, je serais charmé de pouvoir talrC la campagne dans une grande armée commandée par dë^ généraux de réputaticn , et surtout dans quelqu'une- des armées françaises , où les rois mon père, mon granil-père, et plusieurs princes de notre maison, ont autrefois acquis de la gloire; mais. l'état actuel de la

ih,Googlc

DE CHARLES-AbODabD. 4I!>

Graade-Bretagae, et l'attente (les peuples auxquels je me dois, m'obligent de tournei: toutes mes pensées de ce câtc-Ui. Je le Tais avec Hn zèle qui me pprterait à etitrepreudre t« rétablissement du roi mon pè»»et 1r délivrance de ses sujets oppiimés, avec le petit nombre de fidèles Ecossais qui ont pu conservet' leurs annes.^Je sais que la plapail de nos nionlagnards se joindraient à moi quao'd même ils me verraient arriver chez eux tout seul «t sans appui. "Ne ma convient-iT pas mieux d'aller péfir, s'il le fallait, à la léte de ces braves gens, que de traîner une vie languissante flans l'exil et la dépendanev ? . .

X La longueur de cette lettre vous fera ienlir combien je suis touche des acciilentj qui font suspendre l'exéculion de notre entreprise^ mais quoique je -voie tous les inconvésieuls de te retardement, et p.ir rapport aux intérêts de S. M, T. Ci et auX' n«Irc^ je n'en suis point abattu, et ne le ier^ii jamais tant que Diei) me fera entrevoir des moyens possibles jtcnir parvenir aux jus(es fins que nous nous proposons, je n'ignore pM le« nobles sentiments et les bontés <tf S. M. T. C, et je compte beaucqup sur votre zèle et sur lesliynières de ses ministres pôuî lui/aire voîrquecellesjju'elle pourra avoîrpour pioi en toube n^pasioji lui seront ^gaiement utiles et glorieuses.

" Signé, Ch*bles, ?' -

. . ' vii.

■ - AU BOI hOtJIS TCV.

1 MUNSIEUn UOH ONCLl!,

n Les obligations que j'ai à Votre Majesté sont sfessenlielles et se font seulir si vivem^t, que je Irouve à peine des expressions qui y répontftnt ; ^ais l'importance de la .conjoûiiture ne me permet 'plu^ de garder un silftice .qui devient incompatible avec ma reconnaissance. Les sages (irécautions que Votre Majesté a prises en me tenant caché depuis que je suis dans son royaume, et surtout depiiij l'ouverture de la campagne, ont entièrement aveuglé le gouvernement présent de la Grande-Bretagne. On a non-seule-

n,g,t,7i.dh,G00glc

430 MfSTOlBB

menl renvoyé ]«s six raille Hollundais, mais l'on a même traosporté en Flnndi-c plusil'im tîf rs des troupes régtéei qu'on avait auparavant fugért nécessaires ponr contenir les peuples dans la sujétion di! l'usrtrpateur. D'ailleurs, ceux d'entre les bons sujets du roi mon (lère qifi donnent le mouvement anx antr», et ave* lesijueU on avait concei té l'embarquement des troupes françaises, ces siij«s fidèles, lant Anglais <)« 'Écossais, se sont comportés ii celte occasion avec lanfile prudence et dft lérmcté, qu'ils paraiswnt plus dignes que jatijais de'la condaiice dmit Votre Majesté les avait honorés. Ils m'ont souvent reuouvelé les assuram-es du z.èle avec lequel ils étaient (Sréts à remplir les engagements qu'ils avaient pris , en cas que les trtiupes de Votre Majesté eussent dâiarqué nonob^ant l'arrivée des Hollandtits et les autres prépa^'atifs du gouvemunent poi>r pfljifoir -se maintenir; mais aussitôt qu'il fut décidé dans le conseil de l'électeur d'Hanovre ^le ne laisser en "ft/igleterre qu'un nombre ps» considérable de trtxtpes, ils m'en ont donné avis avec une joie extrême ; et commclls pensent qu'on pwil, malgré la supériorité de la floite.du gouvernement, transporter vu corps de troupas tel que yclui que Voire Majesté ftiisait enibafqner è Dttnkerque, ils tiennent pour ccriaia.qu'.avec ce sc^urs j'aurais l'honneur de^réiabiir le roi mon père, sans exposer la nation aux malheurs d'une guerre civile. Ils disent qu'ils seraient en état de renverser le gouverne ment* par leurs pi'opies forces, s'ils n'appréhendaient celles que l'usurpateur pourrait, faire descendre en Angleterre avant que je pusse former une année capable de s'y opposer; et ils déclarent que ce n'est r[itb cette appréliensiou qu^les empêche de me reci^otr sans autre appui que ce^i de la justice de ma cause. Tef est le résultat des dernières couférences des principaux royalistes anglais, cjue milord Barryniore m'a fait savoir par un exprès. Lea^cos^ais, plusardents et entreprenants,oe s'effrayent point des idées d'une guerre .civile: ih viennent d« m'envoyer.un homme de condit) on, -parent de M. de Mac-Grégor, pour m'assurer que le concert qui y a fié formé en 1739 subaiite Toujoui-s dans toute sa force; que la disposition générale du gays est si favorable, qu'il ue leur reste plus' rien à faire qu'à gagner les troupes que le gouvernement entretient parmi eux, et qu'ils s'y appli^&nt avec quelqu<^ espérane^ de i-éussir : mais ils me supplient de ne point attendre des dispositions ultérieures, de saisir l'occasion (piel'cloi-

iM,Goot^lc,

sy^

DE CH4BLRS-KUOII4rn. -121

gnement des troupes du gouvernement me présente autnelleineiit, et de faire auprès de Votre Maje&lé les plus fbrtes insiances pouc leur procurer des armes, ei le peu Aa secours dont l(^s Ecossais ont besoin pour se mettre en campagne; ils promettent Jes'en servir d'une manière qui prouvera à Votre Majesté que l'aaciennt vigueur df 1b nation écossaise n'est point éteinte.

n Ils ajoutent qu'ils renvoient le comte Traquak en Angleterre, pour entretenir et affermir la confiance enM'e les lîdèies sujets des deux royaumes. Ces dispositions tant de l'&ngleterre ^ue de l'Écosse sont si henreuses, que j'ai cru en devoir doijier moi-même quelque idée a Votre Majesté, et envoyer miloril Scmpilf pour informer plus particulièrement les ministres qui sont auprès d'elle. Si Votre Majesté veut bien permettre, que ce roîlord lem'^n fasse uo rapport, j'ose me flatter que celui qu'ils feront à Votve Majesté la déterminera à m'accordtr* le corps de troupes C|tie les fld^es sujets de la Grande-Breiaf^ne deiji^dent avec tant d'empressÊment, ce qui me mettra en état de hii donner dans peu des pjreuves réelles de la vive reconnaissance dont je suis pénétre, e{ du (espect avec lequel je serai toute ma rie, ■" ,

n Monsieur mon oncle, « De Voire majesté

" L» ti-ès-aflccl^nné tievi-u,. ,

^CHiRLSS,P.

" Paris, ce M juillet 1744, .. , ' ' ■ .

, VIIL

LB PB1I4CE CHAW-ES-ÉDOtlA^ A SON TEHE (IJ.

' "PiDky-Uuugeprèsil'IidjmbOurg, 7l'septeiDbre(v, S.) 174j.

'' Depuis ma dernière, datée de Perth, Dieti a daigné accorder aui armes ,^e Votre Majehé un succm qui a dépassé mes espéralces. Le if, nous €btrâraeï.à Edimbourg l'épée à la main, et

(1) Voir,tjir celte lettre afbcryplie, 1^ chapitre xvi, page ,131.

n,citi7.dh,.G00Qlc

423 HISTOIHB

Itrimes pesse^sioD dé b ville »ans ùtre otili|j«s de ropanilre une );outte de sang o<i d'employer aucune violence. Ce matin, j'ai remporté une victoire signalée nrec peu ou point de perte. Si j'avais eu linon deux escadronsde cavalerie |Kiur poursuivre les ennemis, pa» un seul n'eût ccliappé. Dans l'état des choses , à peine s'il leur reste qneliju'es dragons, qui, par une fuite précipitée, se ser(»t,je crois, jetés dans Cerwick.

" Si j'avais obtenu celte victoire sur des éUangers, ma joia eM été complète; mais l'idée que c'est sur des Aii(;lais y a mêlé plus d'amertume que je n' i étaient

les ennemis de Votre pu de-

v.enir vos^mis et vu vert les

Teux et*vu le véritali le/, sau-

ver et non détruire. b tente

l'éj^uissance [jublillu e la ba-

iftille, préférant que les rap-

ports ^'un autre, plfj la pré-

.■^eiite par Stewart, ei X : c'est

un homme prybe et » qui a

eu lieu jusqu'à te jo« bîenlôt

dédommagé de cette perte par son pro/npt retonr, avec les pins agréables, nbuvellft j^ne je puisse recevoir, je veux dire celles de la santé de 'Cotre Majesléet dt mont frère. , ■* '

" Je vous ai envoya deux uu trois gazettes^ laines des adresses tt des mandemen^es évoques au clergé. Ces adresses sont telles que je les attendais, et ne'peuveut en imposer qu'Kix rait>les''et aux crédu[e5. Les mandements sont de la même forée, mais plus arliB- • cîeusement composés. I^ës évèques ordonnent à leur clergé de faire sentir aux peuples les 4;ran4s bienfaits ^Ait ils jsuissent soiti les princes de la IVroîlle qui les gouverne aciuullraient. Ils \iUt disent d'appuyer sur la scrupuleuse administration de ta justice, sur le saint respect des lois , snr Ta sétn'rilé de leur refigion» de leur liberté, de leur propriété. Ce sont là de grand% mots qui peuvent su imposer aux esprits irréfléchis; mais oi!luî qui lit avec attentif découvre aisément l'imposture. Quel 'esoin a un priace de troubler le cours ordinaire de Injustice, quandll a'eu le'secre^de cbr* rompre la source de» loisî N'est-ce pas risquer même de'doimer l'alarme? N'est-ce pas dire qu'il n'est pasNenu ponr Içî protéger

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cutume il le prétend, mais féellemeiit puw les ti'iihiiT Quand ils parlent de lii séaurilé de leur religion , ils oni bien s<iin de ne pas dire (in rtiut des prières effrayants que l'athéisme et l'im|iiété ont faits depuis qiiel(|ues années : si j'en crois des hommes de sens, ces pro|;rès sonl tels t|iie plusieurs de leurs personnages les plus importants auraient honte de s'avoiiec chrétiens, et que beaucoup d'autres, d'ufi rang moins élevé, agissent comme s'ils ne l'étaient pas. En conversant sur ce triste sujet, j'en suis. venu à reconnaître ce que je n'avais pu jusqu'ici comprendre, que ceux-là qui crient le plus haut contre le papisme et le danger de la religion protestante ne sont pas réellement des proteslanit, mais une bande d'hommes dissolus, doués de talent, ayant de l'instruction, mais vides de tout principe, et se prétendant républicains.

n Je demandais à ceux qui i«e disaient cela ce qui pouvait rendre ces hommes si jalouK de conserver la religion protestante, puisqu'ils ne sont pas çhpÉtiensPOn me répondit que c'est pour se reconunaoder au ministère, qui (s'ils écrivent pour lui ou s'ils se font nommer membres du parlement) ne matiquei'a pas de les pourvoir amplement. Le motif de ce zèle extraordinaire est qu'ils se procurent par là^pour le moins la connivence, sinon la protection du gouvernement, pendant qu'ils propagent leur impiété et leur athéisme.

a J'espère, grAi^e à Dieu, qiic le christianisme n'est pas aussi bas tombé dans ce pays que me le représentent les rapports qui me sont faits. Cependant, si je compare ce que j'ai souvent vu et entendu à Borne avec ce que j'ai observé depuis, j'ai peur qu'il n'y ait que trop de vrai dans' ces riSpports.

• Les évéques sont aussi partiaux et peu sincères en parlant de ta sécurité de la propriété que de celle de la religion; car ils n« disent pas un 'mot *de cet énorme fardeau de la dette toujours croissante sous laguetJe gémit la nation, et qui ne peut eut payée (si on a l'intftrtioude la paver jamais) qu'aux, dépens des propriétés. Il est vrai qui; l'out« cette dette n'a pas été contractée sous les princes de cette famille, mais bien la plus grande partie; et le tout aurait pu être acquitté par une administration économe pendant ces treht*!» demi ères années Je pais profonde, n'eussent été les immenses sommes qui ont clé prodiguées pour corrompre les parle-

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iiifuts et pour soiiteuirtles intérêts étrangers, au ilét ri ment de ceux lies Irois rojyumes.

" C'est trop parler i Voire Mnjestè, j'en ai peur, de ces tristes manOeroents ; mnisen ayapt f»il mention, j'ai voulu vous ea donner mon opinion, -Je me rappelle que le docteur Wagsiaff (avec (|ui je regrette de ne m'ctre ^s entretenu plus fréquemment, car il ne dis.iit tnujnilrs la vérité) me diïsait un jour que je ne devais jiasjuger le clergé de l'Église d'Aqglcterre d'après les évèqnes, qai ne parviennent pa^ à l'épiscopat par leur savoir Ou leur piété, mais par d'autres [alents, comme d'écrire des pamphlets, d'être actirs aux éleclious, et de voter au parlement sons lu direction du minwtèce. Quand j'aurai gngpé une autre baiailte, \\s écriront pour moi, et se chaîneront de répondre à leurs propres lettres.

R II est une autre clause dans Inquelle, comme dans celle du clergé, je suis porté à croire que les moins élevés en rang sont les plus honnêtes : je veux parler de l'arnaée, car jaqsaia on ne vit plus belles troupe* que celles que j'ai combatrnes ce matin ; cependant elles ne se sont pas montrées aussi braves que je l'aurais cru. Je pense avoir entrevu qiie tes simples soldats n'aimaient pas le parti qu'ils avaient iidopté. S'ils avaient en à cnmbatlre des Français venus pour envahir leur pays, je suis persuadé qu'ils ^ serlâent mieux défendus. La- solde de ces p.iiivres gens, ot l'avenir qui les attend, ne suffisent pas pour corrompre leur insltifct de justtqe et d'honnêteté. Il n'en est pas de même de leurs <rfSciecs, qui,eicitéï pnr leur propre ambition et leurs fausses notions sur l'honneur, se sont battus avec acharnement. J'ai demandé à l'un d'eux, qui est mon prisonnier [tm vrai brave), pourquoi il portait les armea contre son prince légitime, lorAju'il vient pour délivrer son pays d'un joug étranger? Il m'a répondu qu'étant hojpn^e d'honneur, il se montrerait fidèle au prince dont il mangeait le pain, et par qi^ sa commission d'officier était signée. Je lui dis que 6'ét|ît là an noble principe, mais mal appliqué; et je lui demandai s'il a'itSit pas un whig. 11 me répondit affirmativement. — Ëhfhieii! alors, ai-je ajouté, comment pouvez- vous regarder votre corn mission et f^pain que vous mangez comme étant ta couAnissionetlc paili du prince, plutôt que du pays qui vous paye pour le servir et le défendretoujours contre des étrangers? carj'ai entendu dire que tels étaient

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DM GH«III,BS-BIM)UABD. 42â

les Trais principe» des whigs. Ignorez-vous comment vos compatriotes ont été transportés en pays étranger pour y cire insultés, maltraités par les défenseurs de la fui protestante, et égorgés dans une querelle où l'Angleterre est si peu intéressée, et (|ui ne tend qu'à l'agrandtssemcnt de l'élertorat de Hanovre? A cela il n'a rien répondu, mais il a baissé la tête d'an air sombre.

" I.a vérité est qu'ils ont peu de bons ofiiciers. Ils sont braves, parce qu'ils ne peuvent s'empêcher de l'étrej mais généralement ils connaissent peu leur métier, sont corrompus dans leur morale, et ne sontgaère retenus par le frein de leur religion, quoi^'ils prétendent faire croire qu'ils combattent pour elle. Quant à leur honneur, dont ils parlent tant, j'aurai bientôt roccasioq de l'éprouver; car, n'ayant pas de place forte pour mettre mes prisonniers, je serai obligé de les relâcher sur parole. S'ils ne la tiennent pas, je ne leur souhaite pas de retomber dans mes mains : il ne serait plus en mon pouvoir de les sauver du ressentiment de mes Highlanders,qui les immoleraient de^ang-froid; cequi me désolerait, car je n'aime pas la venge:ince. Mon superbe ennemi regarde comme au-dessons de lui, je le suppose, dérégler un cartel. Si je le désire, c'est autant pour ses partisans que pour les miens. J'espère, avant peu, le foi'cer de s'estimer heureux que je le lui ac-

* J'apprends que six mille hommes de troupes hollandaises sont .itrivés, et qu'on fait venir dix bataillons anglais : je voudrais qu'ils fussent tous hollandais, afin de ne pas avoir la douleur de verser Ib sang anglais. J'espère que j'(^ligerai bientôt l'électeur de faire venir le reste, ce qui, à tout événement, sera un service rendu à l'AngleterTe, en la faisant renoncer à une guerre étrangère ruineuse pour aile. Malheureusement la victoire apports des embarras que je ne corniaissais pas encore. Je suis chargé d'avoir soin de mes amis et de mes ennemis. Ceux qui devraient ensevelir les morts se sont enfuis, comme si cela ne les regardait pas. Mes ^ghlanders croient aj^-dessous d'eux de Je faire, et les paysans se saut retirés. Cependant je suis'résolu à voir si en payant je puis avoir des hommes qui se chargent de ces tristes fonctions, car je ne saurais sup- ■ porter l'idée de laisser pourrir des Anglais sur la terre, le suis très- embarrassé encore sur ce que je dois faire de mes prisonniers blessés. Si je fais up hopjtal de l'église , on se récriei-a sur cetlQ

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),'riiiide pruruiiativii , et l'on répétera (|iic je manque à mon oiani- IVste, par lequel je m'élais engagé ù ne violer aucuoe propriété. Si tes magistrats voulaient s'en mêler, ih m'aideraient & sortir de cette difficulté. Advienne ce que pourra, je suis décidé à ne pas laisser ds pauvres blessés dans la rue; si je ne puis mieux ftiire, je convertirai le palais en hôpital , |»aur le leur abandonner. Je suis si absorbé par toutes ces choses, et le soin que je dois avoir de mes troupes, qu'il ne me Kste que le temps d'ajouter que je suis le trèsdévoué fili de Votre Majesté.

mCbablks, p. »

FOITHAIT DU CBEVALIBB DE SAINTGEOUGES , P4B HOBACB WALPOLE.

« Le chevalier de Saint-Geor^;*» , dit Horace Walpole, est grand de taille, maigre, d'une figure mélancolique. Les alternatives- d'espoir enthousiaste et de découragement dont s'est composée si destinée ont empreint sur sa personne une solennité qni excita plutôt la pitié que le respect. Il semble le Hintâme qu'une imagination prévenue évoquerai» pour se représenter Charles I" avec ses malheurs, moins ses fautes. Sans avoir le visage d'aucun Stuart, lB«hevalier k les traits prononcés et l'air de fatalité de celte bmille. Ou raometU u£l je le vis, je n'aurais pd douter de la légitimité de sa naissance ; idée qui ne saurait, da reste, causer aiicnn scrupule^ à cens qui, par .principes, approuveraient l'exclusion du prince le plus Iq^-itime , dont Ifi religion et les maxime» politiques seraiwit incompatibles avea la liberté de son pays,

■ Il ne donna jamais au monde des idées bien favorables de lui. En £(!osse, sa conddite fiiC loin d'être héroïque; à Rome, où pour être bon oatholiquc romain il n'est pas uécessaire d'être trèa-religieuK, ou e pour lui peu d'estime : ce^'tsl pas à Rome qu'on «me. beaucoup les martyrs et les confesseurs; mab ce fut sa conduite avec la princes» Sobieska , sa femme, qui révpltadbns l'origiue la cour papale. Cette princesse aimable mêlait au' zèle du^papislne sa ]>olitique insinuante, agréab|f , adroite et hardie; elle trouva un appui dans la roar' pontificale, lors(|u'«lle ne. put supporter plus

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1>E CUARLES-BDOUABD. 427

tnD(,'temps les mortifications que vsulaient lui Tairt: suhir Hay, comte titulaire d'infernets, et su Temnie, auxquels le chevalier acotrdait toute sa confiance. Le ])rélendant ^e relira à Bologne, et il fut oblige de sacrifier ses fawris pour pouvoir revenir k Rome. Son nouveau premier minirtre fut alors Murray, comte nominal de Dunbar, hoODuie adrott, aimable et gracieux dans sa personne et ses oianiéres. Il s'était distingué très-jrime dans le parlement de la reine Anne, et il s'attacha plus lard ouvertement à ceux dotil il avait cru pouvoir préparer le retour en Angleterrir.

• Le mérite te jltus évident de la eour du prétendant est la grande réj,>«lariié de ses finances ei réooiiomie de son trésor. Son revenu annuel a pu mouler à a3,ooo livres sterling tout au plus, provenant dot pensions du pape et de rEspn;:;ne, des contributions des jacobiles d'*ngleter»e, et des dons des diverses cours. Cependant a payait toujours avec exactitude, et avait en réserve une Mtmme considérable qui fut dépensée en 1745. Après la perte d'une couronne à laquelle il croyait avoir des droits, après une svite de revers depuis sa naissance, après la triste et humiliante désertion de ses amis et leur capricieuse inconstance, vrai jouet des intrigues, des mécontentements et de l'ambition déçue des grands seigneurs d'Angleterre, le prince a vu la discorde s'inti odiiire dans sa petite cour, et sesafTeciiuns palertielles troublées parles germes de factions qu'y jeta ce maître en fait de sédition , le fameux Bolingbroke. Celui-ci mit en avant le projet de faire abdiquer le prétendant au profit de son fils aîné, comme plus propre à gagner le cœur des Anglais. Le père et les ancien» jacobiles ne purent jamais approuver un tel projet, qui fut mieux accueilli du jeune homme et de ses adhérents, comme si le prétendant avait utte couronne à abdiquer. Quelque peu nombreux que fût lei^ cabioet, des partis le divisèrent : lorsque j'étais à Rome, lord Wioton était un patriote dans cette cour, et la miniature d'une mintirité composée de sa seule personne, t. [ Mémoires et Souvenirs d'Horace ' IValpole.)

N'oublions pa» que ce tableau est emprunté au fils du jphbtre qui ne cessa de faire une guerre active aux jacubites pendant toute son administration, quoique><par feinte ou par tout autre motif, Walpole eût paru un momeut assez disposé k écouter les offres du prétendant, sinon à lui en faire lui-même.

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'198 niSTOIBE UB GHARLKS-ÉDOtlABD.

•. Le chevalier de Saint-Georges, le prétendant, est le meilleur homme dn monde et la complaisance même, » dit, dans ses Mémoires, la princessiï Pnlatine, mère du r^enl;et elle ajoute:* Ayant iletnandé un jour il mîlurd Douglts, Que pourrais>je faire pour plaire & ma nation? Douglas répondît : • Prenez douze jésuites, embaMjuez-vuus avec eux, et quand vous serez arrivé, faites pendre les jésuites publiquement : vous ne sauriez rien faire de plus agréable ans Anglais. »

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