‹ Histoire de Charles-Édouard, dernier prince de la maison de Stuart, precédéeChapitre 70 sur 72 · AU TOME I · texte numérisé non relu

AU TOME I

MANIFESTE, DÉCLARàTIONS, LETTRES, ETC.

DBCLAHATlOn DB SA ItAJBBTB JACQUHB BOI (I).

Jacques Vllf , par la grâce de Dieu roi d'Ecosse, d'Angleterre, de FraMre «t d'Irlande, défenseup de la foi, etc,, à tous nos bienairatu sujets, de quelque rang et qualité'qn'ils^oient, «alut.i

Ayant toujours pocté la plus constante afTectÎQn à notre ancien royaume d'Ecosse, d'où pous tirons notre royale ori^e,^ où. nos ancêtres ont réfné avec gloire pendant la plus longue succesaîoa (le rois dont puisse 4e vanter aucune monarchie jusqu'à ce jour, nous ne pouvons voir qu'avec le plus profond chagrin les maux que souffrent nos sujets sotis une «lomination étrangère et usurpée, et les intolérables ftrdeaux jounitllemeni^utcs à ce joug; ce qui nous devient encore pl^ sensible quand nous considérons raf[ecA>n^te zèle constant quelagé^ralité de nos sujets de notre ancien royauoie nous a témoignés «n. toute occasion, et parilcufière ment. quand nous eùme^la satisfaction d'être nous-mème au milieu d^x faj.

Nous voyous une natiou, fameuse par sa valeur, et hautement estimée par le plus grand des souverains étrangers, réduite à la condition d'un« province, «tus le spécieux prétexte d'uoe union

(I) Je publie cette piicetdlequ'elle fut écrite ou traduite «a fr«)(aiBilauii le* jouTsaui du tempt.

(î) fcllu»io«èl7ia, • ■^^

rmn-ik;GoOg\c

404 SUTODIB

uvec un plus pabsant voisiu. Ko couMqueDce de cette union prétendue, des taxes exorliitaiitea et sans exemple ont été imposées et levées avec rigueur, mirigré toutes les représeutatioas ; elles ont dû produire cette pauvreté et ^ ette d^cradence du commerce qu'on prévoyait aisément devoir êtsp les conséquences nécessaires de mesures si oppressives.

Pour prévenir les effels d'un JHstvessentiment, nos fidèles moD' tagoards, peuple de tout temps belliqiKiix, ont été privés de leurs armes. On a bâti des forteresses et l'on a mis des garnisons là OÙ nulle invasion étrangère ne pouvait être appréhendée, et l'on a introduit chez eux un gouvernement iBititaire comme dans un pays conquis. Ilest aisé de prévoir quelles peuvent être les conséquences de ces actes d'uue vinleqce inouï% si l'un.^'y remédie à tsmps ; et il n'est pas moins ^lanifeste qu'où ne saurait y remédier que^r notre restauration au trône de nos antftres, doat les Ames roya4«s n'ont jamais admis«es principes destructeurs.

Nous croyons inutile de rappeler quelle a toujours été notre sollicitude, et combien de fois nous avons exposé notre personne royale [K>ur parvejiir à cette grande' (îd , qu* la divine Trovidence semble maintenant nous »!corder le moyen ^'atteindre, en mettant nos bons et loyaux sujets d'Angleterre en état de secouer le joug sous te<)«el Ks ont aussi senti leur^art <ks communes calamilés. Notre ancienne expérience ne n«us laisse aiicu^i dotl'te sur l%joyeuse et zélée concurrenceMe nos sujets d'Ecosse ffcur raefaèvement de ce grand et glorieuxouvrage; mais afin que la M^iifaire des troubles passés ne puisse empêcher penouSe de^evenir à Son devoir, et de r^etrouverle bonheur dont il^ouissaitaAp a rayant, nous croyons convenable de publfcr nos gracieuses ''idlent ion s envei^ noire peuple. • ■

C'est pourquoi, par notre rtiyale déclaration, noSe pardonnoiv lît remettons absolument toute trahJKn et autres crimes commis jusqu'ici contre le roi notre père, ou contre nous-niè«e. Nous n'elcceptons du bienfait de ce pardon que Ceux qui, après cette publia cation, s'opposeront voloutairement et méchamment 1k nous, ou ceux qui se montreront ou sembleront disposes à se montrer en armes contre notre service. .

Nous déclarons .«n outre qiie nous voulons, dans le jilusiirçf dél:ii, convoquer un parlenieirtJ5''^r ^'■'^ l*'^, P^*" l'avis et fassis-

n,g,t,7i.dh,G00glc

DE CBISLXS'ÉDOUABD. 405

tance d'une teHe assemblée,. »(^i'S pLiissiaiistéparer li^s maux causés par une si longue usurpMion , fi délivrei- notre peuple de l'insBpportable fardeau du droit sur'la drèche, ainsi que de toutes ks imposition s- et les rrfjiieurs qui ont été les conséquences de la prétendue union ; en sorte (jije h nation puisse recouvrer l'honneur, la liberté et l'indépeDdanoe dont elle jdnissâit autrefois.

Nous promettons aussi, sur notre parole royale, de protéger, iissureret maintenir tous nos sujets protestants d a nS le libre exercice de leur religion, dans la pteine jouissance de tous leurs droits, privilèges et immunités, et dans la sâr* [H)s=fssion de toutes les églises, univeaeités, écoles et collèges, suivant les lois du pays.

N»us sommes prêts à confirmer tout cela dans notre premier parlement, dans lequel nous prometlens de p^&er tout acte (jui sera jugé nécessaire- pour assurera chacun la pleine jouissance de sa liberté et de sa pi'opriété, paue eacouAger le commerce, soulager le pauvre, et consolid«r-le bonheur généra ef la tranquillité de la nation. Sur tous ces points i\ous somilks pleitKme«t résoltis d'agir toujours par l'afis de nos parlements, et de n'estimer aucim titre autant que celui de père 4e nutie peaple, que nous fnériiei'ons toujours par nos constants efforts pouï assurer tv repos et lebonlieurde tous nos sujets.

Nous ayis appliquarons particulier ment à établir, encourager et maint^ir In pêche et les manufaciures de toile, dont nous sentons l'avantage poty: I* nation; avantages, nous l'espérons, qu'il nous étak réservé d'assurer. B^lativement à ceux qui paraîtront le -plus zélés pour le recouvremejit de nos justes droits et la prospérité de leur pays, nous prendrons soin Ai \ei récompenser suivant teurs rangs «t Uurs mérites. Nous promettons parlicilllèremij^t, comme il est dit ci-dessus, notre piritn, libre et gànéral pardon à tous ^ ofikierSr soldats et fnarins jnaintenant engagés au service de l'usurpateur, sur mer ou sur lerre, ponrni qu'après la présent* publication, et avant,i:[u'il y ait eu «ucTin combat con- »re nos tcoupes, ils tiuiitent ledit service et retournent h leur devoir; auquel cas nOtis leur payerons tout l'arriéré qui leur sera dû alors par l'usurpateur. Nousaccorderons aux officiers leur même grade, sinoa un peu*ptus haut encore; et â tous les soldats et marins une gratification de toute une année de paye pour leur empresr sèment à entrer à notre service

n,g,t,7i.dh,G00glc

406 BisniUB

De plus, nous proDMltOBS et dédarons que les vauftax de eeus qai, sans ^ard à notre présente déclarntioM, porsiiteront dana leur rébellion, et perdront par là totft drok i notre «lémence royale, seront délivrés de lelir première servitude, et que les terres qui leur seront accordée» par des donations et des chartes relèveront immédiatement de la couronne, pourvu que, »ur la publication de ' notre déclaration, Ils se (lédnroot oUTertement pour nous, et servent de tout cttur la aause de leur paya.

Ayant aiasî déclaré nos in tentions à nos bieit-tumés sujets, nous les requérons et leur eomaiandons de nous assister dans le recouvrement de nos droits et de lenra proprA libertés^que tous nos sujets, depuis l'jge de seïae à soixante ans, aient à se rassemliler immédiatement sous notre royal étendard, ou qu'ils se joignent aux prenfiers qui se' montreront poor nous dans levrs comtés respectifs; qu'ils taisissent Mf^i les ebevauK et les armes de toute personne suspecte, tt Ibutes les muakions-, fourrages, etc., pour l'usa^ de nos tFoup#s, <"

Nous cooiinandoDS aussi expressément k tous les receveurs, collecteurs, ou antres personnes qui peuvent être nanties de somsies levées au nom et ^ our l'usuge de l'usurpateur, de retenir «es sommes entre leurs mains, jusqu'à ce qu'elles puissent les payer à quelque personne de dislii^ctt^ publiquefoeni engage à notre service, et les réclamant pour nous; leurs reçus seront Ane suffisante décharge pour les Collecteurs, recevaursi, «Uî.

Enfin, nous requérons tous les sliérifa des comtés, intendants de seigneuries, et leurs députés respectifs, les baillis et tous les magittfats des bourgs rivaux, et tous ceu^ ^ A?' '' peut appartenir, de pnirlier celte déclaration dans tes oarrefours de leurs villes et bourgs respectiez; M là de nous proclaaUr, sous peine d'éf^ poursuivis «elou la {.oi, poiA' leur n^ligence <d'oo^evMr si important. ,..-..

Donné «a notre cour, i Bi>mQ, ie vingt-troisième jaur de décembre 17^3, et la quaraat*4roisième année de notre régné.

n,g,t,7i.dh,G00glc

m CHkpiJ»^OOU*HD.

JACQOB?, B.

Comme nous aTOi i au ttàne ie

■KM aucélres par les lour nous ; et

comme, d'après la sit s est absolu-

meot impossible d'y arboré notre

royal éleadard, et nu limons que,

pour notre service et SiiluousfHut

nommer et constiiuer, comme par te présent acte nous nommons et constituons, notre très-cher fils Chajllbs, prince de Galles, Mul régent de nbs royaumes d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlunde, et de tovMnosaiitres États, pendant notre abscDoe. C'est aoire ii

Donné soua notre seing et privé, en notre cour, à Rome, le vingttroÏMiéme jour de décembre 1743, daoslp quarante-troisième année de notre règne.

Jacques, B. {/joco tigiUi,)

CB&BLB8, PBikcB B^BUT.

En vertu de la ci-desaus commksion 4e régence, accordée à nous par le roi notre père, noiis venons maintenant pmir exécuter le bon plaisir et la m>lon(é de Sa Majesté» en déployanlson-éteB-

n,g,t,7i.dh,G00glc

408 niSTMHE

dard royul, et souteoir suii droit incontestable au trône de sps ancêtres.

fest pourquoi, au nom de Sa Majesté, et conscquemment à lu teneur de ses diverses déclarations, nous aecordoBS un plein, libre et général pardon poitr toutes les I rahisons, rébellions et oITenses quelconques, commises avant cette publication contre notre royal grand-père, contre S» Majesté actuelle, et contre nous-même."

Nous reconnaîtrons un juste droit au Iricnfait de ce pardon à ceux des siuets ife Sa Majesté qui télnoigncront leur désîr de l'accepter, soit en joignant prompCemenl nos troupes, «oit en arborant l'étendard royal, soit en se rendant pour notre sef^îce là où il est arboré, ou du moins en renonçant ouvertement à tous prétendus engagements envers l'usurpateur, et à toute obéissance à ses ordres ou à ceux dfe toutes personnes employées par loi, oii agissant publiquement pour fui.

Belativement 3 reux qui ï* montreront les plus zélés pour le recouvrement des justes droits de Sa Majesié et la prospérité de leur pays, nous prendrons soin de les rèéom penser "suivant leur» rangs et leurs mérites. Nous 'proiBett<ms piirtieulièrement, comme il est dit ci-deMus, un plf^ln, libre et général pardon à tous loi officiers, soldats et niiirins maintenant engagés au service de l'usur^** pâleur, pourvu que, sur la présente publication, et avant tout combat contre les troupes de Sa Majesté, ils quittent ledit service et retournent à leur devoir; car ils doivent sentir que nul engagement avec un usurpateur ne peut dispenser de la fidélité qu'un doit à snn souverain naturel. Pour les encourager au devoir et i l'obéissance, nous promettons aux officiers un plus fiant grade k notre service, sinon le même que celui dont ils jouissent actuellement, ainsi que l'entier payement de l'arriéré qui leur sera di au moment où ils se déclareront p'ournous^ et à t^nt soldat et dragon qui se joindra à nous, aussi bien qir'à tous marins et matelots de la Sotte qui se déclareront pour^ow et nous serviront, nous garantissons tout leur arriéi^j, et one^nné* entière de pSye en gratification, aussitôt que la traDfpilllté sera rébiblie.

En outre, nous'prometious W -déclarons au nom de Sa Majesté, et «n vertu de ladite cotnmisiwn, qu'aussitôt quace» heurenx état de choses sera obtenu, le-roi s'appliquera, par l'avis d'bn iibre p>rlemeot, dans lequel ni coi-Aption ni influence quelconque ne ponr-

n,g,ti7i.dh,G00glc

DE CHABLBS-BDODAnD. 409

ront diriger les votes, à établir, conliriner et ussurer loui> les droits ecclésiastiques et civils de tous ses royaumes; Sa Majesté étnnt pleinemaot résokie à maintentr l'Église (i'*lnj;leterre suivant la loi établie, ainsi que ks Églises prolestantes tl'Écossi; et d'Irlande, con* ['urméBient aux lois de chaque l'oj'auine, avec la tolérance pour tous les protestants dissidents. Sa Majesté étaW ennemie de toute persécution et oppression (jualconque, particulièrement pour re ijtii regarde la conscience et la reli^^ion ; étant notu-mème parfaitement convaincu de la raison et de l'équité de» mêmes principes, nous promettons en conséquence et déclarons que tous Ifcs sujets de Sa Majesté seront, pareils et par nous, maintins dans ta pleine jouissance et possession de tous leurs droits, privilèges «t immunités, et spécialement de toutes les és^lises, tiniversilés, écoles et collèges conformes aux lois du pays, lesquelles seront toujours Tinvariable règle du gouvernement de Sa Majesté et ^e nos propres actions.

Afin que notre entreprise puisse s'effectuer avec missi peu d'inconvénient que possible pmr les sujets du ^'i, nous requérons tous les ofliciers et magistrats cifils, maintenant en place, de continuer jusqu'à nouvel ordre k exercer leurs emplois respectif^, en notre nom et par notre autorité, autant qu'il est nécessaire pour le maintîeu de la justice; de l'ordre et de. la pcix ; voulant en même temps qu'ils obéissent exactement aux ordres et directions i|ui . pourront émancr^e nous, ou de ceux qui seront investis de quelque partie de notre puissance.

Nous commandoiA aussi à tcfus les em^oyés des douanes, % tous les perceptonrs d'impôt^, de quelque dénomination qu'ils soient, et à tous ceux qiil^ieuTent avoir quelque partie des deniers publics entre leurs mains, de les vermr dans celles de quelque agept principal autorisé par uous, et de prendre en échan};e s"" reçu, qui ■ leur sera une sufKsante décharge. En ç:ti dereh\s, nous chargeons c«t agents de [ev»r ces mêmes impflis pour nwtrt usage, et 'd'en être comptab4as envers nout, ot les autorités préposées à cet effet.

Ayanf ainsi sincèrement, et en la présMice du Tout-Puissant, déclaré les inteiiftons et les vrais sentinivnts du roi notre père, aussi bien qwb les uàtre» propres, nous requérons .fous ses blen-aimés sujet» d» nous as^tor (Ims Isrecouvrement de ses justes droits et

410 nisToiu

de IrKrs ptvftres libertés ; que tnus, depuis l'dge de MÎze à soîntuile ana, le rangent sous l'étendnrd royal de $a Majesti, ou *e ]'oigB«Bt à ceux qui se montreroM pour son ^rvica dans leurs covMés respeciift; qu'ils coufisqueDi t« chevaux et les arraes de toute pertoune suspecte, et Iom les iburi«(;es, nounitions et qoM qne«e ««t pour l'usage de not tsoupes.

Enfiq, Dou» requérons tous le* maires, shénfs, etauires magistrats d« quelque déwNniuatioD qu^l» soient, leurs députés respccitis, et tons autres k qui il peut appartenir, de publier notre déclaration sar les places de leurs cités, villes et bourgs; et Ik de pi'oolaner £a 9f^esté,sous peine d'étoe. poursuivis conformément à la loi, pour avoir né^igé un devoir ai iiApctfiant; car, de mècae que nous avons généreusement et tîncèrenieat laFTert nn libre et général pardou dv passé, nous avertissons aossi Uw sujets de Sa Majesté que nous abamtonnerom k la rigueur de la Icû tout ceux qui dorénavant s'oppoieront à nous, on volontairement concourront k quelque acte civil uu militaire au détriment de notre cause etde nos droit$,.ou au préjudice deoaux qui, suivant leur devoir et nos intentions publiquement manifestées, se déclarent et agissent pour noas.

Donné k Paris, le iti mai 174!*.

Page 1