‹ Histoire de Charles-Édouard, dernier prince de la maison de Stuart. Précédée d'une Histoire deChapitre 1 sur 61 · CHAPITRE XIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIL

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Pendanlque Charles-Edouard faisaitson eatrée à Edimbourg, sir John Cope débarquait au port de Dunbar^ à vingt-sept milles de distance. Parvenu d'Invemess Âberdeen parjde longs circuits^ le général anglais y avait trouvé ses bâtiments de transport, et un vent favorable avait facilité II. I

son retour vers la capitale de l'Ecosse. Il surveillait le débarquement de ses troupes et de ses bagages, ope'ration qui dura deux jours, lorsque Iç l8 septembre il vit arriver sa cavalerie , c'està^dird Icsdrapfon^que la terreur panique poursuivait encore. Arrêtés un moment pendant la nuit du iG à quelques xnilles de Leitb , ces pauvres soldats^ ayant entendu le cri d'un des leurs qui se laissa choir dans un trou à charbon , crurent que c'étaient les Highlanders, et remontant à cheval! se remirent à fuir jusqu'à Dunbar, oubliant leur colonel , qui s'était logé dans sa propre maison située sur cette route. Le lendemain, le colonel, surpris de cette désertion, courut après eux et fit recueillir dans des charrettes couvertes leur armes qu'ils avaient jetées çà et Jà pour courir plus vite. Le l8, arriva à Dunbar, J. HomC;, lé jeune auteur de « Douglas » (i), qui dit au général qu'il était resté à Edimbourg ])Our assister à l'ealrée des rebelles ^ moins par curiosité , que pour s'assurer, par ses propres yeux, de l'élat de leurs forces. Jls n'étaient guère, ajouta-t-il, plus de deux mille , irrégulièrement armés , les uns avec des fusils^ les autres avec de simples claymores , et plusieurs avec des es-

Home's History oftke rébellion.

DB CDAALES-ÉDOUAED. 3

pèoes de fmx appelées hacbes d^armes du Lo-*ehaber; d'ailleurs sans artillerie, sans munitions, et point de caTalerie. Sir 3otm Cope reprit con* fiance ,. quoique le jeune volontaire ne lui dissinmlAt pas qae des renforts étaient attendus d'heure en heure par les Highlanders. Sir John lui-même fut rejoint à Dunbar par le comte de Home , qui , revêtu d'un grade dans la garde de Georges II , se fit un cas de conscience d'offrir 8e% services. Le futur historien de la rëbellion de 1745 f qui tenait à honneur d'appartenir k cette illustre famille, remarque avec douleur que le noble comte n'emmenait que deux domesti^ ques pour toute suite , lui qui eût pu lever jadis un corps plus nombreux que les deux armées réunies. On vit aussi presque toutes les autorités administratives et judiciaires d'Edimbourg venir se mettre sous la protection du pouvoir militaire, ayant déserté la ville , de peur d'être forcées d'y violer le serment de leurs places»

Ce fut le 19 septembre que l'armée de sir John Gopç quitta Dunbar pour aller camper dans la plaine de Haddington, à seize milles d'Edim<% bourg. Quand la nuit vint , on proposa d'envoyer en retonnaîssance les volontaires qui suivaient l'armée. Ils étaient seize ^ huit partirent d'abord et furent de retour k minuit sans avoir rien aperçu ;

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des huit autres qui se mirent à leur tour en campagne, « il n'en reparut que six, dit Home, et qui ne nous en apprirent pas davantage (i) ». Or, les deux autres étaient MM. Francis Garden^ depuis lord Gardenstone et Robert Cnningham, qui devint général par la suite. Ces deux jeunes gens avaient choisi les côtes pour leurs explorations. Eu approchant de Musseiburgh , ils évitèrent le pont, de peur d'être remarqués; et, profitant de la marée basse, traversèrent TEskeà l'endroit où cette rivière se jette dans la mer. Par malheur il y avait sur l'autre bord une guinguette renommée pour son vin de Xérès et les huîtres , comme l'attestaient deux pyramides d'écaillés de chaque côté de la porte. Ils entrèrent et se mirent gaiment en train d'oublier les malheurs de la guerre autour d'une bouteille. Leurs joyeux ébats attirèrent l'attention d'un clerc de procureur qui passait par la y se rendant à l'armée jacobite; car une jeune mercière qu'il aimait lui avait attaché de ses mains un gros nœud de rubans blancs à son chapeau.

Il donna un coup d'œil par la fenêtre, reconnut les deux vedettes , et prévoyant que la marée montante les forcerait de s'en retourner cette fois

(i) History ofthe rébellion hy Homb.

DK CHA.ELES-*£llOUARO. 5

par le pont qui était étroit et presque impraticable^ il alla s'y placer en embuscade^ bien résolu à débuter par un exploit qui lui fît booneur auprès de Gbarles-Édouard et de sa belle. Quand les volontaires s'approcbèrent^ il grossit sa voix sans se montrer^ et cria : « garde à vous 1 » comme s'il n'était pas seul , si bien qu'il fit deux prisonniers sans brûler une amorce • U les conduisit immé- Maternent à Duddingstone y où campait l'armée de Charles^ et les remit à Jobn Roy tStuart , capitaine de la garde du prince. John Roj parlait de les faire pendre comme espions ;* mais ils en furent quittes pour la peur^ grâces à la recommandation- d'un officier du même corps y G)lqboon de Grant^ qui avait été leur camarade d'enfoncé. Ils confirmèrent l'avis qu'on avait déjà reçu y que sir Jobn Gope devait le lendemain y ao septembre 9 continuer sa marche. Le prince et ses officiers furent d'accord pour lui épargner la moitié du chemin. On demanda à Macdonald de Keppoch y qui avait servi en France ^ s'il pensait que la partie fût égale entre les Highlanders et jles troupes régulières . et -^ J 'avoue , dit'-il eu s'adressant at> prince y que nos dans ne se sont point battus depuis long-temps ^ mais les Chefs seront bientôt dans la mêlée y et les simples, soldats ne les y laisscrout pas seuls. -«- £h bien \

s'écria Gharles> je ne resterai pas non plus en

arriére. »

Au point du jour^ les sons de nouvelles coroc^ mases annoncèrent un renfort de deux cent cin-* quanle montagnards t c'étaient les Grants de Glenmoriston^ quelques Mac- Lacblans, et dea bommes d'Athole^ qui ne furent pas les derniers prêts à aller en avant. Le reste de Tarmée avait mis à profit trois jours de repos : son courage et sa confiance semblaient avoir doublé par la prise d'Edimbourg. Cbarles - Edouard traversa les rangs pour aller ae placer à Tavant-garde . Au moment de donner le signal, il montra son épee : a Mes amis ^ dit-il j'ai jeté le fourreau. », Une bruyante acclamation fut la réponse des monta-» gnar dsy et ils partirent avec joie. Au sortir du village deDuddingstone^l'un deux, apercevant une maison en construction , y courut , prit un balai qt;'il attacba au bout d'une j^erche , et cet éten-^ dard grotesque fut salué comtite un emblème si* gnifiant que les Anglais allaient être balayés de i 'Ecosse.

Sir Jobn Cope entrait dansia plaine située entre Preston et Seton, lorsque lord Loudon , son ad- )udantf^^néral , lord Home^ et son quartiermaître général , qu'il avait envoyés pour reoon-* iliaître l'emplacement où il se proposait de camper

DE chaulss-epouaud. 7

ce joar-la pr^ de Musselburli» revinreat à toute bride lui amioucer que les rebelles sV vancaient à leur reocoalre. Sir Jolio^ surpris^ se félicita d'être arrêté da moins sulr uà terraia avantageux , et il eut encore le t^nps de ranger SCS troupes eu bataille ^ éleodant sa droite vers la mer^ et «a gauche vers le village de Traoeiat. Bientôt les Higblanders parurent , et les deux armées se huèrent d'une clameur qui retentit comme le roulement de la foudre dans les ro^ chers voisins. Charles avait a dessein pris une route oblique pour se trouTver sur le terrain le plus élevé, d'où ue$ naontagnards pourraient , d'après leur tactique, iondro avec âmpéUMMÛté sur l'ennemi* Sir John Cope , qui s'était at^ tendu à voir déboucher les Higblanders par Ja route directe, fut forcé de changer sa poflitioii. Il appuya sa droite sur le village de Preslon , et sa gauclie surSetop-Uonse.Illerrièr^liii étaient la mer et CoctLenflUA; (sofi froat de bataille se terminait à un marais À)p^pé pai^ un fossé profond ; position forte sa<is doute^ mais qui semblait l'ac^ cuser de cherclier plutôt à garder la défensive qu'à livrer bataille. £n effet, le prinee, prévenu de la nature du terrain , chargea M. Ker de Gadon d'aller le reconnaître. Cet officier, monté sur un petit chevaji blanc , parcourut tout le front de

8 nsToiRc

YenDcnâ, essorant, arec on naç*firoid impertnrbable, nue grêle de balles; et il ne rerint qu'après s'être assnré de la largenr et de la profondenr du fossé. Diaprés son rapport , conraincn qa'on neponrraitle firanchirsansdanger,Charles- Edouard feignit de Tooloir attaquer le flanc droit des Anglais , qni reprirent alors leur première position. A part quelques eoaps de canon tirés sar les montagnards ce jour-là y les deux armées s'en tinrent à des évolutions, qui furent exécutées avec tant de précision par les troupes régulières, que sir John Cope s'applaudit de sa supériorité en fait de tactique, sans s'apercevoir qu'il était comme enfermé dans le œrde borné où ses soldats manœuvraient si bien, tandis que les Higblanders pouvaient se mouvoir presque &ï tous sens autour de lui.

Le mois de septembre avait été jusque-là d'une sérénité rmarquable, quoique les nuits eussent toute la froidure habituelle de la saison et du climat. La nuit du vendredi ao septembre amena une brume épaisse et glaciale qui parut plus sévère aux soldats de Cope , habitués à de bons bivouacs, qu'aux enfants des montagnes.

Le général anglais fit allumer de grands feux dans ses positions, et fit jouer de temps en temps son artillerie pour prouver aux rebelles qu'il

DB CHAftLBS'iDOUAllD. 9

serait difficile de le ràrprendre par ane attaque nocturne. Ayant consulte ses officiers^ Ckarles se porta de l'ouest à Test de Tranent, où le marais paraissait plus praticable ^ avec l'intention d'attaquer les Anglais de ce côte au point du jour. Les Highlanders s'enveloppèrent de leurs plaids, et goûtèrent quelques heures de sommeil. Gkar* les-£douard^ dédaignant d'aller chercher un ^bri et un lit dans le village de Tranent y s'ëtendit> comme le dernier des siens , au milieu d'un champ sur un amas de cosses de pois; mais, i peine avait-il ferme les yeux , qu'il fut éveillé par lord Georges Murray, qui avait été réveillé luimême par M. Anderson de Whitburgh, le propriétaire du marais dont il a été fait mention. M. Anderson était du nombre des patriotes désintéressés qui, comme James Hepburn , s'étaient déclarés pour le prince depuis son entrée à Eldimbourg. Il s'était souvenu d'un passage plus sur que celui par lequel le conseil avait arrêté qu'on irait attaquer l'armée anglaise. 11 exposa son plan au prince et aux autres che& , et leur promit de guider lui-même Tannée sans que l'ennemi pût la voir passer, ni la troubler par sa mousqueterie.

Snconséquence, dès trois heures après minuit, les Highlanders commencèrent à dealer en si-

lO HISTOIRS

' lenoe. La nuit d'abord , et plas tard le brouillard^ favorisèrent le secret de leur marche.

Quand la tête de la colonne fut parvenue au marais^ quelques dragons en vedette crièrent qui vive,! firent feii^ et allèrent donner ralanne* A l'endroit indiqué, on avait jeté un pont sur le fosse rempli d'eau courante pour le service d'an moulin voisin. Charles-Edouard y s'étant élancé des premiers , jaloux de donner l'exemple , s'enfonça dans la fange du marécage ; mais il eut bientôt trouvé la terre ferme*

La tété de la colonne, se dirigeant vers la mer, ne ralentit le pas que lorsque l'ariière-garde eut frandbi après elle le passage, et alors faisant un demi'-tour à gauche, chaque corps prit à la hâte son rang de bataille. L'aile droite , com-** mandée par le duc de Perth, fut formée des Macdonalds ; c'était pour eux une place liérédi-^ taire depuis que Bruce la leur avait assignée à Bannockburn , en reconnaissance de l'hospitalité qu'il avait reçue de leur Chef dans les Hébrides* Les Oatucrons et les Appin*Stuarts, qui l'avaient réclamée, se contentèrent de former l'aile gauche, commandée par lord Georges Muixa}^, et au centre furent réunis les régiments du duc de Pcrth et les Mac-Gregors. C'était la première ligne j la seconde, qui était destinée a agir comme

DS CHAaLES-EOOUAHD. II

réserve, se composait des hommes d'Athoie et. des Robertsons, derrière l'aile droite; des Mac«- Lachlaas et des Macdooalds de Glencoe, sous les ordres de lord Nairne, derrière l'aile gaucbe. Le prince était entre les deux lignes , entouré du ^etit nombre de cavaliers qu'il avait sous ses ordres. Il n'avait point d'artillerie, excepté un yieux canon > tout au plus bon à être chargé à poudre, mais que les moniagnards avaient voulu traîner avec eux, et pour lequel ils avaient ce respect religieux que les Vendéens de nos jours montraient à la fameuse Marlc«Jeanne.

Sir John Gope rangea son armée en une seule ligne de bataille. Le régiment dit de Murray formait sa gauche ; celui de Lees sa droite ; huit compagnies du régiment de Lascelles et deux de celui deGuiseson centre, sans compter les dépôts de divers régiments et quelques volontaires ; les deux régiments de dragons souvent cités flan* quaient les deux ailes de l'infanterie anglaise , celui de Gardiner la droite , celui de Hamilton la gauche. Sur la droite était placée l'artillerie, qui consistait en six canons asses mal servis. Une garde veillait aux bagages qui étaient à Gocken^ zie^ où sir Jobn Cope avait passé la nuit. Les forces étaient à peu près égales des deux côtés , quant au nombre ; les Jacobites étaient environ

1 a histoihe

deux mille quatre cents hommes, les Anglais deux mille deux cents; mais la première ligne seule des Jacobites prit une part active au combat.

Sans être précisément surpris, sir John Cope ne s'attendait pas à être attaqué sitôt ; quand le soleil pénétra le brouillard, il vit les montagnards s'avancer rapidement sur lui , mais sans qu'il pût juger si c'était en bon ordre ; en effet, à travers l'espèce de clarté fantastique qui les enveloppait, les vides nombreux de leurs rangs causés par l'inégalité du terrain^ ou plutôt par leur impétuosité mal réglée , semblaient remplis par la vapeur elle-même, dont un poète aurait pu comparer les tourbillons aux images de la mythologie ossianîque. Parvenus à la portée du mousquet, ils poussèrent leur cri de guerre, déchargèrent leurs fusils, tirèrent leurs claymores du fourreau, et tenant leurs dagues (i) de la main gauche, ramenée à la hauteur du visage, pour se couvrir de leurs petits boucliers, ils fondirent, selon leur coutume, sur les habits-rouges, à travers la sombrefumée delamousquetericetdu canon. Le premier rang des Anglais croisait la baïonnette, mais les montagnards fléchissant un genou et relevant les fusils des soldats avec leurs dagues,

(i) Dirks.

DE CHARIiBS-ftDOUÀRD. l3

les égorgeaient sans défense ; pais , rejetant les cadaTres sar le second rang^ continuaient le carnage dans ane lutte terrible corps i corps.

A l'extrémité de Tarmée anglaise, les dragons n'attendirent pas le choc de cette infiinterie san* vage ; les escadrons prirent la fuite l'un après l'autre, sans écouler leurs officiers. Les dragons de Gardiner, qui se trouvaient opposés aux Gainerons y .furent sans doute épouvantés de l'an* dace avec laquelle ceux-ci se jetèrent sur les canons. A Taile gauche, les dragons de^Hamiltony voyant galoper leurs camarades y ne tirèrent pas même un coup de carabine, et lâchèrent pied à l'approche des Macdonalds. La déroute devint alors générale ; mats telle était la position heu«reusement choisie par sir John Gope^ que le sang coula encore dans une foule de combats d'homme à homme, chaque fois que le désespoir ou l'impossibilité de fuir ralliait quelques Anglais. Ge fut pour les Highlanders l'occasion de ces exploits extraordinaires qui sembleraient n'être possibles qu'à un peuple de géants. Rien n'égalait surtout le ravage de cette arme particulière appelée la hache du lochaber , espèce de faux ou de cognée fixée à une perche. On en vit qui, dans les mains des Mac-Gregors, rasaient en un clin d'œil les têtes de dessus les épaules, ou fendaient

*l4 HISTOIRE

un homme en deux. La claymore n'était guère moinâ redoutable dans les mains des montagnards de ce dan .Leur capitaine James DrunmnondMaco Gregors était tombé, dés le premier cbde^ atteint de deux balles^ mais se relevant sur son coude: (c Je ne suis pas iBot*t y . mes enfants y cria^t-il j et je regar de sivous faites tous Yotre devoin »

Le cbeTalier de Joknsione ^ aid&-de-camp de

loni Georges Murray^cite un jeune montagnard,

encore imberbe, qui avait tué à lui seul quatorze

3oldats-îOuges« Un autre conduisit, comme un

troupeau de moutons, dix prisonniers qu'il avait

faiis à la fois. On se croit revenu h ces temps de

l^couess^ que nous n'avons fait qu'esquisser d'a«>

près Froissard : a Lorsque messire Arcbamhaud

(( de Douglas, qui était bon cbevaBer et fort craint

« de BBS ennemis, mettait pied à terre, et mettait

c( an-'devant de son visage une longue épée qui

ic avait d'allumelie deux auneS, et à peine la pou-

Cl vait uo» autre lever de terre; mais elle ne lui cous-

(f.tait rien àtoanier, et en donnait des coups si

fc .grands , que tout ce qu'il ascousyvait il mettait

« par t(?rre^.et:u'y avait si baady de la partie des

. Àii'glais qui pe refusât ses coups ( i)« »

• Coiqliôim^le Graist avait relâcJié, la veille, les

(f ) Cîironî(iU€ de Proissnrd.

DE CHAaX«E9-&DOnARD. l5

deu3| volontaires qui avaient été pris sur le pont de l'Ëske; il faillit les remplacer par une compagnie fmùère de dragons^ qu'il poursuivit presque jusqu'au cliâteau d'Edimbourg, sur le cheval d'un officier qu'il avait tué.

I«te colQûel Gardinet ftvait résohi de ne pas

sarvivve k U lâcheté de ses dragons. C'était un

vétéran du temps de Marlbofongh, qui ^ après

avoir eu une )eune$6e dissipée, si'était jeté dans nne

dévotion mystique; brave d'ailleurs^ et dont la

vie a été écrite pour être proposée en exemple

au soldat chrétien (i). Il combattait k la fête

d'un régiilaeiit d'infanterie qu'il avait rallié^ lorj^-

qu'il fi|it pourfendu par une des fat&les faus de

Mao^Greg^rs. A part quelques exceptions^ la là*-

cbeté des Anglais^ dans cette affaire , est presque

incroyable ; il n'en serait échappé qu'un bieû

petit nombre, si Gbarles-^Edouard avait eu de la

caviilecie > et si les clans^ selon leur usage , n'a-»-

vaient préfieré.le butin à la destruction desvaio-

jçus. Sir John Cope s'était décidé à fuir comme

les autres jusqu'à Berwick* Le sentier d^ns le^

quel il tourna - bride retient encore le nom de

« chemin de John Gope a. Lorsqu'il arriva à

Bervnck > pp pri^tend que lord Mark-Ker ^ gen^

(i) Dopmvfis's Lifk ofcôtonet G^rdiner.

l6 HISTOIRE

tilhomme d'une famille citée par son esprit^ ne put résister au plaisir de lui faire le compliment ironique souvent cité : « Sir John^ vous êtes le premier général de l'Europe qui ait apporté la première nouvelle de sa défaite. »

Les étendards anglais furent déposés aux pieds de Charles-Edouard^ qui montra dans cette journée une modération généreuse^ après avoir payé noblement de sa personne. Il embrassa cordialement les Chefs de clans ^ et, s'occupant des blessés des deux partis avec le même intérêt, il ne pensa à lui qu'après avoir pensé aux autres: Home ^ Henderson et les autres historiens Vhigs. eh sont réduits à attribuer son humanité à sa politique. Il n'oublia pas, il est vrai, d'utiliser la victoire ^n s'emparant de la caisse militaire de sir John Cope^qui contenait quatre mille IJvres sterling; et, ayant surveillé l'exécution de ses ordres les plus pressés , il alla loger cette nuit à Pinkie^ Ilouse, château du marquis de Tweeddale.

Les Highlanders ne perdirent à la bataille de Gladsmuir^ ou Preston-Pans, que trente hommes, dont trois officiers. Quatre-vingts furent Jblessés. Les Anglais laissèrent sur le champ debatailleoudansla retraite cinq cents morts et plus de mille prisonniers^ avec leurs tentes^ leurs bagages^ leurs canons et presque tous lears drapeaux.

DE CJIARLKS-ÉDOUARl». I^

Les Higlilandcrs se montrèrent ardents au pillage; mais ils seooadèrent aussi volontiers l'humanité du prince en prodiguant des soins aux blesses. La fureur du combat satisfaite fit place à la générosité*

Les ministres épiscopauK d'Ecosse, comme nous Tavons remarqué déjà> étaient en général pour les Stuarts : il y en eut même un qui ayant suivi les Higklanders depuis Donne jusqu'à Près» ton-Pans^repartit à pied pour sa cure après la vie* toire y et, ayant fait un voyage de 5o milles , arriva le dimanche matin dans son église y a temps pour prêcher et annoncer à ses paroissiens que Dieu avait favorisé la bonne cause.

Le respect des Highlanders pour une vieille pièce de canon inutile était un reste de l'ancienne terreur que l'artillerie causa long-temps à leurs ancêtres; semblables encore à nos Vendéens, on vit les Camérons et les Stewarts, après avoir adressé une courte prière au ciel ^ fondre sur les batteries anglaises et s'en emparer , mais sans songer à les tourner contre l'ennemi qu'ils continuèrent à poursuivre.

Le jour même de la bataille de Preston-Pans ou Gladsmuir^ Charles -Edouard écrivit à son père la lettre qu'on va lire; elle nous semble l'expression franche des sentiments d'humanité

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