‹ Histoire de Charles-Édouard, dernier prince de la maison de Stuart. Précédée d'une Histoire deChapitre 16 sur 61 · MANIFESTE OU PRINCE I» GALLES · texte numérisé non relu

MANIFESTE OU PRINCE I» GALLES

« Charles y prince de Galles^ etc., régent des royaumes d'Angleterre, d'Ecosse, de France et d'Irlande, ainsi que des possessions qui en dépen-^ dent, etc/, à tous les sujets de Sa Majesté, de quelque condition qu'ils soient , salut :

« Aussitôt que, conduit par la Providence divine, nous avons été arrivé en Ecosse^ où nous avons été joint par une poignée de fidèles sujets du roinptre père, notre premier soin a été de publier sa très gracieuse déclaration ; et en conséquence des. pouvoirs étendus dont il lui a plu de nous revêtir en qualité de régent, nous avons donné aussi notre manifeste pour expliquer et étendre les promesses qui avaient d'abord été faites, conformément aux instructions qui nous sont parvenues, sur ce qui concerne les intérêts et les désirs de la nation écossaise.

« Maintenant qu'il a plu à Dieu de favoriser notre entreprise^ en nous rendant maître du royaume d'Ecosse , nous avons jugé convenable de publier ce présent manifeste , pour remplir de consolation et de satisfaction le cœur

des fidèles sujets de Sa Majesté^ du quelque nation ou province qu'ils puissent être.

« C'esl pourquoi nous déclaroDS ^ au nom de Sa Majesté, que sa seule intention est de rétablir tous ses sujets dans la pleine jouissance de leurs religions , lois et libertés , et que notre entreprise n'a jamais été faitç en vue de rendre esclave un peuple libre, mais au contraire de réparer toutes les atteintes qu'on aurait pu porter à sa liberté. Nos desseins ne sont point de contraindre personne à embrasser une religion qu'on ne voudrait pas suivre , mais de maintenir et de protéger celles qui sont actuellement établies en Angleterre , en JScosse et en Irlande j et s'il est besoin qu'il soit donné quelque assurance de plus au clergé et à l'église établie, ainsi qu'elle Test, nous promettons, au nom de Sa Majesté, qu'il sera passé à cet égard telle loi que le parlement jugera nécessaire.

c( Et pour faire connaître la droiture des intentions du roi notre père, nous déclarons en outre, sur ce qui concerne les dettes de la nation , que quoique elles aient été contractées sous un gouvernement illégitime , ainsi que chacun peut le reconnaître, et quoique ce fardeau soit extrêmement pesant, cependant, eu égard à ce que ces dettes intéressent la plus grande partie des sujets

I08 UISTOIRE

que le roi promet de proléger, chérir et défentlre, il est résolu de prendre sur cet objet l'avis de son parlement^ pour montrer à ses peuples que leur seul avantage est le but de toutes ses actions.

« JNous déclarons aussi en son nom que la même règle établie pour les fonds publics sera suivie et exécutée aux termes de chaque loi ou acte du parlement , passés depuis la révolution , et que Sa Majesté les con6rmera telles qu'elles seront approuvées dans un parlement libre et loyalement assemblé.

<( Quanta la prétendue Union des deux nations, Sa Majesté ne peut ni ne doit la ratifier, vu les remontrances qui ont constamment élé faites de la part des deux royaumes^ et qu'il est incontestable que le point de vue principal a été l'exclusion de la famille royale, malgré le droit légilime qu'elle possède à la couronne. Pour l'en écarter , on sait quelles séductions et voies corrompues ont été pratiquées ouvertement ; mais pour tout ce qui pourra convenir aux intérêts et à l'avantage des deux nations , Sa Majesté s'empressera toujours d'accéder aux requêtes de son parlement.

« Après vous avoir donné, au nom de Sa Majesté, une aussi ample assurance qu'un souve-

rain de la Grtindc-BrtîlafîiK; peut vous accorder pour le maintien de votre religion , la jouissance de vos biens et de vos lois^ nous^ pour vousmêmes et comme héritier présomptif de la couronne^ ratiGons et confirmons la même déclaration en notre nom, devant leDiExr tout-puissant , sur la foi d'un chrétien, et Tiionneurd'un prince.

« Maintenant c'est à vous-mêmes^ sujets de mon père, que je veux me plaindre aujourd'hui, et ne pas manquer cette occasion publique de réveiller votre attention , et de dissiper le nuage que des plumes malveillantes répandent depuis long-temps, et encore à présent, sur la vérité. Vos chaires, vos assemblées et vos papiers hebdomadaires ne sont-ils pas uniquement remplis des termes effrayants de papisme^ di esclavage y de tyrannie et d! arbitraire , fléaux auxquels vous êtes menacés d'être assujettis par le pouvoir formidable de la France et de l'Espagne? Le roi mon père n'y est-il pas représenté comme uu tyran avide de sang^ et qui ne respire que pour la destruction de ceux qui ne voudront pas embrasser une religion qu'ils ont en horreur? y suis -je moi-même traité avec plus de ménagement?

Mais écoutez la simple vérité.

« Je me suis risqué dans un petit vaisseau, que j'ai loué à mes frais, sans argent /sans armes

ot sans amis ; je suis arrivé en Ecosse ^ accom-^ pagnë seulement de sept gentilshommes.

« J'ai publié la déclaration du roi mon père , en offrant en son nom d'un côté une amnistie générale ^ et de Fautre la liberté de conscience.

(( J'ai promis en outre d'accorder tout ce qu'un parlement libre proposera pour le bonheur du peuple j j'ai, je le dois avouer, la plus grande , raison d'adorer les desseins du Tout-Puissant, qui m'a protégé d'une façon si marquée, moi et ma petite armée , au milieu de tous les dangers dont j'étais environné ; qui m'a conduit à la victoire, et m'a ouvert les portes de la capitale de ce royaume, aux acclamations de tous les fidèles sujets du roi mon père j pourquoi donc prend-on à présent tant de peines^ pour animer les esprits du peuple contre mon entreprise ?

(( La raison en est aisée à découvrir. On a craint de voir renouveler les scènes sanglantes dont on n'a point encore perdu le souvenir ; mais si les plaintes autrefois formées contre la famille royale avaientété occasionnées par quelque faute dans le gouvernement, elle les a bien expiées depuis (i), La nation a maintenant une occasion de se garantir de pareils événements pour l'avenir.

(i] « Mon gouTernement a fait des fautes » y disait Louis XVIII dans la restauration de Saint-Ouen.

DE CHARLES-EDOUARD. Ill

u Moire famille royale a souffert l'exil pendant cinquantCHsept années, comme chacan le sait; la nation, pendant ce temps, en a-t-elle été plos heureuse et plus florissante? Avetr-vons pn regarder ceu^ç qui vous ont gouvernés comme les pères du peuple de la Grande-Bretagne et de l'Irlande ? Cette famille , à laquelle la faction a conféi'é le diadème qu'elle a arraché à son prince légitime, vous a-t-elle marqué quelque reconnaissance d'une si grande faveur? Avez -vous trouvé plus d'humanité et de condescendance dans ceux qui n'étaient pas nés pour porter la couronne, que dans vos anciens rois? Leurs oreilles ont-elles été ouvertes aux cris dû peuple? Ont -ils consulté les intérêts de la nation préférablemcnt aux leurs ? Quel avantage avezvous tiré de leur gouvernement , si ce n'est d'être accablés de Ténorme fardeau de la dette ?

« Si vous répondez par l'aflBrmative, pourquoi donc, dans vos assemblées, avei^vous été tant de fois prêts à vous soulever contre ce mauvais gouvernement ? Pourquoi la nation a-t-elle tant de fois porté ses plaintes en vain , pour corriger les abus des parlements ^ tant sur leur durée que sur la multitude des membres qui occasionne leur vénalité et l'introduction des lois pénales , et en général contre la misérable situation du royaume au dedans et au dehors ?

IIS UlSl^IIVE

t< Tous ces abus et beaucoup d'autres inconvénients peuvent être détruits, à moins que le peuple de la Grande-Bretagne ne soit corrompu à tel point qu'il ne veuille pas même accepter la liberté qui lui est offerte. Le roi mon père, à son rétablissement, ne refusera rien de ce qu'un parlement libre pourra demander pour la sûreté de la religion, des lois et de la liberté de son peuple.

«Les craintes de la nation sur le pouvoir de la France et de l'Espagne ne sont pas mieux fondées; mon expédition a été entreprise sans le secours d'aucune de ces puissances ; mais puis-je voir des forces étrangères appelées par mes ennemis contre moi? Et quand j'apprends qu'ils font venir à leur secours les Ho%ndais, Danois, Hessois, Suisses et autres alliés de l'électeur d!Hanovre , pour soutenir leur gouvernement contre les sujets de mon père , n'est-il pas temps aussi qne mon père accepte l'assistance de ceux qui sont en état de le secourir ? Le monde entier et les gens d'un jugement sain pourront-ils inférer de là qu'il veut devenir un prince tributaire , plutôt qu'un monar(]ue indépendant ? Lequel des deux doit être regardé comme le plus indépendant des puissances étrangères, ou celui qui avec l'aide de ses propres sujets vient revendi-.

qaer ses états des mains d'un intrus, ou celui qui ne peut 9 sans l'assistance du dehors, maintenir son gouvernement au dedans, quoique établi par le pouvoir civil , et soutenu par une force militaire , contre une troupe mal disciplinée de ceux qui ont vécu sous ses lois pendant tant d'années ?

« Que cet intrus en fasse l'expérience; qu'il ren* voie ses troupes étrangères , soudoyées avec l'argent de la nation, et que le sort d'une bataille en décide ; je n'aurai pour moi et la cause de mon pays que les sujets de mon père* Mais, quelque opposition qu'il puisse me susciter ^ je me confierai toujours à la justice de mes droits, à la valeur de mes troupes et à la protection de Dieu, pour achever glorieusement mon entreprise.

« Il est temps de conclure, et je conclurai par cette réfiexion : les guerres civiles sont toujours fomentées par des haines invétérées et de mauvais desseins , que l'esprit de parti ne manque jamais de souffler dans le cœur de ceux que différents intérêts , principes ou vues , mettent en opposition lesuns aux au très; c'est pourquoi je conjure mes amis de ne point se laisser emporter à la violence de ces passions ; donnons cet exemple de modération à nos ennemis, afin qu'ils nous imitent. Cette déclaration attestera un jour à II. . 8

Il4 HISTOI&E

la pofitëritë la noblesse de mon entreprise et la générosité de mes intentions.

« Donné en notre palais de Holyrood-House , le 10 octobre 174^.

C. P. R. ( Gbarles , prince régent. ) Et par le commandement de S. A. jR. ^

J. MURRÀY. (l)

Cette déclaration est d'autant plus remarquable, que ce prince, accusé de ne pas comprendre les intérêts et les besoins du temps, offre à la nation de fermer les plaies de l'état par la liberté, par la tolérance , et par des lois libérales votées dans un parlement libre.

Ce n'est plus Charles II rentrant sans conditions dans le royaume de ses pères. La légitimité a compris qu'elle a besoin d'un pacte avec ^son peuple pour être encore la légitimité.

Nous allons maintenant savoir sur quelles itea*ces matérielles Charles-Edouard pouvait appuyer sôD manifeste.

Vers les derniers jours d'octobre, les différents tîorps de troupes se rapprochèrent d'Edimbourg, et passèrent la grande revue du départ sur la plage située entre Leitli et Musselburgh. Voici le ta-

(1) Hendeason's Sistory,

ii5

DB CHAULBS-ÊDOUAIID.

bleau des forces que le prince avait sous son étendard.

cuSas RÉums en régdients.

Lochid COLORBLS :

1 Caméron de Lochiel

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Âthol COLONELS :

: Lord Georges Murray

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Lord Naim

Edimbourg

Roy Stuart

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