AUX HABITANTS DE MANCHESTER
« Son Altesse Royale y informée que plusieurs ponts ont été détruits dans le pays, a donné des ordres pour les faire réparer immédiatement, et surtout à Crossford : ses soldats y travailleront dès cette nuit, quoique S. A. R. n'en veuille point faire usage pour son armée, mais parce qu'elle les croit utiles à la province ; et si les troupes du général Wade prenaient cette route, elles pourraie?it en profiter I
« Manchester y 3o novembre y 1745. »
A Macclesfield l'armée se divisa encore, un corps allant par Congleton, un autre par Gasworth. Trente cavaliers furent envoyés en éclaircurs sur le chemin de Ncwcastle-Under-Line, dans leStrafrordshire,où étaient les avant-postes de l'armée du duc de Cuinberland. C'était une
(i) Le général Wade était alorsavancé en âge. C'était lui qui avait présidé à la construction des routes militaires des montagnes d'Ecosse.
DE CHARLBS-ÉDOUVtD* l4^
ruse pour arrêter ses mouvements^ en lui persuadant que les montagnards allaient lui offrir la bataille^ pendant qu'ils le laissaient derrière eux en s'avançant sur Derby > où ils entrèrent le 4 décembre.
Les trente cavaliers qui avaient trompé l'armée anglaise furent les premiers à paraître dans la ville ^ à onze beures du matin ; à trois beurea retentirent les fanfares des bussards de lord Elcbo^ puis les airs nationaux des cornemuses. Tous les clans défilèrent^ et le prince ferma la marcbé. Pendant que les proclamations d'usage avaiait lieu sur les places pubUques, les montagnards, espérant qu^ils se mesureraient peut-être le lendemain avec les Anglais^ remplissaient les boutiques des couteliers et des armuriers pour y dire aiguiser leurs « bonnes claymores ». Un détachement alla prendre position à six milles plus loin pour s'emparer du pont de Swarkstone : Lpndres n'était plus qu'à trente lieues, c'est-à*dire à trois journées de chemin. Les fils de Gaël se disaient avec orgueil que jamais leurs ancêtres n'avaient poussé si loin leurs incursions rapides > les habitants belliqueux des frontières euxt^mèmes n'avaient jamais franchi la Tees; le grand Wallace n'avait vu Londres que prisonnier} c'était à eux que semblait réservée la gloire d'aller