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des Anglais, Ceux-ci étaient au nombre de huit mille cantonnes à Edimbourg, où. le général Hawley, qui avait reçu le commandement des mains du duc de Cumberland, se trouvait depuis le 6 janvier. Les dragons de Gardiner et d'Ha-
' milton étant venus à sa rencontre , il leur montra du doigt la plaine de Preston-Pans : u J'espère, leur dit-il, que vous trouverez , bientôt un champ de bataille où vous ferez oublier celui-là. » Le général Haw:ley n'avait pas moins de présomption que son- prédécesseur, 11 avait combattu, en I7i5,à la bataille de Sheriffmuir , à l'aile droite du duc d'Argyle, qui avait repoussé assez aisément la gaucbe de l'ennemi avec sa cavalerie. Hawley parlait donc avec un mépris égal de la milice sauvage des montagnes, et de pir Xohn Cope qui n'avait pas su la vaincre. Voyant plus de huit mille hommes sous ses ordres, il ne voulut attendre ni les renforts qu'on lui annonçait encore d'Angleterre , ni les six mille Hessois qui devaientincessamment débarquer sur les rives du Forth. Bien résolu de détruire du premier choc l'armée de Charles-Edouard^ il fit élever à Edimbourg cinq potences,promettant aux Whigs qu'ils y verraient figurer quelques rebelles à
. son retour, et il partit le i6 janvier avec les dragons du régiment de Cobham. Il avait été précédé
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à LinlitBgovr par Hask , son màjor-général, devant lequel lord Georges Marray, venu en reconnaissance, s'était replié sur Falkirk sans combat. Le I7> l'armçe anglaise était réunie dans la plaine où quatre siècles auparavant la trahison de la noblesse avait élé si fatale à FEcosse et à Wallace. Parmi les régiments anglais était celui où servait Wolfe, officier encore obscur, deistioé a se mesurer un jour dans le Canada avec Montcalm^ et à périr en héros sous les murs de Québec. Hawley avait été joint Tavant- veille par le régiment des volontaires de Glascow , où Thistorien Home était lieutenant ' d'une compagnie. Le matin même du 17 arriva aussi le colonel Campbell, depuis duc d'Argyle, avec mille, hommes de son clan. Le colonel Campbell avait* été jusque-'là occupé à contenir les comtés de l'ouest; mais il semble que le zèle des Gampbells pour la maison électorale était bien diminué depuis l'époque où leur clan marchait soùs la bannière de Mac-Calummore , au nombre de six fjailh hommes'. C'était, du reste, aux yeux de Hawley ,*un renfort dont il se serait volontiers passé : il ne dédaignait pas moins les fanatiques dissidents de TEglise d'Ecosse, dont les congrégations vinrent en psalmodiant an secours de la cause de Dieu , qu'ils croyaient défendue par le
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parti anglais. On lisait sur leur bannière les mots sacrés de religion et de covenant, qu'ils estimaient toujours plus puissants que le glaive dans la main des hommes^quoique naguère ce talisman d'une époque d!enthousiasme n'eût pu remporter sur la clajmore des vainqueurs de Gladsmuir.
Hawley ne doutait pas que son approche ne «uffit pour faire lever le siège de la citadelle de Stirling. En effet, Charles-Edouard laissant mille hommes pour bloquer cette place, s'avança à sa rencontre jusque dans la plaine de Falkirk > ou les Anglais étaient déjà campés. Le prince fit faire. halte à ses troupes à deux milles de Ban«nockburn, sans annoncer d'abord d'autre dessein que celui de passer une revue ^ mais là il déclara à ses officiers qu'il était résolu à donner bataille, et il prit toutes ses dispositions en conséquence. Faisant exécuter à quelques détachements des mouvements qui trompèrent un moment l'ennemi, il dirigea le gros de son armée sur un terrain qui dominait la plaine de Falkixk, à peu près comme le plateau de Carbery celle de Prèston- Pans. Le vent soufflait du sud-ouest , et dans le choix de ses positions Charles-Edouard compta sur .cet auxiliaire pour ajouter à l'impétuosité de ses montagnards. Aussitôt que les officiers anglais reconnurent qu'ils allaient être
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attaques , ils envoyèrent prévenir Ictir général ^ qui dans sa dédaigneuse négligence rudoya Tiniportun porteur de cette nouvelle, se plaignant qu'on vint le déranger à table pour quelque fausse alerte . Il faut savoir que Hawley s'était rendu galamment le matin à l'invitation de la belle comtesse de Kilmarnock , qu'on soupçonna d'avoir voulu donner à cet Annibal britannique une matinée de Gapoue dans soti château voisin de Gallander. La comtesse de Kilmarnock avait ass&L de charmes personnels et d'amabilité pour se faire pardonner parle général de Georges II le tort d'être l'épouse d'un des chefs des rebelles, et ^ même ses propres opinioûs jacobites. £lle y ajouta los séductions d'un splendide déjeuner, auxquelles les héros ne sont pas toujours indifférents, surtout quand une belle châtelaine en fait les honneurs. Enfin la comtesse réussit si biea à distraire Hawley des soins de son commandement , que ce ne fut qu'à un troisième message qu'il voulut croire que Charles-Edouard avait traversé la rivière de Carron. Déjà les habitants de la campagne, effrayés de se trouver entre deux armées prêtes à s'entrephoquer, fuyaient de toutes parts, les nos emportant leurs meubles, les autres les enfants ou les vieillards infirmes. Ceux des bourgeois de Faikirk dontla curisosité
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remporlaiX sur la peur^ s'étaient déjà placés sur le clocher crénelé qui domine la ville et la plaine. Le roulement des tambours retentissait sans in*terruption; chaque soldat était sous les ai*mes^ accusant la lenteur du général^ lorsqu'il . arriva enfin ^ poussant son cheval à toute bride^ sans chapeau y et trahissant par le trouble de ses regards la précipitation de son retour. Une tradidition prétend qlz'il avait été précédé par un singulier précurseur : un lièvre chassé de son gîte était venu passer en fuyant devant les lignes anglaises. — « Tayaut l tayaut ! » s'écrièrent les soldats j et l'un d'eux , exprimant tlne pensée de moquerie, ou peut-être de superstition , avait ajouté : « C'est la mère du duc de Perth ! » Cette exclamation fut joyeusement répétée et courut de rang en rang. La vieille dudiesse de Perth y jacobite très zélée, catholique très dévote, était désignée comme sorcière dans le pays j et il parut plaisant à l'armée anglaise de supposer que c'était elle qui avait pris cette forme pour passer en revue les soldats de l'électeur de Hanovre. Bientôt cette armée aurait pu envier la vitesse de la prétendue magicienne (i).
(i) Tradition du comté de Stirling citée par R. Chain- ])ers.
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Hawley^ ayant eu le loisir d'examiaer les choses par lui-même^ devina l'intention de Charles- Edouard^ et fit partir à la hâte ses dragons pour l'empêcher de s'emparer du terrain plas élev^ où quelques montagnards se montraient déjà.
Hawley lui-même se mit à la tête de ses fantassins pour soutenir sa cavalerie y et se fit suivre de son artillerie ; mais les canons s'enfoncèrent dans une fondrière. Le vent di^ sud ne trahit pas l'espérance de Charles-Edouard ; et un orage était prêt à éclater, qu'on eût pu croire descendu des Highlands pour combattre avec les enfants des montagnes, qui l'invoquaient si souvent dans leurs chants patrio'tiques. La pluie com-« mença, et le vent la jetait au visage des dragons , qui se virent arrêtés par un marais sous la hauteur où les Uighlanders prenaient position avant eux. Hawley les vit déboucher en deux colonnea/ la première composée des clans revenus d'Angleterre, et la seconde des nouvelles forces qui les avaient joints en Ecosse^ A la tête de la* première marchaient les trois régiments du nom de Macdonsdd, jaloux comme de coutume de combattre à l'aile droite , pOlsite d'honneur que , grâces à la rapidité de leur course , les Mao* Gregors obtinrent de partager avec les clans privilégiés. De cette manière la première ligne
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écossaise se présentait daos l'ordre suivant : les Mac-Gregors^ les Macdonalds (Keppoch^ Clanra^ nald^ Glengary ), les Stuarts d'Appin^ les Ca-» mérons^les Macphersons deCluny^et les Frasers sous la conduite du Maître de Lovât : lord Georges Murraj commandait la droitç^ lord Georges Drummond la gauche ; la seconde ligne se composait des régiments venus de France, et des troupes des Lowlands^les Atlioles, les Ogilvies, les Gordons,le3 Faqubarsons et les Cromartys^etc. La première ligne anglaise ^ de droite à gauche^ comprenait les régiments de Wolfe, de Ghol-.
mondiey, de Royal-Écossais , de Price et deLigonier^^la seconde, ceux de fil^ken^y, Monro, Fleming , B^rrel et Battcreau. Hawley - avait comme rélégué dans un corps de-réserve les volontaires de Glascow^ les congrégations et le clan Camphell.
^. Le plaJLeau élevé sur lequel s'arrêta l'armé© jacobite, à un mille sud-ouest de Falkirk, a cOQsçrvé le nom de Champ de bataille ( Battle-r Field ), et c'est depuis 1746 que le cuisseau qui descend de là jusqu'à l'onde du, Carron a pris le nom de Redburriy ou ruisseau Rouge, en mémoire du sang qui teignit sqs flots en celte occasion. Une plantation d'arhres ombrage au-^ jp.urd'lmi une partie.de ce terrain • irrégulier ,
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couvert alprs de sauvages bruyères. La vue dont on jouit de cette ëminence est étendue et variée. La plupart des lieux que Tœil rencontre dans le paysage portent des noms qui devaient rappeler aux combattants d'historiques souvenirs. L'émineoceoù les Highlanders se préparaient à l'attaque avait vu en 1298 Wallace forcé de reculer devant Tétendaid de TAngleterre ; le jour était venu d'attaclier-au même lieu une date plus récente de victoire. Là étaient tombés deux champions patriotes^ sir Jobn Grabam, le bras droit du béros^ et sir Jobn Stuart^ non moins bi*ave chevalier, dont les tombeaux sont encore, montrés aux voyageurs dans le cimetière de Falkirk^ non loin du mausolée de l'anglais sir Robert FouUs, monument de la seconde bataille livrée sur le même terrain i,
Dans la plaine entre Falkirk et Stirling y étaiept quelques troncs épars de la forêt de Torvood, où Wallace, poursuivi par ses ennemis, se réfugia dans le feuillage d'un chêne, dont il reste encore un débris vénéré par le peuple. Sur les bords du Carron-, où s'élève aujourd'hui un épais nuage de vapeur, traversé de gerbes de feu, et où retentit sans cesse le bruit d'une forge cyclopéenne, dans laquelle se fabriquent les foudres appelées carronadcs, le grand Robert Bruce
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avait conquis, en i3i4> cette indépendance calédonienne dont les derniers champion^ marchaient sous la bannière de Charles-Edouard.
A un mille plus loin, le champ de Sausieburn avait été le théâtre des guerres civiles de 14B8, sous Jacques III, et le moulin de Bealoun avait entendu les derniers soupirs de ce monarque, assassiné par un meurtrier inconnu ,* c'était enfin à Falkirk que l'aigle romaine avait dompté les vieux Calédoniens, etles héros de Fingaly avaient aussi livrjé un de ces poétiques combats chantés par l'aveugle Ossian.
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