‹ Histoire de Charles-Édouard, dernier prince de la maison de Stuart. Précédée d'une Histoire deChapitre 43 sur 61 · II · texte numérisé non relu

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sonnes qui se renvoient timidement une question, pendant que Flora semblait hésiter à placer la coiffe sur sa royale tête. Il les força de s'expliquer: c'était mistressKingsburgh qui désirait obtenir une boucle de ses cheveux > et n'osait la demander elle-même. Charles-Edouard sourit, prit des ciseaux y les remit A la main de Flora y la fit asseoir, et posa sa tété sur ses genoux. Flora, enhardie, coupa une boucle y maiis n'en donna que la moitié à mistress Kitigsburgh.

Le déjeuner fini, après de* touchants adieux, Charles-Edouard , Flora , Kingsburgh et Mac- Eachan/ partirent par de longs détours pour l'île de Raasay. Le laird de celte île était un Mac-Leod dont le père avait combattu avec les vaincus de Cullodfcn. Avant de franchir le bras de mer qui sépare les deux îles, Charles^Édouard changea encore de costume, et prit celui de» Hébrides. Un messager fidèle avait prévenu le jeune laird de Mac-Leod. Mais la difficulté consistait à se procurer un bateau: il en. existait deux quQ les soldats n'avaient pas détruits , parce que Malcolm Mac-Leod,' un cousin du jeune laird de Raasay, à qui ils appartenaient, les avait cachés à temps. Malcolm^avait servi sous Charles-Edouard comme capitaine ; ses cousins le décidèrent sans peine à fournir un de ses bateaux : il avait fgUu,

pour le trouver lai^-méine à Raasay^ porter à dos^ pendant plus d*un mille , une petite nacelle qu'on avait laissée dans un lac^i parce qu'elle ne pouvait contenir plus de deux personnes^ Malcolm emmena deux rameurs qui exigèrent qu'on leur révélât le secret de leur voyage^ et ne devinrent que plus zélés après l'avoir appris et avoir juré de bon cœur le secret.

Au moment de quitter l'auberge où il attendait le résultat de tous ces travaux entrepris pour le sauver, le prince voulut cbang^ une guinée pour payer son écot : il n'y avait peut-être pas dans toute l'ile la monnaie de vingt-un scbellings. Les trente mille guinées promises pour sa tète y eussent été une pluie d'or. Il réprima le premier mouvement qui lui faisait abandonner la guinee tout entière, et laissa Kingsburgh marchande^ avec l'aubergiste.

Le moment était venu de quitter et Kingâburgh et la fidèle miss Flora Macdonald. Les larmes coulèrent de leurs yeux. Il semblait à Gharies-Edoqard qu'il s'éloignait de son ange sauveur. Il en reçut un baiser de sœur, et lui remit son portrait en la priant de le conserver pour l'amour de lui. Ses larmes coulèrent encore quand il embrassa le fidèle Kingsburgb , ^t , chose qui lui arrivait , dit^il, chaque fois qu'il

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<e séparait d'un ami chéri , le sang jaillit deaon nez et coola aboAdamiaent.

Da0s le bab^u ^ Gharlea-Édcmard exigea que ses compagooBs le traitassent cosnne un égal ; et aa bout de quelques instaats ses nouveaux amis lui étaient aoasi dévoués que les précédents. A Raaaay ils admirèisut s^ patience ^ son courage et sa grandeur d'aoïe. Il ne trahissait, un reste d'inquiétude que dans ses rêves; et Malleolm^ qui ne le quittait plus> Teuttendit s'écrier quelquefois 9 au milieu du sommeil 7 « Ma pau- . vre Ecosse 1 » Son ûnagiuaûon s'inquiétait surtout de Toppressio» spus laquelle gémissait ce pays pu it ren^utrait tant d'amis et pas un traître.

Ua étranger, qui était à B^asay, faillit être victime du zèle des Hébridieus pour jla sûreté du prince : cet homme , venu pour vendre du tabac^ avait terminé ses affaires et ne partait plus. H parut suspect : ce pouvait Ur^ un e$|>îion I Un îour il rodait à l'entoinr de la butte où Charles- Edouard se réfugiât chaque soir. Le jeune laird di3 {laasay^Miirdc^cket Maleolm Mac-iieod ,en appelèrent au vieui: oode de^ l{igblaud£i, qui aurtori^ait les inu^nt^guiipds h p^t|:re «u espion à HwriL ^uns autFe forme de prçvîès. Us avaient déjà }a ir^aAn mv leura claymor^s I Cbarl^s 1^ arrêta. Un viûus^ Uighlaudei^ adp}i« au conseil^ lui dit

DE CHIRLËS^ÉDOUARD. StlS

qti'il était le prince, mais Qu'ils étaient le padh*^ ment.Ceite opposition d'un parleiHeiït de quatre eu einq proscrits échoua devant la géuépeuse fermeté du prince. « Cet homme peut être innocent y ditr-il ^ je ne souffrirai pas qu'on l'inoH ïnole légèrement à ma sûreté hi L'étranger passa sdn- chemin sans Ëiire attenûcua à la haite.

Charles-Edouard l^emercia le ciel de lui avoir épargné un crime inutile*

Cepend«iirt, n'osant pas long-temps habiter le même asile , il se fit raxnener à Skje^ dans le ba^ teaa de MalcoknlMbic-Leodybrava denoaveau une tempête ^ et aborda au rivage^ tout trempé de l'eau de lamer. I4e gardant arec lui que Mal<cdlm^ dont il se disait le doniestiqcie, ils errèrent ensemble à travers les montagiies^ réduits y pour tout aliment^ à utie bouteille de brsmdeviny bi^uft^ t^t tarie^et se dirigèrent vers la demewe du laird Mac-KinBori^qui avait épottsé unesœu»? de MalcdAïti. il était absent^ et mi^tress MaoKindon remplit seule les devoirs de l'hospitalité.

Blistress Mac-Kinnon fut bi'cntot mise dans le secret ^ mais n'osa pas le révéler auK gens de lâ< maison, craignant quelque indiscrète parole. D'a^ près un usage antique , qui- rappelle les moeurs despalriarclïes, la vieillef nourrice vînt lavef lés pieds de Malcolm, le frère de sa nwîtresse^ mais

celui-ci lui ayant dit de laver aussi ceux de rhomme qui était à son service, Torgueil gaélique de la vieille insulaire se révolta, et elle répondit avec la périphrase ossianique : « J'ai lavé les pieds du fils de votre père ^ mais celui-là... pourquoi laverais-je les pieds du fils de son père? — Ma bonne mère, vous pouvez lui rendre le même service par charité chrétienne j j'en appelle à votre pitié : vous voyez qu'il est aussi fatigué que moi. — Et plus sale » , reprit la vieille, qui se décida à obéir en murmurant. En effets le prince i^'était enfoncé dan^a fange d'une fondrière jusqu'au-dessus du genou, et, comme la vieille frottait un peu rudement ses jambes pour les essuyer, il ne put retenir une exclamation de douleur ou d'impatience : « Mon garçon , lui dit la vieille, il convient bien au fils de votre père de se plaindre de la fille de mon père I » Charles-Edouard sourit en pensant que d'un mot il pouvait frapper de respect celle qui traitait si familièrement un fils de roi.

Les deux voyageurs dormirent, et Charles- Edouard fut le premier réveiUé; il prit sur ses genoux et amusa par des chansons l'enfant de mistress Mac-Kiimon, qui l'avait laissé pour aller se mettre elle-même en sentinelle sur une hauteur voisine. Malcolm trouva le prince ainsi

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occupé^ et ne put retenu* un geste de surprise : « Qui sait^ lui dit Gharles-Edouard^ prêt à se trahir devant la vieille nourrice^ qui le voyait d'un air boudeur usurper sur elle ces fonctions domestiques^ qui sait? cet enfant peut devenir capitaine à mon service. — Dites plutôt que vous pouvez être quelque jour sergent dans sa compagnie^ répliqua 1^ nourrice /), aux yeux de qui l'étranger paraissait de plus en plus hardi et alTOgant.

Cependant mistress A|ac-Kinnon vint annoncer que son mari était en chemin et allait arriver. Malcolm^ allant à sa rencontre^ loi demanda>sous la forme d'une supposition^ ce qu'il ferait du prince s'il venait chercher un asile chez lui...« Je donnerais ma vie pour le sauver. — Eh bien ! il vous attend »^'dit Malcolm: et Mac<-Kinnon se hâta d'aller lui offrir ses conseils et ses services. Ils convinrent qu'il irait emprunter un bateau^ comme pour lui, au vieux Chef de Mab-Kdnnon ; mais il crut de son devoir de. dire toute la vérité au Chef de son clan , qui s'empressa de prouver que Charles-E4ouard pouvait compter sur. son dévoûmeut.

Non seulement il lui fournit un bateau et des rameurs pour se rendre sur le cqntinent, mais il l'accompagna lui-même dans le trajet. Le prince

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