‹ Histoire de Charles-Édouard, dernier prince de la maison de Stuart. Précédée d'une Histoire deChapitre 42 sur 61 · SE CHARLES-EDOUARD. LA ÇODCLE DB CHEYRCX. ' LES DRAPS DE · texte numérisé non relu

SE CHARLES-EDOUARD. LA ÇODCLE DB CHEYRCX. ' LES DRAPS DE

LIT. LA MONNAIE d'uNB GCIJVÉE. LE i^ARLEMENT DR CHARLES- EDOUARD DANS LES HÉBRIDES. LA VIEILLE NODBRICBk L^ENFANT.

LB LAIRD MAC-KCnfOIf . LA PifrB DU PBIRCB.

Avant d'entrer dans le . bateaa , Cliarles - Edouard avait revêtu le costume que lui avait apporté Flora Macdonald; c'était une robe d'étoffe imprimée , avec une mantille à capuclion, d'une couleur sombre. Il sourit en s'apercevant dans Fcau , et demanda à ses guides s'il n'avait pas l'air d'une véritable servante irlandaise (i). Au bout d'une heure la menace d'un orage semblait devoir interrompre toute idée de gaîté : la mer se lit houleuse , et tous les éléments conspirèrent contre le frêle esquif Charles-Edouard vit pâlir ses compagnons , et les rameurs hocher

( 1 ) Tous CCS détails ont été conservés par le journal de la fuite de Charles- Edouard, etc.

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la tète d'un air d'inquiétude. Il se spuviiît qu^ dan9 sa &mille il y avait du courage » niéme sous des habits de femme , et se moptra le digue per tit-fils de cette Henriette de Ffanoe , qui ^ assailli^ par une tempête^ ae tint canstamment sur le tillac de ^q vaisseau y qu ^'ecriaat que « 1^ reines ne se noyaient pas. » Gq fut lui qui , cour servant son intrépide bonne humeur^ parvint a distraire les craintes dont il ét^it Tobjet , ^jp chantant les airs écossais qu'il avait appris au hir vouac de ses Highlanders^ et en racontant les légendes qu'il avait entendues autour des feux d^ garde. Il ^n^onna aussi le çUant jacobite de U restaïu'aiion I

Le jour rendit le calme à la mer; et après avoir erré quelque temps sans reconnaître où ils étaient^ Charles-Edouard et ses guides se trouvèrent bientôt en vue de Wateruish, pointe occidentale de l'île de Skye ; mais sur cette côi^ hérissée de montagnes se montra tout à coup un peloton de soldats qui^ apercevant le bateau avant que les rameurs eussent le temps de virer de bord^ leur cria d'aborder^ et sur leur refus n'hésita pas à faire feu* Charles-Edouard voulait forcer miss Macdonald à baisser la tête ; elle n'y consentit qu'à condition qu'il baisserait en même temps la sienne. La grêle des balles tomba au*

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grande femme marchant d'un pas délibéré :

ri Voilà bien un homme déguisé en femme , s'écria l'un d'eux, à moins que Ce ne soit une Irlandaise ! — Justemeiltî je la reconnais », dit Flora, qui , au détour d'un chemin , abandonna ses nouveaux compagnons de voyage , et rejoignit à travers champs Kingsburgh et la fausse Betty Burke. Celle-ci se serait trahie cent fois par ses manières et sa démarche , nïalgré les conseils qu'on lui donnait à chaque rencontre nouvelle. a Je ne sais d'autre rôle que le mien , disait Charles-Edouard ; et jouant sur le mot de pretender, vous voyez , ajouta-t-il , que c'est à tort que l'on Ift'appelle le Prétendant , puisque je ne saurais prétendre à raefaire passer pour ce que je ne suis pas. » Ils arrivèrent à la maison de Kingsburgh , où l'on trouva toute la famille couchée. Il fallut réveiller mystérieusement la femme du laird ; et grande fut la surprise de mistréss Kingsburgh lorsque l'étrangère , qui la croyait prévenue , l'embraséant sur les deux joues, lui fit sentir le contact d'une barbe assez rude. Elle tira son mari à l'écart, et lui dit : « C'est donc un proscrit que vous nous amenez ? — Ma chère , c'est le prince lui-même ! — Le prince ! s'écria-t-elle. Hélas ! nous sommes perdus. — Eh bien ! reprit Kingsburgh, pourrions-nous périr pour une plus belle

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chomoDts anglais répandus dans l'ile. Ladj Margaret était la fille d'un père et d'une mère dont rattachement pour les Stuarts est resté proverbial en Ecosse : Alexandre lord Eglinton, et lady Suzanne^ qui ne mourut qu'en 1780, fidèle à ses sentiments jacobites jusqu'à sa 91® année. Il lardait à lady Margaret de réparer, par son propre dévouement, les torts de son mari envers la « bonne cause ». Elle se concerta avec Flora pour faire passer le prince à Raasay, et chargea son facteur^ Macdonald de Kingsburgh , d'aller joindre Charles-Edouard pendant que Flora donnait elle-même des nouvelles indifférentes aux o£Giciers anglais dont il importait de ne pas éveiller les soupçons. Kingsburgh trouva la prétendue servante irlandaise sous les armes ^ c'està-dire un bâton à la main, et prête à en frapper celui qui semblait s'avancer sur elle , en ayant l'air de la reconnaître. Les paroles convenues furent échangées à temps. Kingsburgh portait des provisions qui arrivèrent aussi très à propos 5 et le prince ayant apaisé sa faim, Kingsburgh et lui se mirent en route. Flora quittait de son côté le château de lady Macdonald avec Mac- Eachan, une autre dame de son nom, et deux domestiques qui n^étaient pas dans le secret. Aussi, en apercevant de loin sur le chemin une

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son rôle^ continua à lui prodiguer ses égards en la faisant asseoir à sa droite et mistres Kingsburgh a sa gauche. Il mangea de bon appétit selon son usage ^ ce qui rassura son hôtesse; et il ne laissa pas les dames s'éloigner sans avoir bu à leur santé. Resté seul avec Kingsburgh et Mac-Eachan, il prit sa pipe et fuma tranquillement^ pendant que son hôte préparait Tespèce de punch appelé Toddjy qu'on compose en Ecosse avec du vvhiskey, du sucre et de l'eau chaude. Le bol resta vide plus d'une fois; et ce ne fut qu'à une heure après minuit que le prince consentit à alkr goûter le repos «dans des draps blancs», ce qu'il n'avait pas fait depuis plus de deux mois.

Pendant ce temps-là Flora racontait à raistress Kingsburgh, à peine revenue de son émotion, ses aventures avec Charles-Edouard. La bonne mistrcss Kingsburgh l'écoutait les larmes aux yeux , répétant sans doute l'exclamation de Desdemona quand elle entendait les merveilleuses confidences d'Othello : Tis strange y verj strange !

Le lendemain matin il fallut continuer ce long pèlerinage de la proscription. Quand Charles- Edouard était arrivé à Kingsburgh-House,. ses souliers étaient complètement usés. Kingsburgh en avait justement une paire neuve qu'il fit ac-

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tepter à son iiote ; et Tâmassant soigtieu^etnént les irieiix. ot Us. poutront me servir^ clit4K «— - Et comaient? demanda Ohftrles*-Ëdoda^d. -«- Je veiiX94or8<î{iie vous serez rëtabli ^ur le tîôïie •èè vos pères à'WfaitehaU^ aller vous les y apportei* moi-même , pour' vous rappeler des temps moins iicureux« -^ J'espère que Vous me tiendrez parole ^ reprit Ofaarle»*£doiiard« *>

Mais Whitehall ne f evit plus les fils des Stuarts ; et les sooiliers furent portages par moivcea«ut entre les dames jaicobitesi .Les idées de la l^ératioti actuelle s'éloigMot de plus en pluâ de ces superstitions du royalisme ; cependant le libéralisme moderne doit éire plus indulgent pour un: culte rendu ici plutôt à l'infortune qti'à la majesté royale. Misttess Kingsbutgh fit aussi te^ |dier ^>réeieiiscttiêQt les draps dans lesquels avait dormi lenoble proscrit^ ksdestinant à lui servir de linceul à sa mort* Plus tard elle consentît à ea céder une moitié à Flora MacdonaM pour le même uiKige. Le prinœ n'avait encore revétiï qu'une partie de son costume de servante s iés deux dames vinrent elles-mêmes achever sa toileUe ^ en lui nouaut sou tablier/ et en fixatit sa coiffe atee des épingles» GhaiieS'^EdoQard s'a-^ perçut qu'elles chuchotaieat dan^ le dialeete gaélique d*an air d'embarras , comme deux fev^

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