POUR LA FRABCB. LES ADIEUX
Charles'*£dauard reeooQiAt en soupirant la suc* cession de caps prolong es qui £briBsnt.u&e oicoa^ çkQhd dentelure suF cette côte, et les lacs salés q,ui en remplissent les profonds intervalles. Ce Cu;t à l'extffémité (méridionale du lac Nevisb que fut amarré lie bateau découvert sur lequel iL venait d'affronter les éléments et les vaisseaux de Georges 11^ après avoir erré deux mois entiers d/une île à une autre* Déguisé eucore en Highlândiery, av«c son plaid roulé ^ comme le portait un vas^ saly il passa les trois premières nuits à la belle étoile, la quatrième dans une caverne;, puis., ayant osé s'aventurer un peu plus loin, il se réfugia dans les misérables kuttos ronstrniles à la
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hâte pour leslairJs du pays, dont les habitations avaient été naguère livrées aux flammes.
Les Mac-Kinnons le laissèrent aux soins de Macdonald deBorodale,en lui disant seulement: ce IN eus avons fait notre devoir envers le fils de nos rois; c'est à votre tour. — Je suis heureux de l'occasion qui se présente, répond Borodale.» Un des fils de ce Chef alla chercher Macdonald de Glenaladale. que le prince attendit pendant troi3 jours dans une caverne. Glenaladale rassura Charles -Edouard sur le sort de quelques uns de sç^s amis, entre autres du brave Lochiel, qui souffrait encore des blessures qu'il avait reçues à Culloden. C'était Lochiel surtout que Charles-Edouard désirait joindre c il était d'ailleurs important de s'éloigner de cette côte, où le général Caifipbell et le capitaine Scott, à la tête de 5oo hommes chacun, occupaient tous les passages, et formant autour de lui un cercle qui se rétrécissait chaque jour, semblaient ne pouvoir manquer de s'emparer de sa personne. Ainsi traqué comme le daim dans cette grande chasse des Highlanders, appelée tinchel (i), le royal fugitif sévit encore pendant un mois exposé à des périls sans cesse renaissants, desquels la ruse ou le courage le ti-
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rérent toujours. Tbntôt réduit à une jatte de lait pour toute nourriture pendant vingt - quatre heures, tantôt restant deux jours sans aucune espèce d'aliment, il croyait n'avoir plus que l'alternative de se livrer au général Campbell ou de mourir de faim. Obligé de «traverser les postes ennemis à la lueur de leurs feux dô garde y il bénissait l'orage comme le complice de sa fuite, et, tout à coup y épuisé par sa lutte contre le som-» meil, les privations et les éléments, il avait à peine la force de s'éloigner en se traînant comme un reptile, ou comme un daim blessd à travers les marécages et. les rochers. "Veoait-on lui apprendre qu'un navire français avait été signalé en mer, c'était justement le moment où il était obligé de s'éloigner dans la direction contraire.
Il était parti un soir de Glenshi^l pour Pollen, lorsque Glenaladale s'aperçut tout à coup qu'il avait perdu sa bourse, contenant 4^ guinées, que Charles-Edouard lui avait remises, et , malgré les représentations trop désintéressées de celui-ci, il voulut retourner sur ses pas afin de la cherchei*, car elle contenait le reste de leurs richesses. Glenaladale se fil accpmpagner du plus jeune de ses frères, et laissa l'autre et le guide qu'jils avaient pris avec Charles- Edouard, cachés derrière un rocher. Il retrouva heureusement
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df abord Im boarse vide, et jpins les qnarMtô gni^ nëcs, dont s'ëtaQt saisi ua petit raontagiSGÉrd qeri aviûi d« bonne henre Finstînct dil batin. Pen-* danli ce temps^là , GhapIe!»-Ëdouard Tit pssser tm officier et gvielcjues soldats^ qpoi ne se doutaient pais qu'ils étaient si près de celui qv^As pioviT-* suivaient; main si Glenaladalen'ëlaiit pas^ venu le rejoindre par un atrtre chemin ^ il serait tombé entre leurs mairiB. v Allons^ dit le prince, nia boifine étoile vevt me sauver moi et mes amis t f* Après avoir niarebé toute la nuit, ils firent ime hahe de quelques henreti entre deux rochers. Us coslinnaient leur ï^oute, lorsqu'ils vireif t dûùB Ira caovpagne de nsalbeureut moatagmards fuir des soldats aioglais qui leur donnfeùent Ik chasse à coups- de fosil. Le prince mettait la main sur s&B épée avec ittdigtnation;; GèenailadateJb tappela an soin de sa sàrele. Us se dâri^rent dcv coté du nord jnsjqofà Gleninoriston , où^ik trouvèrent pour t6iu>t*abqri une gro4te si étroite ^ quf il était impossible de s'y étendre,, etpcséBd^aillbuTS aux intempéries de l'aie ^ et où la pbiie tomb» t^ate la nuit. Ajant essayé vainement d'y faÎTO du feU' : « Ëk bien t dit Charles-Edouard, conte^o^ tons-' nous des étincelles » ; et il alluma gaiiiffenfi sa- pipe. Le lendemain , tes fugitifs aliteignivent 1* montagne du Gorambian. Hs apercèrent une ea-
ver^e qui leur pamt habitëe ; mais ^it-ce par de$ ajnis prêts à les y admettre avec eux^ ou par des jenaemis qu'il faudrait en déloger les armes à la luaio? Glenaladale entra le premier : les hôtes ^e la caverne étaient sept voleurs^ 4)ui faisaient rôtir nu mouton dérobe la Toiile à un troupeau^ ou peujt-étre aux maraudeurs anglais, m Je suis du Oan-IUnald^ leur dit Glenaladale; étant on fuite avec quelques amis , c'est en lectr nom qu^ je demande à partager votre demeure et YOtrjs repas. •-* Que Glan«-fianald et ses amis soient les bien grenus ^ dirent ces hommes que la proscription avait réduits à cette vie de rapines. » GlaqaJadale alla diercher Charles -* Edouard , qui s'aventura dans la caverne. L'un des voleurs le reconnut; So^ooo livres sterling étaient pro- Uiiises à qui le Uvrerait mort ou vif; mais il y a jine loyauté parmi les voleurs^ dit le proverbe, qui fut vrai cette fois heufeusement pour le prince, Celui qui reconnut Charles -Edouard, voyant que ses compagnons le regardaient d'un air de méfiance ^ et n'osant pas de prirae^abord leur, confier un tel secret, s'approcha de lui familièrement : Te voilà donc, Dougal IVfâccalony! » 3'acria-t-^il avec ua coup d'oeil significatif.
Gharles^Edouard comprit que cet homme voulait le servir, et se laissa traiter par lui en cama«-
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pousser un clétacheDi«Qt dans un défilé oà il semblait se mnltiplîer par soa agilité extraordinaire j tantôt pour lui tendre une nMio sécxMinible et l'aider à franchir un précipice, ou à graviruncrocheescarpée, Soq admiration pour Charles-Edouard le relevait à ses propres jeux; il ressentait quelque orgueil d'être le capitaine des gardes-du-corps d'un fils de roi ; il trouvait dans le langage 6guré du dialecte celtique des expressions tour à tour dignes eC familières , qui ëtonsaient ou amusaient Charles-Edouard, il plaisantait aussi comme un autre Rob Roy sur son métier (le'tri par les lois , dont il faisait remonter la noblesse au grand eacriâce du calvûre, où le Sauveur des hommes n'avait pas dédaigné de descendre au tombeau entre deux larrons.. ..j bien entendu qu'il se comparait à celui des deux qui suivit le Christ dans le ciel. Il espérait, quant à hii , entrer d'abord en ce bas monde dans les palais d'Holyrood et de Whiteliall où, pour prix de ses services, il demanderaitau roi rétabli sur son trône une amnistie ponr tous ceux que la misère et l'injustice des hommes avaient condamnés à une vie errante comme la sienne. En attendant de voir un jour Charles- Edouard reréta de nouveau de ses insigaes de prince, il ne le re^ectait pas moins soas ses ha-
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bits de tartan déchires^ avec ses pitds nus et sa barbe souillée de poussière.
Glenaladale se rendit. sur les côtes^ pour y épftr les pavillons de deux navires français qu'on disait avoir été signalés en mer^ et pendant ce temps-là Charles-Edouard alla l'attendre auprès de Lochiel , dans la misérable h«tte que ce Chef habitait depuis quelque temps avec trois amis. Gomme il s'en approchait avec précaution^ et les armes à la main^ il fut pris pour un espion et vit sortir de Içi hutte Glunj Stewart et Thriepland , qui le couchèrent en joue. Pierre Grant se jeta entre lui et les canons des fusils; Lochiel se montra au même instant , prêt à faire feu sur son prince^ lorsqu'il le reconn^t et pousssi un cri de joie qui prévint ce combat* Lochiel voulusse jeter à ses genoux ; Charles-Edouard le serra dans ses bras : A Du haut de ces montagnes , dit-il y nous pouvons être vus par les ennemis^ pour qui yous me preniez tout à l'heure; tout témoignage de respect vous trahirait ; traitez-moi donc en çimi et en frère ^ je neveux pas être autre chose pour vous. » Ils entrèrent dans la butté ; il y avait quelques provisions; Cbarles-rEdouard demanda d'abord un verre de whisky, et le vida à la santé de tous ses amis. On prépara un repas frugal^ auquel il fit honneur. «Enfin, s'écria-t-il , me