II
voilà traité domine un roi l m Mais bieiitôt la fuite fut encore nécessaire , et de nouvelles aveûtures attendaient le prince et ses amis dispersés.
Le dernier asile de GharleiS-Edôuard fut le plus singulier de tous ^ c^était une espéde de caverne aérienne, pratiquée dans les roches de Lctternilich (i% et qu'on appelle la Cage; on dirait, en effet, une cage suspendue parla main d'un géant au-dessus des précipices.
Le prince et ses compagnons restèrent dans cette retraite depuis le 2 septembre jusqu'au i3. Glenaladale vint lés retrouver pour leur apiprendre qu'enfin deux navires français, le Conti de 22 canons, et V Heureux^ de 3o, avaient jeté l'ancre dans la baie de Loclinanuagh.
Avaxt de s'embarquer, Charles-Edouard voulut qu'on avertît de son départ tous ceux de ses partisans qui se cachaient dans les environs ; il arriva au Locbnanuagh entouré dç Lochiel, de John Roy, de BarisdaJe, de Lochgariy .et de près de cent autres , hpurejx de partager son exil, cortège de proscrits autour d'un prince dont la tête était mise à prix comme la leur.
Ils s'embarquèrent le 19 septembre dans cette même baie q«i avait vu arriver Cliarles-Edouard
(i) Faisant partie du Bcnaldcr.
DB CHÂRLBS-ÉDOUARD. 33g
tjiiatOTze mois auparavant. La scène des adieux fut touchante ; les enfants et les serviteurs 6es «xilés s'étaient réunis sur^la plage. Quand le prince^ tirant son épée^ leur promit en les quittant qu'on le reverrait un jour avec une armée nouvelle^ et plus certaine du triomphe!... l'espérance anima les regards de ceux qui l'écoutaient; ils en croyaient son courage pour sa cause, et cette épée, qu'il semblait prendre à tânoin, n'était pas un vain attribut dans ses mains; Charles parlait de l'avenir en héros qui se sent la forte de lasser la fortune ; mais quand cette épée rentra dans le fourreau, quand à ces parolesd'espéranoesacoédè^ rent ses larmes d'attendrissement, une émotion de tristesse s'empara de fous les cœurs ; om fit attention à ces lambeaux d'habit^qui témoignaient de sa misère et de ses infortunes ; il ne laissa scrr lé rivage que des amis abattus et découragés par lé pressèutiment de son éternel exil •
Une lettre, datée du fort William^ fut immé^ diatement insérée dans les papiers publics ; elle donnait les détails de rembarquement dé Charles Edouard ; le soir même on avait vu le ntfv'ire sur lequel il fuyait, sous le pavillon blanc, cingW entre les iles do Coll et de Muck.
34o HISTOIRE
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