‹ Histoire de Charles-Édouard, dernier prince de la maison de Stuart. Précédée d'une Histoire deChapitre 58 sur 61 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Presque tons les historiens qui oui raconté y avec plus ou moins de fl^tails^ l'expédition de 1745, terminent leur récit en conjecturant, cliacun selon son opinion y quelles eussent été les conséquences du succès de Charles-Edouard.

Il serait trop facile de réfuter quelques unes de ces suppositions sur un terrain où le dernier venu refait à sa manière les hommes et les événements. Tout ce qu'il nous semble^ c'est que la contre-révolution était possible^ et qu'elle dépendait de la prise de Londres. Mais où se serait-elle arrêtée ? Voilà ce qu'il est plus difficile de dire, car les princes qui arrivent , comme Charles-Edouard, avec des promesses sincères, ne sont pas toujours maîtres de les tenir toutes. Personnellement , il était supérieur à la dynastie qui occupait le trône des Stuarts ; mais il avait contre lui le passé de sa famille, qu'on opposait à tous ses manifestes contre la corruption parlementaire. Charles II rétabli sur le trône sans condition, Jacques II ahusanl de toutes ses prérogatives, étaient les

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plus grands ennemis de Jacques III et de son fils. L'origine seule des titres de la nouvelle dynastie, fondes sur un contrat habilement invoqué par elle au moment du péril y et auquel ce péril même semblait devoir la rattacher sincèrement, telle était la véritable forcé du duc de Cumberlànd , lorsque , par sa retraite, son rival eut rompu ce charme dont la victoire fascine les yeux les plus clairvoyants. Ce que Fox a proclamé depuis, dans son Histoire des Stuarts, était dans la pensée du plus grand nombre : il n'est pour les peuples de

pire fléau qu'une restauration , si ce n'est

toutefois une révolution.

Depuis 1748, la maison régnante d'Angleterre continua sans doute à éluder ses devoirs envers la constitution , mais sans la violer ouvertenietit ; et tel e^t pour les monarques l'avantage d'un gouvernement constitutionnel, qu'à Fabri de leur titre de rois parlementaires, les trois Georges ont pu impunément être attaqués par un prince légitime et personnellement digne du trône, centupler les taxes tout en accroissant la dette , tomber en démence ou mériter le mépris par leurs vices comme hommes. Quel cloaque de corruption cache encore aujourd'hui le velours doré du trône britannique! Est-ce un Stuart, celui que Byrona comparera la fois à Charles II H. ^7

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e% â HeBPf VIII ? «ou cet aulne qui a hérâlé du titre de ce duc de GnmberlBiid , le boucher de rjElcosse ? Mais >Qe oom nous raméae aux oonsé* pences iiamédiates de Ja bataille de CuUoden^ daps le pays ou die fuA livrée.

Le}>a|>jbéme de saugiiupeûe aux Jacobites ne fit d'abord (^uie les coofinuier daas leur fcaiiie QooAre la «dyi^astie de HaBovre. CJonTie jadis les premiers cbrétîeAs^ les joiartjrs de la légitimité, cédant à la persécutÂcm^ se oachèrent .dans les cavernes et les déserts y <m allèrent .alteniidre dans re:iil des tenops plus heureux. La poliiic^iie an*glaîse^ se défiant des clans aaiis cooMiie des dans enneoùs^ /ordonna le désarmemcat général des Highlandera. Le montagnard qui ne remeUaii pas ses armes était <:oovaioca de jiébellion^ «t jugé comme tel. Toxjtt Ecossais qui était rencontré avec le plaid, le phiilabeg^ ou snème aFec un habiit de tartan ji caiweaux, ii'importela forme., était condamné à ski .mais de priaeo , et à la tcaosportation en Amérique eA cBfi de vécat^ dive (i)« Ces décrets n'eassept été qu'un . caprice de la tyrannie , s'ils n'avaient été liés ià une . loi qni attaquait directement h sj^atème pabciar-

'(i)Qu^ue8«iontagnftr4s éludaient la loi en portant la ciU^Ue au boatd'aae perche.

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Cil des daos^ pour y substita^r une l^isLtioa propre à détruire complètement Ict rapports des Chefs avec leurs subordonnés. Les jundictions héréditaires furent abolies; o'était rompre les liens de patenté sur lesquels reposaient les affections des individus et de la tribu entière pour celui qui devait à tous sa protection , ses conseils^ et les décisions d'un esprit plus éclairé. Le service personnel avait été jusque alors le prix auquel chaque membre' du dan obtenait une part de terre; cette redevance derenait nuUe quand c'eût été désormais uii acte de rébellion de l'exiger. Les Gheis s'aperçurent que leurs vassaux occu*paieot sar leurs domaines un terrain qui serait plus productif s'il nourrissait des moutons; et les moutons ont peu à peu envahi la demeure du pauvre Highlander^repoussé dans les Basses^Terres ou exilé volontaire dans les déserts américains. Les conséquences politiques de cette proscription ont été peu à peu l'abaissement de la noblesse et l'accroissement des manufactures. Si c^est un bien dans l'intérêt des progrès de la civilisation^ on ne peut en Savoir gré au gouvernement y qui fit par haine ce qu'il eut dû faire par p révoyance politique. Enfin ^ on proscrivit le Jacobitisme jusque dans la forme du culte. La plupart des Jacobites appartenant à la religion épiscopale^

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•tous les Episcopaux d'Ecosse furent soumis à des lois plus restrictives que celles que le vieux fanatisme puritain avait déjà promulguées aux jours de ses triomphes. Tout prêtre ou laïque priant publiquement pour le roi^ sans désigner nominativement le roi Georges, était déclaré traître , et condamné pour le* moins à la transportation. En un mot, l'Ecosse fut traitée comme un pays conquis, et ses habitants subirent les lois d'exception du double fanatisme religieux et politique, 'pendant que les soldats du duc de Cumberland se livraient à toutes les orgies de l'impiété et de la débauche sur les cadavres de leurs concitoyens et les ruines fumantes de leurs maisons.

Ce ne fut qu'au bout de quarante ans que la maison de Hanovre crut la rébellion étouffée.Un acte de grâce rappela, en 1784 , tous les enfants des exilés sous les toits de leurs pères. Quelques uns furent même réintégrés dans leurs droits à la pairie. Depuis cette époque le Jacobitisme n'a plus été qu'un souvenir poétique ,et l'histoire de l'Ecosse s'est confondue avec celle d'Angleterre. L'existence politique d'un Ecossais se borne à des questions d'administration locale, ou à des brigues d'élection pour siéger dans un parlement anglais. Quand le peuple mécontent ose lever la

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lêlc dans quelque sédition au sujet de la cherté des grains ou des exactions de l'excise^ ce n'est plus aux yeux des ministres qu'une velléilé d'indépendance, dont la répression estconfiéeàla police. En 17B8, un régiment de Highlanders s'insurgea pour obtenir jL'arriéré de sa .âolde: quelques accès du vieux fanatisme puritain coutèrent cheryen 1 799, aux malheureux cathohquesé Mais tous ces désordres passèrent comme les rapides orages du printemps : le jour d'après , le calme était rétabli.

A l'époque de 1789, l'appel, fait à tous les peuples par la révolution française retentit jusque dans les montagnes d'Ecosse ; dans ce rojaUme comme eh Angleterre ^ il se forma des clubs y et quelques démocrates organisèrent même un complot dont le but était de rétablir l'indépen-^ dance nationale et d^ fonder un gouvernement républicain à l'imitation de notre Convention : ce projet échoua.

Dans les Higfalands, la résistance aux nouvelles lois et aux nouvelles mœurs a été plus opiniâtre que dans les Lowlands. Peu à peu la civilisation modifie cependant l'originalité des Gaëls. L'abor lition des antiques contrats entre les Chefs et les clans; le recrutement de l'armée régulière anglaise p'armi les montagnards, et le long séjour de ces

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soldats en AftiériqQe et en Espdgpe , pendant les guerres avec les Etals- Unis et avee Napoléon ; les progrès dn nouveau systdnie de culture; ces troupeaux qui ont usurpé le sol de la haute Ecosse i ces forts qui ont remplace sur les ro* chers Taire de Vaigle ou la caverne du cateran ; les manufactures qui ont mis en honneur la nsrvette du bailli Jarvie autant que la dtaymore de Kob Koy ; les canaux et les chemins multipliés , les bateaux à vapeur promenant sur les lacs des csh ravanes de voyaj'eurs.*.. : ces innovations et d'au- 1res encore qui changent chaque joui* la physionomie do ce peuple primitif en même temps qu^ ses sauvages domaiues^relégnent l'Ecosse d'autne^ fois dans les pages immorletles inspirées à Watler Scott par le patriotisme et le génie. Mais si les indignes de la royauté de Bracene sont plus que de vaines reliques qu'on exhume du châteaud'Edifl^ bourg dans les parades d'une fête oUicieUe, tu littérature écossaise a du moins conservé son indépendance et son originalité dans les écrits de Ramsay^ de Fergusson ,de Burns et de Hogg. En adoptant la langue de Sbakspeare, d'autres auteurs ont rivalisé noblement avec le génie anglais par de beaux ouvrages: Robertson et Hume dans l'histoire , Erskine et MacJntosh au barreau et à la tribune, ïlionison dans la poésie, l'univer-^

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site {l'Edimbourg dans les sciences^ enfin Walter Scott dans pre6i|iie ti^iiBt les genres de gloire lit^ téraire.

4^4 iiistoirf:

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