‹ Histoire de Charles-Édouard, dernier prince de la maison de Stuart. Précédée d'une Histoire deChapitre 9 sur 61 · KUBDITISION DU CLAN DES GAMÉRONS. LE JOLI COLONEL. SA UA · texte numérisé non relu

KUBDITISION DU CLAN DES GAMÉRONS. LE JOLI COLONEL. SA UA

RANGCE. LES AMAZOTfES.

Dès le 3 octobre un premier renfort imporlant arriva à l'armée jacobite ; c'était tin régiment entier de plus de '600 hommes, levés dans le Forfar-shire , par lord Ogilvie, fils aîné du comte d'Airly, auquel se rapportent les yers d'un poèine> anonyme sur 1745 :

Brioved bj ail see Ogilvie ^ppears , etc.

« Chéri de tous, parait Ogilvie, homme par le courage, quoique enfant par ses années. Sa gloire ornera les pages de l'histoire, et chacun de ses exploits sera un sujet d'émulation pour la postérité d'Airly (i). » Lord Ogilvie était accompagné de son épouse, qui fit avec lui la campagne.

(1) Hogg's Jacobite relies. On trouve aussi dans Ce recueil une ballade intitulée « The young Airley », « le

DB CHARLES-EDOUARD. 5q

Le 4 octobre , Gordon de Gleabucket enlra dans Edimbourg avec un corps de quatre cents hommes. Un autre Gordon, lord Le^is Gordon, troisième fils du duc de ce nom , était lieutenant de vaisseau , lorsque apprenant le débarquement de Charles-Edouard, il quitta la marine anglaise et leva deux bataillons pour le service du prince légitime. Les Gordons étaient alliés aux Stuarts, et l'illustre lord Byron le cite avec orgueil parmi ses ancêtres maternels : .

« Héros malheureux, quoique braves , aucune vision, aucun présage nevons averiircnt-ils donc pas que la fortune avait désérté'votre cause? Ah I destinés à périr a CuUoden,.... la victoire ne devait pas même couronner votre trépas (i).^»

Lord Forbes dé Pitsligo , un des premiers adhérents de Gharles-Édo.nard^ Fayaot quitté depuis la victoire de Prèston-Pans , avait aussi exercé avec succès son influence dans les comtés

jeune Airly i . Uu OgiWie était le poète des volontaires jacobites passés au service de France sous Jacques II.

(i) Cette strophe est une de celles que les rédacteurs anti-Jacobîtes de la Jieeue 4'Edimbourg relerèrent avec le plus d^amertume dans leur critique plus que sérère des poèmes du jeune deseendant des martyrs de Gulloden , qui a si souvent attaqué dans ses vers le 6ls et le petit- fils de Georges II.

Oo HISTOIRE

d^Abcr.deen et de Banff. Il an^ ena au camp , le 9 octobre , six compagnies à pied , et un escadron de cavaljBrie giii fut mis sou^ ses ordres. La fortune .de lord Pij;sUgo était peu considérable^ mais généralement estimé et aimé , il entraîna par sop exeipple pius d'un .J^acobite indécis, el même (|uelques Whigs qui avaient défendu ayec lui l'indépendance de TÉcosse dans le. dernier parlement, où fut qonsommée TUnion , malgré les efforts des Belliaven, des Fletcbçr de $altoun^^tc. (i).

Tels ^ii vent les prîwîipaux reafortsque Çharles* Edouar.d reçjujt.des LowlaniU. Cepeudaqt le jcpntingent des mpnjtagnes se gisait atjtendre , et surtout un^ nombreuse troupe de Frasers^ promise par lord Lovât, et que ce chef portait dans ses lettre^ à ci^nq pille Iiojpmes. Mais s^s continuels retards, /iont on ignorait encore les vrai^ motifs^ irrilaieiit rinquiète i/^palience du priuice , qui aurait déjà voulu être à Londres. Chaque fois que ^a cornemuse annonlçait . Id venue d'un nouveau détachement, il allait au-devant de ce$

(1) lA)rd ('italigp avait déjà pria les armeâ en 1715. C'est lui qui a fourai à Walter Scotl le type de son baronne Bradwardine. Comine le •baron , lord PiUlig^o était UD leUré qui n'était luêine pas exempt d'une petite teinte de pédantisme classique .

DE CHARLES-ÉDOUAnO. 6l

braves auxiliaires , qui aquillnii'ut pour lui leurs ce cIi/tcs montagnes, leurs fenmK^sd leurs enfants « bien aimés , »

• . Their bannie hieland hilisy Their wives and baims so dear , itc.

Dans les premiers jours d'octobre, le pibroch des Camérous vint rappeler aux enfants de Lecbiel les images si douces de leurs vallées natales, et les traits sublimes des monts et des précipices où ils bravaient les garnisons des forts anglais bâtis pour les soumettre. C'étaitunedessubdivisions de la grande tribu, et dont le Ghieftain, encore enfant, n'avait pu répondre en personne à l'appel du^Chef des Gamérons. A son défaut, il s'était trouvé une béroîne qui avait elle-même rassembléses guerriers et qui marchait à leur tète. Mis^ Jenny Gaméron de Glen-Des.^ery^ outragée par les historiens whigs, oubliée par les annalistes de l'autre parti^ înais célébrée dansmainte ballade^ était la tante du laird mineur, jeune encore elle-même , et digne d'être jiurttommée la Bradamante ou la Giorinde de l'armée jacobite(i}.

(i) thea was our maiden yoiing First aye in battle stroog Fîredi at her prince's wrong, etc.

ti Ce fut alors que notre jeune vierge, toujours la pie-

Prévenir de son approche^Gharles-Édouards'empressa d'aller à sa rencontre^ et fat charme de son air élégant et fier .Elle était vêtue d'une robe d'amazone verte, bordée d'écarlate et brodée d'or. Ses cheveux tombaient en boucles sur ses épaules, et sa tête était coiffée d'une toque bleue en velours, avec une plume rouge. Elle était montée s\^r un palefroi bai, couvert d'une housse verte à franges d'or, et sa main tenait une épée nue. Miss Jenny Caméron aborda le prince sans paraître embarrassée , lui fit , avec son épée y le salut militaire, et lui dit: « Prince, mon neveu ne pouvant venir sous l'étendard royal, j'ai moi-même rassemblé notre clan, et je le présente à Votre Altesse. Je crois tous ces hommes prêts à risquei leur vie pour votre cause j et quoique commandés par une ^mme , j'espère qu'ils n'ont rien en eux d'efféminé j car je sens qu'une cause si gloiîeuse a fait naître dans mon propre sein des pensées mâles, et y a complètement éteint la femme.

Quel effet doit-elle donc produire sur ceux qui n'ont jamais eu peur du combat, et qui ne sont pas embarrassés par les vêtements de mon sexe ? Ces hommes sont à vous, Prince ^ ils se sont voués à

« mîère dans la mêlée , etc. » (La montagne de Lochicl y traduction du Gaclique).

votre service^ et vous apportent leurs cœurs aussi bien que leurs bras. Si je ne puis les suivre plus loin , je resterai pour prier le ciel de tous donner la victoire (i).»

Après cette espèce de barang^e^ prononcée d'un ton d'assurance , elle fit passer ses deux cent cinquante Gamérons en revue par le Chevalier qui 9 tout en louant leur bonne tenue , exprima combien il était encore plus content des sentiments généreux de leur aimable Chef. Il conduisit Jenny dans sa tente et la combla de prévenances. Jenny s'en montra de plus en plus digne ^ elle était d'une franchise et d'une gaité piquantes ; quand elle oubliait un moment sa dignité de Chef ^ c'était un enfant dont la vivacité trouvait un langage toujours varié et toujours plein de grâce. Le prince ne pouvait se lasser de sa conversation; elle fut pour lui un motif de plus pour visiter souvent le camp ; il passait des heures entières avec elle , l'appelait familière* ment colonel Gaméron, ou le a joli coloneb>^ et te nom lui resta. La médisance n'épargna pas le joli colonel; mais si son loyalisme devint de l'amour^ la chronique jaçobite s'est montrée discrète ^ et

(i) Hogq's Jaçobite relies. Note de la ballade déjà citée. Jacobite minttvels , etc.

les Whigs u'ont trouvé que îles injures pour le prouver. Sa bravoure ne se démentit pas, elle combattit aux côtés du prince,elle sera citée parmi les vainqueurs de la bataille de Falkirk (i).

Son exemple ne fut pas perdu dans les montagnes j son nom, célébré par les ménestrels, changea plus d'un fuseau en claymore. Une noble émulation anima entre autres la châtelaine dé Môy, dont le mari , Chieftain des Mac-tntoshs , ayant accepté iih grade dans les troupes levées par les généraux de Georges II , croyait devoir du moins rester neutre; la dy Mack-Intosh souleva le clan au nom du Grand-Chef, c'est-à-dire du prince, arrêta son mari, peut-être de son consentement, et conduisit elle-niême, comme Jenny Camérôn, ses guerriers au combat (p.); mais ce tie fut qu'âpres l'expédition d'Angleterre.

(i)Les,IecteursdeToin Joncs se rappelleront avec quelle éloquence d'indignation In chaste mfétress Honoiir traite Jénliy Caméroo , lorsqae pat* iine méprise cotnîqne l'aubergiste prend la belle Sophie pour la moitresse du fré^ tendant: Tkat nastj^ stinking whore {Jenny Cameron ihey call her) that runs the country with the Pretender. Tom Jones 9 Uy.xi, ch. 8.

{q) On a quelquefois trouvé certaines héroïnes d^ "Walter Scott trop romanesques; ne pourrions-nous pas demander si des^héroïnes telles que Jehny Caméron et

DE CH4RLES-EOOUAKD. 65

Avant d'y suivre le prince, nous devons jeter un coup d*œil sur ce qui se passait dans les Higblauds.

la châtelaisie de Mojr ne sont pas aussi poétiques dans rhîstoîre que Diana Vcrnon dans Roh Roy^ et Flora Mac-Ivor dans JVaverley,

/ « * tj • • •

Page 1