TRAITE D'ALLIANCE DU PARLEJIENT
après ', dans l'église de Sainte-Marguerite de Westminster, tous les membres du Parlement, debout, découverts, la main levée vers le ciel, y donnèrent avec serment leur adhésion, d'abord de vive voix, puis par écrit *. Le covenant fut accueilli dans la cité avec le plus fervent enthousiasme; il promettait la réforme de l'Église et le prompt secours de vingt et un mille Écossais; le peuple presbytérien voyait ainsi à la fois ses craintes dissipées et ses vœux exaucés. Le lendemain de la cérémonie % Essex fit son entrée dans Londres ; la Chambre des Communes, marchant à la suite de son orateur, se rendit en corps à Essex-House pour le complimenter; le lord maire et les aldermen, en robe écarlate, vinrent rendre grâces a au sauveur et protecteur de leur vie et de leur « fortune, de leurs femmes et de leurs enfants \ » Les drapeaux pris sur l'armée royale à Ne"\Ybury étaient exposés en public; on en remarquait un surtout qui représentait la façade extérieure de la Chambre des Communes, avec deux têtes de criminels plantées au sommet et cette inscription : Ut extra, sic intrà ^ Le peuple se pressait en foule autour de ces trophées; les mihciens qui avaient fait pai tic de l'expédition en racon-
« Le 25 septembre 1C13.
a Parliam. Hist., t. III, coL 173.— Neal.Hist. ofthePurit., t. III, p. C2. — Rushworth, part. III, t. II, p. 474-481. Le covenant fut signé par deux cent vingt-huit membres des Communes.
3 Le 26 septembre 1643.
* Wbitelocke , p. 70.— Clarendon , Hist. of the rebell., t. VI, p. 230.
6 Wliitelocke, p. 71.
AVEC LES ÉCOSSAIS (25 septembre 1643). 445
taient tons les détails; partout dans les conversations don-icstiques, au sermon, au milieu des (groupes formés dans les rues, le nom d'Essex était bruyamment proclamé ou pieusement béni. Le comte et ses amis résolurent de mettre à profit ce triomphe. Il se rendit à la Chambre haute, offrit sa démission, et demanda qu'il lui fût permis de se retirer sur le continent ' : Aucun danger public, dit-il, ne lui faisait plus un devoir d( rester; il avait essuyé dans son commandement de trop amers dégoûts; il en prévoyait le prochain retour, car sir William Waller conservait toujours une commission indépendante de la sienne, et taudis que le titre de général en chefhiilaissoit, à lui seul, toute la responsabilité, un autre étaiten droit de ne lui point obéir; depuis trop longtemps il connaissait le tourment d'une telle situation et ne pouv^iit plus s'y laisser condamner. Sur cette déclaration, les Lords surpris, ou feignant la surprise, votèrent qu'ils demanderaient une conférence aux Communes; mais, à l'instant môme, arriva de la pari des Comnumes un message qui rendait la conférence inutile : informées de tout, elles se hâtaient d'annoncer aux Lords que Waller offrait de renoncer à sa connnission, de recevoir désormais ses instructions du général en chef, non du Parlement lui-même, et sollicitait la formation d'un comité qui terminât sur-le-clianq>, à la satisfaction du comte, ce fâcheux incident. Le comité fui
* Le 7 octobre 1043. Journals oflhe Ilouse o{ Lords,
446 TRIOMPHE D'ESSEX (octobre 1643).
nommé aussitôt et l'affaire réglée séance tenante*. Waller et ses amis se soumirent sans murmure ; Essex et les siens triomphèrent sans bravade, et la réconciliation des partis parut consommée au moment où ils rengageaient le combat.
e £-arliam. Illst., i. Iil, col. 177— Whitelocke, p. Ih
Eclaircissements
ET
PIECES IIISTOEIQUES
Des symplômea de l'esprit d'opposilion et de Uherlé sous le règne d'ÈUsabelh.
Au mois do novembre 1375, M. Pierre Wentworlh, membre tic la Chambre des Communes, ayant prononcé un discours pour la défense des privilèges de la Chambre, notamment de la liberté de la parole, fut arrêté par ordre de la Reine, et subit devant un comité de la Chambre, où siégeaient plusieurs conseillers de la couronne, rintcrrogatoirc suivant, monument curieux de l'esprit d'indépendance qui commençait à se manifester, cl de l'approbation que les hommes même chargés de le punir se sentaient contraints de lui accorder.
Le président du comité. Où est votre dernier discours que vous avez promis de nous remettre par écrit?
VVentvvgutii. Le voici; je le remets à deux conditions : la première, que vous l'examinerez d'un bout à l'autre, et que, si vous y trouvez quelque chose qui puisse me faire taxer d'un défaut d'attachement à mon piince ou à l'État, j'aurai à répondre de tout le discours comme si je l'avais prononce' lout entier à la Chambre j la seconde, que vous le remettrez à la Reine. Si Sa Majesté ou quelqu'un de vous, membies ou de son conseil privé, croît y voir que je inanaue d'allection
pour elle ou pour mon pays, j'en prends la responsabilité»
Le président. Nous n'avons à nous occuper que de ce que vous avez dit dans la Chambre.
Wentworth. Vos seigneuries ne peuvent refuser de remettre mon discours à la Reine ; je le lui envoie parce que j'y ai de'posé tout mon cœur et toute ma pensée. Je sais qu'il sera utile à Sa Majesté , il ne fera de mal qu'à moi.
Le président. Puisque vous désirez que nous le remettions à la Reine, nous le ferons.
Wentworth. Je supplie vos seigneuries de le faire.
(On lit alors le discours; l'interrogatoire reprend.)
Le président. Vous parlez là de certains propos que vous avez entendu rapporter comme venant de la Reine; à qui avez-vous entendu faire ces rapports ?
Wentworth. Si c'est en qualité de conseillers de Sa Majesté que vos seigneuries m'interrogent, vous m'excuserez, je ne vous répondrai point; je ne ferai point, à la Chambie à laquelle j'appartiens, une telle injure. Je ne suis point une personne privée, je suis une personne publique, conseiller du pays tout entier, et dans un lieu où j'ai droit, selon la loi, de dire librement toute ma pensée. Pour vous, comme conseillers de la Reine, vous n'avez nul droit de me demander cuinpte de ce que j'ai dit dans la Chambre. Si donc vous m'interrogez à ce titre, excusez-moi, je ne répondrai pas. Si vous m'interrogez comme formant un comité nommé par ia Chambre, je répondrai de mon mieux.
Le président. Nous vous interrogeons au nom de îa Chambre.
Wentworth. Je vous répondrai donc, et d'autant plus volontiers qu'à certains égards ma réponse sera nécessairement incomplète. Vous me demandez où et de qui j'ai entendu ces propos. Je les ai entendus dans la Chambre même; de qui, je ne puis vous le dire.
Le pnÉsinENT. Nous ne pouvons prendre cola pour une réponse,
WiiNTwoKTH. Il faut bien que vos seigneuries s'en contentent, car je n'en puis faire de meilleure.
Le piiÉsiDENT. Il parait que vous avez entendu dire dans la ville que Sa Majesté n'aimait point qu'on parlât de la religion ni de la succession h la couronne; vous avez fait des discours sur ces bruits, et vous ne voulez pas dire de qui vous les tenez ?
WENTWonTH. Je vous assure que je puis vous montrer ce discoius chez moi, écrit de ma main il y a deux ou trois ans. Je ne l'ai donc point fait d'après des bruits recueillis depuis mon arrivée à la ville.
Le président. C'est là votre réponse ; mais à qui donc avez-vous entendu raconter ces bruits ?
Wentworth. Si vos seigneuries pensent que je ne cherche qu'à m'cxcuscr, j'essayerai de les satisfaire ; je proteste devant le Dieu vivant que je ne puis nommer une personne de qui j'aie recueilli ces bruits ; mais je les ai bien entendus rapporter par cent ou deux cents personnes dans la Chambre.
Le président. De tant de gens, vous pouvez bien en nommer quelques-uns.
Wentwoiuii. Non certes; c'était un propos si universel que je n'ai remarqué en particulier aucun de ceux qui le tenaient ; il en arrive toujours ainsi. D'ailleurs, quand je pourrais nommer quoiqu'un, je ne le ferais pas. Je ne dirais jamais, sans y être absolument obligé, rien qui puisse faire tort à un homme, et ici rien ne m'y oblige. Cependant, comme je veux agir en toute sincérité avec vos seigneuries, je jurerai, si elles le souliaileui, sur l'Évangile, qu'il m'est impossible de désigner spécialement personne. Si, de votre autorité, vous me sommez de prêter un serment, je m'y refuserai, cai' je ne veux compromettre en rien les priviléi^es
de la Chambre. Mais à quoi bon tant de paroles? Je vais vous citer un cas où j'ai entendu de tels bruits, un cas qui vous satisfera, et vous conviendrez qu'en cette circonstance vous les avez entendus comme moi.
Le président. Gela nous satisfera, en effet; qu'est-ce donc ?
Wentworth. Dans le dernier Parlement (1501), le membre qui est maintenant orateur (Robert Bell), et qui l'était aussi dans la dernière session du Parlement actuel, fit un excellent discours pour demander la révocation de certains monopoles, accordés à quatre courtisans, au détriment de six ou huit mille sujets de Sa Majesté. Ce discours déplut si fort à quelques conseillers de la couronne que l'auteur fut mandé devant le Conseil et traité si rudement qu'il revint à la Chambre le visage tout décomposé; la Chambre entière en fut si troublée que pendant dix, douze, quinze jours, personne n'osa élever la voix sur un sujet de quelque importance ; et sur les matières les plus indifférentes, chacun se perdait en longs préambules, suppliant qu'on ne se méprît point au sens de ses paroles, qu'il se renfermait rigoureusement dans la question... De tous côtés on répétait alors dans la Chambre : « Messieurs, ne parlez pas contre les monopoles; la a Reine sera irritée, le Conseil privé sera irrité. » Je suppose qu'il n'y a pas un de vous qui ne l'ait entendu aussi bien que moi. Je conjure vos seigneuries d'en agir aussi franchement que je fais.
Le président. Nous l'avons entendu, cela est vrai, et vous nous avez satisfaits en ce point. Mais que dites-vous de la dure interprétation que vous avez donnée du message envoyé à la Chambre ? (On relit quelques phrases du discours de Wentw'orth.) Nous n'avons jamais vu un message de la Reine présenté sous de telles couleurs.
Wentvvortu. Je supplie vos seigneuries de me dire d'à-
Dord s'il n'csl pas vrai qu'un tel message ait été adressé à la Chambre.
Le prksu)ENt. D'accord.
Wentworth. Vous attesterez donc, je l'espère, que je n'ai rien inventé. Maintenant, je réponds qu'un message si dur n'aurait pu recevoir, de l'homme le plus sage de l'Angleterre, une qualification trop dure. Peut-on adresser à une assemhlée réunie pour le service de Dieu un message plus dur que de lui faire dire : Vous ne chercherez pas à faire prospérer le service de Dieu? Je pense qu'il n'y a jamais eu de message plus illégitime.
Le président. Vous n'avez pas droit de parler contre les messages, car la Reine seule les envoie.
Wentworth. Si le message est contraire au service de Dieu, à la sûreté du prince ou aux privilèges de la Chambt'e réunie pour le maintien de l'État, je ne dois ni ne veux me taire, car ce n'est pas eu me taisant que j'acquitterai ma conscience. Je me repens profondément, je vous jure, de m'ètre tu si longtems en de telles occasions ; et je m'engage devant vous, si Dieu ne m'abandonne pas, à ne me taire de ma vie quand on adressera à la Chambre quelque message qui mettra la gloire de Dieu en oubli, le prince en péril, ou portera atteinte aux privilèges du Parlement; et vous tous ici présents, vous devriez vous repentir de votre silence et y renoncer.
Le président. De tels messages adressés à la Chambre par le prince ne sont point unejiouveauté. (On cite deux ou trois exemples.)
Wentworth. Messieurs, je vous dis que vous faites très-mal d'apporter des précédents ù l'appui de ceci. Vous devriez alléguerdc bons précédents pour enhardir les hommes à faire le bien, et non des précédents iniques pour les porter au mal en les frappant d'épouvante.
454 ECLAlRCISSEMEiVTS
Le président. Mais que prétendiez-vous donc en qualifiant si rudement ce message?
Wentworth. Je m'étonne que vous m'adressiez une telle question. IN'ai-je pas dit qu'un message si dur ne pouvait èlre trop durement qualifié? n'en ai-je pas expliqué les raisons dans mon discours? J'ai dit que, par ce message, s'était manifestée la colère de Dieu sur nous, puisqu'il avait permis que dans le cœur de la Reine entrât la volonté de rejeter des lois salutaires, uniquement destinées à défendre sa vie et son gouvernement. J'ai dit que les sujets fidèles en avaient été saisis de douleur, tandis que tous les papistes, tous les traîtres envers Dieu et Sa Jlajeslé s'étaient moqués, dans leur barbe, de tout le Parlement^ n'est-ce pas là ce que j'ai dit? et vos seigneuries mêmes ne pensent-elles pas que cela est vrai?
Le président. Il faut en convenir. xMais comment avezvous osé dire que Sa Majesté avait injustement maltraité la noblesse et le peuple?
Wentwouth. Je supplie vos seigneuries de me dire quelle extension elles entendent donner à ces paroles : peut-on les prendre dans un autre sens que celui où je les ai prises moimême? Sa Majesté avait convoqué le Parlement pour qu'il s'occupât de prévenir les périls dont sa personne était menacée, et pour cela seulement; Sa Majesté nous adressa deux bills en nous permettant de choisir celui que nous jugerions le plus propre à garantir sa sûreté, et promettant d'y donner ensuite sa sanction pour en faire une loi : nous en avons choisi un 3 Sa Majesté ne l'a-t-'lle pas refusé? Nous avons adopté l'autre ; Sa Majesté ne l'a-t-elle pas refusé également? Le lord garde du sceau ne nous avait-il pas dit, à l'ouverture du Parlement, que c'était 1.^ le but de notre réunion? Sa Majesté n'a-t-elle pas, vers la fii. de la session, rejeté tous nus travaux? Tout cela n'est-il pas connu et dos personnes
ici présentes, el du Pailominit tout entier? Je conjure vos seigneuries d'être sincères comme je le suis : oui, il est vrai que Sa Majesté a injustement maltraité la noblesse et le peuple.
Le président. Les faits que vous venez de rapporter sont incontestables.
Wentworth. Que vos seigneuries veuillent donc bien me dire si la Reine n'a pas tenu ici une conduite périlleuse sous deux rapports. D'abord cela pouvait blesser, décourager ses plus fidèles sujets, et les rendre moins capables ou moins empressés de bien servir Sa Majesté une autre fois. Ensuite cela devait relever le cœur des plus obstinés ennemis, el les porter, contre elle-même , à quelque entreprise désespérée.
Le président. 11 est vrai qu'on pouvait craindie ce double danger.
Wentworth. Pourquoi donc vos seigneuries me demandentelles comment j'ai osé dire une vérité, et avertir la Reine d'un péril si pressant?
Voici ma réponse : Grâces en soient rendues au Seigneur mon Dieu, je n'ai jamais trouvé la crainte dans mon âme quand il s'est agi de prémunir la Reine contre ses ennemis; soyez tous tremblants si vous voulez; je remercie Dieu de ce que je ne le suis point, et j'espère ne jamais voir le jour de cette peur. Cependant, je le jure à vos seigneuries, vingt fois et plus, je me suis |)romené dans ma maison, roulant ce discours dans mon esprit et travaillant à m'affermir contre cette épreuve; ma timide pensée me disait que ce discours me mènerait dans le lieu où je vais aller maintenant, el la crainte m'engageait à m'abstenir. Mais je me suis demandé si, en bonne conscience, en lidèle sujet, je j)ouvais, pourm'éparniior la piison, ne pas donnera mon prince ra\is de sortir dune roule périlleuse ; ma conscience m'a dit que je ne serais poinf un sujet iidele si j'avais moins d'égard au danger de mon
i56 ECLAIRCISSEMENTS
prince qu'à mon propre danger. J'ai donc été enhardi, et j'ai fliit ce que vous savez. Pourtant, quand j'ai prononcé dans la Chambre ces paroles, que personne ici-bas n'était infaillible, pas même notre noble Reine , je me suis arrêté, j'ai regardé vos figures à tous, et j'ai vu clairement que ces mots vous saisissaient tous d'épouvante. Alors j'ai tremblé moi-même par sympathie, et la peur m'a fait hésiter à prononcer les phrases suivantes, car votre contenance me disait qu'aucun de vous ne s'opposerait à mon départ pour le séjour qui m'attend. Mais la conscience et le devoir d'un sujet loyal m'ont donné la force de continuer; vos seigneuries l'ont entendu. Voilà comment j'ai parlé ainsi ; j'en remercie Dieu ; et si c'était à refaire, je le referais avec le même dessein.
Le président. Oui, mais vous auriez pu parler en termes plus doux; pourquoi ne l'avcz-vous pas fait?
Wentworth. Vous auriez voulu que je parlasse comme un membre du Conseil privé ! que, sur un si grave sujet, je m'exprimasse en termes que la Reine n'aurait pas compj-is ! J'aurais manqué mon but ; je voulais servir Sa Majesté, et de telles paroles n'auraient servi à rien.
Le président. Vous nous avez répondu.
Wentworth. J'en rends grâces à Dieu.
(Wentworth salue; le président, M. Seckford, dit : )
Le président. M. Wentworth ne veut pas convenir qu'il ait eu tort, ni manifester aucun regret de ce qu'il a dit ; vous n'entendrez pas un mot d'excuse sortir de sa bouche.
Wentwortk. m. Seckford, tant que je vivrai, je ne croirai point avoir eu tort d'aimer la Reine; je ne regretterai point de l'avoir avertie de ses périls. Si vous pensez que ce soit là une faute, parlez pour vous, M. Seckfoid. Quanta moi, je ne puis.
iPldParliam. Hist., t. IV, p. 200-207, édit. de 1763.)
(Servant d'éclaircissement h la page 165.)
Ecrit trouvé dans le chapeau de Felton , assassin du duc de Buckingham.
L'écrit original qu'on trouva dans le chapeau de Felton «ubsisle encore; il est en la possession de M. Upcott, et M. Lingard l'a publié textuellementj il est conçu en ces termes :
« Celui-là est honteusement lâche et ne mérite pas le nom c d'un gentilhomme ou d'un soldat, qui n'est pas disposé à « sacrifier sa vie pour l'honneur de son Dieu, de son Roi et « de son pays. Que personne ne me loue pour l'avoir fait ; « mais que plutôt tous s'accusent eux-mêmes, comme ayant a été la cause de ce que j'ai fait, car si Dieu ne nous avait pas a rendus sans cœur en punition de nos péchés, iP n'aurait « pas été si longtemps impuni.
« John Felton. « (JLingard'ê Eistory of Engïayid, t. IX, p. 394.)
• Le duc de Buckinghanii I Charles i". 26
Sur le caractère de radminislralion de Strafford en Irlande.
La lettre suivatite, adressée par Strafford à son ami iiitiiTic Christophe Wandesford, maître des rôles en Irlande, l'informe de tout ce qu'il a fait pour repousser, aupi'ès du Roi et de son Conseil, les accusations dont il tivait été l'objet:
« Je demandai, dit-il, la permission de me justiiier sur « certaines afïairesau sujet di'S»iuelles j'avais été indignement <( et cruellement calomnié. Je leur racontai tout ce qui s'é- « tait passé entre moi, le comte de Saint-Albans, Wilmot, « Mountnorris, Piers, Crosby et le jury de Galway, disant « que je savais très-bien que ces gens-là et leurs amis s'é- « laient efforcés de persuader au monde que j'étais un homme « dur et impitoyable, plutôt un pacha de Bude que le mi- « nistre d'un Roi pieux et chiétien. Cependant, si je ne me « trompe pas sur moi-même, ai-je dit, je suis précisément le « contraire. Aucun homme ne pourrait prouver que mon « caractère ait jamais laissé voirde telles dispositions; aucun « de mes amis ne m'en accusera dans ma vie privée; perce sonne ne peut dire que je sois rude dans le maniement de « mes affaires personnelles. Si donc je suis, dans toutes ces « occasions, à l'abri de tels reproches, tout homme impartial K sera forcé de convenir que la nécessité seule du service de « Sa Majesté a pu me contraindre à une sévérité extérieure « et apparente. Telle en a été en effet l'unique cause; j'ai « trouvé une couronne, une Église et un peuple au pillage; « je n'ai pu me flatter de les y arracher avec de doux regards « et tic gracieux sourires; il y fallait de l'eau plus chaude. « Sans doute, quand un pouvoir est une fois établi et assu-
n rt', on poiil le garder et le maintenir à sa place par .les « mesures douces et modérées 3 mais lorsque la souveraineté « (qu'il me soit permis de le dire) s'en va dégringolant au « lond de l'abîme, on ne peut l'en retirer sans énergie, ni la a faire remonter vers le sommet autrement que par une « extrême vigueur. Je n'ai connu, il est vrai, aucun autre « moyen de gouvernement que les châtiments et les récom- « penses : partout où j'ai trouvé un homme de bien et com- «. plélement dévoué au service de mon maître, j'ai mis ma « main sous son pied, et je l'ai élevé en considération et en « pouvoir autant que je l'ai pu ; quand j'ai rencontré un « homme de dispositions contraires, je- ne l'ai point pressé « dans mes bras, je n'ai point cajolé sa mauvaise humeur j « et s'il est venu à ma portée, autant que l'honneur et la « justice me l'ont permis, je lai frappé d'une main ferme « sur la nuque : mais dès qu'il est devenu un homme nou- « veau, dès qu'il s'est dévoué au gouvernement, comme il le « devait, j'ai changé aussi ma manière, et lui ai rendu, (C comme à l'autre, tous les bons offices qui ont été en mon « pouvoir. Si c'est là de la rudesse, si c'est là de la sévérité, « je désire que Sa Majesté et vos seigneuries daignent me « l'apprendre, car en vérité cela ne m'a point paru ainsi; « cependant, si une fois je savais que Sa Majesté n'aime a i)oint à être servie de la sorte, je me conformerais volona tiers h ses ordres et suivrais le penchant de mon caractère, a qui est de vivre tranquille et de n'avoir de querelle avec a personne.
a Ici Sa Majesté m'interrompit en disant que la conduite « dont je venaisdeparler n'était point de la sévérité, et qu'elle te souhaitait que je continuasse de la même manière; car si « je la servais autrement, je ne la servirais pas comme elle « l'attendait de moi. »
(Slralford')! Lctlers and DispatclieSj t. Il, p. iO.)
{Servant d'éclaircissement à la page 191.)
Amendes imposées au profit de la couronne, de 1629 à 1640.
i" Richard Chamters, pour avoir refusé le- payement des droits de douane non votés par le uv. gt. Parlement, fui condamné à une amende de. 2000
2° Hillyard, pour avoir vendu du salpêtre 5000
3° Goodenough, pour la même chose 1000
4° Sir James Maleverer, pour n'avoir pas voulu composer avec les commissaires du Roi pour
le titre de chevalier 2000
5° Le comte de Salisbury, pour empiétement sur
les forêts royales 20000
6° Le comte de Westmoreland, iJeni 19000
7" Lord Newport, idem 3000
8o Sir Christophe Hatton, idem 12000
9° Sir Lewis Watson, idem 4000
10"^ Sir Antoine Coper , pour avoir converti des
terres à blé en prairies 4000
li° Alexandre Leighton, pour libelle lOOOG
12'' Henri Sherfield, pour avoir cassé quelques vitraux peints de l'église de Salisbury 500
13° John Overman et plusieurs autres fabricants de savon, pour avoir dérogé aux ordonnances du Roi sur la fabrication et la vente du savon. . L3000
r.cport or;:)Oo
iA" John Rea 2000
I5*> Pierre Hern et plusieurs autres, pour avoir exporté de Tor 8100
16o Sir David Fculis et son fils, pour avoir parlé
avec irrévérence de la cour du Nord 5500
il'' Prynne, pour libelle 5000
dS*" Buckner, censeur, pour avoir permis la publication du livre de Prynne 50
19° Michel Sparks, imprimeur, pour avoir publié
le môme livre 500
20° Allison et Robins, pour mauvais propos sur le
compte de l'arche vèque Laud 2000
21° Bastwick, pour libelle 1000
22" Prynne, Burton et Bastwick, pour libelle 15000
23° Le domestique de Prynne, pour la même cause . 1 000
24° Bùvyer, pour propos contre Laud 3000
25° Yeomans et Wright, pour mauvaise teinture
de soies 5000
20° Savage, Weldan et Burgon, pour mauvais propos contre lord Falkland, lord lieutenant
d'Irlande 3500
27° Grenville, pour mauvais propos sur le comte
de Sutfolk 4000
28o Favers , idem 1000
29° Morley, pour avoir injurié et frappé sir George
Theobald dans l'enceinte du palais 1000
30° Williams, évêque de Lincoln, pour mauvais
prop'.is contre Laud 10000
31° Bernard, pour avoir prêché contre l'usage des
crucifix 1000
?fi.
<n ÉCLAIRCISSEMENTS
Report irimO
32» Sinart^ pour a\oir prèclié contre Ips innovalions ecclésiastiques du docteur Cozens, etc. huO
i646ri0
En tout 16i,650 liv. sterl. ou 4,M6,2o0fr.
Il s'en faut beaucoup que cette liste soit complète; on pourrait extraire de Rushworth (t. I et II) une multitude d'autres cas qui s'élè-veraient à une somme considérable.
ET PIECES HISTORIQUES. iôS
(Servant d'éclaircissement à la page 231.)
fnslruclions du roi au marquis de HamiUon , pour la tenue du synode de Glasgow, en 1638.
Le Roi écrivait à HamiUon .
« Quant à cette assemblée générale , quoique je n'en a attende aucun bien, cependant j'espère que vous empè- « chercz beaucoup de mal, d'abord en suscitant entre eux « des débats sur la légalité de leurs élections, ensuite en pro- « testant contre leurs procédés irréguliers et violents. »
Et ailleurs •
« Je désapprouve tout à fait l'opinion des prélats qui I pensent qu'il faudrait proroger cette assemblée; en ne la « laissant pas réunir, je ferais plus de tort à ma réputation « que ses actes insensés ne peuvent faire de mal à mon ser- « vice. Je vous ordonne donc de l'ouvrir au jour désigné; « mais, comme vous me le mandez, si vous pouviez la distt soudre en découvrant des nullités dans ses opérations, rien a de mieux. »
^UBNiiT , ûlemoirs of the Ilamillom, p. 82, 88.)
(Servant d'éclaircissement à la page 293.)
4" Inslruclions envoyées à M. de Monireuil par le cardinal de Richelieu.
Paris, le 22 février 164t.
Faiilt dire à Forster et mander à Monlereuil que le Roy ne receuvroit pas seulement la Rcyne sa sœur en France, au cas que sa santé l'obligeât d'y faire voyage, mais qu'il seroit bien fascbé qu'elle n'y vingt pas ; mais que, comme l'afiection que Sa Majesté a pour la lleyne de la Grande-Bretagne lu y donne ces sentimens, la part qu'elle prend à ses inlcresls fait qu'elle ne peut ne lui dire pas qu'il faut bien qu'elle se donne garde de venir mal à propos en France dans la conjoncture des affaires présentes; qu'en telles occasions, qui quitte la partie la perd ; que sa sortie d'Angleterre tirera indubitablement après elle la ruine des catboliques, et peut-estrela sienne propre pour tousjours et celle du Roy son mari et de ses enfants. Que dans les grands changements comme sont ceux, qui sont en Angleterre, il faut craindre qu'on passe aux dernières extrémités, incapables par après de touts remèdes.
Que c'est à laReynedese donner un peu de patience jusquea à ce que le mal qui la presse soit sur son retour ; auquel cas, ce qui aigriroit maintenant son mal seroit capable de supporter une entière guérison. En un mot, que le Roy cognest la pensée d'un tel voiage si préjudiciable pour la Reyne qu'il croiroit estre responsable devant Dieu s'il ne le luy repré* sentoit.
2" Ecrirait d'une lettre de M. de Montreuil,
Londres, 2t mirt 1641,
.... La Royne de ia Grande-Bretagne ne cache plus à ses domestiques le ressentiment qu'elle a de la lesponce qu'elle a reçeue de France, sur la résolution qu'elle avoit prise d'y aller, jus'ques à dire qu'elle ne voudroit pas racheter sa ■\'ie par un voyage en ces quartiers, si elle n'y alloit pour reprendre les prétentions que les roys d'Angleterre croient avoir sur cet Estât.
3'^ M. de Montreuiî à S. E. le cardinal de Richelieu,
Londres, 25 mai i64t.
Monseigneur,
Le bruit qui avait couru que la France armait contre l'Angleterre, où je trouvois si peu de fondement que je ne jugeais pas qu'il pût gaigner créance auprès des personnes plus appréhcnsives et moins judicieuses, s'est augmenté de telle sorte que le vendrcdy, 17may, le sieur Pym fit sçavoir àlaMaison Haute, deiapart de la Basse, qu'après avoir examinés les desseins de ceulx qui avoient pris la fuilte, ils avoient trouvé qu'ils ne s'estoient pas contentez de vouloir employer l'armée angloise contre l'Angleterre, ni de lever de nouvellea forces dans le pays pour destruire sa liberté et pour délivrer le lieutenant d'Irlande; mais qu'il y avoit de très-puissantes preuves qu'ils vouloient se servir des armes cslrangèrcs, et faire entrer une armée françoisc en ce pays. Il demanda en suilte qu'on députât (juelques-uns des deux Maisons du Parlement pour s'asseurer de Portsmouth, où cette armé»', debvoit
descendre, et qu'on donnast les ordres nécessaires pour tenir la milice des provinces voisines en estât de marcher au premier commandement qu'elle recevroit, ce qui fut aussy tost exécuté, et le vicomte de Mandeville avec les chevaliers Clotworthy et Staplelon y furent envoyez dès le soir.
Soit que ceulx du Pailement ayent voulu se servir de ce bruit, auquel les domestiques de la Royne de la Grande-Bretagne et les catholiques anglois n'ont donné que trop de fondement, pour avoir un prétexte de faire armer la campagne, affin de réduire le Roy de la Grande-Bretagne dans la nécessité de confirmer le bill du Parlement contre le lieutenant d'Irlande, qui passa le soir mesmedans la Maison Haute, et pour oster à ce Roy la volonté de le conserver en lui en ôtant la puissance, soit qu'en effect ils ayent creu véritable ce qu'ils n'ont pas jugé impossible , il est certain que ce bruit s'est augmenté de plus en plus, et qu'il se dict samedy matiu publiquement qu'on avoit reçeu la confumalion des soupçons qu'on avoit eus les jours précédents, que cette armée, dont on avoit appréhendé la venue, s'estoit emparée desja des islcs de Gerzay et de Grenezay. Je reçeus trois ou quatre billets de mes amys sur les dix heures, par lesquels ils m'advertirent qu'on tenoit cecy pour asseuré, et me prièrent ou de me sauver si les ports estoient ouverts, ou de me retirer quelque part s'ils estoient fermez, que la Royne de la Grande-Bretagne se dlsposoit à prendre la fuite. Je jugeay ce conseil peu honneste, et me confiant en la bonté et en la sagesse du Roy et de monseigneur le Cardinal, et en ma propre conscience, je courus à la cour où je trouvoi que l'alarme y estoit plus grande que l'on ne me l'avoit exprimée, que tous les domestiques de la Royne de la Grande-Bretagne avoient pris avec eulx tout ce qu'ils avoient de plus précieux, et que les carrosses de cett. princesse altendoient au pied de l'escalier, en apparence pour la mener à ^Vilmington, mais en effet à Portsmoulh ,
et je sçeus qu'elle avoit pris cette résolution sur la peur qu'on lui avoil faicte qu'en suitto dos bruits qui avoient couru, on désiioit s'assenrtT de sa personne et de celle du Roy son mary , particulièrement s'il refusait de confirmer le bill contre le lieutenant d'Irlande. J'allay trouver Mgr l'evesque d'Angoulesrne à qui je représentay le tort que se faisoit laditle daine Royne, que la fuitte estoit un moyen pour haster le mal qu'elle appréhendoit, et pour les porter à l'exécution d'une entreprise dont ils n'oseroient pas alors avoir eu la pensée; outre qu'il y avoit peu d'apparence, ni que son départ pût eslre secret, le faisant en plain jour et le communiquant à tant de personnes, ni qu'il lût assez prompt pour se sauver, ayant tant de personnes à sa suitte, et emportant beaucoup de bardes avec elles; qu'il y avoit encore deux choses à considérer, et le peu d'assourancc qu'elle avoit que Porsmouth tint pour elle , et le danger auquel elle exposeroit ce qui resteroit de ses domestiques et tous les catholiques qui vivent icy. Mgr l'evesque d'Angoulesrne, qui a agi durant tout ce désordre avec une extrême prudence, me tesmoigna qu'il estoit dans les mêmes sentiments, mais qu'encore qu'ils fussent très-justes, ils seruient diflicilement écoutez de la Koyne de la Grande- Bretagne. Il me dict qu'il trouveroit moyen toutefois de les représenter, et jugea à propos que j'allasse cbez le père Pbilippo et quelques-unes de ses femmes pour les porter à faire le mesme, aflin d'essayer à obtenir, tous ensemble, ce qu'ils ne pourroient pas peut eslre gaigner séparément. Je feis ce qu'il me proposa, et je dis de plus au père l*liilij)pe que je le priois de sçavoir, de la Koyne de la Grande-Bretagne, si elle ne me commanderoit rien pour son service durant ces désordres, et de la vouloir asseurer que le Roy prenoit une part trèaparticulicre en son affliciion; que pour le dessein qu'elle faisoit piésentenunl, estant celuy qui pouvoit davantage sur l'esprit de cette princesse, il estoit obligé plus qu'aucun autre de la
norter à changer une résolution qui lui esloit si ruinei se, que si je n'apprchendois point de donner de nouveaux soubçons à des personnes extrêmement jalouses, je m'irois jetter aux pieds de ladite dame Uoyne, pour la supplier, au nom du Roy son frère, de demeurer. Le père Philippe me fit response qu'il n'y avoit pas d'apparence qu'il luy pût faire changer de dessein, que les personnes de condition qui lui avoicnt conseillé de fuira avoient sçeu sans doute le danger qu'elle cou ' roit en demeurant, qu'on le jugeroit coupable de tout le mal qui lui arriveroit à Londres. Il m'en dit assez pour me faire croire qu'il avoit autant de part que personne à la résolution que cette princesse avoit prise. Je ne sçay si toutes ces choses eurent quelque pouvoir sur l'esprit de cette princesse, mais j'appris à midy qu'elle avoit changé de dessein, ce qui arriva très-heureusement pour elle, parce qu'elle apprist deux heures après que le colonel Goring avoit informé le Parlement de tout ce qui se passait, et que cette fuitte eust encore esté de trèsgrand préjudice pour sa réputation, comme vous jugerez par ce qui s'est dict depuis assez publiquement que cette princesse était toute prête à laisser le roi son mari pour suivre le s' Jermyn. Je vous rapporte, monseigneur, des choses qui vous donneront de l'estonnement , mais qui sont conformes à ce qui s'est dict, et que je diminue plustost que je n'augmente par le discours.
J'avois pensé, dès le jour précédent, de quelle sorte je debvois agir pour assoupu' ce bruit qui s'estoit épandu du grand armement qui se faisoit en France pour porter la guerre eu Angleterre ; et bien que d'abord j'eusse esté tout prest de demander audiance aux deux Chambres du Parlement pour représenter comme c'estoit une chose qui n'avoit pas mesme apparence de vérité; j'avois toutefois jugé qu'il cstoit plus à propos de prendre une autre voye, pour deux différentes raisons j l'une, afin qu'ils ne s'imagip.assent que ce futplutost
une apologie pour la Roync de la Grande-Bretagne, et pour ceulx qu'an accusoit d'avoir voulu faire entrer cette armée en Angleterre, qu'un csclairoissement pour la France, et l'autre pour ne leur pas faire penser qu'on eust trop de peur de les fascher, ce que ces peuples s'imaginent fort aysément. Je m'estois donc contenté de parler seulement à ccuk des deux Maisons du Parlement qui y ont plus de crédit et avec qui j'ai davantage de familiarité, à qui j'avois représenté le peu d'apparence qu'il y avoit que des personnes qui sccussent les affaires présentes s'imaginassent que le Roy voulût laisser en paix la maison d'Autriche dans un temps où il y a si grand subject de croire qu'il la rangera à la raison, pour s'aller faire de nouveaux ennemys, et qu'il voulût rompre avec le Parlement et tout un royaume allié pour sauver le lieutenant d'Irlande que l'on sçayt avoir esté très-confident à l'Espagne et peu affectionné à la Francej que je sçavois que, durant qu». le Roy de la Grande-Bretagne avoit encore un parti en Angleterre et que les deux royaumes estoient divisés, le Rjy n'eust pas mesme voulu escouter les propositions qui eussent pu tendre en quelque façon à aCfoiblir l'union des deux Estats, ce que je me contentois de dire ainsi en général sans en venir à de plus grandes explications; qu'il y avoit peu d'apparence qu'il eust voulu entendre à un dessein de celte nature, en un temps où les affaires du Roy de la Grande-Bretagne estoient entièrement désespérées, qu'il y avoit une année sur les frontières de Flandre et une flotte sur laccstc de Bretagne, mais que c'estoit une chose cognue de tout le monde qu'on alloit deffendre le Portugal avec celle-ci et a'> iquer la Flandre avec celle-là.
J'avois commencé à insinuer ces îrnlimenls dès le vendredy au soir, et n'ayant pu rencontrer ce jour le comte d'Holiand, je l'allay trouver le samedy, aussy tost que la résolution du partomcnt de la Roync de la Giande-Brclagns
fut changée, et après lui avoir dit les mesmcs choses que j'avois repre'senté aux autres, j'adjoustay que je m'addressois à luycorameà celuy qui avoit plus de connoissancc qu'aucun du de'sir qu'avoienteuleRoy et monseigneur le Cardinal d'entrelcnir entre les deux Estais une estroitte union et une bonne intelligence, et des offices qu'ils avoient faits pour empesclier qu'elle se pût ou rompre ou refroidir; qu'il sçavoit que le voyage en France de la Royne de la Grande-Bretagne avoit esté diverty sur cette considération, qu'un ambassadeur seroit ici dans peu de jours qui confirnieroit encore plus particulièrement ce que je lui disois, que je le priois cependant, et de parler de cecy à ses amys, et de le vouloir représenter de ma part à MM. du Parlement estant assemblez, et leur faire sçavoir que j'estois icy pour respondre de tout le mal qui arriveroit, ce que jugeay à propos de faire dire publiquement, pour asseurer tout ce que nous avons icy de François. Aussi cela contenta fort ceulx du Parlement et servit beaucoup pour empesclier que ceulx de notre nation ne receussent aucune injure^ ce faux bruit s'estant presque esvanouy au mesme temps.
Voilà, monseigneur, de quelle sorte je me suis porté durant ce désordre. Je m'estimeray bien heureux si, après avoir agi selon qu'il m'a semblé debvoir faire, vous me faictes l'honneur d'agréer ce que j'ai faic''.. La longueur de cette dépesche m'oblige à vous faire sçavoir le plus succintement qui me sera possible ce qui est encore arrivé depuis le dernier ordinaire, alin de trouver un moyen [)our eatre exact, sans estre toutefois ennuyeux.
{Archives des affaires-, élrangères de France.)
ET PIH:CES historiques. 471
(Servant d'éclaircissement à la page 303.)
i« Le marquis de la Ferlé-Imhaull à M. ***, au déparlemml des Affaires étrangères.
Londres, 12 décembrt 1641.
Monsieur,
Le Roy de la Grande-Bretagne fit son entre'e (jeudy le 25 noveinbrc-5 décenil)re IG-il) à Londres, comme je vous ai mandé par ma précédente, et vendredy j'eus audiance publique auparavant aucun autre ambassadeur. Celuy d'Espagne l'eut samedy, de Portugal dimanche, de Venise lundy. Dans la mienne, je lémoignay premièrement au Roy de la Grande-Bretagne la satisfaction que Sa Majesté avoit eue lorsqu'elle avoit appris le bon succès de son voyage, et comme il avoit donné la paix à ses royaumes d'Escosse et d'Angleterre. Je lui dis ensuitte que lorsque je lui avois demandé, de la part du Roy mon maistre, la permission de faire quelque levée de ses sujets, il me l'avoit accordée avec tant de Icnioignages d'afloction que cela avoit bien fort obligé Sa Majesté, et que maintenant qu'elle apprenoit la rébellion qui estoit en Irlande, elle luy oifroit son assistance, s'il en avoit besoin. Sa Majesté Britannique me remercia et me dit que maintenant l'Escussc et l'Angleterre cstoient en estât de tranquillité, que pour l'Irlande il y avoit véritablement quelque révolte, mais qu'elle n'esloit pas beaucoup considérable, n'y ayant aucune personne de qualité de qui elle fust appuyée j qu'il espéroil que dans peu toutes choses seroicnt pacifiées, et que cependant il ra'asscuioit qu'il se sentoil très*
i^bligé au r»oy son frère, et qu'en toutes les occasions où il voudroit disposer de tout ce qui dépend de luy, il en pouvoit faire estât. Auparavant que de voir le Roy, j'avois sondé les esprits de mes amis du Parlement pour veoir s'ils agiéeroient ces offres et s'ils n'en prendroient point d'ombrage; mais bien loing de cela, ils m'en ont supplié, et après que j'eus veu le Roy de la Graude-Rretagne ils m'en firent faire compliment.
Après mon audience^ Sa Majesté Rritannique alla trouver la Reyne, et moy j'y fus conduit par le sieur Gerbier, qui voulut aller devant l'adverlir que je venois pour avoir l'honneur de la veoir. Le comte de Dorset et le dict Gerbier vinrent au devant de moy œe dire que la Reyne viendroit aussy tost. Je fus bien demi-heure dans sa chambre, et après on me dist qu'elle s'en estcit allée. Il est vray que je ne lui avois pas demandé l'audiance et que peut-être elle ne l'a pas sceu j au moins le dict-elle ainsi. M. de Vendosme vint hier chez moi qui me dist que le Roy et la Reyne lui avoient dict que c'estoit la faute du comte de Dorset, qu'elle ne sçavoit point que je fusse là, et qu'elle m'en feroitexcuse à la première veue. Je ne feray aucun semblant d'en estre mal satisfait, et si elle m'en parle, je lui témoigneray que j'allois pour lui rendre compte de ce que j'avois dict au Roy de la Grande- Bretagne, et que je n'aurois garde de penser qu'ayant l'honneur d'être auprès d'elle de la part du Roy, elle n'eust pas •dessein de me vouloir veoir, que je n'y allois pas cette fois comme ambassadeur, mais comme son très-bumble serviteur.
M. de Vendosme me témoigna que Leurs Majestez Britanniques estoient résolues de me proposer de me mesler, de la part du Roy, de leur accommodement avec le Parlement, n'y trouvant pas grande lumière que par cette voye là, dans l'embarras où sont les affaires. Je lui respondis que je m'cstois cffert plusieurs fois de servir la Reyne dans ce desscm là,
mais qu'elle ne l'avoit jamais désiré; que tontes les fois qu'elle me le commanderoit, j'y agirois comme son très-humble serviteur; qu'au temps que je iuy en avois parlé la chose csloit bien plus facile, et que depuis le retour de Sa Majesté Britannique ils avoiont si fort méprisé tous les seigneurs du Parlement et toute la Chambre des Communes que, pour se sauver du mal qu'apparemment on leur vouloit faire, ils s'estoient réunis et chcrchoient, par les loys du royaume, d'empescher qu'on ne leur peust nuire ; que Leurs Majestez Britanniques avoient au contraire receu toute l'autre cabale, qui est celle d'Espagne, avec tant d'applaudissement et de témoignages de satisfaction que j'appréhendois que ces messieurs du Parlement ne peussent pas quitter leurs défiances tant qu'ils verroient les choses en cet estât, et que cette faction, qui leur est ennemie, seroit en crédit auprès de Leurs Majestez; que j'étois asseuré que, quand la Reyne voudroit prendre les intérêts de la France et abandonner ceux d'Espagne, le Roy et mesme ces messieurs dont elle se plaint se porteroient à toutes les choses qui pourvoient contribuer à sa «atisfaction.
Le sentiment de M. de Vendosme est qu'il faut que Leurs Majestez Rritanniques me donnent parole qu'ayant travaillée leur accommodement et en estant venu à bout, ils rompront avec l'Espagne. Je ne Iuy ay rien respondu là dessus, mais je suis d'une opinion contraire, et je crois qu'il fault qu'ils fassent la rupture auparavant que j'oblige ceux du Parlement à le désirer ainsi, leur faisant veoir qu'il n'y a point de seurelé pour eux tant que ces favoris espagnols demeureront en puissance. La nécessité des uns et des autres est fort pressante, et de chaque côté ils sont à présent dans l'extrémité.
11 faut que, dans dix jours, il arrive quelque revers à l'une
OU l'autre de ces cabales faisant l'une et l'antre ce qu'elles peuvent pour se ruiner. Celle où j'ay habitude a esté jusques à celte heure la plus forte. L'arrivée du Roy de la Grande- Bretagne a fortifié l'autre. J'espère que cela n'empêchera pas qu'elle ne se maintienne. L'évesquc de Lincoln, le comte de Bristol et son fils sont ceux qui^ pensant me brouiller avec le Roy, la Reyne et le Parlement, ont faict courre le bruit que j'avois offert au Roy de la Grande-Bretagne vingt mille hommes pour mettre les Anglois à la raison. Cela ne leur a point donné d'ombrage, le comte de Holland estant dernièrement là lorsque je luy ay parlé; et le Parlement au contraire a dict tout hault que je témoignois bien par mes actions que la France n'avoit pas envie de brouiller cet Estât, puisqu'elle offroit des forces pour chastier ceux que la cabale d'Espagne avoit suscités pour en causer tous les troubles
Les députez d'Escosse doivent arriver dans deux jours. On me dit que, lorsqu'ils seront venus, le Parlement et eux se joindront pour me parler d'une nouvelle alliance. Je ne manqueray de vous le faire sçavoir aussitost, et nelairray de les escouter pour tenir l'affaire en estât, afin d'attendre les ordres de monseigneur le Cardinal. Si c'est chose qu'il désire, il ne faudra pas perdre de temps à se résoudre, car ces gens icy sont fort inégaux, et si on ne les prend dans le temps de leurs brouilleries avec le Roy, ils sont personnes à n'en '-ien foire. '
ET PIÈCES HISTORIQUES. -flfS
extrait (l'une leUre du marquis de la Fcrlc-Imhauîl.
Londres, -6 décembre l(A\
.... Leurs Majeslcz Britanniques sont enfin contraintes de chercher accommodement. On ne parloit , il y a quatre jours, que de faire couper la teste à plusieurs du Parlement. Tous les exilés qui sont en France font ce qu'ils peuvent pour rendre de mauvais oflicos au dit sieur de la Ferté. Ils se plaignent hautement de monseigneur le Cardinal. Ceux qui sont en Angleterre font encore pis, flattant Leurs Majestez dans leurs sentimens.
Le marquis de la Ferlé - JnibauU à M. ***, au déparlement des Affaires élrangères.
Londres, 16 janvier 1642.
Les affaires d'Angleterre emjiiront tous les jours. Il y a trois jours que le Parlement demanda au Roy une garde qui fût commandite par le comte d'Essex, laquelle il ne voulut pas leur accorder sur l'heure.
Le Roy et la Royne d'Angleterre ont mis deux personnes de la Chamhrehasse dans leur conseil, en ont fait un autre de la même Chamhie chancelier de l'Eschiquier, et le comte de Soulhampton, qui est de la haute, gentilhomme de hi Chambre du lict. Toutes ces promotions choquent extrêmement le Parlement.
Le Parlement estant rassemblé. Sa Majesté de la Grande- Bretagne envoya le procureur du Roy déclarer îi la Chamr)r haute le vicomte de iMandeville criminel de haute traliiï^on et demanda qu'on l'envoyast prisonnier à la Tour. En raesm
temps la Maison haute envoya demander conférence avec la basse et desputa ce mesme vicomte de Mandeville pour conférer avec elle. Les uns et les autres trouvèrent que cette action estoit vJolente d'envoyer un homme de condition du Parlement prisonnier sans en dire les raisons. Comme ils parloient de cette affaire, il arriva encore d'autres députez de Va part du Roy à la Maison basse, qui déclarèrent les sieurs f ym, Hollis et trois autres de cette Maison criminels de haute trahison, et mesme le Roy avoit envoyé, dans les loges de ces six, sceller leurs" cabinets et coffres de son sceau. Le Parlement, aprenant ces procédures, envoya lever le sceau, déclara qu'il tenoit ces personnes en sa protection, qu'on vouloit ruiner leurs privilèges, mais qu'ils estoient bien résolus de les maintenir, qu'on faisoit des assemblées à la cour et une garde, qu'ils prioient le Roy de faire retirer toute 1a noblesse qui s'estoit jetée dans son palais, et de trouver bon qu'ils eussent autant de gardes qu'il en prenoit pour luy, et personnes qu'ils choisiroient.
La Royne de la Grande-Bretagne m'a envoyé le supérieur des Capucins me dire que je retirasse chez moi l'argenterie de sa chapelle. En mesme temps on fict peur aux pères qu'on les devoit assommer. Je fus chez la Royne qui me confirma le commandement qu'elle m'avoit fait faire et l'appréhension qu'elle avoit pour ces pères. J'y avois prévu, dis-je, et mes amis du Parlement m'avoient assuré qu'on n'entreprendroit rien contre eux , et qu'ils avoient donné ordre que lut apprentis n'y allassent point. Depuis j'ai sceu que des serviteurs de la Royne faisoient coure le bruit qu'elle ne se soucioit pas des capucins , puisque cela estoit si fort contraire aux sentimens du peuple.
Le Roy et le Parlement se roidissent chacun de son costé. Nous verrons bien lost qui fléchira. Je ne sçay s'il scroit plus avantageux à la France que Time de ces deux puissances de-
ineurast le maître. Je vous prie de me mander ce que j'ay à faire.
Je ne vois mes amis que le moins que je puis, ni la cour non plus, pour me maintenir sans ombrage. Je vous supplie que je sache les intentions de Son Éminence sur ce sujet.
On a envoyé douze évesques à la Tour; on pensoit faire leur procès. Je leur ay conseillé le contraire parce qu'estant condamnez on y en pourvoiroit d'autres; là où n'estant que prisonniers, c'estoit douze voix qni estoient à leur avantage: je crois qu'ils alentiront ce jugement.
On ne voit présentement que des préparations à beaucoup de maux, assemblées de part et d'autre, porter publiquement dans la ville, chez le Roy et au Parlement, poignards et pistolets de poche, tirer les espées et poignards dans la chambre du Roy et de la Royne, pour faire veoir qu'ils ont quelque dessein.
Hier le Roy fut au Parlement avec trois cens gcntilshomaies et le peu qu'il a de gardes. 11 entra dans la Chambre des Communes où il demanda les cinq qu'il avoit accusez ; et comme le parti ce jour-là n'cstoit pas bien fait pour le Parlement, j'en advertis mes amis qui y pourveurent, faisant un quart d'heure devant esloigner ces personnes et donnant ordre à la ville qu'on prit les armes.
Lelendemam, le Roy, croyant s'assurer du peuple, fut chez le maire où le Conseil estoit, puis disnèrent chez un cherif, n'ayant mené avec soy que le marquis d'Hamilton, lescomtes d'Essex, d'HoUand et de Nieuport. 11 devoit aller après disner à la Tour. Le bruit est que son intention estoit de laisser ces quatre seigneurs prisonniers s'il eût trouvé disposition aux bourgeois de le protéger; mais au contraire, dans le Conseil de la ville et par les rues, le peuple crioit tout haut! « Liberti du Parlement.» Les buurgoois prirent les armes et plusde deux mille fiuenlsur leclit'njindelulour.Lelloy ne le trouvant pas
8on compte, est revenu droit à la cour. Le Parlement et le peuple ont protesté la protection de ces six personnes condarane'es, de sorte que mes amis, dont quatre cstoient du nombre, se maintiendront, et de telle sorte que j'ay peur que l'autorité du Roy d'Angleterre ne soit bien esbranlée.
Le sieur Gerbier m'est venu trouver pour me parler d'une proposition que l'ambassadeur de Venise lui a fait faire pour sauver l'honneur du Roy d'Angleterre. Cet ambassadeur projettoit que nous demandassions audience publique ensemble, et que nous prierions le Roy de donner un pardon général de tout ce qui s'est fait au Parlement, que les ambassadeurs estant bien auprès de la Royne, ils la porteroient à cela, et que, moy estant bien avec le Parlement, je tàcherois aussi de le porter à y consentir, et que mes amis qui estoient en crime seroient par là à couvert. J'ay respondu au «ieur Gerbier que je ne pouvois commettre le nom de Sa Majesté pour aucune affaire que ce soit avec un autre ambassadeur, et que je ne voulois point avoir d'audience avec personne, que jevoyois le Roy et la Reyne d'Angleterre souvent, et que quand ils me commanderoient de les servir, je ferois toutes choses possibles pour leur tesraoigner que l'intention du Roy seroit tousjours de les assister de ses bons conseils, que je n'aurois garde de pousser cette affaire plus avant, Leurs Majestés m'ayant toujours tesmoigné qu'elles ne vouloient penser à aucun accommodement.
On croit que le Roy d'Angleterre n'a plus d'autre ressource que d'aller en Irlande.
Je ne sçaurois subsister si Monseigneur ne m'en donne la moyen. Si j'avois autant de biens comme de volonté de le iervirj il ne seroit pas importuné de moy.
Tableau de la composition de l'armée levée par 1$ Parlement en lG-i2*.
Général en chef ; llobcrt Devereux, comte d'Essex.
Major général (ou, comme on disait alors, Sergent-major général) : sir John Menir.k.
Général de l'artillerie : John Mordaunt, comte d§ Peterborough *.
Colonels det régiments d'infanterie.
Le comte d'Essex.
Le comte de Peterborough.
Henri Grey, comte de Stam-
l'ord.
William Fiennes, vie. Say.
Edouard Montagne, vicomte
Mandeville^.
John Carey, vicomte Koch-
ford*.
Olivier Saint-John, vicomte
Saint-John.
Piobert Groville, lord Brook.
John Huborts, lord Hobcrts.
Philippe Wharton , lord
Wliarton.
John Ilanipden.
Dcnzil llollis.
Sir John Mcrrick.
1 I)'apr^s une brochure publiée à Londres en 1642, et intitulée : List of the army raised under the command of Robert, earl 9f Essex.
2 A la mort du comte de Peterborough, sir John Merrick devint général de l'artillerie, et Philippe Skippon fut nommé major général.
' Lord Manchester, connu aussi sous le nom de baron Ximbolton.
* Xommé aussi baron Hunsdon.
Sir Henri Cliolmondley.
Sir William Constable.
Sir William Fairfax '.
Qiarles Essex.
Thomas Gi'antham.
Thomas Ballard.
William Bampfu'ld.
Colonels des régiments ' de cavalerie '
Le comte d'Essex.
Le comte de Bedford.
Le comte de Peterborough.
Le comte de Stamford.
Le vicomte Say.
Le vicomte Saint-John.
Basile Fielding, vicomte Fiel-
ding*.
Lord Brook.
Lord W'harton.
William Willougliby, lord
Willoughby de Parham.
Ferdinand llastings, lord
Hastings.
Thomas Crey, lord Grey de
Grooby, Sir William Balfour.
Sir William Wallcr.
Sir Arthur Haslcrig.
Sir Walter Earl.
Sir Faithful Fortescue.
Nalhaniel Fiennes.
Francis Fiennes.
John Fiennes.
Olivier Cromwell.
Valentine Wauton.
Henri Ireton.
Arthur Goodwin.
John Dalbier.
Adrien Scroop.
Thomas Hatcher.
John Hotham.
Edouard Berry.
Sir Bobcrt Pye.
Sir William Wray.
Sir John Saunders.
John Alured.
Edwin Sandys.
John Hannuond.
Thomas llammond, Alexandre Pym.
Antoine Mildmav.
* Cousin du célèbre sir Thomas Fairfax.
2 Troops ofhorse.
3 Dans les écrits du temps, on les nomme souvent capilainet.
* Nommé aussi quelquefois baron Newnham ; il était fils do comte de Denbigh, et en prit le titre à la mort de son père, sur» renue le 3 avril ]f)43.
Henry Mi Idmay.
James Temple.
Thomas Temple.
Arthur Evelyn.
Robert Vivers.
Hercule Langrish.
William Pretty.
William Pretty.
James Sheffield.
John Gunter.
Rohci t Burrel.
Francis Dowct.
John Bird.
Matthieu Urapper,
Dimock.
Horace Carrey.
John Neal.
Edouard Ayscough.
George Thompson.
François Thompson.
Edouard Keighly, Alexandre Douglas.
Thomas Lidcot.
John Fleming.
Richard Grenville., Thomas Terril.
John Haie. William Balfour.
George Âustin.
Edouard Wingate.
Edouard Baynton.
Charles Chichcster.
Waltcr Long.
Edmond W'est.
William Anselm, Rohert Kirle.
Simon Rudgeleyo
(SerTant d'éclaircissement k la page 398.)
Sur l'emploi des catholiques dans les armées du Roi.
Dès le 23 septembre iQà'i, c'est-à-dire au moment même de l'explosion de la guerre civile, et avant la bataille d'Edgehill, le Roi écrivait au comte de Newcastle la lettre suivante :
« Newcastle, celle-ci est pour vous dire que celte rébellion « est venue à un tel point que je ne dois point m'inquiéter « de quelle opinion sont aujourd'hui les hommes qui sont « disposés à me servir; en conséquence, non-seulement je « vous permets, mais je vous ordonne d'employer tous mes « fidèles sujets sans examiner leur conscience, si ce n'est « quant à leur loyauté envers moi, et de la manière que vous « jugerez la plus utile au maintien dp'=! justes droits de ma « couronne. »
M. Brodie a publié pour la première fois celte lettre d'après les manuscrits du Musée britannique.
(Brodie'sHistory of the Brilish emfirt, t. III, p. 499, dans la note.)
Pétition contre la paix, présentée à la Chambre deê Communes, le 7 août dG43, par le Conseil commun de la cité.
c Vos pétitionnaires ont entendu dire que la Chambre des Pairs avait transnîis récemment à cette honorable Chambre des propositions et des ofTres qui, si elles étaient acceptées, seraient, nous le craignons grandement, destructives de notre religion, de nos lois et de notre liberté. Nous savons déjà par expérience que l'esprit de tout le parti bien intentionné, dans la cité et dans les comtés adjacents, c'est-à-dire de tous ceux qui sont disposés à soutenir le Parlement de leur personne et de leur bourse, en est extrêmement abattu; et nous sommes convaincus que par la même cause, l'assistance fraternelle que nous attendons de l'Ecosse, ainsi que la levée et l'entretien de nos troupes, essuieront beaucoup de difficultés et de retards. Les pétitionnaires recommandent toutes ces choses à votre sérieux examen ; et, convaincus que notre triste position présente provient de ce que la patience du Tout-Puissant s'est lassée de tant de délais apportés au juste châtiment de, traîtres et des délinquants, puisque nous avons encore un occasion de parler, nos désirs sont :
a Qu'il vous plaise de persister dans vos précédentes résolutions, sur lesquelles le peuple a tant compté, et par le quelles vous vous êtes engagés vous-mêmes, dussiez-vous périr dans celte entreprise, à faire faire justice des délinquant*
ili84 ÉCLAIRCISSEMENTS
el des criminels. Et puisque nous sommes aussi disposés quft nous l'ayons jamais été à hasarder tout ce que nous avons et tout ce que nous aurons pour le succès d'une si bonne cause, nous demandons qu'il vous plaise d'adopter promptement l'ordonnance ci-jointe ou quelque autre au même effet, afin (le nous mettre en mesure de pourvoir à notre défense et à la vôtre, ce à quoi vos pétitionnaires, avec l'aide de Dieu, ne manqueront jamais. »
A cette pétition était annexée la minute d'une ordonnance pour donner à un comité le pouvoir de lever des hommes et de recevoir des souscriptions.
(Ru8bworih,part. III,t. II, p. 356.)
(Servant d'éclaircissement à la page 439.)
Pélidon pour la paix, présentée à la Chambre des Communes, le 9 août 1643, par des femmes do Londres.
« Vos pauvres pétitionnaires, quoique du sexe le plus faible, ne prévoient que trop clairement quelle désolation s'apprèle à frapper ce royaume, à moins que, par quelque moyen bien approprié, Vos Honneurs ne pourvoient à sa prompte guérison. Vos Honneurs sont les médecins qui, avec labi-nédiction spéciale et miraculeuse de Dieu, que nous implorons huinblement, peuvent ramener à la santé cette nation languissante, et notre sœur couverte de sang, le royaume (l'Irlande, qui en est presque à son dernier soupir.
« Nous n'avons pas besoin d'indiquer à vos esprits, qui ont la vue de l'aigle, quel moyen vous devez prendre ; notre seul désir est que la gloire de Dieu continue à briller dans la vraie religion protestante réformée; que les justes prérogatives et privilèges du roi et du Parlement soient maintenus j que les vraies libertés et les propriétés des sujets leur soient garanties selon les lois connues du pays, et qu'on emploie enfui, pour arriver à une prompte paix, toutes les voies et moyens honorables.
0 Qu'il plaise donc à Vcs Honneurs d'adopter quelque prompte mesure pour l'élaljlissement, à la gloire de Dieu, de la vraie religion protestante réformée, et pour ramener, à la
aSG ECLAIRCISSEMENTS ET PIECES HISTORIQUES.
grande joie des sujets, la prospérité du commerce; car ce sont là l'àme et le corps du royaume.
a Et vos pétitionnaires, avec plusieurs millions d'âmes affligées qui gémissoni sous le poids de ces temps de déti'esse. prieront pour vous comme ils le doivent. »
tKusbworth, pert. III, t. ÎI. p. 357.)