‹ Histoire de Charles Ier (volume 2)Chapitre 139 sur 144 · MORT DE LORD FALKLAND · texte numérisé non relu

MORT DE LORD FALKLAND

mois il les recherchait avec passion; le spectacle des souffrances du peuple, les maux plus grands qu'il pré- Toyait, l'anxiété de ses vœux, la ruine de ses espérances, le malaise constant de son âme dans un parti dont il redoutait presque également les succès et les revers, tout l'avait plongé dans la plus amère tristesse; son humeur s'était aigrie; son imagination, naturellement brillante et vive, était devenue fixe et sombre ; enclin par goût et par habitude à une élégance peu commune, il ne prenait plus aucun soin de ses vêtements ni de sa personne ; aucune conversation, aucun travail ne lui plaisait plus ; souvent assis, la tête dans ses mains, au milieu de ses amis, il ne sortait d'un long silence que pour s'écrier douloureusement : « La paix ! la paix ! » et l'espoir de quelque négociation parvenait seul à le ranimer. Le matin de la bataille, ceux qui l'entouraient s'étonnèrent de le trouver plus gai : il parut apporter à sa toilette une attention depuis longtemps inaccoutumée : « Si je suis « tué aujourd'hui, dit-il, je ne veux pas qu'on trouve « mon corps dans du linge sale. » On le conjura de rester : la tristesse rentra dans tous ses traits : « Non, dit- « il, depuis trop longtemps tout ceci me brise le cœur « j'espère que j'en serai hors avant qu'il soit nuit; » e' il alla se joindre en volontaire au régiment de lord Byron. L'action à peine engagée, une balle le frappa dans le bas-ventre ; il tomba de cheval et mourut sans qu( personne eût remarqué sa chute, victime d'un temp. trop rude pour sa pure et tendre vertu. On ne rctrouv-son corps que le lendemain ; ses amis, Hydc surtout.

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gardèrent de lui un souvenir inconsolable; les gens de cour apprirent sans grande émotion la mort d'un honmie qui leur était étranger; Charles témoigna des regrets décents et se sentit plus à l'aise dans le Conseil '. A peine Ehsex était arrivé à Rcading qu'une députalion des deux Chambres vint lui porter rexpres:-ion de leur reconnaissance, pourvoir aux besoins de son armée, s'enquérir de tous ses Vœux ^ Non-seulement le Parlement était sauvé, mais il pouvait se croire désormais à l'abri de tels périls ; le môme succès avait couronné ses négociations et ses armes : pendant qu'Essex faisait lever le siège de Glocester, Vane, rendu enfin à Edimbourg, concluait avec les Écossais une étroite alliance. Sous le nom de ligue et covmant solennel, un traité politique et religieux, qui vouait à la défense de la même cause les forces unies des deux royaumes, fut voté en un jour par la convention des États et l'assemblée générale de l'Église d'Ecosse ' : dès le lendemain, des commissaires écossais partirent pour Londres, où les deux Chambres, après avoir consulté l'assemblée des théologiens, le sanctionnèrent également *; et huit jours

* ClarcndoD, Ilist. ofthe re&eZÎ., t. VI, p. 235-250.— Whitelocke, p. 70.

2 Le 2-1 septembre 1G43. Journals of tlte Ilouse of Gommons, 29 septembre. — Whitelocke, p. 70.

8 Le 17 août 16-i3. Burnet, Mcmoirs of Ihe Ilamiltom, p. 239 — Ncnl, Ilist. ofihe Purit., t. IH, p. 5G-G2. — Buillie, Lctlers, t. I.

* Le 18 septembre 1G13. Parliam. Hist., t. III, col. ltJ9.

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