DISSOLUTION DU SECOND
mise en liberté de lord Arundel, que le Roi avait fait arrêter pendant la session j, et Charles céda pareillement*.
Las de se voir vaincn par des adversaires qu'il avait appelés et pouvait dissiper, pressé par son favori inquiet, après avoir essayé de quelques complaisances toujours accueillies avec transport^ mais qui n'empêchaient rien> informé enfin que la Chambre des Communes préparait une remontrance générale, Charles résolut de se soustraire à une situation qui l'humiliait aux yeux de l'Europe et aux siens. Le bruit se répandit que le Parlement serait bientôt dissous. La Chambre haute, qui commençait à rechercher la faveur populaire, se hâta d'adresser au Roi une pétition pour le détourner de ce dessein, et tous les pairs demandèrent à suivre le comité chargé de la lui présenter. « Pas une minute de plus ! » s'écria Charles. La dissolution fut aiissilôt prononcée-; une déclaration royale en exposa les motifs. Le projet de remontrance des Communes fut brûlé sur la place pubhque, et quiconque en })Ossédait un exemplaire eut ordre de le brûler aussi ^ Lord Arundel fut remis aux arrêts dans sa maison, lord Rristol à la Tour *, le duc de Buckingham se crut sauvé, et Charles se sentit Roi.
Sa joie fut courte comme sa prévoyance : le pouvoir absolu a aussi ses nécessites. Engagé, contre l'Espagne
i 8 juin 1626. Parliam. Eist., t. II, col. 125 et sui^. « 15 juin 1626. Parliam. Hist., t. II, col. ltJ3. » Parliam. Hist., t. II, col. 207.
* Ibid., t. II, col. 193.
PARLEMENT (15 JUIN 1626). Ul
et TAutriche, dans une guerre ruineuse, Charles ne disposait pas d'une armée qu'il pût employer à vaincre on même temps ses ennemis et ses sujets. Peu nombreuseSj mal disciplinées, ses troupes de terre lui coulaient fort cher; le puritanisme dominait parmi If s marins; il n'osait se fier à la milice, plus docile àl'inlluence des bourgeois ou des genlilsliouurics de comté qu'à celle du Roi. Il avait écarté les adversaires, mais non les embarras et les obstacles; le fol orgueil de Buciiingham en suscita de nouveaux. Pour se venger du cardinal de Richelieu, qui ne voulait pas qu'il revînt à Paris poursuivre, auprès d'Anne d'Autriche, de téméraires succès, il décida son maître à entrer en guerre avec la France. L'intérêt du protestantisme servit de I)rétexte; il fallait sauver la Rochelle assiégée, et prévenir la ruine des réfoiinés français. On espérait que, pour cette cause, le peuple s'armerait avec passion, que du moins il se laisserait opprimer.
Un emprunt général fut ordonné, de la môme valeur que les subsides qu'avait promis, mais non votés, le Parlement. On enjoignit aux coimuissaires d'interroger les récalcitrants sur les motifs de leur refus, de savoir qui les y avait engagés, par quels discours, dans quels desseins. C'était à la fois une atteinte aux fortunes et une enquête sur les opinions. Quelques régiments parcoururent les comtés ou s'y cantonnèrent, à la charge (les habitants. Les ports et les districts maritimes eurent ordre de fournir des bâtiments armés et équipés, i)reniicr essai de la taxe des vaisseaux. On en demanda