‹ Histoire de Charles Ier (volume 2)Chapitre 25 sur 144 · SECONDE SESSION DU TROISIÈME · texte numérisé non relu

SECONDE SESSION DU TROISIÈME

Charles essaya vainement d'arracher aux Communes la concession des droits de douane, unique but, pour lui, de leur nouvelle réunion. Il employa tantôt la me- ^ nace, tantôt la douceur, avouant qu'il tenait ces taxes, comme tout autre, du pur don de son peuple, et qu'au Parlement seul il appartenait de les établir, mais exigeant toujours qu'elles lui fussent accordées pour toute la durée de son règne, comme à la plupart de ses prédécesseurs*. Les Communes furent inébranlables : c'était la seule arme qui leur restât pour se défendre du pouvoir absolu. En s'excusant de leurs retards , elles y persistèrent et continuèrent de déployer leurs griefs. mais sans but déterminé, sans élever, comme dans la session précédente, des prétentions claires et précises, en proie à un trouble violent mais vague , et agitées du sentiment d'un mal qu'elles ne savaient comment guérir. Le Roi se lassait : on lui refusait sa demande sans lui en adresser aucune, sans lui rien présenter qu'il pût repousser ou accueillir, avec l'air de la pure malveillance, et comme dans l'unique dessein d'entraver son gouvernement. On annonça qu'il avait dessein d'ajourner les Chambres. Sir John ElMot proposa en toute hâte une nouvelle remontrance contre la perception des droits -, L'orateur, alléguant un ordre du prince, refusa de la mettre aux voix. On insista : il quitta son fauteuil;

u>ich, p. 203, dans ma Collection des Mémoires relatifs à laB.^» tion d'Angleterre.

» Parliam. Hist., t. II, col. 443.

S i mars 1629.

PARLEMENT (janvier mars 1629). Ï65

MM. Uollis, Valentine et d'autres membres l'y ramené rent avec violence, malgré les efforts des amis de la coui pour l'arraclicr de leurs mains. « De par Dieu, lui di( « Ilollis, vous siégerez jusqu'à ce qu'il plaise à la Cham- « bre de sortir. » — « Je ne veux pas, je ne puis pas, je « n'ose pas , » s'écriait l'orateur. Mais les passions n'avaient plus de frein , on le contraignit de se rasseoir. Le Ivoi, informe du tumulte, fit donner à l'huissier de la Chambre l'ordre de se retirer a\cc la masse, ce qui suspendait de droit toute délibération: l'huissier fut retenu comme l'orateur; on lui ôta les clefs de la salle : un membre, sir Miles Hobart, se chargea de les garder. Le Roi envoya un second messager pour annoncer la dissolution du Parlement; il trouva les portes fermées en dedans, et ne put entrer. Charles, furieux, fit appeler le capitaine âe ses gardes, et lui commanda d'aller enfoncer les portes. Mais, dans l'intervalle, les Communes s'étaient retirées, après avoir ado[)té une protestation qui frappait d'illégalité la perception des droits de douane, et déclarait traître quiconque les lèverait ou consentirait seulement à les payer ^

Tout rajjprochement était impossible : le Roi se rendit à la Chambre des Pairs * : « Jamais, dit-il, je ne suis venu « ici dans une occasion plus déplaisante; je viens dis- « soudre le Parlement. La conduite séditieuse de la « Chambre basse en est la seule cause; je ne rimputf.

1 Parliam. Ilist., t. II, col. 4b7-4'Jl. a iO mars 1C2'J.

CHAULliS i"-

170 DISSOLUTION DU 3c PARLEMENT (10 mars 1629).

« pointa tous; je sais qu'il y a dans cette Chambre beau' « coup d'honnêtes et loyaux sujets; quelques vipères les « ont trompés ou opprimés. Que les malveillants s'at- « tendent à ce qui leur est dû. Pour vous, milords de la « Cliambre haute, comptez de ma i)art sur la protection « et la faveur qu'un bon Roi doit à sa fidèle noblesse ^ » La dissolution fût prononcée. Peu après parut une déclaration portant : « On répand , dans de mauvais des- « seins, qu'un Parlement sera bientôt réuni. Sa Majesté « a bien prouvé qu'elle n'avait pour les Parlements au- « cune aversion ; mais leurs derniers excès l'ont déci- « dée, malgré elle, à changer de conduite; elJe tiendra « désormais pour une insolence tout discours, toute dé- « marche qui tendrait à lui prescrire une époque qiiel- « conque pour la convocation de Parlements nou- « veaux "-. ))

Charles tint parole, et ne s'inquiéta plus que de gou» verner seul.

» Parliam. Hist., t II. coL 4M.

* Ibtd., col. ô2â.

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