‹ Histoire de Charles Ier (volume 2)Chapitre 24 sur 144 · SECONDE SESSION DU TROISIÈME · texte numérisé non relu

SECONDE SESSION DU TROISIÈME

reçut un riche bénéfice; l'évoque Laud% déjà fameux par son dévouement passionné au pouvoir du Roi et de l'Église, passa au siège de Londres, Les actes publics répondaient aux faveurs de cour : les droits de douane étaient perçus avec rigueur; les tribunaux d'exception continuaient de suspendre le cours des lois. Ucntré sans bruit dans la carrière du despotisme, Charles pouvait même s'y promettre de plus heureux succès: il avait détaché du parti populaire le plus brillant de ses chefs, le plus éloquent de ses orateurs : sir Tiiomas Wenlworth, créé baron, était entré au Conseil malgré les reproches, les menaces même de ses anciens amis : « Je vous donne « rendez-vous dans la salle de Westminster , » lui dit BL Pym à leur dernier adieu. Mais Wentworth, ambitieux et hautain, se précipita avec passion vers la grandeur, bien éloigné de prévoir à quel point il serait an jour fatal et odieux à la liberté. D'autres défections suivirent la sienne ^ ; et Charles, entouré de conseillers nouveaux, plus sérieux, plus habiles, moins décriés que Buckingham, vit approcher sans crainte la seconde session du Parlement ^

A peine en séance, la Chambre des Communes voulut savoir quelle exécution avait reçue le bill des droits *.

1 Né le 7 octobre 1573, à Reading; il avait alors cinquantequatre au3, et était évoque de Bath et Wells.

* Sir Dudley Diggs , sir Edouard Littleton, Noj, Waude«ford, etc.

8 20 janvier 162U.

* 21 janvier 1629.

PARLEMENT (janvier-mars 1629). 1G7

Elle apprit qu'au lieu de la seconde réponse du Pioi, c'était la première, la réponse évasive et rejetée, qui y avait été jointe. L'imprimeur du Roi, Norton, avoua que, le lendemain même de la prorogation, il avait reçu l'ordre de chunger ainsi le texte légal, et de supprimer tous les exemplaires qui portaient la vraie réponse, celle dont Charles s'était vanté en disant : « J'ai fait tout ce « qui me regarde ; rien désormais ne peut m'ôtre im- « puté. »

Les Communes firent apporter les papiers, vérifièrent l'altération, et n'en pa'lèrcnt plus, comme rougissant de trop dévoiler un le] .nanque de foi; mais leur silence ne promettait point l'oubli '.

Toutes les attaques recommencèrent contre la tolérance des papistes, la faveur accordée aux fausses doctrines, le relâchement des mœurs, la mauvaise distribution des dignités et des emplois, les procédés des cours d'exception, le méiiris des libertés des sujets ^

Telle était la i)assion de la Chambre, qu'un jour elle écouta, en grand silence et avec faveur, un homme in connu , mal vêtu , de grossière apparence , qui , parlant pour la première fois, dénonçait, comme un furieux el en mauvais langage, l'indulgence d'un évèque pour un prédicateur obscur , plat papiste , disait - il. C'était 01i« \ijr Cromwell'.

* Parliam. Hisl., t. IT, col. 435-

» Parliam. Hist.. t. II, col. 438, 443, 4GG, 473.

• 11 février 1G29. Parliam. Hisl., * II, col. 4G4. Mémoires de U'or*

Page 1