DANS L'EGLISE ANGLICANE
formes du culte, prescrivait impérieusement des pratiques jusque-là inconnues, altérait même la liturgie qu'avaient sanctionnée les Parlements; et tous ces changements avaient sinon pour but, du moins pour résultat, de rendre lÉglise anglicane plus semblable à l'Église romaine. La liberté dont jouissaient les papistes, et les espérances qu'ils étalaient par imprudence ou par calcul, confirmaient le peuple dans ses plus sinistres appréhensions. On publiait des livres pour prouver que la doctrine des évèques anglais pouvait fort bien s'accommoder à celle de Rome; et ces livres, bien que non autorisés, étaient dédiés au Roi ou à Laud, et tolérés ouvertement*. Des théologiens amis de Laud, l'évèque Montagne, le docteur Cosens, professaient des maximes analogues, et les professaient sans danger, tandis que les prédicateurs aimés du peuple épuisaient en vain tantôt la complaisance, tantôt le courage, pour coiriserver quelque droit d'écrire et de parler. Aussi la croyance au triomphe procliain du papisme s'accréditait de jour en jour, elles gens de cour, qui voyaient de près, la partageaient avec la multitude. La fille du duc de Devonshire se fit catholi(iue. Laud lui demanda quelles raisons lavaient déterminée : « Je n'aime pas à « marcher dans la foule, lui dit-elle; je vois que « Votre Grâce et bien d'autres se hâtent vers Rome; « je veux y arriver seule et avant vous. » La splendeur et la domination exclusive de l'épiscopat
• Whitclocke, MemoriaUj etc., p. 21,