‹ Histoire de Charles Ier (volume 2)Chapitre 67 sur 144 · CONVOCATION D'UN · texte numérisé non relu

CONVOCATION D'UN

cette assemblée, on en espérait plus de complaisance et de ménagement pour l'honneur du Roi ; on se demandait s'il ne serait pas possible qu'elle votât seule des subsides ^ 31ais avant que le grand Conseil se fût réuni, deux pétitions, l'une de la cité de Londres -, l'autre de douze pairs, des plus considérables par leur rang ou leur crédit', sollicitèrent, en termes exprès, la convocation d'un vrai Parlement. C'était assez pour vaincre la dernière résistance d'un Roi qui ne pouvait plus rien. Au milieu de ces incertitudes, Strafford, pour satisfaire son ressentiment autant que pour justifier ses avis, avait attaqué les Écossais et remporté sur eux quelque avantage ; il fut blâmé comme ayant compromis le Roi, et reçut l'ordre de se renfermer dans ses quartiers *. Les pairs s'assemblèrent ^ Charles leur annonça qu'il convoquait un Parlement, et ne réclama que leurs conseils pour traiter avec les Écossais *. Les négociations s'ou-

1 Clarendon, ITist. of the rehéH.,i. I, p. 253.

« Rushworth, part. II, t. II, p. 12(33.

3 Ihid., p. 1260. Les douze signataires étaient les lords Essex, Bedford, Hartford, Warwick, Bristol, Mulgrave , Say et Seal , Howard, Bolingbroke, Mandeville, Brook et Paget.

* Clarendon, Hist. of the rcbeU., t. I, p. 273.— MM. Lingard (Hist. ofEngl.. t. X, p. 95, net. 94) et Brodie [Hist. of the British empire^ etc., t. II, p. 539) nient ce fait, d'après des inductions tirées de documents of&ciels et contemporains; mais leurs raisons ne me paraissent pas sufEsantes pour faire rejeter le témoignage de Clarendon, dont le récit est formel, circonstancié, eJ qui n'avait à ce sujet aucun motif d'altérer la vérité.

5 Le 24 septembre 1640.

« Rushworth, part. II, t. II, p. 1275.

vrirent. Seize pairs, tous enclins au parti populaire, furent chargés de les diriger'. On stipula d'abord que les deux armées resteraient sur pied, et que le Roi payerait celle des Écossais aussi bien que la sienne. Un emprunt de 200,000 livres sterling fat demandé, pour y sutfire, à la cité de Londres, et les pairs joignirent leur parole à celle du Roi pour en garantir l'emploi*. Après avoir signé à Rippon les articles préliminaires, Charles, pressé de se reposer auprès dt: la Reine de tant d'embarras et de dégoûts, transféra la négociation à Londres ', où le Parlement devait s'assembler. Les commissaires écossais s'y rendirent en hâte, certains de trouver là de puissants alliés. Les élections s'accomplissaient dans toute FAngleterre ; la nation s'y portait avec ardeur; la cour, triste et abattue, essayait en vain d'y exercer quelque influence; ses candidats, faiblement soutenus, étaient partout repoussés; elle ne réussit même pas à faire élire sir Thomas Gardiner, ([ue le Roi voulait avoir pour orateur*. La réunion du Parlement fut fixée au 3 novembre. Quelques personnes conseillèrent à Laud de choisir un autre jour. Celui-là, dit-on, était de mauvais augure; sous Henri VIII, le Parlement

» Les lords Bedford , Hertford, Essex, Salisbury, Warwick , Bristol, Holland , Berksûire , Mandcville, Wharton , Pagot, Brook, Pawlel, Howard, Saville, Dunsmore.

• Rushworth, part. II, t. II, p. 1279.

5 Le 23 octobre 16-10; Kushwortli,part. II, t. II, p. I28G1305.

* Clarendon , Hist. of the rehall t. U. d. 2. — Whitelock», p. 35.

252 CONVOCATION D'UN PARLEMENT (sept. 1640).

rassemblé à pareil jour a^ait commencé par la ruine du cardinal V>'olsey, et fini par la destruction des abbayes . Laud écarta ces présages,, non par confiance/ mais comme lassé de combattre, et s'abandonnant, ainsi que son maître, aux chances d'un avenir que tous cependant, vaincus ou vainqueurs^ étaient bien loin de prévoir.

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