AVÈNEMENT DE CHARLES I
le Roi et le peuple une parfaite harmonie : « Car, dit- « il, nous pouvons tout espérer du prince qui nous « gouverne, pour le bonheur et les libertés de notre « pays*. »
Toute l'Angleterre, en effet, se livrait à la joie et à l'espérance. Et ce n'étaient pas seulement ces espérances vagues, ces joies tumultueuses qui éclatent au début d'un nouveau règne; celles-ci étaient sérieuses, générales, et semblaient bien fondées. Charles était un prince de mœurs graves et pures, d'une piété reconnue, appliqué, instruit, frugal, peu enchn à la prodigalité, réservé sans humeur, digne sans arrogance; il maintenait dans sa maison la décence et la règle; tout en lui annonçait un caractère élevé, droit, ami de la justice; ses manières et son air imposaient aux courtisans et i)laisaient au peuple; ses vertus lui avaient valu l'estime des gens de bien. Lasse des mœurs ignobles, de la pédanterie bavarde et familière, de la pohtique inerte et pusillanime de Jacques I", l'Angleterre se promettait d'être heureuse et libre sous un Roi qu'enfin elle pourrait respecter.
Charles et le peuple anglais ne savaient pas à quel point ils étaient déjà étrangers l'un à l'autre, ni quelles causes depuis longtemps actives, et chaque jour plus puissantes, les mettraient bientôt hors d'état de se comprendre et de s'accorder.
* Le 22 juin IG^5; Parliamentar y iTistory {de CoLbet, Londrea, 1806), t. II, col. 5.