FAIRFAX BAT LES INSURGES
maines de l'Église ' ; des renforts partirent pour la garnison de Carisbrooke -; le Conseil commun, après avoir reçu des communications qui furent pour lui, dit-il, « comme un rayon de lumière qui perce à tra- « vers les nuages, » protesta solennellement qu'il était résolu de vivre et de mourir avec le Parlementa Fairfax enfin eut ordre d'entrer sur-le-champ en campagne contre les bandes qui infestaient les environs de Londres; Lambert de se rendre dans les comtés du nord pour y contenir du moins l'insurrection qu'avaient fait éclater Langdale et Musgrave en attendant les Écossais; et par une violence jusque-là inouïe, sans doute pour prouver la sincérité de leurs rigueurs, les Communes votèrent* que, la présence du Roi ne servant plus d'excuse aux rebelles, aucun quartier ne serait accordé. Trois jours après son départ de Windsor ^, Fairfax avait atteint et battu à Maidstone le principal corps des
» Dans le cours des années 1647, 1648, 1649, 1650 et 1651, il fut
vendu des biens :
Du siège épiscopal d'York pour une
somme de 65,786 1. st. 7s. ld.3/4
Du siège de Durham pour 68,121 15 9
Du siège de Carlisle pour 6,449 11 2
Du siège de Chester pour 1,159 18 4
En tout pour 139,473 livres sterling 12 schellings 4 deniers 3/4^
ou environ 3,487,090 fr. (Harris, Life of CromweU, p. 306, dansi»
note.)
* Vers la fin de mai. Rushworth, part. IV, t. II, p. 1130. 3 Le 20 mai. Par/tam. Hist., t. III, col. 890.
* Le 11 mai. Journah of the House ofCommons. » Le 1" juin.
ROYALISTES (juin 1G48). «81
insurgés : en vain ils s'étaient efforcés d'éviter une si brusque rencontre; en vain, contraints d'en venir aux mains, ils soutinrent dans les rues de la ville un long et sanglant combat ' ; toujours possédés du plus ardent fanatteme et déjà vieillis dans les camps, détestant les Cavaliers et méprisant des recrues, les soldats de Fairfax poussaient avec colère une guerre dont le péril leur semblait presque un affront. Ils parcoururent à marches forcées le comté de Kent, dispersant chaque jour quel- (juc rassemblement ou reprenant quelque place, rudes envers le pays, mais exacts dans leur discipline, ne laissant aux royahstes ni refuge ni repos. Goring parvint cependant à réunir encore trois ou quatre mille hommes, et parut à leur t(Me à Blackheath -, presque aux portes de Londres, bercé de l'espoir qu'un soulèvement y -éclaterait à son approche, que du moins il en recevrait sous main quelque secours. Il écrivit même au Conseil commun, demandant la permission de traverser la ville pour se rendre sans trouble, avec les siens, dans le comté d'Essex. Mais le Conseil, loin de lui répondre, envoya, sans l'ouvrir, sa lettre aux Commîmes, prêt, disait-il, à régler en toutes choses sa conduite sur leur volonté^. A cette nouvelle, le désordre et le découragement s'emparèrent des Cavaliers; ils
» Rushworth , part. IV, t. II , p. 1137. —PaWwm. But., f. III, col. 90'i. — Mémoires de Ludlow, t. I, p. 2!)3.
• Le 3 juin.
» Rushworth, part. IV, t. II, p. 1130. — Whitelocke, p, 305, — Mémoires de Ludlow, t. I, p. 294.