‹ Histoire de Charles IerChapitre 114 sur 151 · FAIRFAX BAT LES INSURGÉS · texte numérisé non relu

FAIRFAX BAT LES INSURGÉS

désertèrent par bandes, et Goring eut grand'peine à réunir assez de bateaux pour passer la Tamise à Green- •wich avec sept ou huit cents hommes qui le suivirent dans le comté d'Essex. Là il trouva, sous les ordres de sir Charles Lucas, l'insurrection encore forte et confiante. Lord Capel vint les joindre avec une troupe de Cavahers du comté de Hertford ; ils se rendirent ensemble à Colchester *, un peu relevés de leur tristesse, et projetant de s'y reposer un ou deux jours, de parcourir ensuite les comtés de Suffolk et de Norfolk en soulevant les royalistes sur leur passage, et de revenir à Londres par le comté de Cambridge, à la tète d'une nombreuse armée. Mais à peine ils étaient entrés dans la place, que Fairfax parut sous les murs - et l'investit étroitement. Quinze jours de campagne avaient suffi pour renfermer ainsi, dans une ville presque sans défense, les débris de cette insurrection qui naguère cernait Londres de toutes parts. Elle essaya de se ranimer dans les comtés de Rutland , Northampton, Lincoln, Sussex ^ Au sein même de la cité, sous les yeux du Parlement, les lords HoUand, Peterborough et Buckingham prirent les armes, et suivis d'environ mille Cavaliers, sortirent de la ville \ proclamant qu'ils n'avaient nul dessein de sacrifier au Roi les hbertés publiques, et

* Le 12 juin.

* Le 13 juin.

» Rushworth, part. IV, t. II, p. 1135, 1145, 1149, 1150, 11C9. — ilémoires de Ludlow, t. I, p. 300.

* Le 5 juillet.

ROYALISTES fjnx-JuiLLET 1648). 283

ne voulaient que lui rendre ses droits légaux. Mais comme ils rôdaient autour de Londres, sirMiclielLivessey, détaché contre eux du quartier général, les attaqua brusquement *, leur tua plusieurs officiers, entre autres le jeune sir Francis Villiers, frère du duc de Buci^iugliam, et renforcé le lendemain par le régiment du colonel Scroop, il les poursuivit sans relâche jusque dans le comté de Huntingdon, où, lassés même de fuir, ils se dispersèrent en tous sens, laissant lord HoUand blessé aux mains de l'ennemi ^ Dans l'est et le sud, aucune tentative n'eut une meilleure issue. On reçut des lettres de CromwelP, qui promettait que, dans quinze jours, le clulteau de Pembroke, boulevard des insurgés de l'ouest, serait en son pouvoir \ Dans le nord, Lambert, quoique avec des forces inférieures, soutenait vaillamment, contre les Cavaliers de Langdale, l'iionneur et l'autorité du Parlement '. Colchester enfin, malgré rin(lom|)fable résistance des assiégés que n'ébranlait aucune offre ni aucun assaut, était déjà tourmenté par la fauiine, et ne pouvait tenir longtemps contre Fairfax, libre de tout autre soin *.

1 Le 7 juillet.

- Le 10 juillet. Rushworth , part. IV, t. II , p. 1178, 1180, IIRÎ, 1187. — Parliam. Hist.. t. III, col. 925-937. — iicmoires de Ludlow, t. I, p. 301. — Clarendon, Hisl. of the rchcU., t. IX, p. 100-1G9.

• Du 16 juin.

• Ruslnvorth, part. IV, t. II, p. 1159.

» Ruslnvorth, part. IV, t. II, p. 11.57. — Clarendon , Ilist. of thê rchell, t. IX. p. 12G.

« Rushworth, part. IV, t. II, p. 1201. — Whitelockc, p. 31-2, 313, 314, 31G, 317.

2Si NOUVELLES OUVERTURES DU PARLEMENT

Revenus de leur premier trouble, sûrs de ne pas tomber en proie aux Cavaliers, les presbytériens recommencèrent à s'inquiéter des républicains, de l'armée, et à méditer la paix. Les pétitions qui la sollicitaient, toujours nombreuses quoique moins altières, furent mieux accueillies ^ La proscription des onze membres fut révoquée, et on les invita à venir reprendre leurs sièges -. On parla de nouvelles propositions à présenter au Roi, moins dures que les précédentes; on se montra disposé à rentrer en négociation avec lui s'il consentait d'abord : 1° à révoquer toutes ses proclamations contre les Chambres; 2" à leur abandonner pour dix ans la disposition des forces de terre et de mer ; 3° à établir pour trois ans dans l'Église le régime presbytérien ^ Un comité spécial fut chargé * d'examiner ce qu'il y avait à faire pour atteindre à ce but, et dans quel temps, quel lieu, sous quelles formes il conviendrait de traiter. Quelqu'un demanda même s'il ne serait pas utile que le Roi revînt immédiatement à ^Yindsor^; et sur une pétition de la cité ^, les Lords votèrent que c'était à Londres que les conférences devaient se rouvrir''. Le 30 juin enfin, le vote qui avait interdit toute adresse au Roi fut

« Parliam. Hist.,t. III, coL 921.

2 LeSjuin. Ihid., coL 907.

3 Le 6 juin. Ihid., t. III, col. 904.

* Le 26 juin. Rushworlh, part. IV, t. II, p. 164.

5 Rushwortli, part. IV. t. II, p. 1162.

« Le 27 juin.

' Journals of the Ilouse of Lords,

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