‹ Histoire de Charles IerChapitre 139 sur 151 · EXÉCUTION DU POT · texte numérisé non relu

EXÉCUTION DU POT

• c'est l'évangile du jour, comme le prouve Je calera « dricr. » LePioi parut profondément touché, et coniiiiiia SCS prières avec un redoublement de ferveur. Vers dix heures, on frappa doucement à la porte de la chambre. Herbert demeurait immobile : un second coup se fit entendre, un peu plus fort, quoique léger encore : « Allez voir qui est là, » dit le Roi : c'était le colonel Hacker. « Faites-le entrer, dit-il. — Sire, dit le colonel « à voix basse et à demi tremblant, voici le moment « d'aller à ^Yllitehall : Votre Majesté aura encore plus a d'une heure pour s'y reposer.— Je pars dans l'instant, a répondit Charles; laissez-moi. » Hacker sortit : le Roi se recueillit encore quelques minutes; puis prenant l'évêque par la main : « Venez, dit-il, partons. Herbert, « ouvrez la porte; Hacker m'avertit pour la seconde a fois; » et il descendit dans le parc, qu'il devait traverser pour se rendre à WhitchalP.

Plusieurs compagnies d'infanterie l'y attendaient, formant une douljle haie sur son passage; un détachement de hallebardiers marchait en avant, enseignes déployées; les tambours battaient; le bruit couvrait toutes les voix. A la droite du Roi était l'évêque; à la gauche, tète nue, le colonel Tomhnson^ commandant de la garde, et à qui Charles, touché de ses égards, avait demandé de ne le point quitter jusqu'au dernier moment. Il s'entretint avec lui pendant la route, lui parla de son enterrement, des personnes à qui il désirait que

* Mémoires de Herbert, p. 133-140;— de Warwick, p. 293,

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le soin en fût confié, l'air serein, le regard brillant, le pas ferme, marchant même plus vite que la troupe, et s'étonnant dc^sa lenteur. Un des officiers de service, se llatlant sans doute de le troubler, lui demanda s'il n'avait pas concouru, avec le ftMi duc de Buckingham, à la mort du Roi son père : « Mon ami, lui répondit Charles « avec mépris et douceur, si je n'avais d'autre péché « que celui-là, j'en prends Dieu à témoin, je t'assure « que je n'aurais pas besoin de lui demander pardon. » Arrivé à Whitehall, il monta légèrement l'escalier, traversa la grande galerie et gagna sa chambre à coucher, où on le laissa seul avec l'évcque, qui s'apprêtait à lui donner la communion. Quelques ministres indépendants, Nye et Goodwin entre autres, vinrent frapper à la porte, disant qu'ils voulaient offrir au Roi leurs services : « Le Roi est en luièrcs, » leur répondit Juxon; ils insistèrent : a Eh bien ! dit Charles à l'évèque, re- « merciez-les en mon nom de leur offre; mais difes- « leur franchement qu'après avoir si souvent prié « contre moi, et sans aucun sujet, ils ne prieront jamais t avec moi pendant mon agonie. Ils peuvent, s'ils veu- « lent, prier pour moi, j'en serai reconnaissant. » lisse retirèrent : le Roi s'agenouilla, reçut la communion des mains de l'évcque, et se relevant avec vivacité : « Maince tenant, dit-il, que ces drôles-là viennent; je leur ai « pardonné du fond du cœur, je suis prêt à tout ce (pii « va m'arriver. » On avait préparé son dîner; il n'en voulait rien prendre : « Sire, lui dit Juxon, Votre Mate jesté est à jeun depuis longtemps, il fait froid; peut-

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