‹ Histoire de Charles IerChapitre 14 sur 151 · P CONVOCATION DU PARLEMENT · texte numérisé non relu

P CONVOCATION DU PARLEMENT

« gneuscincnl dcsavoné, a nui bien souvent à son serti vice : que sera-ce quand une jiroclamation, d'ailleurs « impuissante, prouvera la légitimité de tous les soup- « çon<?Je conjure Votre Majesté d'y bien réfléchir avant « de pousser plus loin ce dessein •. »

Dès qu'on sut que Hyde avait parlé au Roi avec tant de franchise, prcsciue tous les membres du Conseil se rangèrent à son avis. Malgré sa roideur, Charles était, au milieu d'eux, incertain et timide ; les objections l'embarrassaient, et il y cédait communément, ne sachant que répondre, ou pour abréger la discussion qui lui déplaisait, même avec les siens. Après quelques jours d'hésitation, plus apparente que réelle, le projet fut abandonné. Cependant quelque grande mesure semblait nécessaire, ne fût-ce que pour tenir en éveil le parti royaliste, et ne pas laisser au Parlement, dans l'intervalle des campagnes, le mérite d'occuper seul rimi)aliente activité des esprits. Puisque ce nom de Parlement exerçait sur le peuple un tel empire, quelqu'un proposa de convoquer à Oxford tous les membres des deux Chambres qui s'étaient éloignés de Westminster, et d'opposer ainsi, à un Parlement factieux et mutilé, un Parlement légal et véritable, puisque le Roi enterait partie. La proposition déplut à Charles; un Parlement, même royaliste, lui était suspect et importun; il faudrait donc écouter ses conseils, subir son influence, condescendre peut-être à des désirs de paix

* il[&n:uduu, ilciinjties, t.I., p. ilG.

A OXFORD (décembrb 1643). 27

dont l'honneur du trône serait offensé. L'opposition de la Reine fut plus vive encore; une assemblée anglaise, quel que fût son zèle pour la cause royale, ne pouvait manquer d'être contraire aux catholiques et aux favoris. Cependant, la proposition une fois connue, il était difficile de la repouçser : le parti royaliste l'avait accueillie avec transport; le Conseil môme insistait fortement sur ses avantages, sur les subsides que voteraient au Roi les Chambres nouvelles, sur le discrédit oîi tomberaient celles de Westminster, quand on verrait combien de membres les avaient quittées. Charles céda malgré sa répugnance; et telle était la pente générale des esprits que l'intention de dissoudre un Parlement rebelle eut pour unique effet la formation d'un second Parlement '. On en prit d'abord à Londres quelque inquiétude : on savait qu'en même temps le parti royaliste renouvelait dans la cité ses tentatives; qu'il était question de traiter directement de la paix entre le Roi et les bourgeois, sans l'entremise du Parlement; que les bases de la négociation étaient môme convenues, entre autres la reconnaissance des emprunts faits dans la cité, emprunts dont les Chambres payaient mal les intérêts, et que le Roi s'empressait de garantir *. Hors de Londres, un autre complot fut aussi découvert, tramé, dit-on, par

1 Clarendon, Ilist. of the rebell., t. VII, p. 4 et suiv. — Parliam. nist., t. III, col. 194. La proclamation royale qui convoque la Parlement d'Oxford est du 22 di.'cembre l(î43.

* Parliam. Hist.,i. III, col. 196.— Milton , Jlist. of Enyland, llv. III, t. II, p 40, édit. in-fol. Prose Works, Londres, 1738.

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les modérés et quelques indépendants oLscurs, pour empêcher l'entrée des Écossais dans le royaume, et secouer le joug du parti presbytérien, n'importe à quel prix *. Les Communes enfin avaient à déplorer la perte du plus ancien et peut-être du plus utile de leurs chefs : Pym venait de mourir' après quelques jours de maladie; homme d'un renom moins éclatant que celui do Hampden, mais qui, soit dans les conseils secrets, soit dans les actes publics de la Cliambre, n'avait pas rendu de moindres services; ferme, patient et adroit, habile à poursuivre un ennemi, à diriger un débat ou une intrigue, à fomenter la colère du peuple, à engager ou retenir dans sa cause les grands seigneurs incertains^; membre infatigable de la plupart des comités, rapporteur ordinaire des mesures décisives, toujours prêt à se charger des fonctions pénibles et redoutées; indifférent enfin au travail , aux dégoûts, à la fortune, à la gloire, et plaçant dans le succès de son parti toute son ambition. Peu avant sa maladie, il avait publié une apologie de sa conduite, adressée surtout aux amis de Tordre et de la paix, comme s'il eût senti quelque regret du passé et un secret effroi qu'on ne lui imputât l'avenir \ Mais la mort lui sauva, comme à Hampden, l'eni'

t Parliam. Eist., t. III, col. 200. — ^^VIlitelocke, Memorials, etc., p. 75.

» Le 8 décembre 1643.

* Clarendon, Hist. oftherebell., t. VI, p. 88.

* Voir les Éclaircis'ieinenls et ^lièces hisloriques a la fin de ce Tûlume u" I.

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