‹ Histoire de Charles IerChapitre 145 sur 151 · II · texte numérisé non relu

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que l'on assure, lui a administré le matin, à six heures, le saint sacrement et des consolations), après avoir dit quelques paroles, a rendu sa jarretière, le cordon bleu et son manteau, a ôlé lui-même son pourpoint, et a montré beaucoup de fermeté dans toute sa conduite. Le Roi s'étant couché luimême, la tête lui a été tranchée, et on l'a élevée en l'air, pour la montrer à tout le monde réuni.

Voilà ce qu'à notre grand regret et chagrin nous sommes obligés d'annoncer à VV. HH. et PP. SS., et nous déclarons que nous avons mis toute la diligence possible, sans relâche et de toutes nos forces, pournousacquittcrde lacommission de VV. HH. et PP. SS., en cherchant à empêcher l'exécution d'un arrêt si fatal. Cependant, comme dans ce pays toutes sortes de nouvelles sont débitées pour et contre, suivant la fantaisie de chacun, qu'on les interprète souvent de travers, et qu'on brode ou exagère, surtout dans ce moment où les esprits sont si échauffés, nous prions VV. HH. et PP. SS., dans le cas où ils recevraient des rapports contraire? ou plus alarmants que le présent, de ne pas y ajouter foi, et de nous cioire, nous qui nous sommes rendus ici au péril de notre vie et n'avons négligé aucun des devoirs dont nous étions chargés.

Nous n'osons mander à VV. HH. et PP. SS d'autres particularités que nous apprenons sur cet événement de toutes parts, tant confidentiellement que par le public , vu que le passage est très-difficile, tous les ports de mer étant fermés. Seulement nous ajouterons que l'on dit que le Fioi, étant sur l'f.chafaud, a recommandé d'affermir la religion, en prenant l'avis des théologiens catholiques romains, et de respecter les droits du prince, son fils, ajoutant qu'il se croyait en conscience innocent du sang répandu, excepté celui du comte de Strafford. Immédiatement après la mort du Roi, elle a été annoncée et proclamée dans toute la ville à son de trompe.

Par la présente, nous prions le Tout-Puissant d'acccrder

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une longue prospérité à VV. IIH. et PP. SS. et à V. H. et P. gouvernement.

Signé Alb. Joacuim.

Londres, le 9 février 1G49.

4" Seconde dépêche.

Hauts et puissants seigneurs.

Par suite de notre première dépêche, du 9 de ce mois, nous avons informé en détail VV. HH. et PP. SS. de toutes les démarches que nous avions faites auprès des principaux fonctionnaires et personnages de ce pays, ainsi que des sollicitations que nous leur avions adressées, et des propositions que nous avions transmises publiquement et par écrit aux deux Chambres du Parlement (dont nous insérons copie dans les présentes, le temps ne nous ayant pas permis de la joindre à notre dépêche précédente, qui fut expédiée par une occasion inopinée), propositions qui restèrent sans réponse, ainsi que notre demande d'être admis h une seconde audience, et furent suivies de l'exécution immédiate de la personne du Roi et de la défense à qui que ce fût, sous peine de haute trahison, de s'arroger aucune autorité au nom du pouvoir monarchique, ou de reconnaître et favoriser le gouvernement du prince de Galles ou de tout autre prétendant à la succession royale.

Déjà avant cet événement nous appréhendions, et depuis nos craintes se sont réalisées, qu'il n'eût été résolu, parmi les autorités d'ici, d'abolir entièrement le gouvernement monarchique, et d'en établir un d'une naUire toute différente; car on dit ici publiquement que les descendants du défunt P»oi seront, sans aucune exception, exclus à jamais de toute sou- Tcraineté quelconque dans ce pays, sans toutefois qu'on

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puisse découvrir quelle espèce de gouvernement remplacera celui qu'on vient d'abolir.

Nous venons d'apprendre aussi que déjà des commissaires viennent d'être nommés par le Parlement pour se rendre en toute diligence en Ecosse, où l'on présume et annonce pouvoir diriger les aflaircs d'après le système adopté en Angleterre. On dit aussi, tant publiquement qu'en secret, que les seigneurs de la Chambre haute se montrent mécontents de l'exécution du Roi , et ne sont nullement d'accord avec la Chambre des Communes sur les changements à introduire dans le gouvernement; d'un autre côté, l'on croit que l'Ecosse veut rester fidèle au gouvernement monarchique et à ses anciennes institutions. Il est difficile de prévoir quelle sera l'issue de toutes ces combinaisons et de ces changements dans les deux pays, et quoique la tranquillité publique ne soit nullement troublée dans cette capitale, au moyen de la surveillance redoublée qu'y exercent les nombreux postes militaires, nous ignorons quelle est à cet égard la situation des provinces.

Hier, nous avons reçu la visite de M. le lieutenant général Cromwell, lequel nous a parlé avec infiniment de respect du gouvernement de YV. HH. PP.; il a entre autres entamé le sujet de la religion, nous donnant à entendre qu'avec le concours deVV. HH. PP., il serait possible et nécessaire de la rétablir ici d'après un meilleur système, et de lui donner une meilleure organisation.

M. le comte de Denbigh, qui nous est venu voir également hier, a parlé fort au long sur diverses questions touchant le gouvernement passé et à venir ; d'où nous avons conclu qu'il reste encore bien des affaires à arranger, et que les mesures qu'on se propose de prendre ne donnent lieu à aucune conjecture probable sur leur issue et leur succès. Comme le malheureux événement de l'exécution du Roi met un terme à

la négociation dont notre ambassade extraordinaire était cliargée, nous ferons conjointement tous nos efforts pour que les affaires de notre mission en souffrent le moins possible, et continuent de se traiter selon les intérêts et à l'entière satisfaction de VV. HH. PP.

La haute cour de justice ayant terminé ses fonctions, oa vient d'instituer d'dutres tribunaux extraordinaires pour juger les pairs et autres illustres prisonniers d'État, tels que le duc deHamilton, le comte deHolland, milord Goring, etc. Ceux d'un moindre rang seront jugés par les tribunaux ordinaires; les prisonniers de guerre le seront par la cour martiale.

Parmi d'autres affaires qui se traitent actuellement au Parlement, il est question de faire jouir ici nos nationaux de tous les droits de navigation, commerce, fabrication, métiers et débit, à l'égal et en commun avec la nation anglaise. Comme nous n'étions pas ignorants de ces dispositions, onnousafait entendre qu'on serait disposé à nous faire à cet égard des propositions plus au long et en détail. Nous croyons donner par là à VV. HH. PP. une preuve assez évidente que Ton s'occupe ici de toutes les questions qui sortent de l'ordre commun des affaires.

Ce faisant, nous prions le Tout-Puissant de conserver en une longue prospérité le gouvernement de VV. HH. PP.

Signé Alb. Joachim et \. Palw.

L»mdTti, U 12 rétrler 1619.

5o Troisième dépêche.

Hauts et puissants seigneurs,

Après la calaslroplie sanglante (pii a mis fin aux jours du lloi, événement dont nos dépèches des 9 et 12 de ce mois ont

informé VV. HH. PP., nous nous sommes décides à couj tenir renfermés chez nous, selon l'exemple d'autres ambassadeurs et de MM. les commissaires écossais. Cependant l'ambassadeur de France et MM. les commissaires écossais nous ayant fait une visite avant cet événement, et M. l'ambassadeur d'Espagne nous ayant rendu itérativement cet honne'.ir avant et après, nous n'avons pu refuser de rendre aux premiers cet acte de politesse et de recevoir la visite du dernier; nous nous sommes donc acquittés réciproquement de ce devoir le 13, et nous avons remarqué que Leurs Excellences susdites étaient profondément affectées de ce grand événement, quoique M. l'ambassadeur de France nous eût déjà assurés d'avance de sa parfaite connaissance des événements qui auraient lieu.

L'ambassadeur d'Espagne, don Alfonso de Cardeiîas, nous a déclaré avoir reçu, le lendemain de l'événement fatal, les ordres du Roi son maître d'intervenir dans les affaires de ce pays; mais actuellement il est d'avis, ainsi que l'ambassadeur de France, que, par la mort inopinée du Roi d'Angleterre, leur caractère et leurs fonctions diplomatiques venant de ccsseï', ils ne pourront plus agir en leur haute qualité, ni se mêler de quoi que ce soit avant d'avoir reçu de nouveaux ordres de l^ur cour. MM. les commissaires écossais ont successivement envoyé deux dépêches à leurs commettants, c'està-dire au Parlement d'Ecosse actuellement assemblé; ils attendent réponse à leur première dépêche dans le courant de la semaine, et n'agiront qu'après avoir été dûment auto» ri ses.

L'opinion générale est que le gouvernement subira un changement complet, que la maison royale sera mise de côté, et une autre forme de gouvernement introduite; que peutêtre on suivra celle de la république de Venise, des Provinces- Unies ou de tout autre gouvernement républicain. ISous

sommes informés qu'en effet neuf membres de la Chambra (les Pairs cl dix-huit de celle des Communes >T3nt se réunir en commission pour rédiger conjointement les bases d'une notiv«lle constitution. Le 43 de ce mois était le jour fixé pour (aréunion en cour de justice des juges royaux àWestuiinsterilall ; mais on vient de nous informer que la séance n'a point eu lieu, MM. les juges ayant allégué n'être pas suftisamment qualiliés à cet effet, vu que leurs fonctions précédentes ont expiré à la mort du Roi, et qu'ils ne peuvent se déterminer à accepter aussi promptement leurs nouvelles nominations faites par le Parlement, ni changer l'intitulé de leurs actes de procédure et autres formalités nécessaires, telles que celles qu'a adoptées le Parlement le 29 janvier 4648 (style anglais), et que nous avons transmises à VV. HH. PP. par notre dépèche du 9 du courant. Nous continuons de rester jusqu'ici dans l'incertitude la plus complète sur l'issue des événements qui, par la divergence des opinions et autres cas fortuits, peuvent encore éprouver des vicissitudes qu'il est impossible de soumettre à un calcul probable ; nous nous contenterons donc de remarquer que jusqu'ici la tranquillité publique n'a été troublée d'aucune manière, et nous prions VV. HH. PP. de vouloir bien ne donner à nos informations d'autre prix que celui que méritent nos efforts pour découvrir la vérité ù travers un dédale de renseignements vrais ou faux que nous recevons de tous côtés, et qui ne nous laissent que la satislac- \ion d'informer conlidentiellenient VV. HH. PP. de ce que nous pouvons recueillir par zèle pour leur service. Sur quoi nous prions la toute-puissante Providence de vouloir bien maintenir dans une perpétuelle prospérité le gouvernoujcnt deVV.HH. PP.

Signe Adrien Pauw, Alu. Joacium.

Uadrei, U iSMuier 161».

60 Quatrième dépêche.

Hauts et puissants seigneurs,

Les informations contenues dans notre dernière dépêche du 15 de ce mois nous ayant paru assez importantes, nous avions pris soin de l'expédier à VV. HH. PP. par une occasion sûre et prompte; cependant le vent ayant été depuis ce temps fort contraire, nous craignons qu'elle ne soit pas parvenue à sa destination aussi proraptement que nous l'avons espéré. Depuis ce moment, nous avons été témoins d'événements bien plus importants encore. Le 16 de ce mois, la r.hamhre des Communes, malgré l'attente et le désir de la commission des deux Chambres, siégeant en comité, et qui demandait à être consultée sur toutes les mesures à prendre, a uécrété que la Chambre des Pairs cesserait dès ce moment ses fonctions, et ne serait plus consultée ni regardée comme corps délibérant et formant autorité en rien de ce qui concerne les affaires du royaume ; de sorte que nonobstant que les lords et princes conservent leurs titres et qualités, et soient apttsà occuper toutes dignités quelconques, il n'y aura plus à V'avenir qu'une seule et unique Chambre des Communes dans !c Parlement d'Angleterre, et les pairs n'y seront plus admis qu'à titre de simples députés nommés par les provinces. Le lendemain il, la Chambre des Communes, par son décret d-ce jour, a aboli pour toujours la dignité royale en Angleterre, Nous sommes informés, en outre, que le Parlement, ainsi réduit à une seule Chambre des Communes, s'assemblera une fois tous les deux ans pour un temps limité, et que le p<»uvoir exécutif permanent sera remis aux mains d'un Conseil de trente ou quarante membres, parmi lesquels les pairs pourront siéger au nombre de douze environ. Ce Conseil^ ainsi

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orjïanisé, représentera, durant le recès du Parlement^ le pouvoir souverain du royaume. (Cependant toi te dcinière mesure n'est point aussi délinilivement arrêtée que les deux autres 8us-montionnées. Du reste^ la Chambre des Communes se complète successivement par la rentrée de plusieurs membres, qui reprennent leurs sièges en signant un acte expurgatoire par lequel ils déclarent renoncer aux opinions qui les ont précédemment constitués en opposition contre leurs collègues. On dit aussi qu'au premier jour on procédera à l'élection des nouveaux juges de la haute cour et des juges de paix ou juges inférieurs.

M. le comte de Denbigh, orateur de la Chambre des Pairs, n'ayant pu parvenir à nous transmettre un message le 17, est venu nous rendre visite le 18, pour nous informer de quelle manière s'étaient opérés la dissolution et l'anéantissement de cette assemblée; et s'acquitter des derniers ordres qu'il en avait reçus, en nous transmettant la réponse de la Chambre à nos propositions. Après en avoir fait lecture, il nous en a remis la copie, que nous renfermons dans les présentes, et a gardé entre ses mains la pièce originale pour sa décharge personnelle, ajoutant qu'elle était en même temps l'acte de clôture des délibérations de la Chambre haute, laquelle n'avait point voulu se dissoudre avant d'avoir donné ce témoignage de son respecta VV. IIH. PP.

La Chambre des Communes nous a fait demander aussi, par le maître des cérémonies, quand il nous conviendrait de nous présenter devant elle pour recevoir sa réponse à nos propositions. A quoi nous avons répondu qu'aussitôt que la Chambre nous ferait connaître le moment fixé pour celte audience, nous nous y rendrions.

Depuis le malheureux événement de la mort du Roi, nous n'avions pas insisté sur une réponse ; et qu( ique nous n'en eussions plus entendu parler, nous apprenons au moment

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même qu'une formule de cette réponse vient d'être publie'e dans la gazette de cette ville, sans qu'il nous en ait été transmis aucune communication officielle. Déjà préalablement on avait répandu le bruit et imprimé même que nous avions demande que nos propositions ne fussent point rendues publiques. Rien n'est moins vrai que cette assertion; sans nous être mêlés en aucune manière de cette publication, ni en avoir même touché un seul mot, nous l'avons laissée entièrement à la discrétion des deux Chambres, à chacune desquelles nos propositions ont été séparément adressées par écrit, sous l'intitulé nécessaire. Nous avons remarqué, en outre, que la réplique par nous faite à la réponse de l'orateur de la Chambre des Communes, lors de la transmission de nos propositions, n'a point été insérée dans la gazette en sa véritable teneur, et il nous a été jusqu'ici impossible de découvrir si de pareilles publications se font avec ou sans la jxirticipation des autorités supérieures.

Le 16 de ce mois, quelques compagnies d'infonterie et de cavalerie se sont mises en marche d'ici pour Bristol, et le bruit court que, dans cette dernière ville, ainsi qu'à GIocester, il aurait éclaté quelques mécontentements contre les actes du Parlement. Cependant, ici et dans les environs, tout respire la tranquillité.

Aujourd'hui, jour assigné pour la comparution devant la haute cour nouvellement créée à We«tminster-Hall des lords accusés, tels que Hamilton, Rolland, Goring, Capel et sir John Owen, ces seigneurs, à l'exception du comte d^ Holland, qui est malade, ont comparu devant cette cour, et après y avoir entendu l'une après l'autre les charges portées contre chacun d'eux, et y avoir répondu par leurs moyens de défense, ils ont été reconduits en prison jusqu'à nouvelle comparution pour la suite de leur procès.

Nous terminons celle-ci en nriant la divine providonco

ET PIÈCES HISTORIQUES. Acn

di» veiller de pins en plus sur la prospérili- du gouvrjruoment de YV. IIII. PP.

Signé Adrien Pauw, Alb. Joachim.

7o Cinquième dépêche.

Hauts et puissants seigneurs,

MM. les commissaires du royaume d'Ecosse, ayant reçu la de'pêche de leur Parlement, nous en ont donné connaissance le soir à une heure assez indue, et nous ont fait parvenir la proclamation, le décret et la lettre dont les copies accompagnent la présente dépèche. VV. HH. PP. apprendront par leur contenu que le prince de Galles vient d"être proclamé par le Parlement d'Ecosse rcii de la Grande-Bretagne, d'Irlande et d'Ecosse. M.M. les commissaires nous ont informés en outre qu'on avait de suite expédié d'Ecosse à l'étranger un gentilhomme porteur de ces actes, que la proclamation en avait été faite partout, et qu'on se disposait à expédier incessamment un envoyé muni des instructions les plus étendues à cet effet vers le monarque. Le bruit se répand ici que le Parlement est fort mécontent de cette mesure, et surtout de ce qu'on ne s'est pas contenté de le proclamer sous le titiede roi d'Ecosse seulement, mais qu'on y a joint ceux de roi de la Grande-Bretagne et d'Irlande. Les levées de troupes se poursuivent ici en secret, et leur marche vers l'Ecosse et ailleurs est continuelle, ce qui fait présumer que dans les dernières actions on a perdu beaucoup de monde. La capitale continue cependant de jouir d'une tranquillité parfaite, et il ne s'y manifeste aucune apparence de sédition; les équipa^^es des bâtiments de guerre sont successivement portés au complet, et je ne serais point étonné que dans fort peu de temps

il y eût près de trente vaisseaux parfaitement monte's et prêts à mettre à la voile : ce nombre^ assure-l-on, doit être porté successivement à soixante-dix, et l'on ajoute que trois com- Riissaires du Pailement prendront le commandement ou la surintendance de cette flotte ; dans cette mesure, on ne paraît plus faire mention du commandement de M. le comte de Warvick. Lundi dernier, 22 de ce mois , le maître dea ce're'monies est venu nous informer que le mercredi ou jeudi snisant nous serions invités à nous rendre au Parlement pour y recevoir en pleine assemblée la réponse à nos propositions. le mercredi, il nous a fait part que l'audience aurait lieu le jeudi soirj et, en conséquence, ce jour-là on est venu en cérémonie nous conduire, dans les voitures d'usage, à Westminster-Hall. Ayant été de suite introduits dans la salle de la Chambre des Communes, nous avons occupé les sièges qu'on nous a assignés, et l'orateur nous ayant fait lecture de la réponse de la Chambre, il nous en a été délivré une copie. Sur quoi nous avons répondu, en peu de mots, qu'après l'avoir relue, nous la transmettrions nous-mêmes à notre gouvernement, auprès duquel notre intention était de retourner sous le plus bref délai, et que nous profitions de la présente occasion pour prendre congé du Parlement en notre qualité d'ambassadeurs extraordinaires. La Chambre , ce jourlà, était réunie en plus grand nombre qu'à notre première audience, à cause du retour de plusieurs députés absents et de la réintégration de beaucoup de membres dissidents, que successivement se présentent pour reprendre leurs sièges, sous le bénéfice de l'acte expurgatoire. La nomination d'un plus grand nombre de députés a été un des premiers travaux de la nouvelle Chambre, après quoi elle a procédé à l'élection de trente-huit membres dont se composera le conseil d'État du royaume, et dont VV. HH. PP. liront les noms et qualités dans la gazette ci-incluse. Les juges du royaume ont

6i<?gé aussi la semaine dernière , et tenu les assises accoulumées^ ou, comme on dit ici, le terme.

La veille de notre dernière audience, et par conséquent après la notification qui nous en fut faite, nous avons reçu les lettres de VV. IIH. PP. du 2-2 de ce mois; et nous élaut déjà occupés d'avance des préparatifs de notre départ, nous relïoctiicrons aussitôt qu'il sera possible, désirant être rendus dans le plus bref délai auprès de VV. HIL PP. pour leur communiquer la réponse que nous avons obtenue, et rendre un compte verbal et détaillé de noire mission, qui a été accompagnée et suivie d'une foule dincidenls et de circonstances que, dans l'état précaire des affaires actuelles, nous jugeons ne pouvoir convenablement confier au papier. Les vents constamment contraires et les gelées assez fortes entravant la navigation de la Tamise, nous ne pouvons fixer le jour de notre départ j mais nous saisirons la première bonne occasion qui se présentera d'elTectuer noire retour, soit en droiture, soit par la voie de Douvres et Calais, malgré le peu de commodités qu'offre, nous dit-on , ce dernier passage.

Les prisonniers d'État , nommément le duc de Hamilton, lord Goring, lord Capelet sir John Owen, ont comparu déjà plusieurs fois devant la haute cour de justice. Le premier a allégué un moyen déclinatoire, mais il a été rejeté, et on lui a ordonné de préparer sa défense, en lui assignant des défenseurs d'oflice} les trois autrcà se sont renfermés dans les termes de leur défense, surtout lord Capel, -contre lequel, pour le fait de la capitulation et du quartier qu'elle accordait, oui été entendus comme témoins M. le général Fairfaxetle commissaire général Irelou, lesijuels ont comparu à cet eff.l en pei sonne devant la cour. Toutes ces circonstances font craindre pour le S(ut de ces nobles personnages, et on les considère cmume éUuit dans un péiil imminent. .Nous croyons devoir informer VV. illl. 1*1*. que la présente dépêche est I9

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