PARLEMENT D'OXFORD
doutait de son droit, n'avait pas osé prendre le nom de Parlement, et regrettait au fond que le Roi, en le refusant aux Chambres de Westminster, eût mis un tel obstacle à la paix. Elle insista pour qu'il fît encore une démarche et quelque concession capable d'adoucir les esprits. Charles consentit à écrire aux Chambres pour leur proposer une négociation, et il adressa sa lettre : 0 Aux Lords et Communes du Parlement assemblés à « Westminster; » mais il y parlait « des Lords et Com- « munes du Parlement assemblés à Oxford » comme de teurs égaux '. Vu. trompette envoyé par Essex rapporta oientôt la réponse des Chambres : « La lettre de Votre « Majesté, disaient-elles, nous donne, quanta la paix, « les plus tristes pensées; les personnes maintenant a réunies à Oxford, et qui, contre leur devoir, ont déa sérié votre Parlement , y sont placées au même rang « que lui; et ce Parlement lui-même, convoqué selon « les lois connues et fondamentales du royaume, auto- « risé à siéger encore par une loi spéciale, sanctionnée « de Votre Majesté, se voit refuser jusqu'à son nom. « Nous ne pouvons trahir de la sorte l'honneur du pays a confié à notre garde, et c'est notre devoir de faire a connaître à Votre Majesté que nous sommes fermece ment résolus de défendre et maintenir, au péril de « nos fortunes et de nos vies, les justes droits et le plein « pouvoir du Parlement -. »
1 2 mars IC-ll. ParJiam. Hist., t. III, col. 21\ » 9 mars 1614. Ibid., t. III, col. 2M.
(DÉCKMBnE 1G43— AVRIL lG-14). 33
L'assemblée d'Oxford perdit tout espoir de conciliation, et se regarda dès lors comme sans objet. Elle continua de siéger jusqu'au 46 avril, publiant de longues et tristes déclarations, volant quelques taxes ou quelques emprunts ^ adressant aux Chambres de \Yestminster d'amers reproches, et donnant au Roi de nombreuses marques de fidélité; mais timide, inactive, embarrassée de son impuissance, et, pour conserver au moins quelque dignité, attentive à témoigner, en présence de la cour, son vif désir de l'ordre légal et de la paix. Le Roi, qui avait craint l'empire de tels conseillers, tarda peu à les trouver aussi importuns qu'inutiles; eux-mêmes se lassaient de siéger solennellement, sans but et sans fruit. Apres d'éclatantes protestations que leurs vœux régleraient sa conduite , Charles prononça leur ajournement ^ ; et à peine la salle de leur séance était-elle fermée qu'il se félicitait, avec la Reine, d'être enfin délivré « de ce Parlement métis, repaire de lâches « et séditieuses motions '. »
La campagne, près de s'ouvrir, s'annonçait cependant sous de fâcheux auspices. Malgré l'inaction des deux armées principales, la guerre avait continué pendant l'hiver dans le reste du royaume, à l'avantage du Parle-
» Parliam. Hisl., t. III, col. 225.— Clarendon., Hisl. ofthereldll.. t. VIT, p. 69etsuiv.
« Le 16 avril 1641. Parliam. Hist., t. III, col. 243-247.
' C'est ainsi qu'il en parle lui-même dans une lettre du 13 mars 1045, adrcsséo h. la Reine {Mémoires de Ludion: ^t. I,p. 407, dani ma Collechon).