FERMETÉ DU PARLEMENT
« ordonné de vous faire connaître que, pénétrées de la « ^a-avité de ce maltieur, mais se soumettant à la volonté « de Dieu, leurs bons sentiments pour votre seigneurie « et leur confiance dans votre fidélité et vos mérites « n'en sont nullement ébranlés. Elles ont résolu de « déployer leurs plus énergiques efforts pour réparer 0 cette perte, et remettre sous votre commandement * « une armée qui, avec la bénédiction de Dieu, puisse « rétablir nos affaires en meiUeur état. Le comte de « Manchester et sir \Yilliam ^Yaller ont reçu l'ordre de « marcher avec toutes leurs troupes vers Dorchester. u Les Chambres ont pareillement ordonné que six « mille mousquets, six mille uniformes^ cinq cents « paires de pistolets, etc., fussent expédiés à votre sei- « gneurie, à Portsmouth, pour servir à l'équipement et « relever le courage de vos soldats. Elles ont la con- « fiance que le séjour de votre seigneurie dans ce comté, « pour réorganiser et mettre en mouvement les divers « corps, aura les plus salutaires effets. »
La surprise du comte fut grande : il s'attendait à des poursuites, au moins à d'amers reproches; mais sa fidélité si récemment éprouvée, l'étendue même du désastre, la nécessité d'en imposer à l'ennemi, ralliaient à ses partisans les hommes incertains, et ses adversaires s'étaient
* Dans Rushworlh (part. III, t. II, p. 708), on lit : Under their eommand (sous leur commandement) ; mais dans l'Histoire parlementaire {t. III, col. 289), le texte porte : Under your comn\and, et j'ai adopté cette dernière leçon , de beaucoup la plus probable. La lettre est du 7 septembre 1644.
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interdit le combat. Essex, embarrassé de son malheur et de sa faute, ne leur semblait plus redoutable ; ils le connaissaient et prévoyaient que bientôt, pour épargnera sa dignité des chocs si rudes, lui-même se mettrait à l'écart. Jusque-lcà, en le traitant avec honneur, on faisait preuve d'énergie ; on évitait, sur les causes cachées de l'événement, une enquête peut-être fâcheuse; on engageait enfin dans un nouvel effort pour la guerre les fauteurs mêmes de la paix. Aussi habiles que passionnés, les meneurs indépendants se turent, et le Parlement sembla unanime à soutenir dignement ce grand revers.
Son activité et la fermeté de son attitude ralentirent d'abord les mouvements du Roi ; il adressa aux Chambres un message pacifique, puis se contenta, pendant trois semaines, de se présenter devant quelques places, Plymouth, Lyme, Portsmouth, qui ne se rendirent point. Mais vers la fin de septembre, il apprit que Montrose, qui depuis longtemps lui promettait en Ecosse la guerre civile, avait enfin réussi à la faire éclater, et marchait déjà de succès en succès. Après la bataille de Marston-Moor, déguisé en domestique et suivi seulement de deux compagnons, Montrose avait passé à pied la frontière d'Ecosse, et s'était rendu à Strathern, chez Patrick Graham dinchbrackic, son cousin, à l'entrée des hautes terres, pour y attendre le débaniucmeut des auxiliaires irlandais (pi'Antrim lui devait envoyer. De jour il se cachait; de nuit il errait dans les montagnes environ D.antes, ?,llaut recueillir lui-niènic, de rendez-vous er