LE ROI S'ENFUIT A L'ILE
et lo lendemain matin, les deux Cavaliers, déharquéa dans nie, se rendirent sur-le-champ au château de Carisbrooke, résidence du gouverneur. Hammond ne s'y trouvait point; il était à Newport, principale ville du lieu, mais devait en revenir le jour même. Ashburnham et Berkley se remirent en route pour aller au-devant de lui, et le rencontrant bientôt, ils l'informèrent sans préambule du but de leur venue. Hammond pàUt; les rênes de son cheval lui échappèrent , tout son corps tremblait: « Messieurs, messieurs, s'écria-t-il, vous « m'avez perdu en amenant le Roi dans cette île; s"il « n"y est pas encore, je vous en conjure, ne l'y laissez « pas venir : que deviendrais-je entre mes devoirs en- « vers Sa Majesté après tant de confiance, et ce que je « dois à l'armée, de qui je tiens mes fonctions? » Ih essayèrent de le calmer, tantôt faisant valoir lïmmense service qu'il rendrait au Roi et les engagements que larmée même avait contractés envers Sa Majesté ; tantôl l'assurant que, s'il n'en jugeait pas comme eux, le Roi était bien loin de prétendre le contraindre à le recevoir Hammond se désolait toujours. Cependant, lorsque le deux Cavaliers paraissaient à leur tour méfiants e près de retirer leur proposition, il se montrait moin, incertain , leur demandait où était le Roi , s'il ne courait aucun danger, témoignait même quelque regret qu'il ne se fût pas brusquement et entièrement confié à lui. La conversation dura ainsi longtemps, des deux parts pleine de trouble et de ruse, les uns et les autres craignant presque également de rompre et de