ÉCRIVAINS CYNÉGÉTIQUES
Du Pouilleux doit ouvrir la liste de ces auteurs spéciaux ; il a en effet écrit sur la chasse un livre dont le texte a été plusieurs fois imprimé, du moins on en cite une édition
* G^est presque de la génération spontanée.
de 1561 et j*en connais une publiée en 1573 par le libraire juré Galiot du Pré, habitant à Paris, rue Saint-Jacques \ Son traité de la Vénerie contient les préceptes résultant de son expérience pour le choix et l'élevage des chiens de chasse, pour la découverte du gtte du cerf, la recherche de ses routes, rétablissement des relais, sa poursuite, son atteinte, sa curée. C'est un livre des plus curieux, orné de planches et reproduisant les notes musicales des cris et sonneries. Les ruses du cerf, cet animal donné pour k plaisir des rois y y sont admirablement décrites, puis déjouées ; il en est de même des habitudes d* autres animaux ; en cette partie surtout de son œuvre, Tauteur se décèle comme un fin observateur. Toutefois plus d'one fable obscurcit ce livre : telle est celle du serpent venimeux qu'un vieux cerf mange pour se purger et se renouveler, c'est-à-dire se rajeunir. Du Fouilloux demeure dans une meilleure sphère, celle des remarques propres au chasseur émérite, quand il assure que le cerf, même forcé, préfère se rendre à Thomme et non aux chiens*.
En tête de la Vénerie une iinage représente du Fouilloux à genoux, faisant hommage au roi de son ouvrage. Charles IX lui-même doit être rangé au nombre des écrivains cynégétiques comme au milieu des poètes, et cela doit peu étonner, car Pierre de l'Estoile déclare qu'il a aimoit trop la chasse, mortis causa Diana fuit ». Ce prince a composé un livre intitulé : de la Chasse du cerf, mis en lumière à nouveau en 1859 seulement, d'après le manuscrit de la bibliothèque de l'Institut \ Cette compo-
« Dans le format petit m-4<>. — Le lecteur fera bien de lire le chapitre un relatif aux renards et à la manière de les prendre.
* Du Fouilloux, malgré sa réputation, a fait plus d'un emprunt aux Deduitz de la chasse de Gaston Phœbus.
> Paris, chez Aubry, ia-S». Un de nos meilleurs bibliophUes, M. Henri
sition renferme vingt-neuf chapitres. L'auteur royal s'y montre profond connaisseur des habitudes du cerf et des qualités du chien. Ainsi, pour reconnaître le cerf par le piedj il différencie le pied du jeune cerf, du vieux cerf, d'avec le pied de la biche, assurant que le cerf, malgré sa jeunesse, a <( tousiours le pied de derrière meilleur, c'està-dire plus grand, et la jambe plus large qu'vne vieille Bische 9 . Ainsi il distingue les chiens gris qui « n'ont pas le nez si bon que les noirs ; cela est cause que leur façon de chasser est toute différente, car comme les autres chassent par le menu> ceulx cy estant extrêmement vistes et ayant deffault du sentiment chassent à grandes randonnées (circuits) loing des voyes, et à la veue les vus des aultres». Quant au veneur, son opinion est nette : « Il fault que le jeune Gentilhomme que l'on veult rendre bon Yeneur, soit bien sain, dispost et de belle taille, qu'il ayt Tesprit bon, notamment le jugement prompt et vif, d'aullant que la principalle partie de l'art consiste en la promptitude du jugement, et d'aullant que le prouerbe dict que l'aage d'vn homme n'est suffisant pour bien et parfaictement apprendre vn art ; le plus jeune que l'on y peult entrer est le meilleur et singulièrement en celuy de la Venerye, auquel on voit et congnoist chascun jour choses nouuelles, que la nature des bestes apprend aux hommes. »
Chevreul, a donné ses soins à cette édition. — Une édition antérieure avait vu le jour en 1625 ; Téditeur Alliot l'avait dédiée au roi Louis XIII. On ignore d'après quel manuscrit elle fut publiée, mais son texte n'est pas entièrement conforme à celui de l'édition de 1859. L'édition de 1625 a été réimprimée en 1857 et en 1858. Ainsi la Chasse du cer/'a eu, en trois années, les honneurs de trois éditions, fait qui montre combien la grande chasse avait alors repris faveur en France.