‹ Histoire de Charles IXChapitre 65 sur 73 · ARTILLERIE · texte numérisé non relu

ARTILLERIE

Une différence se remarque de prime abord entre les troupes royales et celles des réformés : les premières ont de l'artillerie, les secondes en manquent et y suppléent ordinairement par des arquebusiers qui tirent à petites distances, témoin les combats de Saint-Denis et de la Roche-Abeille, témoin l'emploi qui en fut fait par Louis de Nassau et que nous venons de rappeler. Cela se comprend : le roi disposait de plus de ressources, et, si l'administration eût été meilleure, il aurait toujours possédé des forces imposantes et convenablement approvisionnées.

En outre, les protestants n'emploient pas toujours judicieusement leurs pièces; à Moncontour, ils leur laissent

• Y compris 30 lances dont le prince de Savoie était capitaine, et. qui séjournaient en Piémont.

piendre les devants et ne les ont plus lorsqu'il leur faudrait faire taire l'artillerie du roi\

Il n'existe pas encore de troupes d'artillerie, mais on doit au grand maître de l'artillerie Jean d'Estrées, baron de Cœuvres^, qui prit cette charge le 9 juillet 1550 et l'occupa jusqu'en 1577, on lui doit un système d'artillerie dit de Charles IX, ou du moins ses contemporains lui en attribuent l'invention. Très-probablement ce matériel date des premières années du règne, ou peut-être même lui est antérieur; il comprenait un nombre restreint de calibres, six seulement : le canon, la grande coulevrine, la coulevrine bâtarde, la coulevrine moyenne, le faucon, le fauconneau.

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