J. F. KIRK
La plupart des ouvrages qui ont servi d'éléments dans la préparation de cette histoire, Fauteur les doit à la bienveillance de feu M. William H. Prescott, qui lui a fourni toutes les facilités dont il disposait pour se procurer les matériaux nécessaires. Certaines circonstances pourraient être indiquées qui expliqueraient le généreux intérêt témoigné ainsi pour une entreprise douteuse par quelqu'un qui connaissait, pour les avoir surmontées lui-même, les difficultés des recherches historiques. Mais, en réalité, rien ne peint mieux le caractère de cet homme distingué et regrettable que son empressement à donner encouragement, conseil ou assistance au plus humble de ceux qui aient entrepris de labourer comme lui un champ toujours vaste et toujours s'élargissant.
La carrière de Charles le Téméraire a été généralement regardée comme n'étant qu'un épisode romantique dans l'histoire européenne. Mais le sujet est, en réalité, d'une nature toute différente ; et cela ne fait pas l'objet d'un doute
pour tous ceux qui , sur le continent, depuis une vingtaine d'années, ont fait une étude spéciale des différentes périodes de cette histoire , et dont les recherches ont considérablement aidé à en élucider les parties les plus obscures. Dans les volumes qui sont aujourd'hui soumis au public, et qui seront complétés par un troisième en cours de préparation, nous avons tâché de réunir en un récit symétrique tout ce que les chroniques, les documents originaux et les résultats d'une enquête et d'une discussion critique ont pu nous fournir d'éléments pour apprécier avec justesse cette époque si pleine d'événements. De récentes explorations faites en Belgique , en Suisse , en Autriche et dans d'autres États , ont mis en lumière une quantité de matériaux qui ont été considérée, à juste titre, comme imposant l'obligation de présenter sous un meilleur jour qu'on ne l'avait fait jusqu'ici» de mieuT analyser, et, dans certains cas , de jug^ plus impartialement les principaux acteurs et les incidents saiilaots de cette période. Ceux donc à qui les descriptions magistrales de Philippe de Commines, les articles mosaïques de M. de Barante, ou les séduisantes peintures de Scott, auraient inspiré le désir d'obtenir des informations plus eomplètes ou plus exactes, ne seront pas, nous l'espérons, portés à repousser le moyen que nous leur offrons de satisfaire ce désir. S'il est parfois plus satisfaisant de rechercher les éléments d'information aux sources originales ettes^^n^éoMs, c'est un travail k faire reculer le chercheur le plus obstiné q/m de défricher un champ aussi v^te , pour y recueillir des mémoires et des documents répandus parmi les pubUeatie>fts de
commÎMions royales et de sociétés savantes, éeriies dans des dialeeies divers et souvent obscurs, et exigeant poiff être compris une connaissance préalable des détails.
Ces matériaux ont^Hs été soumis au crible d'une scrupuleuse critique, dans les limites des moyens de Fauteur? On s'a guère besoin de le dire. Les règles de la composition bis* t«riqtie sont, de nos jours, trop bien établies et trop généralement connues pour qu'il soit possible d^admettre la moindre négligence de la part de l'écrivain, ou la moindre crédulité de la part du lecteuré La valeur essentielle d^une composition de ce genre, c'est de se conformer strictement aux faits, en tant, que ceux-ci peuvent être certifiés. Personne n'attend dans un pareil travail 4'harmonie artistique , l'unité d'ensemble, te charme die la forme et l'agrément an fofid, qui forment le ptfi»eipal attrait des œuvres de pure imsiginftIiOD. Il n'y a pas jusqu'au sentimeni de la réalité q«i n'y soit nécessairement imparfait et constamment troublé. A part les erreurs et les oublis qu'on ne peut garantir d'éviter, le milieu dans lequel se passe l'histoire fournit lui-même sa couleur à l'écrit le plus aride comme au plus brillant. L'histoire, à tout prendre, ne peut être qu'un écho, un pâle reflet du tumulte du monde soumis au jugement et à l'expérience d'un esprit individuel.
M. Charles Folsom, de Cambridge (Massachusetts), dont l'habileté critique est, heureusement pour plus d'une génération d'écrivains, doublée d'une habileté exceptionnelle dans Tart de corriger et de rectifier les fautes et les imperfections de détail, m'a prêté un appui précieux dans la révision de mes
épreuves; mais cet avantage a été limité au premier volume, à cause de la trop grande rapidité avec laquelle le second a dû être livré à l'impression^
L'auteur est encore redevable d'amicales et diverses obligations à plusieurs autres personnes dont les mérites et les talents sont largement connus : au professeur Parsons, de Harvard-Collège, ati révérend William R. Alger, à M. James A. Dupée, et tout particulièrement à M. JamesT. Fields, pour l'assistance amicale qu'ils lui ont donnée dans Faccomplissement de sa tâche. Ce ne sera rien diminuer de la valeur de l'hommage dû à leurs services que d'ajouter que l'empressement chaleureux avec lequel ils ont été rendus est un trait de caractère national aussi bien qu'individuel. Tous ceux qui connaissent bien la situation sociale des États- Unis admettront que c'est le pays où les hommes sont le le mieux en état de s'aider eux-mêmes et le mieux disposés à aider les autres.
Londres, novembre 1868.
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