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lement. il est impossiljle d'admottro que le baplênie ail eu lieu à Orléans ; c'est à l'abbaye cistercienne de Beaupré, dans le diocèse de Beauvais, non loin du château d'Eu, que se fit la cérémonie.
Le projet d'enlèvement, attribué au roi de Navarre, ne constituait-il qu'une menace ou une bravade à l'égard de Jean II!' Vvait-il reçu, au contraire, un conmiencenient d'exécution, et des circonstances indépendantes de la volonté des conjurés — peut-être les révélations du comte d'Eu ' — le firent-elles échouer? On ne saurait se prononcer entre les deux hypothèses. Ce qui est certain, c'est que Jean II eut vent de quelipie chose, qu'il connut tout au moins les propos échangés entre
Aucrj lacta w. — « ... Allenlis igilur et consideralis prcdiclis serviciis per diclum nostruniconsangiiineum nobis factis et impcnsis et que continue impcndcre non définit, l'ntiirisque temporilnis per ipsmn et proleni suam, et specialiter per rarissiinuin Jiliulum nostruiit Johaimem, (Ikti consanyuinei nostri primoijenituin, quem nuper de sacro fonte baptisinatis levavinius, impendi speramus, etc. . dedimus et concessinius per présentes donacione para et siniplici inter vivos impcrpctuum valitura eiilein Johanni Jiliolo nostro et primogenito predicli consanguinei nostri Joliannis de Artesio ad hereditatem pro se et suis heredibus et successoribus vel ab ois causam liabituris in futurum très mille libras Parisiensium annui et pcrpetni redditus... Datum in inonailerio Belli Prali Belvacensis diocesis mense mardi nnno Domini M° CGC lA ". — Per regem : Royer. •>
Ibid., fol. 08 G8>", n» laS (Windsor, 4 mai i358). Lettres de Jean II donnant au comte d'.\rtois le bail en garde de la chatellenie de Péronne avec tous ses revenus, en attendant que il lui soit fait assiette des 3.ooiil.de rente susdites assignées sur le Trésor : « Considéré avec que ja pieça quant nous levasmes Jehan sonjih, nostre cousin, sur /uns du saint haptesme, nous donnasmes au dit son filz trois mille li\resde terre ou rente... » ConQrmation parle régent, le lo janvier iSSg.
Joignez à ces textes un mandement de Jean II. du 3o avril i356 (Bibl. nat., Fr. 35700, n« 112.) « De par le Roy. — Les gens de nos comptes à Paris. Comme nagaires nous aions donné à Jehan de Hanscres, escuier de nostre très chiere cousine la contesse de Eu, la somme de cent deniers d'or à l'escu pour cause des nouvelles qu'il nous apporta que nostre dite cousine avoit heu et a enfant... Donné à Paris, le darrenier jour d'avril l'an mil CCGLVI. » — Quittance dudit Jean de Hanscres, « escuyer de cuisine » du comte d'Eu, à Gautier Petit, changeur du Trésor, de 100 écus d'or « lesquiex le Roy m'a donnez pour les nouvelles que je li ay apportées et dictes d'un filz que madame d'Eu a eu nouvellement ». (Bibl. nat., P. O. 1^91, d. 338oo, H.vLSTREs i^.'), n° 2 ; 24 mars i35G).
I. Fragments inédits de la chronique de Jean de Xoyal p. 11 : « En ce temps advint que H rois Jehansfut infourinés par messire Jehan d'Artois et autres, si comme on dit, q\ie li rois de Navarre, le conte de Harecourl, le seigneur de Grainville et aucuns à iaulx allés pourchassoient trahison contre lui et contre Charle son ainsné filz.... »
Récits d'un bourgeois de Valenciennes, édit. Kervyn de Lettenhove, p. 284. « Je ne sçay se ce fut vérité que les Navarrois eussent entrepris d'enherber ou empoisonner le roy de France, ne voloient le rendre, luy et ses enfans, aux Englecqs; mais on dist ainsy que de ce et de pis, le roy de France en fut bien informés sur le roy de \avarre et sur pluseurs chevaliers de Xormendie et tous ceulx qui consentans debvoient estre ad ce. »
I^/l CHARLES DUC DE NORMANDIE
Charles le Mauvais et ses familiers. Sous le coup de la colère qu'il en ressentit, colère accrue sans doute par des rapports exagérés, toutes les injures passées lui revinrent soudain à la mémoire et il ne pensa plus qu'à en tirer vengeance. Ainsi s'explique, et d'une façon assez naturelle si je ne me trompe, un drame sanglant sur les péripéties duquel les renseignements abondent '.
Le mardi après la mi-carême, 5 avril i356 -, le duc de Normandie avait réuni au château de Rouen et recevait à sa table la fleur de la noblesse normande ^. On remarquait parmi les invités, outre le roi de Navarre, le comte d'Harcourt et ses deux frères, Louis et Guillaume, les sires de Clère, de Préaux, du Bec-Thomas, de Tournebu, de la Ferté, de Braquemont, de Fricamps, de Sainte-Beuve et de Houdelot ''. Lin « bon chevalier » excitait la curiosité générale ; c'était le sire de Biville, célèbre par un beau fait d'armes, car, en présence du roi de Chypre, il avait, d'un coup d'épée, fendu vm Turc en deux, — « tout au long » 2. Le maire de Rouen, Jean Mustel, et plusieurs notables bourgeois de la cité étaient présents également, après avoir assisté
r. L'événement a eu un grand relcntissement au xiv" siècle et avait eu de nombreux témoins. C'est pourquoi je n'ai pas craint d'emprunter quelques éléments du récit qui va suivre, à la Chronique normande de Pierre Cochon, bien qu'elle soit postérieure d'au moins un demi-siècle au règne de Jean II. Elle contient des détails intéressants et précis, qui n'avaient pu être connus qu'à Rouen.
2. Arch. nat., JJ. 89, fol. 128, n° 289. Lettres du dauphin du 12 décembre i357 : « ... comme nostrc 1res chier seigneur et père eust pris en sa personne, en nostre présence, le cinquismejour cravril mil CGC cinquante-cinq (vieux style), à Rouen, nostre amé frerc le roy de Navarre, etc. >• Les Grandes Chroniques, dont l'autorité est capitale pour tout ce qui touche les événements auxquels Charles V fut mêlé, donnent la même date : « Le mardy quint Jour d'avril ensuyvant qui fu le mardy après la my-karesme. » Paulin Paris a imprimé par erreur : « le mardi sixiesme jour d'avril etc. » (VI, p. 26). Aucun manuscrit ne justifie cette leçon. La Chronique des quatre premiers Valois avance l'événement d'un jour en le rapportant au 4 avril : « le jour de la saint Ambroise » (p. 36). D'après la Chronique normande de P. Cochon, les faits qui vont être racontés se passèrent le G avril (p. 87). Froissart est beaucoup plus inexact; selon lui, le dîner auquel le duc de Normandie avait invité le roi de Navarre eut lieu dans la soirée ou dans la nuit qui précéda le jour des Rameaux (1O-17 avril. — Chroniques, IV, 177). M. Chéruel [Histoire de Rouen, II, 175) a adopté la date du 5 avril, sans remarquer qu'elle ne pouvait convenir au samedi veille des Rameaux, car il reproduit sur ce point la version de Froissart.
'i. c< Et la orejoneur partie des chevaliers de nom de Normendie », dit la Chronique des quatre premiers ]'olois, après avoir énumérélcs principaux noms (p. 35).
i. Grandes Chroniques, VI, 2C. — Chron. des quatre premiers Valois, p. 35. — L. Delisle, Hist. du clidteau et des sires de Saint-Sauveur-le-Viromte, p.' 79-80.
5, Chr. des quatre premiers ]'alnis, iiid. — Jean de Biville, seigneur du Mvier {Chron, Normande de P. Cochon, p. y6, u. :.;).