‹ Histoire de Charles VChapitre 106 sur 381 · L.\ JOURNÉE DU .') AVIUI · texte numérisé non relu

L.\ JOURNÉE DU .') AVIUI

sans doute au conseil ou « parleuieiil o tenu dans la matinée *. Cepenxlant, ni les fêles dont u le joyeux avènement ) du nou\eau duc avait été l'occasion, ni ses efforts j)our calmer l'agitation des esprits, n'avaient endoriui toutes les défiances. Bien n'avait pu décider Godefroy d'Harcuurt, très compromis, il est vrai, par des excès récents et contre qui la Cour du Roi allait prononcer une condamnation rigoureuse •*, à répondre à rinvitatiûn de son suzerain '•. Il était toutefois venu « assez près », c'est-à-dire très près de Rouen, mais il a\ail eu soin de rester de l'autre coté de la Seine; de Nolre-Dame-du-Pré t»ù il s'était arrêté-"', il envoya demander un double sauf-conduil, l'un tlii roi Jean, l'autre du dauphin '"'. \'raisemblablcment, il était résolu à ne pas pénétrer dans la vill(\ même au cas où l'on aurait fait droit à sa demande, et sa démarclie avait un autre objet. En effet, le messager, chargé de réclamer les sauf-conduils, avait ordre de voii- le comte Jean d'Harcourt, pour lui dire de rejoindre immédiatement son oncle. Lorsque l'écuyer de Godefroy d'Harcourt entra dans le château de Rouen, le conseil, auquel devait succéder le repas offert par le duc, venait d'être inlerrom[)u et la <^>ntiniialioii en a\ail été remise au lendemain. L'écuyer s'approcha donc de Jean tlllarcourt et sac(juitta du message dont il était chargé. Le comte comprit qu'il n'y avait pas un moment à perdre, car il demanda aussitôt ses chevaux pour partir du château. Malheureusement, il ''"tait déjà tro|i lard. Avant (|ue ses ordres eussent été exécutés, il vit venir Robert de Lorris, qui lui dit : « Sire, Monseigneur le duc n'allend plus (pie vous pour dîner ». Ce disant, il lui ôta son manteau, et l'écuyer fut congédié ".

1. Evidemment, cette réunion fut provoquée par des motifs graves, mais inconnus. Vu l'époque de l'année — le carême était déjà fort avancé — il n'y faut pas voir la continuation des fêtes et des réjouissances qui accompagnèrent le joyeux avènement du duc de Normandie.

2. L. Delisle, Hist. de SuintSauveurle-Vicomte, p. 73-78. — Dupont, Hist. du Colentin, II, p. 33.'i-337.

3. Le 7 mai i35G, Godefroy d'Harcourt et ses complices furent condamnés au bannissement à perpétuité et leurs biens confisqués (Arch. nat., \-a G, fol. So^^oi"").

!t. Chron. des quatre premiers Valois, p. 35. — Chron. normande de P. Cochon, p. 85.

ô. P. Cochon, lac. cit.

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