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sùrctc, la province s'imposât un grand effort. Les impôts votés par les Etals généraux de la langue d'oïl et qui, en moins de si.\ mois, avaient été deux fois remaniés i, — et l'on sait jusqu'où était allé le remaniement, en mars i350, — se percevaient d'une fai.on assez irrégulière en Normandie, mieux cependant ({u'un ne le suppose généralement"-.
En fait, dès l'origine, et en droit depuis la dernière session des Etats généraux (mai i35G), ils servaient à payer les hommes d'armes employés à la défense locale-*. Mais le produit en était très inférieur à ce qu'exigeait la garde d'une province, aussi directement menacée. Les Etals de Basse -Normandie, convo(}ués au mois de mai, octroyèrent au duc un subside de i:^ deniers par livre, dont une moitié tlevait être alîectée à l'entretien des fortifications, des châteaux et \illes closes, et l'autre à la solde des hommes d'armes. Il devait courir pendant un an à partir du i'' juin'*. La Haute-Normandie ne pouvait pas se soustraire à une contribution exceptionnelle, car elle n'était pas exposée à de moindres dangers que les bailliages de Caen et de Colcnlin. Vprès la
1. Les Etais généraux s'ûlaiciil rcuiiLs une troisième fois, le 8 mai i3.ï0. Tout en maintenant l'impôt sur les revenus, ils en modilièrent la progression (Ord. des rois de France, t. III, p. 53-55 ; 26 mai i356. — G. Picot, Ilisl. des Etals généraux, I, ^12 43).
2. Il n'est pas toujours facile de dislinf^uer ces impositions successives, « pour les guerres du royaume «, des subsides propres à la Normandie, les mêmes personnages étant chargés du recouvrement des unes et des autres. Ouel([ues textes sont cependant sullisamment précis. Voy. par exemple une quittance de gages du II avril i35(j, donnée à Pontorson, à Aymar Bourgoise « trésorier gênerai des impo sicions et gabelles ordenées pour les guerres es bailliages de Caen et de Costentin » (Bibl. nat., P. 0. 539. d. 12.1^/1 Le Brln, n» 2). Nombreuses quittances analogues, de la même époque : 11 s'agit, évidemment, ici, des impôts créés par les Etats généraux de décembre i355. — Le 16 juillet i35G, est mentionné un a commissaire en la viconté du Pont de l'Arche tlu subside du pris et du vaillant des gens, octroyé au dit nostre sire ou moys de mars mil CCCLV (i35G n. s.) dcrrain passé » (Bibl. nat., P. 0. 108, d. 226A, n° 2). Ici le texte est assez clair par lui-même. — C'est surtout à partir du mois de juin, et pour les causes qu'on va voir, que la confusion est plus facile. Certains exemples, cependant, ne laissent pas de doute. Voy. iC juillet i35ij. Quittance à Aymar Bourgoise, « receveur gênerai du subside nouvellement ordcné pour les guerres du royaume de France, es bailliages de Caen et de Costentin » (Bibl. nat., P. O. .'170, d. io.4'i6, Bourgoise, n° 3); — 19 juin i356. Quittance à Jean le Villain, le jeune, «s trésorier gênerai du subside ottroyé pour les guerres du royaume de France, depputé es bailliages de Rouen, Caux et Gisors et ressors d'iceulx, par les gouverneurs dudit subside commis eu duchié de Normandie » (Bibl. nat., Clairambault, CLXVIl, H.iRCOLRx, n" 3i).