I. ENTRÉE EN C.VMPAGNE t)r PRINCE DE GALLES II) I
D'après une leltre adressée par le I^ince Noir à l'évèque de Worcester, il aurait commencé à « che\auclier vers les parties de France », la veille de la translation de saint Thomas-de-Gantorbéry, c'est-à-dire leO juillet i35G '. Ceci doit s'entendre de son départ de Bordeaux '^, car c'est le A ou le 5 août seulement que, venant do Bergerac, il foula pour la première fois le sol français ^. L'attitude menaçante du
Rriége kcine andcre MelhoJe angcweiidet, als das Land aiiszuplimdern. Die Sclilacliteri von Crecy iind AJaupcrIuis warcn \ erlegciilieilssclilaclitcn, wozii sie miltcn in iliren Raiiiiziigen gezwiingcn wurdcti ».
Le llev. H. B. George, op. cit., p. IJ8-G9, a fait ressortir ('gaiement l'absence de tout plan préconçu dans la chevauchée du Prince Noir : « ... il is suppo.sed by some wrilers tlial thc two invasions (celle du Prince et celle de Lancastre) wcre parts of a conccrted schcmc. by which thc English hoped Unallyto conquer France. Thc direction of thc Black l'rince's march, thc leisurely character of his proceedings, and thc amount of pluuder carried off make this view highiy improbable... He doubtlcss knew of his cousin's enterprisc ; but that tlicre was inteiited lo be real coopération betwecn Ihem could only bc Iielieved on very goodand positive évidence, wliicli does nol exist. — Thcre seems to be no doubt that tlie Black Prince Ihought of crossing the Loire ; but this gives no real support to Ihe thcory that the whole expédition was made in concern nith Lancaster. Of course each was generally aware that the other was going lo move, which would imply Ihc possibilily, if bolh succeeded, of their meeting somewhere thereabouts ; but this is a very long way from deliberatc coopération o.
1. Bordeaux, 20 octobre i35(j (Archœoloijia, vol. I, n" .kliv, p. 2i3. — .4 Chronicle of London, p. 206-208. — Buchon, Chron. de Froissart, 1, 354) : « Vueillielz savoir qe la veille de la translation Saint Thomas de Ganterbire, nous commenceasmes à chivaucher ove nostre povar vers les parties de France ».
2. La Sccdacronica de Thomas Gray, p. 172, fixe au 6 juillet le départ de Bordeaux.
i. Euloyiain historiaruin, 111, p. ai 5. « Itinerariuin Edwnrdi quarli. Movente se domino principe versus terram Galliarum de Brigerake die Jovis, hoc est quarto die mensis Augusti, super terram Frauciae equitando, Sabbato sequenti venit ad terram de Peragor ».
La date donnée par Barthélémy de Burghcrsh, dans sa lettre à Jean de Beauchamp, est absolument inexplicable, et, même en supposant qu'il a confondu la fête de la décollation de saint Jean-Baptiste (29 août) avec la fête de la Nativité du même saint (24 juin), on ne concilierait pas son témoignage avec celui du Prince : « Fait à remembrc[r] qe le Prince se parti de Burdeux l'endemayn de Saynt-Johan en Auguste (29 août) Tan de Nostre-Seignur M. CGC. LVl ; chivacha par Agenés, Limosyn, Alveru et Beryn, etc. » (Publ. par Goxe, The Black Prince, etc., p. 30, au vers i55i, etparKervyn de Lettenhove, Froissart, XVIII, 385 387». Même date erronée dans Knighton, II, 88.
Kôhler (op. cit., II, 422, n. 2) a noté celte divergence de dates et donné, avec raison, la préférence à l'itinéraire du moine de Malmesbury (l'auteur deVEuloç/ium).
Le journal des dépenses faites en Gascogne, tenu par Jean de Henxeworth, trésorier du Prince (20 sept. i355-3o juin i35G), s'arrête malheureusement trop tôt pour fournir quelque lumière sur ce point (Londres, Duchy of Cornwall Office).
comte d'Armagnac qui, mieux inspiré ou mieux secondé que l'année précédente, semblait n'épier qu'une occasion pour passer de la défensive à l'ofFensive, avait assez inquiété les Anglais pour retarder de près d'un mois leur entrée en campagne *.
Le Prince n'avait quitté Bordeaux qu'après s'être assuré le concours des seigneurs gascons, à la prière desquels il était venu en Aquitaine 2, et qui, tout récemment, avaient été pour lui de précieux auxiliaires ^. En les congédiant, au mois de novembre i355, à l'issue d'une expédition qui leur avait valu de faciles triomphes et oîi ils s'étaient enrichis des dépouilles du Languedoc, il leur avait promis, pour l'été suivant, une chevauchée encore plus fructueuse ^. Aussi les Gascons avaient-ils répondu avec empressement à son appel, et tous l'auraient suivi jusqu'au bout, si le prince de Galles lui-même n'avait cru nécessaire d'en renvoyer quelques-uns dans leur pays, pour tenir en respect le comte d'Armagnac ». C'était le petit nombre ; parmi ceux qu'il garda avec lui, on remarquait surtout : Arnaud-Amanieu, le fils du sire ou seigneur d'Albret t^, et d'autres membres de cette famille, qui, au xiv" siècle, sut merveilleusement pousser sa fortune ; Amanieu. Elie et Jean de Pommiers, dont le premier fut l'un des héros de Poi-
1. Le Baker de S., Chronicon, p. iSg. Cf. sur ce ijoint Hist. de Languedoc, IX, 6C2- CG/|, et A. Breiiils, Jean I, comte d'Armagnac, et le mouvement national dans le Midi au temps du Prince Noir (Revue des Quest. histor., i" janv. 1896, p. 60). En réalité, le Lanoiiedoc avait paru menacé une seconde fois et tous les armements du comte d'Armagnac avaient un but défensif ; mais il paraît bien ne s'être pas borné à une simple démonstration. Une quittance de Manaut de Noailles à Jacques Lempereur, trésorier des guerres, donnée le 4 oct. i356, est relative à un don de 100 1. t. à lui fait par le comte d'Armagnac, pour ses bons services, «, en une chevauchée par le dit conte faite en la terre de Tursan et ailleurs, sur les ennemiz du Roy ». (Bibl. nat., Clairambault, GLXXX.V1, n» 1).