‹ Histoire de Charles VChapitre 145 sur 381 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

5. Le Baker de S., Chronicon, p. iSg. Joignez-y le passage suivant, emprunté à la même chronique, p. i/i3 : « Tune (sur le champ de bataille de Poitiers, à la vue de l'armée française, supérieure en nombre) multi de nostris murmurarunt pro eo quod pridem ad tutelam A'asconye remissa fuit magna pars exercitus nostri, primo congregati ».

6. Bien qu'on l'ait présenté comme « un des héros de l'armée anglaise à la journée de 'Poliiers « [Sceaux gascons du moyen-âge, p. 97, dans \esArch. histor. de la Gascogne, fascic. XV, no i34), il ne semble pas que le sire d'Albret, Bernard-Ezi, ait pris part à la bataille, le prince de Galles l'ayant précisément renvoyé en Gascogne pour la défense du pays (Le Baker, op. et loc. cit.)

COMPOSITION DE I. AiniEF. ANGLAISE I f)3

tiers; lo célc'hrc Jean do Grailly. captai de Hiicli, qui [)artaf.'ea avec Jean Cliandos l'iionneur de la victoire; Raymond de Montaut, seigneur de Mussidan ; Annanieu de Foussat ; les seigneurs de Curton, de Langoiran, de Rauzan, de Landiran et de Prechac, ce dernier habituellement qualifie (( soudan » ou c soudic de la Trau » *. Tels sont à peu près les seuls noms connus des chroniqueurs et qu'ils nous ont transmis -, mais la foule était grande des chevaliers ou écuyers de moindre notoriété, — cadets ou petits hobereaux de Gascogne, — (jui étaient venus, à l'exemple des barons de la province, se mettre sous les ordres du prince de Galles. L'armée anglaise comprenait évidemmoiit une forte proportion de Gascons, mais qu'on a évalu('e avec une précision téméraire aux deux tiers, «»u même aux trois quarts de l'effeclif tolaP, car où trouver les éléments d un semblable calcul ? Encore est-il entendu qu'il ne saurait porter que sur les hommes d'armes proprement dits. Les archers, en effet, devaient être tous anglais '•, et l'on n'a (pie des données insuffisantes sur la composition et le recrutement

1. Et aussi, mais plus rarcnicnt, Soudan de Prcyssac ou de Prechac. La Trau ou la Trave ; ancien château, situé sur la commune de l^réchac (Gironde, arr' de Bazas, c" de Villandraut).

2. Froissant, Cliron., IV, p. iGo. — Le Prince Noir, Poème du héraut d'armes Cliandos. Texte critique suivi de notes par l'r. Miciiel. Paris et Londres. J. (i. Follioriiij^ham, i883, vers (ha-CSo.

3. L'historien de la (îascognc, l'abbé Monlczun, a donné, à quelques pages de distance, des chiffres contratlictoires, et sans preuves à l'appui : « ... ils (les Gascons) formaient à peu près (à Poitiers) les trois quarts de l'armée anglaise » [Hist. de la Gascogne, III, 338). — m ... ils formaient ici (à Navarette), comme à Poitiers, les deux tiers de son armée (du prince de Galles).. •> {ibid., p. 890). Le colonel Babinet, dans son Etude de la bataille de Poitiers-Mauperluis, à laquelle je me référerai souvent, dit de l'armée du Prince Noir que « l'élément anglais n'y entrait que pour un tiers de l'effectif, les deux autres tiers étant fournis par les Gascons, qui ne le cédaient en rien aux Anglais » [Bulletin de la Soc. des Antiq. de VOuest, i883, p. g8|.

Le Rév. H. B. George [Baltles of english llistory, p. 70, n. i) donne la même proportion des deux tiers, mais il a connu et utilisé le travail du colonel Babiiiet. « It is convenicnt, dit-il, to use this word flhe English) for those vvho were fighting in the English cause; but, as a matter of fact, two thirds of the Black Prince's men-atarms were from among his Gascon subjects, and the servientes therefore in aboiit the same proportion ».

Le général Kôhler (0/3. cit., 11, 420) a des évaluations plus contestables, que ce n'est pas le lieu de discuter ici. Le Prince de Galles serait venu en Aquitaine avec 1.000 hommes d'armes et 2.000 archers; les Gascons lui auraient fourni i.5oo hom. mes d'armes, 2.000 archers {?) et 3. 000 bidaux.

.'i. Le Rév. H. B. George /loc. cit.) dit avec raison : « The archers doubtless were ail, or neailyall, english ; lliere is no trace of the long-bow except in englisli armies ».

iga I^A BATAILLE DE POITIEBS

du reste de l'infanlerie, constitué en majeure partie, semljle-t-il, par des Gallois et des Irlandais.

Il est impossible, malgré la difficulté du problème, de ne pas se poser la question de savoir quelle était la force de l'armée, réunie en Guyenne et qui devait combattre à Poitiers. Ainsi qu'on le verra par la suite, les pertes subies au cours de l'expédition furent peu considérables. Malheureusement, les chroniqueurs sont loin de s'accorder entre eux ', lorsqu'ils ne se contredisent pas eux-mêmes, avec une fantaisie déconcertante, comme le fait Froissa rt dans ses rédactions successives -. Les historiens modernes reflètent naturellement ces divergences 3,

1. Jean le Bel, Chron., II, 228-229 • 3. 000 « armures de fer », /i.ooo archers, 3. 000 o brigands de pied )> ; au total : 10.000 homme».

Chron. des quatre premiers Valois, p. 07 ; 2.000 hommes d'armes, G. 000 archers et /i.ooo fantassins, soit un effectif de 12.000 hommes.

Chron. normande, p. ii3 : (( plus de 8.000 combattants », parmi lesquels 3. 000 hommes d'armes; « le surplus archers ».

Chronographia, p. 2O0 : 8.000 hommes environ, dont 0.000 archers.

Matteo Villani (lib. \'II, cap vi. — Muratori, XIV, 409) : 3. 000 hommes d'armes, 2.000 archers, ^.ooo gens de lîied : 9.000 hommes en tout.

Le Baker de S.. Chronicon, p. i^3 : 4.000 hommes d'armes, 2.000 archers, i.ooo sergents := 7.000 hommes.

Lettre de Barthélémy de Burghersh à Jean de Montagu, comte de Beauchamp, sur la bataille de Poitiers : 3. 000 hommes d'armes; 2.000 archers, i.ooo sergents.

Scalacronica, 170 : « Si estoit la noumbre des gentz d'armes od cotis armours en l'est de France viii mile : et en le est le prince fors mile ix' et mile et d archiers ».

11 ne faut pas récuser les chroniqueurs anglais, sous prétexte qu'ils diminueraient outre mesnie l'effectif de l'armée anglaise, lis n'enflent pas non plus celui de l'armée française. La légende de la sui^ériorité numérique écrasante des Français a sa source dans Froissart.

2. Froissart, Chron., V, Sa : « ...car il n'estoient, tout compté, non plus de huit mil hommes ». D'après la composition des trois (c batailles » du prince de Galles, telle qu'elle est donnée parle manuscrit d'Amiens (V, 252), l'armée anglaise aurait compté plus de 14.000 combattants. La reconnaissance effectuée par Euslache de Ribemont, pour Jean II, la veille de la rencontre, fournit également des renseignements contradictoires (7.000 Anglais dans un cas et 12 000 dans l'autre. Op. cit., p. 21 et 262).

3. S. Lucc, Hist. de Bertrand da GuescUn, p. 175 : 10 à 12.000 hommes, dont les deux tiers étaient des archers ou des fantassins, et l'autre tiers des hommes d'armes, chevaliers ou écuyers.

Colonel Babinef, op. cit., p. lo'i : 12.000 hommes environ,

Rév. H. B. George, op. cit., p. -ô. L'armée du prince ne dépassait pas 10.000 hommes, « of ail arms », fout compris.

James Mackinnon, The history of Edward the t/iird (t327-/377). London, 1900, in-8% p. 428 : « Ilis ariuy ... did not exceed seven thousand, or at most eight thoiisand men, of whom four thousand were men-at-arms, two thousand archers, and one thousand light troops ».

COMPOSITION DE I.'aHMKF. ANGLAISE IqS

et, quant aux documents d'arcliives, s'ils mettent en garde contre certaines exagérations, ils sont toujours trop incomplets pour qu'on en puisse tirer, de façon sûre, des conclusions générales*. On n'est guère moins embarrassé pour déterminer fiuelle était, dans l'armée anglogasconne, la proportion exacte des hommes d'armes, des archers et des autres « sergents » ou a servants » ^. Quelles que soient, au demeurant, les différences ou les contradictions que l'on note entre les diverses chroniques, il résulte do leur comparaison qu'à Poitiers le prince de Galles ne dut pas mettre en ligne moins de six à sept mille combattants, ni plus de dix mille. Je crois qu'en adoptant l'un ou l'autre des deux premiers chilTres, on se rapprocherait beaucoup de la vérité.

L'un des témoignages les plus autorisés qu'on puisse invoquer est celui de Barlhélciny de Burgherslr'. un des principaux seigneurs anglais passés en Aquitaine avec le prince de Galles '• et qui prit une part très active, non seulement à la bataille de Poitiers, mais encore à toutes les opérations de la campagne •'. Or, en faisant le dénombrement de l'armée anglaise, il compte 3.ooo hommes d'armes, a.ooo archers et i.ooo (( servants o ''. Peut-être ces derniers, — les « gens de pied »

1. On trouve dans le Vasron RoU de la 29' année d'Edouard lil (P. R. 0., Early Cliancery Rolls, n» ijSa) les noms d'un grand nombre d'hommes d'armes qui, devant suivre le prince de Galles en Guyenne, se tirent délivrer, en i3d5, des « lettres de protection » (litteras de proleclione) pour le temps de leur absence. Plusieurs d'entre eux firent confirmer ces lettres en i35C; d'autres en obtinrent pour rejoindre le Prince et arrivèrent avant le commencement île la clie\auchéi! (\'ascon lioll, 3o. Edw. m. — Early Clianc. Rolls, y53). Ces mentions sont aussi intéressantes que nombreuses. Peut-on dire qu'on possède le rôle des combattants anglais de Poitiers?

2. J'évite à dessein d'employer l'expression de « gens de pied » des chroniques françaises. Les Anglais ne paraissent avoir connu, au xiv' siècle, que l'infanterie montée, quoique le combat à pied fût pour eux la règle.

3. L'un des fondateurs de l'ordre de la Jarretière. Second fils et héritier de Barthélémy, deuxième lord Burghcrsh. Sert en Flandre avec son père, en iSSg ; combat à Crécy ; participe au siège de Calais. Il sera plusieurs fois qviestion de lui dans ce chapitre (Coxe, The Black Prince, p. 348-3^9, note sur le vers i^i du poème du héraut Chandos).

i. « Barth. de Burgherssh le fitz. chivaler». obtient, en i355, des lettres de protection, en raison de son prochain départ pour la Gascogne, où il doit suivre le prince de Galles (P. R. 0., Vascon fioll, 29 Edw. III, merabr. 9).

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