‹ Histoire de Charles VChapitre 157 sur 381 · Froissart, V · texte numérisé non relu

Froissart, V

7. Kôhler, Die EiUn'lckeluiKj des Krieijswescns etc., III, m, p. 33(j.

8. Froissart, loc cil. — Grandes Chr., W, 02 : » ... et monseigneur le duc de Normandie, ainsné filz du roy de France, qui avait une bataille, le duc d'Orliens, frère du Roy, qui en a^oit une autre, et le dit Roy qui avoit la tierce... »

La Chron. des quatre premiers Valois, qui complc quatre batailles [p. 69 oo), parce que, le jour du combat, il y eut une avant-garde de cavalerie, commandée par le connétable et les maréchaux, donne au dauphin le commandement de la troisième bataille,

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Froiss.irl attribue le incnic nombre de combattants à chacune des trois batailles : seize mille hommes, n dont tous étaient passés et montrés pour hommes d'armes » *. H y a là une recherche de la symétrie qui, de prime abord, nous met en défiance. Evidemment, les chiffres n'ont pas grand sens ptuir le chroniqueur. 11 porte l'efTectif total de l'armée française tantôt à ^8.000 combattants, comme dans le cas présent, tantôt à 5o.ooo -. quelquefois même à 60 ou 70.000 ^. Evaluations de pure fantaisie et qui ont créé une légende : celle du roi Jean se faisant battre, avec ses 80.000 Français, par 8.000 .Vnglais

Il est très difficile de se rendre un compte exact de la force réelle de l'armée française*. Mais il s'agit moins ici de rechercher une précision chimérique que de se garder d'exagérati<»ns trop manifestes.

On remarquera, en premier lieu, qu'à cetleépoque, etau moinscn ce qui concerne les provinces de la langue d'oïl, un effectif permanent de 2/l.oooà 3o.ooo hommes d'armes paraît répondre à toutes les nécessités deladéfense du rovaume, sur terre comme sur mer ^. L'entretien de ces

le faisant passer a[)rès le duc d'Orléans, mais, dans la réalitL-. c'est bien le dauphin qui fut engagé le premier, après l'échec de l'avanl garde (Chron. norm., 1 15). Comme cela était naturel, il avait «avec lui la plus grand" partie des comtes, barons, chevaliers et escuiers de Normandie » iChron.des quatre premiers ]'aluis, p. 5o. — Cf. Chron. de Richard Lescol, p. io3).

1. Chron., V, 20 : « ... en rascunc avoil seize mil hommes, dont tout estoient passet et moustret pour homme d'armes •>.

2. Ibid., 32 : « ... li François estoient bien cinquante mil combatans, dont il y avoit plus de trois mil chevaliers... »

3. Dans le man. d'Amiens (Chr., \, 370). il est dit que « li F'ranchois estoient bien, de droite bonnes gens d'armes contre les Englès, cinq contre ung «. Or, dans le même manuscrit, l'efTectif des Anglais est évalué une première fois à la. 000 combattants (V, 203), et une seconde fois à plus de i4 000 (V, 260). En multipliant ces deux chiffres par 5, nous avons 60.000 ou 70.000 hommes pour l'armée française.

'4. Kohler, op. cit , p. 433. L'auteur a noté toutes les contradictions .de Froissart. mais s'arrête à tort au chiffre de 5o à 60.000 hommes.

5. Grandes Chron., VI, 21, 38. — Journal des Etats généraux réunis à Paris au mois d'octobre 1356 (Extrait de la Xouv. revue histor. de droit français et étranger, juilletaoût igoo), p. i'i : « Item sur laide demandée par Monseigneur le duc advisé fut par les m estas que, considéré Testât où le royaume de France est, il est nécessité de grant aide, et fut adxisépar lestât des nobles que xxiiii" payes d'ommes armez, Icnuz et payez continuez par ung an, souCTiro vent tant pour le fait de la terre que pour le fait de la mer. pour les garnisons des villes et des chasteaulx, et pour les autres fais de la guerre, et ainsi fut par les diz nobles rapporté aux autres estas, et toiitcsfoiz, pour la bonne volonté de tous les estas, et l'amour qu'ilz ont au seigneur, fut advisé comment on pourroit faire xxx« payes de gens d'armes jusq^pg

2r6 LA BATAILLE DE POITIERS

hommes d'armes est. daillcurs, le plus grand effort qui puisse être demandé aux provinces, qui prennent à leur charge, et assurent, par un subside, le paiement de la solde. La guerre coulant déjà très cher au xiv^ siècle '.et le gaspillage des deniers puhlics levés pour cet objet ayant été maintes fois dénoncé parles Etats généraux réunis sous le règnedu roi Jean, il est douteux que les chiffres précédemment indiqués aientjamais été atteints. Tenons-les cependant pour réels. L'effectif disponible au moment d'une entrée en campagne sera notablement inférieur, car il faut en déduire les gens de guerre, très nombreux, immobilisés par la garde des forteresses, — villes ou châteaux. Peut-on, en revanche, faire état des ressources fournies par l'arrière-ban, voir dans cet arrière-ban une sorte de réserve inépuisable, où le Roi n'aurait eu qu'à puiser? Mais, en éliminant, comme ce fut le cas, en i356, les contingents des communes, quel appoint pouvait bien représenter cette levée en masse, décrétée à des intervalles trop rapprochés pour être autre chose qu'un expédient usé ? - Tous les nobles capables de porteries armes sont déjà au service du Roi, à ses gages. Leur intérêt les y pousse, plus encore que le devoir féodal et un instinct héréditaire.

à ung an acompli, c'est assavoir pour chascun homme armé demy escu pour jour etc. ».

Joignez-}' : Hist. (jên. du Ijimjtu'doc. X, col. ij80-ij<S7 (Actes do rassemblée des communes de la langue d'oc tenue à Toulouse au mois de juillet de l'an i346). Propositions faites de la part du Roi par son fils aîné, le duc de Normandie : « Et si est aussi plus espoentable a leurs ennemis et adversaires ; et de là en avant quant li \(nsin du royaume de France saront que les dis seigneurs pevent et poiront avoir wx, XXV ou xx" hommes d'armes par an aus despcns de leur peuple, sans ce que les dis seigneurs y poiront mettre du leur propre, jamais 11 di voisin ou adversaires ne oseront ne poiront rien entreprendre ne meffairc sur ne contre yceulx, ne contre le rojaume ».

1. Voy.lecompte d'Amédée Vl.comlede Savoie, avec Barthéleniydu Dracli. trésorier des guerres de France (ay novembre i3.ô5). Lecomtede Savoie a servi le Roi delà fin de juillet au i" octobre Cun peu plus de deux mois), avec un peu moins de lôo chevaliers et écuyers et environ 5oo sergents de pied (arbalétriers et pavaisiers). 11 lui est dû, de ce chef, plus de i3.5oo florins (Turin. Archivio di Stato. Anciens traites avec la France, Mazzo G, iv lO).

2. Songe du Vieil Pèlerin : liibl. nat , Fr. 225^2, fol 3i5 : « Et par mon conseil, beau filz, tu useras pou du droit royal qui s'appelle l'arriére ban. pour lequel plusieurs inconveniens s'ensuivent qui seroient trop longs à declairer. Il te doit souvenir, beau filz, que une bonne quantité de gens d'armes d'eslite avec ta vaillant et royalle magesté, meur conseil précédant, par la grâce de mon porc, te fera avoir plus grant victoire que lelz subgiez amassez, les ungs voulentiers et les autres envis, par l'arriere-ban communaument sans reigle, venaiis comme à une foire ne feroient ».

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