Coinpluinle sur la balaïUe de Poiliers. \. 'ii-'iS
« Par leur graiit C(jn\oilUe, non pour lionncur conqiicrre,
Ont fait telle pacllon a\cc ceuls d'Engloterrc :
« Ne tuons pas l'un Taiitre ; faisons durer la guerre;
Feignons estre prisons, moult y porrons acquerre. »
Par telc convoitise ont maint grant don reccu
Des Anglois, par lesquels est révélé et sceu
Et par leur contenance a esté aperceu
Que par traïson ont ainssi le Roy deceu. »
2. Des lettres de rémission du mois de février iSSy nous donnent un exemple frappant de l'animosité du peuple contre les nobles, depuis qu'il les accusait d'a\oir lâché pied à Poitiers. — Jean, seigneur de la Ferté-Fresnel et tle Gacé (dans le Perche) avait été fait prisonnier par les Na\arrais, près des gués de Saint-Clément, dans un combat malheureux, où Amaury de Meulan, le lieutenant du daupiiin, s'était laissé prendre également (oct. i356). Remis en liberté sur parole, il regagnait sa seigneurie pour y chercher sa rançon, lorsqu'en traversant le village de Lyre (La vieille Lyre ; Eure, arr' d'Evreux, c°" de Ruglcs), il fut assailli par des paysans furieux qui pensèrent le tuer. 11 était sans éperons et sans épée, suivi d'un seul écuyer et d'un valet portant sa « mallette» en croupe. Or, l'injure que les paysans jetèrent à la face des voyageurs est significative : a Isti suiitde proditoribus quiper xuain maliciam de exercitu aufugerunl ! » (Arcli. na(., .IJ. 8'i, n" 710, fol. 3J7'°-358).